‹ L'homme grisChapitre 8 sur 8 · CHRONIQUE · texte numérisé non relu

CHRONIQUE

Extérieur.

Au moment où il est question de mettre en jugeaient les prévenus dans l'affaire du coup de pistolet, nous croyons devoir publier la lettre suivante , insérée le 27 mars dernier dans les journaux de la Belgique.

■Aux rédacteurs.

Messieurs ,

Il y a des choses sur lesquelles il est également pénible de garder ou de rompre le silence. Mon nom se trouve mêlé à une intrigue dont le mystère est jusqu a présent impénétrable. Lorsque la première nouvelle m’en parvint au fond de ma solitude, je ne vis que 1 absurdité de celte intrigue, qui, dévoilée et mise au grand jour, devenait elle-même ma justification la plus complète. Mais comme cette affaire prend un ca-

ractère juridique, et que lôs détails peuvent en êtrff ignorés long-temps encore v comme elle acquiert cependant une célébrité déplus en plus malheureuse,, et que mon ami et moi nous sommes clairement désignés, je crois qu’il ne m’est plus permis de me taire -, je viens donc vous prier, messieurs, de vouloir bien accueillir dans votre feuille, non point une défense ou une apologie en forme (je pense n’en avoir pas besoin), mais la déclaration pure et simple dun honnête homme qui désavoue une démarche laite à son insu, une démarche qu’il lui répugne de qualifier, et à laquelle ses principes, sa conduite, son caractère et ses intérêts mêmes donnent un démenti qui,, aux yeux de ses amis comme aux yeux de ses ennemis,, le dispense de toute autre justification.

Ce que j’ai dit pour moi, je le dis aussi pour M. Guyet y mon compagnon d’infortune*

Agréez, Messieurs, rassurance de ma.

considération.

Cauchois LEMAIRE.

— On lisait dernièrement ce qui suit dans le Mor ning- Chronicle , à propos des élections :

« L’occasion est encore offerte aux électeurs de « créer une chambre des communes indépendante * r « ils peuvent par-là commencer le grand œuvre de « la réforme : ils n’ont qu’à composer une chambre « qui mette un frein à la prodigalité de la fortune pu-

« blique, qui rehausse la coufiauce de la nation, qui « vivifie les sources du commerce et de la prospérité « générale et particulière. Est-ce porter nos vœux « trop loin, que d’attendre des élections, que la ma- « jorité de la chambre des conmniues soit composée « de manière à nous procurer tous ces avantages ?

« Électeurs, ne donnez vos voix qu’à des hommes * d’honneur, zélés défenseurs de la constitution, dé- « cidés à faire une guerre mortelle à la prodigalité « destructive *,n’en doutez pas, leur voix sera écou- « tée du parlement, et retentira dans toutes les pro- « vinces de l’Angleterre. Qu’on ne croie pas que ces « choix sont sans effet pour U conduite du gouver- « nement : celui-là vit dans une ignorance parfaite de « ce qui se passe sous ses yeux, qui ne sait point que « le ministère est sans cesse gêné dans ses projets par « les indépendans de la chambre, alors môme que les « mesures qu’il propose se glissent sans qu’on ait re- « cours au scrutin. Il y a long-temps que , sans celte « continuelle contrainte, nous ne jouirions même plus « de l’apparence d’un gouvernement libre. En dépit « de sa corruption, la chambre nous a sauvés. La « chambre, successivement réformée par des élec- « teurs pleins de patriotisme, fera luire de nouveau « sur la Grande-Bretagne les plus beaux jours de sa « prospérité. Laissera-t-on échapper cette occasion ? « Voilà ce que décideront les électeurs des royaumes « unis. L’opinion de la nation leur est connue, elle « doit les rallier*, un seul moment leur est encore « offert -, qu’ils en profitent. Qu’ils se pénètreut bien

« de ce qu'ils feraient contre eux-mêmes, e outre feur^ « neveux, s’ils laissent échapper cet instant favorable»

« L’esclavage les accompagnera jusqu’à leur dernier «soupir, leurs enfans naîtront esclaves, et le nom « glorieux de leur patrie disparaîtra d’entre ceux des « nations de la terre. Si leur patrie doit s’écrouler T « qu’ils ne soient au moins pour rien dans sa chute, et « qu’ils conservent leur honneur au milieu de ses dc- « bris. Nous ne pouvons assez prouver combien non* « desirons que notre patrie ne soit point frappée de' « mort par l’ignorance, l’insouciance ou la perver- « sité de ceux à qui est confié le droit sacré d’envoyer « au parlement des représentai qui tiennent entre « leurs mains notre bonheur et notre prospérité.

