JÉHOVAH
. . . été igni Î ut dire celui qui a été, de si ifications. Il ve d ns ; Le sta, Il indique mystérieusement la t qui
e ivine. Il est l’alpha et ’unité de l’essence divine.
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t écartés de Dieu MU Cornélius à Lapide:
Celui qui tient ses promesses, insiste à ne pas i a pas : 4 , entateur n’a p
st une concession ï Adam a entendu le serpent menur, re pères. Il est | donc verra-t-on À tenu la promesse qu'il a faite à nos pe dotine-pas sa gloire honneur exalté ? dE déshonoré! Quand le nt de Moïse à la -même, à pcrdre D un autre, s'est manifesté, PR an il a déclaré, par auté de l’exta-e 4 race d'Adam, pour se rendre té
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ible, qu'il se nomme:
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u juste-milieu é dans sa violence.
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titre, pour ceux qui ont beaucoup imprimé. Il ferait la cour à son plus cruel ennemi, si cet ennemi devenait célèbre; mais il ferait peu de cas de son meilleur ami, si personne ne lui en faisait l'éloge. Il ne conçoit pas qu’un homme encore obscur, un homme pauvre, qu’on coudoie, qu’on traite sans façon, qu’on tutoie, puisse être un homme de génie.
Fussiez-vous le plus grand des hommes, il croira, s’il vous a connu enfant, vous faire trop d'honneur en vous comparant à Marmontel. Il n'osera prendre l'initiative de rien. Ses admirations sont prudentes, ses enthousiasmes sont officiels. Il méprise ceux qui sont jeunes. Seulement, quand votre grandeur sera reconnue, il s’écriera: Je l'avais bien deviné! Mais il ne dira jamais, devant l'aurore d’un homme encore ignoré: Voilà la gloire et l'avenir! Celui qui peut dire à un travailleur inconnu: Mon enfant, tu es un homme de génie! celui-là mérite l’immortalité qu’il promet. Comprendre, c’est égaler, a dit Raphaël.
L'homme médiocre peut avoir telle ou telle aptitude spéciale : il peut avoir du talent. Mais l'intuition lui est interdite, Il n’a pas la seconde vue; il ne l'aura jamais. Il peut apprendre: il ne peut pas deviner. Il admet quelquefois une idée, mais il ne la suit pas dans ses diverses applications; et si vous la lui présentez en termes différents, il ne la reconnaît plus: il la repousse.
Il admet quelquefois un principe; mais si vous arrivez aux conséquences de ce principe, il vous dira que vous exagérez.
Si le mot exagération n'existait pas, l’homme médiocre l’inventerait. :
L'homme médiocre pense que le christianisme est une précaution utile, dont il serait imprudent de se passer. Néanmoins il le déteste intérieurement ; quelquefois aussi, il a pour lui un certain respect de convention, le même respect qu’il a pour les livres en vogue. Mais il a horreur du catholicisme: il le trouve exagéré: il aime bien mieux le protestantisme, qu’il croit modéré. Il est ami de tous les principes et de tous leurs contraires.
L'homme médiocre peut avoir de l'estime pour les gens vertueux et pour les hommes de talent.
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Il a peur et horreur des saints et des hommes de génie ; il les trouve exagérés,
» AU moins Partiellement, ais les Carmélites, dit-il, à quoi bon?
» Mais il] est arrac
in qui tient le glaive, L'homme
jamais médiocre,
Un ton banal, E Vous maudira Personnel, L'homme médiocre ins qui ne disent ni oui ni non sur aucune question, qui n’affirment rien, qui ménagent toutes les opinions Contradictoires. I] aime à la fois Voltaire, Rousseau et Bossuet, I] veut bien qu’on nie le Christianisme, Mais qu’on Je nie Poliment, avec une certaine Modération ans les mots, I] a un certain amMOur pour le rationalisme, et,
chose bizarre, Pour le jansénisme aussi, Il adore Ja profession de foi du vicaire Savoyard,
Xprimez Ja » Car il aura rencontré Je beau, son ennemi
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nmes de génie:
igieux, surtout Saint-Vincent.
