OBSERVATIONS
(a) Surpris par les flottes anglaise et hollandaise en 170.4, un jour de fête , lorsque les habitans. étaient à l’église.
(b) Ces îles, nommées Ioniennes, appartiennent aujourd’hui aux Anglais qui, par un traité passé le 5 novembre 181 5 entçela Russie et la Grande-Bretagne, les ont mises sous leur protection.
On ne parle pas des îles de Jersey, de Guernesey et d’Aurigny , situées sur les côtes de la Normandie : clics leur appartiennent depuis la conquête de l’Angleterre par Guillaume,duc de Normandie, en 1066.
(c) On compte environ 100,000,000 d’indiens esclaves ou tributaires de la Grande-Bretagne, sur lesquels elle prélève annuellement, en droits réguliers, au moins 700,000,000 de fi-, indépendamment des tributs énormes
que lui payent les.princes indiens qp’èlle,a subjugues, et-' nonobstant les trésors que lui rapporte le commerce exclusif qu’elle fait dans ces opulentes contrées.
( d ) Dans sa lutte contre les Anglais, Typpoo-Saïb a perdu ses états , ses trésors et la vie. Il envoya à Louis X\ I des ambassadeurs qui sollicitèrent en vain des secours.
(e) Après avoir chassé des côtes les Hollandais , les Anglais ont enlevé au roi de Candy l'intérieur de cette grande île, la plus belle et la plus riche du monde.
(f) Etablissement considérable sur la côte orientale de la Nouvelle - Hollande, où les Anglais déportent les con • damnés.
(g) 11 serait possible qu’elle fût restituée, vu sa stérilité»
(A) Rocher de l’Atlantique qui sera célèbre par l’exil de
Napoléon.
Il y a encore en Afrique sur les côtes de Malaguette , sur celles des esclaves , etc.., des établissemens tels que le Petit-Paris, le Petit-Dieppe, que les Anglais pourraient Bien garder encore.
( i ) Gette contrée aussi grande que l’Europe fut découverte en i 5 o 4 par les Français.
(y) En 1769, les Anglais, contre les traités, y envoyèrent d’autres colons à la place des anciens qui étaienc Français, cultivateurs paisibles de l’intérieur, et les transportèrent dans d’autres col onies, où ils périrent de chagrin et de misère.
( h ) Les Français même ne peuvent pêcher, la morue qu’àsô lieues de ses côtés.
{I) Il n’y a vraisemblablement plus d’Espagnols dans celte île. Ces bons catholiques qui ont pu, sans le moindre remords , égorger des milliers d’insulaires , se seront fait.un scrupule d’habiter avec des hérétiques et des schismatiques.
( m) Cette colonie anglaise compte 100,000 esclaves.
(ri) 36,000 nègres ysont employés à la culture.
(oj Les Anglais y ont 3 ,ooo nègres.
( p) Les Anglais viennent enfin de la rendre le I er février 1816, au roi des Pays-Bas.
Il y a encore beaucoup d’autres îles et établissemensque l’Angleterre s’est appropriés et qui ne figurent point ici. Si l’on y voit Botany-Baî, la Barbade, Antigoa et l'Anguille, précédées d’une étoile , et qui, d’après le titre de ce tableau, ne devraient pas y être inscrits, puisqu’ils n’ont appartenu à aucune puissance auparavant, c’est pour démontrer ostensiblement tout ce qui lui appartient de bon droit. Les dépenses qu’ont nécessitées ces colopies pour les fortifier et les rendre florissantes , lui ont démontré qu’il était de son intérêt de s’emparer préférablement des colonies que les autres nations avaient mises dans un état prospère (1).
La France est rentrée en possession de Pondichéry, d ! e File Bourbon , de la Martinique et de la Guiane. L’article du traité du a juin nous fera connaître l’importance de ces restitutions :
«S. M. Britannique s’engage àrestituer à la France toutes les possessions que la France possédait au i er janvier 92 T dans la mer et sur le continent de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Asie , à l’exception toutefois des îles de Tabago , de Sainte-Lucie, de File de France et de ses dépendances. Le gouvernement français s’engage à ne faire aucun ouvrage de fortification, daus les établissemens qui lui doivent être restitués , et à ne mettre dans ces établissemens que le nombre de troupes nécessaires pour le maintien de la police. * ( Traité du 2 juin 181 4 » )
<i) On pourra encore remarquer, en passant, que l’An-
Un jugement assez plaisant par ses motifs, quoique assez grave par son objet et par ses conséquences, a été rendu, le 16 juin, par le premier conseil de guerre. Nous citerons textuellement le compte qui en est rendu par le Journal des Débats en nous permet tant seulement d’y iutercaller quelques réflexious.