« Nous voudrions qu’on exigeât de tous les eau- « didats la déclaration expresse qu’ils s’opposeront « à toute innovation qu’on chercherait à introduire - « dans la constitution, telle que la suspension de l 'hait. béas corpus, ou autres droits du peuple, le reuouvel- « lement de la taxe sur les revenus, lequel favorise la « prodigalité, et donne par conséquent au ministère « le moyeu de corrompre les mandataires du peuple « et le peuple lui-même. »

— Les journaux anglais annoncent que Marinet et Cantillon, accusés d’avoir voulu attenter aux joursde Wellington , seront traduits devant la cour d’assises dans le courant de juillet. Le complot avait, disent-ils, plus de ramifications qu’on ne l’avait cru. Un ancien ministre de Napoléon, ainsi qu’un ci-de-

vaut grand personnage, soûl soupçonnés d’y avoir •pris part.

— Le comte de Saint-Aulaire est arrivé de Paris à Copenhague ; sa fille est fiancée avec le ministre de la police française, M. Decases , qui vient d’être nommé duc de Glucksburg , avec l’obligation d’acheter de grandes propriétés dans ce duché , et jusque-là de placer une somme considérable dans les fonds danois.

— Le général Savary a quitté le séjour qui lui uvaii été assigné à Gratz ; muni de ses passe-ports , il s’est embarqué à Trieste, avec son beau-frère le colouel Faudoas , pour se rendre dans l’Amérique septentrionale.

—Une famille entière de la vieille Castille, réfugiée dans le midi de la France depuis plusieurs années, revenait dans sa patrie. Arrivés sur la rive gauche de la Bidassoa, le père, la mère et les eufaus se jettent à genoux; ils remercient le ciel de leur avoir rendu la terre natale, qu’ils couvrent de leurs baisers. Ces bons Espagnols étaient baignés de larmes qui coulaient également des yeux des personnes présentes à ce mouvement si pur d’amour de la patrie,

— Nos bons voisins les Belges se montrent toujours nos frères. Souvent battus comme nous par leurs puissans seigneurs , comme nous c’est en chantant qu’ils cherchent à se consoler. Un spirituel Uautois a trouvé le moyen d’allier la rime et la raison.

-en donnant à l’une le nom d’un ministre hollandais dont la conduite outragea l’autre trop long-temps. Le nom de de Thiennes et les nombreuses iniquités de ce personnage lui ont fourni quelques couplets fort piquans; mais il en est résulté un procès... JN'importe ; et toujours va qui chante.

Voici les cojisicîéraus sur lesquels a été basée la sentence qui condamne Je rédacteur du journal des deux Flandres ; ils nous ont paru assez piquans pour les consigner ici :

« Le tribunal de première instance, à Gand, en cause d Ignace-Y iuceul-Joseph Dui>ar, prévenu de calomnie;

« Ln ce qui touche la fin de non recevoir proposée par le prévenu , et motivée sur ce qu’aussi long-temps que le ministère public ne prouve point que la personne qu’il prétend offensée par la chanson dont ii s'agit, s’est plainte, soit par un acte formel, soit par son intervention en cause, il est à son égard sans actions ;

« Attendu que, d’après l’article 22 du Code d’instruction criminelle, les procureurs du roi sont chargés de la recherche et de la poursuite de tous les délits dont la connaissance appartient aux tribunaux de police.correctionnelle, et que des lors , dans l’espece , la prévention contre îe prévenu portant sur le délit de calomnie , la poursuite en appartient au ministère public ;