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Pour échapper au reproche d'intolérance adressé par lui à tout ce qui pense fortement, il faudrait se réfugier dans le doute absolu; mais encore ne faut-il pas appeler le doute par son nom. Il faut lui donner la forme d’une opinion modeste, qui réserve les droits de l'opinion contraire, fait semblant de dire quelque chose et ne dit absolument rien. Il faut ajouter à chaque phrase une périphrase adoucissante: ce semble, si j'ose le dire, s’il est permis de s'exprimer ainsi.
Il reste à l’homme médiocre en activité, en fonction, une inquiétude: c’est la crainte de se compromettre, Aussi il exprime quelques pensées volées à M, de La Palisse, avec la réserve, la timidité, la prudence d’un homme qui craint que ses paroles trop hardies n'ébranlent le monde.
Le premier mot de l’homme médiocre qui juge un livre porte toujours sur un détail, et habituellement sur un détail de style, C'est bien écrit, dit-il, quand le style est coulant, tiède, incolore, timide. C’est mal écrit, dit-il, quand la vie circule dans votre œuvre, quand vous créez votre langue en parlant, quand vous dites vos pensées avec cette verdeur qui est la franchise de l'écrivain. Il aime la littérature impersonnelle ; il déteste les livres qui obligent à réfléchir. Il aime ceux qui ressemblent à tous les autres, ceux qui rentrent dans ses habitudes, qui ne font pas éclater son moule, qui tiennent dans son cadre, ceux qu’on sait par cœur avant de les avoir lus, parce qu’ils sont semblables à tous ceux qu’on lit depuis qu’on sait lire.
L'homme médiocre dit que Jésus-Christ aurait dû se borner à prêcher la charité, et ne pas faire de miracles; mais il déteste encore plus les miracles des saints, surtout ceux des saints modernes. Si vous lui citez un fait à la fois surnaturel et contemporain, il vous dira que les légendes peuvent faire bon effet dans la vie des saints, mais qu’il faut les y laisser ; et si vous lui faites observer que la puissance de Dieu est la même qu’autrefois, il vous répondra que vous exagérez.
L'homme médiocre dit qu’il y a du bon et du mauvais dans toutes choses, qu’il ne faut pas être absolu dans ses jugements, etc., etc.
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S vous affirmez fortement la vérité, l’homme médiocre dira que vous avez trop de confiance en vous-même. Lui, qui a tant d’orgueil, il ne sait pas ce que c’est que l’orgueil! Il est modeste et orgueilleux, soumis devant Voltaire et révolté contre l'Église. Sa devise, c’est le cri de Joab: Hardi contre Dieu seul!
L'homme médiocre, dans sa crainte des choses supérieures, dit qu’il estime avant tout le bon sens; mais il ne sait pas ce que c’est que le bon sens. Il entend par ce mot-là la négation de tout ce qui est grand,
L'homme médiocre peut très bien avoir cette chose sans valeur qu’on appelle, dans les salons, de l'esprit; mais il ne peut avoir l'intelligence, qui est la faculté de lire l’idée dans le fait.
L'homme intelligent lève la tête pour admirer et pour adorer; l’homme médiocre lève la tête pour se moquer: tout ce qui est au-dessus de lui lui parait ridicule, l'infini lui parait néant.
L'homme médiocre ne croit pas au diable,
L'homme médiocre regrette que la religion chrétienne ait des dogmes: il voudrait qu’elle enseignât la morale toute seule; et si vous lui dites que sa morale sort de ses dogmes, comme la conséquence sort du principe, il vous répondra que vous exagérez.
Il confond la fausse modestie, qui est le mensonge officiel des orgueilleux de bas étage, avec l'humilité, qui est la vertu naïve et divine des saints.
Entre cette modestie et l'humilité, voici la différence :
L'homme faussement modeste croit sa raison supérieure à la vérité divine et indépendante d'elle, mais il la croit en même temps inférieure à celle de M. de Voltaire. Il se croit inférieur aux plus plats imbéciles du dix-huitième siècle, mais il se moque de sainte Thérèse.
L'homme humble méprise tous les mensonges, fussent-ils glorifiés par toute la terre, et s’agenouille devant toute vérité.
L'homme médiocre semble habituellement modeste ; ii ne peut pas être humble, ou bien il cesse d’être médiocre.
médiocre me. Lui, l'orgueil ! Itaire et b: Hardi
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L'homme médiocre adore Cicéron, aveuglément et sans restriction; il ne l'appelle pas par son nom: il l'appelle l’orateur romain, Il cite de temps en temps: ubinam gentium vivimus ?
