‹ L'homme: la vie--la science--l'artChapitre 26 sur 47 · PROMETTRE ET NE PAS TENIR · texte numérisé non relu

PROMETTRE ET NE PAS TENIR

La honte a bien des formes, bien des aspects, bien visages. Il y a mille façons de se déshonorer. Mais

toute multiplicité se résout dans une unité quelconque ; le péché produit les effets les plus divers ; et, pourtant, aa principe de tout péché, il y a un monstre unique, l'orgueil. La honte a tous les costumes ; elle en change souvent, elle s'habille suivant les circonstances ; sa physionomie est mobile ; tantôt elle rit, tantôt elle pleure; mais si on y cherchait, la luruiei'e à la main, parmi toutes ces laideurs, quel est le typa qui les résume, et le principe qui les a fait naître, on verrait que le désho* honoré a promis et n'a pas tenu.

Si on interrogeait le mépris, pour lui demander son secret, le mépris répondrait : Je connais quelqu'un qui promet et qui ne tient pas.

Si vous dites à un homme : Vous avez eu gravement tort ; vous êtes un criminel, cet homme se sent blâmé ; mais il peut se sentir estimé, et, comme le blâme ne flétrit pas, il peut vous tendre la main sans effort et vous remercier sans douleur. Si vous dites à un homme : Vous avez menti, cet homme se sent méprisé, fût-ce à propos de la chose du monde la plus insignifiante. Il a donné sa parole, et ce qu'il a dit n'était pas vrai. Donner sa parole signifie : promettre. Ces deux mots sont synonymes. Peut-être y a-t-il des promesses implicites. Peut-être l'homme, par cela seul qu'il naft homme, homme et non pas chien, par cela seul qu'il reçoit la parole comme signe de sa nature, comme marque de sa dignité, peut-être l'homme, en naissant, promet-il de ne pas mentir? Deux hommes se haïssent; ils se poursuivent d'une inimitié implacable. Ilspeuvent se rendre très coupables ; chacun d'eux peut se perdre, en voulant perdre l'autre ; chacun d'eux peut tomber dans le piège qu'il tend à son ennemi, et ceci pourrait arriver plus souvent qu'on ne le croit ; mais leur fjilua-

tion respective, qui constitue souvent une série de fautes et de torts réciproques, ne constitue pas précisément 1p déshonneur.

Mais voyez J'ami qui a abandonné son ami. Celui-ci boit la honte comme de Teau. C'est qu'il avait promis, explicitement on implicitement, d'être fidèle. La fidélité est l'honneur des relCttîcr^s.

La fidélité et la franchise habitent le môme lieu ; car parole et promesse sont synonymes. L'ami qui trahi a menti avant de trahir.

Saul est devenu Paul. Saul était ennemi de Jésus- Christ, et Jésus-Christ lui a dit ce qu'on peut dire à un ennemi déclaré : Pourquoi me persécutes-tu ?

Saul est devenu Paul. Il n'avait pas manqué à sa parole. Il n'avait fait que se tromper.

Mais voyez Judas I Un mépris, qui s'est élevé jusqu'à l'horreur, a fait de son nom un cri de dégoût. Car le dégoût pousse des cris, quand il ne trouve plus de paroles. Judas n'est plus un nom : c'est une exclamation. Ce n'est plus une parole : c'est un geste d'horreur. C'est qu'aussi il a trahi par un baiser. Il a fait mentir ses lèvres d'une façon particulière. Il a inventé un mensonge, et au secours de son mvention, il a appelé quelque chose de plus intime que la parole. Le baiser est une promesse située au-delà du langage. Il ne promet pas seulement de ne pas trahir. Il promet de faire le contraire. Il est le signe même de la fidélité. Aussi Judas l'avait-il choisi pour signe de sa trahison.