« Sur ce motif, rejette ladite^ fin de non recevoir; et, considérant au fond qu’il est en aveu que le prévenu est le rédacteur, l’éditeur et l’imprimeur du journal de la Flandre orientale et occidentale , et q.ie c’est par son ordre que Ladite chanson, en six coupicts, commençant par ces mots : Ministre à nul autre pareil, et finissant pur

ceux-ci : Pour mieux juger des tiennes , a été imprimée <lans le numéro *jo 3 de ce journal, et distribuée au public; considérant que la simple lecture de celte chanson doit convaincre tout homme tant soit peu intelligent, que l’auteur n’a eu d’autre but que de désigner au public, par les mots des tiennes, la personne de M. le comte de Thiennes, chargé naguère de la surveillance générale dans les provinces méridionales de ce royaume, et actuellement ministre d’état; que les refrains de ces couplets: Voilà 9 voila des tiennes , et la fin , pour mieux juger des tiennes , ne peuvent laisser le moindre doute sur ce point; que veu importe qu’entre les mots des tiennes , et celui de de Thiennes , véritable nom de ce ministre, il y ait une différence de deux lettres ; qu’il suffit à cet égard que la prononciation soit à peu près la même , et que par toutes ces circonstances la désignation soit tellement claire, qu’on n a pu s y méprendreconsidérant que dans cet écrit l’auteur reproche à M. le comte de Thiennes à 7 insulter sans cesse au malheur, de se rendre T exécuteur des plus injustes haines , de trafiquer du mépris public, de s'enrichir de ce trafic, d’être dénonciateur, injuste et hypocrite , et de s adonner au vin cl au libertinage ; que ces injures et expressions outrageantes , qui ne renferment l’imputation d’aucun fait précis, mais seulement celle de vicés déterminés , insérés dans un écrit rendu public par la voie de l’impression, comporte avec soi tous les caractères du délit prévu par l’arlicie 370 du Code pénal, duquel «Jit, •aux. termes de l’article aay de la loi fondamentale du royaume, le prévenu, comme imprimeur, éditeur et distributeur de cet écrit, est responsable principalement dans l’espèce, ou il a déclaré ne pas connaître l’auteur;

Vu, etc. ;

Condamne Ignace-Yinceut-Joseph Dubar à une amende do deux cents florins argent des Pays-Bas 7 ainsi qu’aux. Irais de la procédure.

Fait et prononcé, etc. le 12 juin 1818.

Intérieur.

Hommage d un Belge h mademoiselle Mars , pendant son séjour à Bruxelles.

Si j’étais connu de la gloire,

Si d’Apollon j’étais chéri ,

Et si, des Muses favori ,

J’attendais une place au temple de Mémoire,

J’y voudrais paraître avec toi}

Mon admission serait sûre.

Je dirais : Voyezavec moi L’interprète de la nature.

Ces mots seuls, ces mots suffiraient Pour m’en faciliter l’entrée.

Dans cette demeure sacrée Les arts charmés te recevraient j Là le favori (*)de Thalie,

En t’offrant ses savans écrits,

Tediraitîtu lesembellis,

En ma muse te les déd ie.

Alors de mes destins je pourrais m’honorer j J’écouterais Mars et Moliére,

Et j’aurais grand soin de me taire Pour m’instruire et vous admirer...

Mais non, d’un sort si plein de gloire Je ne mérite pas l’honneur ;

Pour te conduire ou temple de Mémoire,

Il faut un immortel auteur:

{1) Molière.

Qu’Arnault et de Jouy, qu’Andrieux etqu’Etiemic ,

Pour t’y guider t’offrent la main ;

Je suis trop sur qu’avec la mienne Tu n’en suivrais pas le chemin.

—Mademoiselle ÉlisaGarnerin, l'aéroporisie, vient S’adresser une lettre à son excellence l’ambassadeur de France près la cour d’Espagne, pour confondre les calomnies répandues contre elle à l’occasion d’une expérience qui n’a pas réussi à Madrid.