L'homme médiocre est le plus froid et le plus féroce ennemi de l’homme de génie,
Il lui oppose la force d'inertie, résistan.e c:uelle; il lui oppose ses habitudes machinales et invinc'bies, la c'tadelle de ses vieux préjugés, son indifférence malreillante, son scepticisme méchant, cette haine profonde qi :essemile à de l'impartialité; il lui oppose l'arme des ge san: cœur, la dureté de la bêtise,
Le génie compte sur l'enthousiasme; il demande qu’on s’abandonne. L'homme médiocre ne s’abandonne jamais. Il est sans enthousiasme et sans pitié: ces deux choses vont toujours ensemble,
Quand l’homme de génie est découragé et se croit près de mourir, l’homme médiocre le regarde avec satisfaction; ii est bien aise de cette agonie; il dit: Je l’avais bien deviné, cet homme-là suivait une mauvaise voie; il avait trop de confiance en lui-même! Si l’homme de génie triomphe, l’homme médiocre, plein d'envie et de haine, lui opposera au moins les grands modèles classiques, comme il dit, les gens célèbres du siècle dernier, et tâchera de croire que l’avenir le vengera du présent.
L'homme médiocre est beaucoup plus méchant qu’il ne le croit, et qu’on ne le croit, parce que sa froideur voile sa méchanceté. Il ne s’emporte jamais. Au fond, il voudrait anéantir les races supérieures: il se venge de ne le pouvoir pas, en les taquinant. Il fait de petites infamies, qui, à force d’être petites, n’ont pas l’air d’être infâmes. Il pique avec des épingles, et se réjouit quand le sang coule, tandis que l’assassin a peur, lui, du sang qu’il verse. L'homme médiocre n'a jamais peur. Il se sent appuyé sur la multitude de ceux qui lui ressemblent.
L'homme médiocre est, dans l’ordre littéraire, ce qu’on appelle dans l’ordre social un homme à bonne fortune. Les succès faciles sont pour lui. Oubliant le côté essentiel, et
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saisissant le côté accidentel de chaque chose, il court après les circonstances: il est à l’affüt des occasions; et quand il a réussi, il est dix fois plus médiocre encore. Il se juge, comme il juge les autres, sur le succès. Tandis que l’homme supérieur sent sa force intérieurement, et la sent surtout si les autres ne la sentent pas, l’homme médiocre se croirait un sot s’il passait pour tel, et trouve son aplomb dans les compliments qu'on lui fait; sa médiocrité augmente en raison de son importance.
Mais enfin, me dites-vous, pourquoi et comment réussit-il ?
Assis à votre bureau, en face d’un livre signé d’un nom Connu, et que le bruit public désignait à votre attention, ne vous est-il jamais arrivé de le fermer avec une tristesse inquiète et de vous dire: — Comment ces pages ont-elles conduit l’auteur à la réputation, au lieu de le condamner à l'oubli? Et comment tel nom, qui pourrait figurer à côté des grands noms, est-il absolument inconnu aux hommes? Pourquoi les quelques amis, les rares amis de celui à qui je pense en ce moment murmurent-ils timidement son nom entre eux, n’osant pas le prononcer devant tous, parce qu’il n’a pas eu la sanction de tous? La gloire a-t-elle des secrets, ou bien a-t-elle des caprices ?
Voici la réponse: La gloire et le succès ne se ressemblent pas; la gloire a des secrets, le succès a des caprices.
L'homme médiocre ne lutte pas: il peut réussir d’abord; il échoue toujours ensuite.
L'homme supérieur lutte d’abord et réussit ensuite.
L'homme médiocre réussit parce qu’il suit le courant; l’homme supérieur triomphe parce ju’il va contre le courant,
Le procédé du succès, c’est de marcher avec les autres; le procédé de la gloire, c’est de inarcher contre les autres.
Tout homme qui fait connaître son nom produit cet effet ; parce qu’il est le représentant d’une certaine partie de l’espèce humaine,
Voilà le mot de toutes les énigmes.
Les races supérieures se font représenter par les grands; les races inférieu es se font représenter par les petits.
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Les unes et les autres ont leurs députés dans l’assemblée universelle.