« Dederat autem traditor ejus signum eis, dicens ; « Quemcunque osculatus fuero, ipse est... tenete eum , « et ducite caute. »

Il est à remarquer que les plus tristes égarements

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n'excluent pas, dans leur avant-dernier degré, le sentiment vague d'un honneur quelconque. C'est au dernier degré seulement que ce sentiment périt. A Tavantdernier degré, Thomme qui se plonge dans le faux parle encore, et même parle très souvent, de Thonneur, et il en parle toujours dans le sens de la parole donnée. Il veut bien qu'on le croie capable et même coupable de tous les crimes ; il ne veut pas qu'on doute de sa parole. Il veut bien qu'on le regarde comme un criminel. Il ne veut pas qu'on dise : Ce criminel promet en vain. Sa parole ne compte pas. Il veut bien que le jeu, par exemple, détruise sa fortune et la fortune des autres ; il veut bien risquer au-delà de ce qu'il possède ; mais il considère comme une dette d'honneur la dette qui n'a d'autre fondement que sa parole, d'autre valeur que la valeur qui vient de sa parole, et il ne veut pas qu'on croie qu'il se moque de cette dette-là. Il veut bien donner la mort, et même la recevoir, et même se la la donner. Mais il ne veut pas que sa femme manque à la parole qu'elle lui a donnée. Il se moque peut-être du mariage ; mais il ne veut pas que sa femme le trahisse. Lui qui ne croit à rien, il croit que sa femme serait déshonorée, si elle violait sa parole. Lui qui n'adhère à aucune loi, il veut absolument que sa femme soit liée par la promesse qu'elle lui a faite. C'est peut-être par là qu'il tient encore à la société humaine. Le respect de la parole donnée est quelquefois d'autant plus vivace en lui que c'est. peut-être la seule voie qui proclame encore au fond de lui la dignité de sa nature. S'il s'enfonce dans la boue, s /l atteint le dernier degré d'avilissement, le sentiment de l'honneur mourra peutêtre. Mais il est probable qu'il mourra le dernier. Quand il sera mort, quand l'homme se moquera de sa parole, la distance qui le sépare de l'animal diminuera

énormément. Sa figure prendra le type de la bête, et, fût-il enchaîné, on sera m;>l à côté de lui. Il y aura encore unt* descente de la nature humaine, faisant effort pour rejoindre la brute. Il est probable qu'alors la parole qui s'adressera à lui ne rencontrera plus rien. Le verbe humain sera sans action sur lui. Si le sentiment de la parole donnée est mort en lui, on ne trouvera plus dans cet homme une place à toucher. S'il rit d'avoir promis en vain, on ne pourra pas le faire pleurer.

Le soldat sur le champ de bataille joue aussi le drame de l'honneur. L'histoire est pleine de gens qui ont préféré à la vie ce genre d'honneur. Car l'histoire s'occupe beaucoup des champs de bataille, et la guerre est illustre en ce monde. Le soldat semble avoir conscience des regards fixés sur lui ; il se voit contemplé par l'Europe. Je dis l'Europe ; car le reste du monde a l'air d'une têt^ sans regard. Le soldat se voit contemplé par ]*Europe, et comme s'il oubliait ceux qui l'attendent peut-être ààns le village où il était paysan, Xormé tout à coup, et dirigé par une électricité singulière vers un sacrifice prodigieux que n'avait ni préparé ni deviné son enfance, il donne sa vie pour ne pas reculer. Et cependant il combattait sans haine ! Il ne combattait pas son ennemi personnel. Il combattait pour une cause qu'il ignore. Il ne sait pas la place qu'il occupe dans la situation pour laquelle il meurt. Son général, mort ou vivant, aura peut-être ce qu'on appelle ici la gloire ; mais lui, il n'aura que l'honneur. Son sacrifice ne participera pas aux éclats de la victoire. On ne saura pas ce qu'il aura fait pour elle, et les historiens ne raconteront pas les jeux de son enfance, les jeux qu'il a joués au village où on ne le reverra plus. Les historiens

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dironi le nombre des hommes morts dans la bataille, et il comptera pour un dans ce nombre. Il meurt .cependant, pour ne pas se déshonorer. Pourquoi meurt-il ? Il meurt parce qu'en acceptant, fût-ce malgré lui, le nom de soldat, il a promis implicitement de mourir, s'il faut mourir, mais de ne pas livrer le drapeau.