Une populace effrénée, furieuse ( et non pas h public), déçue de l’espoir d’une expérience qu’elle desirait depuis long-temps, s’était rassemblée et s’incitait au tumulte : l’âge, la candeur et les grâces de mademoiselle Élisa, rien n’avait touché ses ennemis désappointés-, elle courait les plus grauds dangers. La police, qui ne plaisante jamais, même en Espagne, s’empare de sa personne : elle est mise au secret -, prévoyance admirable à l’égard d’une femme habituée à prendre son essor dans les airs ! Heureusement M. l’ambassadeur intervient dans cette affaire. Mademoiselle Elisa eu est quitte pour la peur-, l’aimable aéroporiste revient en France: Elle s’empresse d’exprimer sa reconnaissance à M. l’ambassadeur pour la protection dont il a bien voulu la couvrir dans un pays qui n'est pas encore , dit-elle , très-complètement à Vunisson des idées libérales

— Sur nos théâtres, dit le Geoffroi. nantais dans son feuilleton du 22 juin , « les yeux, l’aine , le cœur et l’esprit veulent être également flatlés ! » Notre Aris-

tarque ne parle point du goûl: aurait-t-il ses raisons pour n’en point parler ?

—On assure que le Journal des Maires a reçu l’ordre de quitter Paris. Il s’est réfugié dans Ja province. I Grâce auxpuissantes recommandations de sou illustre fondateur, il est accueilli chez les premières autorités, f et MM. les préfets lui donnent quotidiennement les honneurs de la citation dans les feuilles de dépar- * tement.

—Un orage a éclaté sur Waterloo le 18 juin-, les bonnes gens croyent que cet événement est de mauvais augure : Dieu , disent-ils, n’est pas satisfait que tant de sang ait été répandu pour arriver au monopole anglais, à la misère publique, aux doctrines d’exception !.

— On va publier un Recueil de doewnens historiques omis dans la collection du Moniteur. L’éditeur propriétaire du Moniteur déclare que cette publication 11’a rien de commun avec celle du Moniteur : excellente recommandation en faveur du recueil que nous annonçons !..

— Lettre particulière de Paris, en date du 8 Juin, extraite du Times ", du 8.

Nous apprenons ici, avec un grand étonnement, que les «//mont transmis aux cours alliées un mémoire sur la situation de la France, dans lequel ils se montrent aussi mauvais politiques qu’ils sont mauvais Français.

£e bruit court que ce mémoire a été rédigé par un co^

nnté composé de MM. de V., de B., J. de

^. y de Ch., de Ch. Ma. de

M .j de P.et de Fi.;M. de V.,

dit-on , tient la plume dans cetle occasion, et est le principal rédacteur de cet écrit curieux.

Ce mémoire appelle l’attention des cours alliées sur ce que ses auteurs désignent sous le nom de système désastreux suivi par les ministres , et sur la nécessité de les renvoyer au plutôt. Ils s’efforcent d’inspirer des craintes sur le maintien de la tranquillité publique après le départ de l’armée d’occupation.

Plusieurs chefs ultra ont fait, depuis quelque temps, des visites, en personne, aux ministres étrangers à Paris , pour insister sur les motifs et les gi-iefs contenus dans ce mémoire. On dit que Sa Majesté en a témoigné la plus vive indignation. Dans le fait, il est difficile de se faire une idée de l’audace et de l’insolence de ce parti anti-français, à ses derniers momens.

* com tnence à parler des élections-, on désigne parmi les candidats ministériels MM. Chaplal et Gallois-, parmi les candidats libéraux, MM. Manuel, Benjamin Constant, Tripier et Gilbert Desvoisins. Les ultra mettent plus de mystère dans leur choix-, et sans nu noble pair non moins redoutable par son influence que par son adresse t nous ne saurions pas qu’il est question de mettre eu avant MM. Blucher et Platow.

On vend chez Fages, boulevard Saint-Martin, -danhus Capitolinus , tragédie représentée pour la

première fois, à Paris, sur le Théâtre Français f en 1698 , et reprise par les comédiens ordinaires du roi, le n janvier 1818.