« Le premier conseil de guerre a eu aujourd’hui a prononcer sur une rixe qui s’est élevée, le i/j- mai deinier, entre un détachement de la légion de liséré, commandé par un sous-lieutenant et par un sergent, et un cocher de place qui a été renversé de son siège et grièvement blessé d’un coup de crosse et d un autio coup donné au milieu du visage avec le canon d un fusil. Un seul témoin aurait pu donner des éclaircissemens sur l’origine de celte scène fâcheuse -, c était une jeune dame que conduisait le cocher, et qui, étant descendue lorsqu’elle a entendu le bruit, n a
gleterre n’a pas toujours eu de l’antipathie pour le commerce des noirs, puisque à la Barbade seule on compte 100,000 esclaves j mais aujourd’hui qu’elle n’en a plus besoin , elle tient fortement à ce que les peuples renoncent à la traite. Rien de plus humain. Il est fâcheux cependant que ces généreux et tardifs sentimens contrastent avec son insouciance à réprimer les excès des Barbaresques envers les blancs. Il lui serait si facile de mettre fin à leurs hor ribles pirateries.
pu être retrouvée. Les témoins qui ont rendu compte des autres faits ont vu , au coin des rues de la Calandre-et de la Juiverie, une douzaine de soldats armés qui, se prétendant insultés par le cocher, voulaient le faire descendre de son siège et le conduire au corps-de-garde (eu vertu du droit sacré qui appartient aux soldats d’arrêter tout pékin qui ne leur témoigne pas assez de respect). Le cocher ne voulait pas abandonner ses chevaux *, il offrait à l'officier de le faire monter dans la voilure et de le conduire à la préfecture de police. Au milieu de la lutte, l’officier déchira le pantalon du cocher ( par distraction ), et un soldat qu’on n’a pu reconnaître (qui est-ce qui n’a pu le reconnaître ? sont-ce ses chefs?]) le blessa grièvement avec son fusil (sans intention de lui faire mal ). Les spectateurs , voyant tomber le cocher, en furent indignés et s'écrièrent qu’il était mort (pure méchanceté, il se faisait plus malade qu’il n’était). Une jeune fille, qui en. témoignait une vive émotion, fut injuriée par un des militaires, et eut son schall déchiré en deux endroits (pourquoi aussi s’avisait-elle d’aller témoigner de l’émotion?)
«Lesieur Pinet, sous-lieutenant à la légion de l’Isère,, et le sieur Gavini, sergent, ont été mis en jugement comme principaux auteurs de ces voies de fait. Us out soutenu, dans 1 instruction et dans les débats, que le cocher les avait provoqués, en les apostrophant de la manière la plus iujurieuse (il est très-vraisemblable, en effet, qu’un homme, qui n’est pas ivre, ira insulter de propos délibéré un détachement armé).
et qu’il refusait de les suivre soit au corps-dé-garde> «oit chez le (Commissaire de police (il méconnaissait 1 © droit sacré dont on a parlé plus haut, il méritait d’être assommé). Jean Henri soutient qu’il n’a aucunement irrité les militaires (il en impose : la preuve qu’il les a irrités, c’est qu’il a été battu)-, qu’un d’eux a commencé par frapper son cheval de propos délibéré (pourquoi a-t-il pris fait et cause pour son cheval?), et qu’en voyant redoubler ces mauvais traile ni eus au milieu du tumulte, il disait : Frappez-moi plutôt que de frapper mes pauvres chevaux (on a fait droit à sa requête ), ou plutôt conduisez-moi à la préfecture, je suis prêt à vous y suivre.; niais il ne faut pas que j’abandonne mon carrosse.
« Les nommés Pinet, sous-lieutenant, et Gaviui r sergent, ont été acquittés à la réunion de toutes les Voix.
« Les débats ont fait admettre que le cocher avait provoqué, par des outrages et des gestes offensans r les actions commises ( par conséquent, permis à tout soldat d’assonmier tout particulier par lequel il se croira outragé, ou dont les gestes lui paraîtront offensans) ^ et qu’en outre, les coups portés au cocher ont été involontaires ( c’est en voulant ’lui faire entendre raison qu’un coup de crosse et un coup de canon de fusil au milieu du visage l’ont atteint par le plus pur des hasards, et l’ont tait tomber comme .mort : on n’avait-pas l’intention de le frapper) ; et qu’enfin le cocher, n’ayant qu’uu œil, s’étail porté de lui-même sur le coup du côté où il lui manque un œil
(avis à tous les borgnes. Jusqu’à présent , ils lie voyaient dans leur position que l’inconvénient de n’avoir qu’un œil, et par conséquent d’avoir une chance de plus que les autres pour devenir aveugles. Ils savent aussi maintenant qu’ils ont une chance de moins pour obtenir justice des coups qu’on leur donne. Témoin oc pauvre diable de cocher qui n’a point été frappé réel- j' lement, mais qui s’est jeté, faute d’y voir, sur la crosse et le canou de fusil qu’on lui tendait amicalement pour l’aider à descendre de son siège, et qui a eu la maladresse de prendre cela pour des coups qu’on lui donnait, vérifiant ainsi parfaitement cette expression populaire tomber sur un coup de poing). »
Nous avons cru ne pouvoir donner trop de publicité à cette atfaire , dans l’intérêt de tous ceux qui n’ont qu’un œil. Nous pensons aussi que ce jugement est éminemment propre à pénétrer les soldats des égards qu’ils doivent aux citoyens qui les payent.