Dira-t-on qu'il est déshonoré par la peur, et non par la promesse trahie ? Mais ce même homme, pendant qu'il gardait les vaches de son père, ou qu'il faisait la moisson, ce même homme pouvait fuir devant le danger, quelquefois même devant un danger peu réel ; il avait la permission de prendre, pour assurer sa vie, mille précautions qu'il ne cherchait pas à dissimuler. Et les eût-il poussées à l'excès, il ne rougissait pas, quand il s'asseyait, en priant Dieu de bénir la table, pour prendre part au repas de famille. C'est qu'alors il n'avait rien promis. L'ouvrier qui fait un travail dangereux ; dans les mines par exemple, cet ouvrier est libre de fuir. Il n'a pas donné sa parole d'être courageux, mais le soldat est lié, et même si pendant la bataille il revoyait en esprit, comme Ulysse dans rOdyssée, la fumée sortir le soir de la chaumière où il est attendu, un cri s'élève en lui, plus haut que le cri de la nature, et il affronte la mort qu'il pourrait éviter.

Il était timide peut-être... avant d'être engagé. Mais alors il n'avait pas donné son nom.

Les expressions familières aident presque toujours l'éclaircissement des choses mystérieuses. Le langage dit d'un homme qu'il a fait honneur à sa signature. Le langage rapproche à chaque instant le mot honneur et le mot : signature.

Qu'est-ce qu'une signature ? c'est une promesse.

Celui qui signe s'engage à faire.

Et quel signe donne-l-il ?

Le signe, c'est son nom. La signature d'un homme est son nom : son nom est sa parole, et sa parole est son honneur. C'est pourquoi le langage dit: déshonorer son nom.

Celui qui ne tient pas sa parole déshonore son nom.

Le nom en effet, le nom d'un homme, c'est lui-même. Donner son nom, c'est engager son honneur.

Le nom est la représentation de l'homme ; il l'exprime dans ce qu'il a d'intime, d'essentiel. Celui qui insulte le nom d'un homme fait plus, en un certain sens, que s'il insultait cet homme lui-même, d'une façon plus directe, mais moins solennelle. S'il l'insulte dans son nom, il l'insulte dans le lieu même où il faut être le plus nécessairement respecté.

Si le soufflet déshonore, [dans l'opinion des hommes, ne serait-ce pas parce que le nom de l'homme est écrit sur son visage ? La figure est, comme le nom, lia révélation de la substance ; c'est à la figure surtout que les hommes se reconnaissent ; c'est par la figure qu'ils se distinguent les uns des autres. Un des mystères de la création, c'est que toutes les figures étant semblables, quant aux traits qui les composent, il n'y ^.n a pas deux qui soient semblables, quant à la forme de ces traits. L'unité de la figure humaine indique que le nom commun d'homme convient à tous ces hommes. La diversité des figures indique que chaque homme /* un nom propre. On dit d'un homme qu'on n'a pas reconnu : Jer n'ai pas pu mettre un nom sur sa figure.

Il existe entre l'homme et sa femme, entre l'époux: et l'épouse, une solidarité d'honneur qui tient à la solida-

rite du nom. L'épouse prend le nom de l'époux; à partir de ce jour, elle porte son honneur. Si Thonneur de la femme est particulièrement délicat, si le plus léger soupçon ne peut pas même en approcher, ne serait-ce pas parce que le mystère du nom se déclare en elle avec une intention particulière ? Car c'est du nom qu'elle a reçu que dépend Tbonneur qu'elle porte. Elle a changé de destinée le jour où elle a changé de nom. Le nom de la femme est l'histoire de deux vies, la sienne et celle de son mari.

Signature vient évidemment du mot : signe. G-est pourquoi la signature d'un homme est sa marque, son cachet, sa figure, son caractère, l'image de sa substance posée sur une promesse. Donner sa parole et écrire son nom sont un seul et même acte, et cet acte est celui qui erîgage l'honneur.