— Le journal de Paris, du 16 juin dernier, contenait l’article suivant :

« M. le duc de Wellington devant se rendre au- « jourd’hui mardi, à Versailles, à l’effet de visiter « cette belle ville, les grandes eaux joueront à cette « occasion. »

Quand cessera-t-on de respecter assez peu la nation pour l’entretenir de semblables nouvelles? Les journalistes ignorent-ils de quel œil ces articles sont vus par le public ? Croient-ils que les Français soient fort flattés d’apprendre les honneurs qu’on rend au duc de Wellington? N’eût-il pas mieux valu leur laisser la consolation de croire que le général anglais allait à Versailles parce que les eaux devaient jouer, au fieu de leur dire qu’elles devaient jouer tout exprès pour lui *, ou plutôt, n’eût-il pas mieux valu garder sur ce fait un profond silence ? Les Français ne lisent qu’avec dégoût les détails qu’on se plaît à leur donner sur les parties de chasse, les dîners, les bals et les promenades d’un personnage qui n’a pas même le mérite de leur être indifférent. Il est temps d’avertir les journalistes et les censeurs qu’ils retranchent ces articles de leurs colonnes. Si ces nouvelles ont tant de charmes pour certaines personnes qu’elles ne puissent s’en passer, on n’a qu’à les consigner

dans un journal à part qu’on intitulera, si on reut, T Anti-Français } ou bien encore dans la Quotidienne.

Puisque nous avons tant fait que de parler de cette fête, qu’il nous soit permis, mais pour cette fois seulement, de rapporter quelques circonstances qui ont échappé à messieurs les anglomanes.

La fête était donnée par sa grâceà la duchesse de Betfort. La réunion était de trente-cinq personnes. On n’a pas vu sans reconnaissance que le duc de WeU üngton s’entourât, même au sein de ses plaisirs, des personnages les plus habiles et les plus considérés do Paris. M. Ouvrard était du nombre.

Le repas a été fort brillant*, le goût le plus délicat avait ménagé les jouissances et préparé les plaisirs.

11 y a toujours plus d’abandon à la campagne qu’àla ville. L’honorable capitaine C.... s’était éloigné de la société. Notre correspondant ne nous dit pas quels avaient été les motifs de son absence-, il prétend l’avoir tout à fait perdu de vue jusqu’au moment de son retour. Par distraction, le gentlemen tient sur son bras le schall et la gibecière de son épouse. Il veut rentrer dans le lieu du festin -, les gardes qui veillent à l’entrée lui refusent le passage \ leur défaut d’éducation (ils ne parlent pas anglais en France!... -, va devenir funeste à l’un des plus aimables convives *, mais heureusement un habitant de Versailles vient à son aide : ce bon bourgeois n’est pas au courant des métamorphoses que la mode a fait subir aux sacs de nos dames. Laissez donc passer monsieur, s’écrie-t-il,

il est de la compagnie -, ne le voyez-vous pas au

ridicule ?

— Un grand personnage traversait Tournai avec line suite nombreuse -, il n’y avait point de chevaux » la poste. Un aide-de-camp va chez le bourgmestre, ïl décline le nom de l’auguste voyageur -, il fait sentir combien il est important de ne mettre aucun obstacle à son départ. Le salut de deux étals dépend peut-être de sa prompte arrivée à Paris; il faut absolument des chevaux de réquisition. Le bourgmestre se confond en excuses, mais il prie sa Grâce d’agréer sou refus; ou insiste ; le bourgmestre persiste dans ses conclusions. Il ne sera pas dit, s’écrie-t-il, que vous nous rapporterez au milieu de la paix toutes les vexations de la guerre; il y en a tant que nous souffrons sans mot dire, qu’il nous est bien permis de montrer une fois du caractère.

Le grand personnage est resté cinq à six heures à Tournai.

— Les journaux étrangers annoncent que le duc de Wellington avait pour objet, pendant son séjour à Paris, de servir de médiateur entre l’Espagne et le Portugal.

— Lors de la réunion pour arrêter définitivement les souscriptions dans l’emprunt des i4 millions (rentes), une foule considérable se pressait dans les anti-chambres ministérielles ; il s’était formé de petits grouppes où l’on s’interrogeait mutuellement sur ses espc-

raqces. L’un des souscripteurs , député de l’indépendance , demande à son voisin , député du centre, pour quelle somme il a souscrit. — Pour 5 o,ooo fr. , et vous ? — Pour i 5 ,ooo fr. — Combien croyez-vous obtenir? — Je n’en sais rien -, pourriez-vous me l’apprendre ?— Vous aurez probablement cinq mille francs et moi cinquante mille. —D’où provient celle différence ?

