‹ L'homme: la vie--la science--l'artChapitre 9 sur 47 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

dont rœil confond la cime immobile des monts granitiques avec la brume inconsistante des nuées. Peut-être a-t-il raison eu grande partie, mais assurément pas autant qu^il le pense. Sans doute, il y a, dans l'homme médiocre, une certaine petitesse volontaire, et un orgueil imbécile dont il lui serait loisible de s'affranchir, et dont, par suite, il est responsable ; sans doute, l'humilité est une porte par où toutes les âmes peuvent entrer dans la grandeur ; mais il y a aussi, dans l'homme médiocre, une part d'infirmité qu'il ne dépend point de lui de surmonter, et qui ne mérite pas l'irritation de ceux que Dieu a favorisés, comme les aigles, de la puissance du regard et de la puissance des ailes. La médiocrité n'est pas tout entière dans l'âme, sans quoi Hello aurait pleinement raison ; elle est aussi en grande partio dans l'esprit, et c'est ce qui fait qu'il a tort dans son exécration sans réticence et son mépris absolu.

Peut-être, en défendant l'homme médiocre, cédé-je un peu à la tentation de me préserver moimême d'un jugement si dur :

Haud igaara mali miseris saccurrere disco.

Mais, en dehors de tout intérêt personnel, je crois que je viens de toucher incidemment le point

Page 1