Pourquoi rhomme qui abuse d'un dépôt est-il plus déshonoré que celui qui commet un autre attentat? C'est que le dépôt était confié spécialement à^ sa parole. L'acte bon ou mauvais, par lequel le dépôt a été ou n'a pas été conservé, s'est spécis^ement accompli dans le domaine de l'honneur.

La violation d'un secret est un attentat du même genre. Le secret est confié à l'honneur d'un ami. Celai qui reçoit un secret, quand il ne ferait pas explicite"* ment la promesse die ne pas le livrer, la ferait implicite» ment, parle seul fait d'accepter le dépôt; car le secret est un dApôt. Et l'honneur est d'autant plus directement engagé que l'attentat qui le compromet n'a pas de sanction.humaine. Celui qui trahit le secret d'un ami ne s'expose pas. Il trahit en sécurité.

C'était sa parole et non son intérêt humain qui avait

répondu de sa discrétion. En général, le mépris est d'autan/ plus profond que Thomme qui s'en est rendu digne n'a pas encouru d'autre châtiment humain. Le mépris est une peine d'un genre à part, une peine qui frappe le nom.

Celui qui trahit en secret commet un.attentat dans la nuit. Il trahit celui qui a eu confiance, celui qui s'est exposé, celui qui s'est livré. Un des attentats les plus déshonorants qui soient au monde, c'est d'abuser du sommeil ; le sommeil, en désarmant l'homme, le livre sans défense à Thonneur de ce qui l'entoure. Et la trahison contracte en pareil cas une laideur spéciale qui révolte le fond de l'âme. Or la confiance est une sorte de sommeil. Celui qui a livré son secret s'endort dans les bras de son ami. Comment exprimer les indignations de son réveil, s'il se réveille, en face d'une trahison ?

Le nom, c'est l'honneur; et, en montant un peu, le nom, c'est la gloire. La gloire : c'est l'honneur agrandi, c'est l'honneur couronné, c'est l'honneur vôtu de pourpre. L'honneur est ce dont personne ne peut se passer. La gloire est nécessaire à quelques-uns seulement. Quand l'honneur entre dans le domaine du sublime, il prend le nom de gloire, et la magnificence intervient. L'honneur donne ' " qui est promis ; c'est la justice. La gloire donne au-delà de ce qui est promis : c'est la magnificence. L'honneur comptait, et ne donnait rien de moins que ce qui était dû. Mais la gloire ne compte pas ; elle donne comme une aveugle ; elle donne magnifiquement. Quand un homme s'est élevé au-dessus de la sphère de l'honneur, pour entrer dans celle de la gloire, son nom devient synonyme d'une grandeur quelconque. Ce n'est plus seulement un nom d'homme.

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c'est une façon quelconque de désigner ce qui est sublime I Son nom sort du domaine des choses particulières, pour entrer dans le patrimoine de Fhumanité. La poe'sie s'en empare, il appartient au rythme.

Et qui sait si le grand homme, quand il accomplit Tacte de gloire, n'accomplit pas une promesse tacite, une promesse qui dit son vrai nom, la promesse de satisfaire un besoin rarement satisfait, — le besoin de Tadr^iiralion, qui implore à genoux quelque chose de sublime? L'admiration est un pauvre qui demande son pain, comme les antres.

Si l'honneur donne ce qui est dû, et la gloire quelque chose de plus, nous n'aurons pas de peine à voir pourquoi la gloire est essentiellement miséricordieuse. Le père Faber dit quelque part que Dieu est fier de sa miséricorde; cette superbe parole n'est pas étonnante. La miséricorde, faisant plus qu'il n'est juste dè^fairf-, transporte la puissance dans le domaine de la condescendance ; et, dans ce domaine-là, elle respire un air nouveau, qui lui fait un nouveau visage.

Le langage humain contient ici une grande beauté. En français, faire miséricorde se dit en un mot. Il y a un verbe pour exprimer l'acte de remettre les dettes.

C'est le verbe pardonner.

Par-donner, donner au delà!