L’arrivée du ministre interrompit le dialogue. Son Lxcelleuce a salué, de la manière la plus gracieuse, •M. le député du centre.

Plaintes en calomnie .

M. de Cannuel a porté plainte en calomnie contre M. Senneville et contre le colonel Fabvier, attendu qu’aucuu jugement ne l’a déclaré coupable de basses intrigues, et responsable des malheurs de Lyon.

M. de Trestaillon va porter plainte contre M. Durand, auteur de Nîmes et Marseille, attendu qu’au- Cun jugement ne le déclare voleur et assassin.

MM. de B ..., C. .. et V..., vout porter une plainte collective contre l’auteur de la Journée de Mont-Saint-Jean, attendu qu’aucun jugement ne les déclare traîtres et déserteurs.

M. le géuéral D... va porter plainte contre l Homme gris , attendu qu’il n’y a point de preuve légale qu \[ se soit promené au boulevard Cobleulz le dimanche... *, attendu sur-tout, qu’aucun colonel français ue ^ a témoigné publiquement de l’estime.

M. le lieutenant général Donnadieu est part»

pour inspecter deux régimens suisses. Les Français sont encore plus flattés que les étrangers de la faveur accordée à cet officier supérieur et de la nature de sa mission.

MM. Sénneville et Fabvier ont choisi pour

avocats MM. Dupin et Mauguin. Le général de CaU' nuei s’est mis entre les mains de M. Couture , I e même qui, dans l’affaire de madame Lebreton, a nu* tant d’éloquence à prouver qu’un mari trompé et battu devait payer l’amende.

Le docteur Gall vient de découvrir la bossa

de la sédition. Il est à la recherche de celle du mO' dérantisme. Nous lui conseillons d’étendre son exa' nien au-delà du domaine accoutumé. MM. B . • • t M..., J..., B. B..., D. de H. et leurs honorables col' lègues, dîneurs de professions , nous ont appris qu’i 1 ne serait pas impossible de trouver la protubérant des modérés aux environs de la mâchoire.

— M. H., est prodigieusement distrait-, ses grave* occupations ne permettent pas toujours à son esprit de se trouver en place. On parlait des sorties indiscrète* desCanning et des Stanhope contre laFrance et contre le gouvernement français. Quels sont ces drôles, s’ e ' crie avec feu M. H..? qu’on me les livre, il n’y a pas d'instance qui tienne, je ferai leur affaire.

— Messieurs du V..,. et M. B..., quittent le JovP

naldes Débats. On demande pour les remplacer deux Manœuvres physiquement responsables. Les aspirans sont prévenus qu’ils peuvent compter sur un traite-' ment fort honnête, sans préjudice du casuel, «t, de temps a autre , du tour de bâton .

— Dans notre première livraison nous avons inséré une lettre d’un officier contre le vicomte usurpateur LatapieDaure. M.Bonnamazon, auteur de cette lettre, nous écrit pour se plaindre d’une faute d’impression qui n’a pas permis de reconnaître son nom. Je ne veux pas, nous dit-il, que l’on puisse imaginer que je redoute la responsabilité de mon avis au public.

— Le jour de la Fête-Dieu, la chaleur et l’ennui avaient fatigué les soldats chargés d’accompagner les processions. On en fait le rapport à M. le marchai de Y ! C est inconcevable, dit-il en le lisant, comme les troupes ont souffert aujourd’hui :

— Nous apprenons que / dans leurs ctépartemens respectifs, les députés qui dnt voté dans le sens de l’indépendance , reçoivent de leurs commèltaiis Tacctieil le plus flatteur. Il n’eri est pas de même, nous assure-t-on, à l’égard des députés du centre. Ils' sont, pour la plupart, réduits à l’éloge officiel que M. le préfet fait insérer 1 dans son journal. Une pétile mystification qui vient d’avoir lieu va nous prouver combien le public a élé seiikible au dévouement de messieurs pour et contre. M. V. de U. entend du 4 >ri:it sous sa fenêlre : un harmonieux préludé semblé a u-

noncer une sérénade. M. le député s’applaudit d’un hommage dont il rend grâce au bon esprit de ses concitoyens. Il ouvre sa fenêtre avec les précautions d’usage. Il avance doucement la tête ; mais à peine ses oreilles ont-elles dépassées la limite de la modestie, qu’elles sont frappées de ce maudit refrain :

Quel dîner (bis)

Les ministres m’ont donné !

Ah que j’ai fait de bons dîners l

— La Quotidienne a été suspendue pendant quelques jours. Ou se rappelle qu’elle avait inséré une prétendue lettre du général de Cannuel, dirigée contre M. Camille-Jordan. Il y était dit que ce député avait fait des excuses au général de Cannuel. M. Ca mille-Jordan respecte trop la noblesse de son caractère pour s’abaisser jusqu’à des excuses. Étonné de cette inculpation de la Quotidienne , il va trouver le ministre de la police. Son Excellence mande M. Michaud ; la lettre est soumise à l’examen. Elle n’est pas de la main da général de Cannuel. Chacun de s’étonner : Mais', messieurs, dit M. Michaud, il n’y a rien là de bien étrange : une feuille quotidienne est un objet de spéculation. Or, pour avoir du succès, il faut se donner une couleur. Nos nouvelles, nos doctrines, notre, royalisme , tout est faux, j’en conviens : qu’importe? on nous lit, quand ce ne serait que pour savoir quel est le nec plus ultra de l’absurdité. Les auditeurs out senti tonte la justesse de ce raisonnement; mais néanmoins, la suspension a été

prononcée, attendu que cette fois il y a faux matériel.

Vingt canonniers de la garde viennent de faire leur première communion.

Il n’est bruit dans tous les cercles que d’une conspiration dont on attribue la découverte aux soins du ministre de la police. Il n’est point étonnant que les hommes qui dans tous les temps ont conspiré contre l’indépendance et la gloire de leur patrie ? conspirent aujourd’hui contre les principes constitutionnels qui seuls peuvent replacer la France au raiig des nations européennes.

T-L.es écrivains ont bien mérité de la patrie ; on ne saurait trop admirer leur courage et leur persévérance a suivre une route bordée de précipices. Il semble que pour établir un contraste avec le dévouement des citoyens amis du trône et de la charte, le ministère public s obstine de son côté à imaginer des doctrines inconstitutionnelles qui font ressortir davantage la sagesse et Ja modération de-ses adversaires. Il se jette dans un dédale d’abstractions*, il avance toujours sans penser à la veille, sans penser au lendemain ; et, peijdu dans les détours inéxtricables du labyrinthe, il s étonne encore dé ne point entendre autour de lui un concert de bénédictions. Nous en appelons à 1 homme le plus impartial; nous l’invitons à lire le réquisitoire au sujet de la Bibliothèque historique celui au sujet du surveillant', il ne manquait plus, pour couronner d’aussi nobles travaux, que de mettre en juge-

ment l’auteur des Adieux à la chambre de 1 SiB , qui ne s’est permis aucune médisauce, aucune attaque directe et individuelle, qui généralise la division des partis , et d’après les faits et gestes de chacun d’eux , leur rend la justice que la France leur a rendue.

—LTIomme gris va quelquefois aux Tuileries.

Dimanche dernier il s’était placé non loin de deux particuliers en uniforme : la physionomie du plus âgé n’avait rien de français. Avez-vous lu, dit celui-ci, lè troisième numéro de l’Homme gris?—Oui, pourquoi? — Vous n’êles pas indigné ? Comment ! on ose faire l’apologie de la rébellion, et cela publiquement9 on professe un bonapartisme dégoûtant. —Mais, si je ne me trompe, Napoléon est traité dans cet ouvrage de vieux despote, et l’indépendauce nationale..:..—Ruse que tout cela; le. fait est que....— Monsieur, les Français au Mont-Saint-Jean se sont battus contre les Anglais et les Prussiens-, je pense , moi , que le camp, national est là où se trouvent les défenseurs du sol sacré de la patrie.

— Un homme d’esprit comparait les détracteurs de noire gloire à des taupes qui rongent les lauriers abattus par la foudre.

Imprimerie de madame JEUNEHOMME-CRÉMIÈRfî, me ITautcTcuille, n« 20.

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