Il est déjà difficile d'être juste. Mais il faut que l'homme soit bieii grand pour que la gloire de pardonner soit devenue une loi pour lui. L'animal ne pardonne pas; mais l'homme, parce qu'il est fait à l'image de Dieu, monte plus haut que la rigueur. L'homme pardonne, et à ce moment-là, il montre sur son visage., de chair, sur son visage créé, l'image et la ressemblance du Dieu qui l'a fait capable de pardon. Puisqu'il s'agit.

quand on pardonne, d'aller au-delà de l'honneur, et plus haut que la nature, le pardon répugne, par la dignité de sa rigueur, à toute restriction, à toute petitesse, à toute froideur, à toute limite. Il répugne à Téconomie, il jette à pleines mains; cet enfant prodigue dissipe sa substance. Il donne ce qu'on n'avait pas droit d'attendre ; la magnificence est l'attribut de la miséricorde.

La miséricorde? qui donc la vengera du visage niais qu'on lui donne très souvent? Quand donc comprendra-t-on qu'elle est inséparable d'une haine active, furieuse, dévorante, implacable, exterminatrice et éternelle, la haine du mal? Quand donc comprendra-t-on que, pour être miséricordieux, il faut être inflexible ; que, pour être doux envers celui qui demande pardon, il faut étrA cruel envers Tennemi des hommes qui a sucé le sang de cet homme à genoux, cruel envers l'erreur, la mort et le péché ? La miséricorde est terrible comme une armée rangée en bataille. Elle a pris un jour la figure de Judith, et l'eau a été rendue à Bétulie qui mourait de soif.

Depuis fort longtemps la malveillance et la sottise ont conspiré pour donner aux vertus l'aspect niais et terne, effacé et lamentable. Personne ne sait jusqu'où va l'immoralité et le danger de cette erreur. Personne ne sait à quel point les hommes, affamés etaltérés de grandeur, sont écartés de Dieu par les petits livres qui font Dieu petit.

Il y en a qui croient que l'honneur consiste à ne pas pardonner. D'autres pensent que le pardon est une concession que l'honneur doit faire à la morale. Quand donc verra-t-on que la miséricorde est la magnificence de l'honneur exalté? Toute chose aspire à s'élever audessus d'elle-même, à perdre ses limites, toute chose est

tentée par la beauté de Texlase (Ixerracnç). Quand Thonneur monte cette montagne, il rencontre la gloire vers le sommet. C'est alors que les larmes arrivent. L'honneur affermit le visage, mais la gloire fait pleurer.

Je termine par un regard jeté dans Tintérieur du désert, là où Moïse paissait ses brebis.

De tout temps Thomme a cru que le secret de la puissance, c'était le nom du Seigneur. Dans rÉcriture nous voyons plusieurs fois Fhomme à qui Dieu confie une mission ou fait une promesse, nous voyons Thomme répondre :

Gomment vous nommez-vous?

Le fond du cœur est Tespérance qu'il a dans le nom de Dieu. Et Dieu a pris le nom de Jaloux parce que sa gloire lui importe.

Quand Moïse entendit la voix qui partait du buisson ardent, il demanda son nom à celui qui parlait.

La réponse qui lui fut faite retentit de siècles en siècles, et pour épeler le Tétragrammaton, Téternité n'est pas trop longue.

Comme presque tous les noms hébreux, le nom de

JÉnOVAH

a beaucoup de significations. Il veut dire celui qui a été, qui est et qui sera. 11 indique mystérieusement la trinité des personnes, et Tunité de l'essence divine. Il est l'alpha et l'oméga ; et l'espérance même, qui n'a pas peur de monter, n'arrive jamais à la hauteur de ce qu'il contient.

Or le nom de Jéhovah signifie, entre autres chosesjf d'après Cornélius à Lapide :

Celui qui tient ses promesses.

Adam a entendu le serpent mentir, le tentateur n^a pas tenu la promesse qu'il a faite à nos premiers pères. Il est déshonoré I Quand le Dieu Jaloux, qui ne donne pas sa gloire à un autre, s'est manifesté, dans la personne de Moïse, à la race d'Adam, pour se rendre témoignage, il a déclaré, par les quatre lettres du nom terrible, qu'il se nomme :

Celui qui tient ses promesses.

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