Mais les unes donnent à leur députés le succès, et les autres donnent à leurs députés la gloire.
Ceux qui flattent les préjugés, les habitudes de leurs contemporains, sont poussés et vont au succès: ce sont les hommes de leur temps.
Ceux qui refoulent les préjugés, les habitudes; ceux qui respirent d'avance l'air du siècle qui les suivra, ceux-là poussent les autres, et vont à la gloire: ce sont les hommes de l'éternité.
Voilà pourquoi le courage, qui est inutile au succès, est la condition absolue de la gloire. Ceux-là sont grands qui s'imposent aux hommes au lieu de les subir; qui s'imposent à eux-mêmes au lieu de se subir ; qui étouffent du même effort leurs propres découragements et les résistances extérieures. Ce que nous appelons grandeur, c’est le rayonnement de la souveraineté.
L'homme médiocre qui a du succès répond aux désirs actuels des autres hommes.
L'homme supérieur qui triomphe répond aux pressentiments inconnus de l’humanité.
L'homme médiocre peut montrer aux hommes la partie d'eux-mêmes qu’ils connaissent.
L'homme supérieur révèle aux hommes la partie d’euxmêmes qu’ils ne connaissent pas.
L'homme supérieur descend au fond de nous plus profondément que nous n’avons l'habitude d’y descendre. I1 donne la parole à nos pensées. Il est plus intime avec nous que nous-même,
Il nous irrite et nous réjouit, comme un homme qui nous réveillerait pour aller voir avec lui un lever de soleil. En nous arrachant à nos maisons pour nous entraîner dans ses domaines, il nous inquiète, et nous donne en même temps la paix supérieure.
L'homme médiocre, qui nous laisse 1à où nous sommes, nous inspire une tranquillité morte qui n’est pas le calme.
L'homme supérieur, incessamment tcurmenté, déchiré, par | l'orposition de l'idéal et du réel, sent mieux qu’un autre la | grandeur humaine, et mieux qu’un autre la misère humaine, | Il se sent plus fortement appelé vers le splendeur idéale, qui est notre fin à tous, et plus mortellement endommagé par la
vieille déchéance de notre pauvre nature: il nous communique | ces deux sentiments qu’il subit. Il allume en nous l’amour de l'être, et éveille en nous sans relâche la conscience de notre
néant,
L'homme médiocre ne sent ni la grandeur, ni la misère, ni l’Être, ni le néant, Il n’est ni ravi, ni précipité; il reste sur l’avant-dernier degré de l'échelle, incapable de monter, trop paresseux pour descendre. Dans ses jugements comme dans ses œuvres, il substitue la convention à la réalité, approuve ce qui trouve place dans'son casier, condamne ce qui échappe aux dénominations, aux catégories qu’il connaît, redoute l’étonnement, et n’approchant jamais du mystère terrible de
la vie, évite les montagnes et les abîimes à travers lesquels le m
pe
pensée est supérieure à son œuvre, A + * j . ve
L'homme médiocre est inférieur à ce qu’il exécute, Son tir œuvre n'est pas la réalisation d’une pensée: c’est un travail du fait d’après certaines règles. ou L'homme de génie trouve toujours son œuvre inachevée. ht
L'homme médiocre est plein de la sienne, plein de lui-même, plein du néant, plein de vide, plein de vanité, Vanité! cet odieux personnage est tout entier dans ces deux mots: froideur et vanité!
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elle promène ses amis.
L'homme de génie est supérieur À ce qu'il exécute. Sa
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Une des passions les plus invraisemblables et pourtant les plus réelles qui affligent l'humanité, c’est la passion du malheur, Pour qui ne connaïîtrait pas l’homme, la chose paraitrait impossible : Pour qui connaîtrait l’homme, la chose É est évidente. Il y a une Corruption qui porte l'espèce humaine
vers un genre de volupté épouvantable; cette volupté est
unie idole qui, depuis six mille ans, réclame et obtient des
xécute, Sa
écute, Son un travail
tes les corruptions de la inachevée. littérature et de la poésie, toutes les dégradations du théâtre > lui-même, et de l’amour aient une explication; or cette explication, la anité! cet voilà. L'homme a Ja Passion du malheur. eux mots:
Le peuple romain Poussait un cri circenses !
profond, panem et
et la mort, Le peuple romain, re Païenne, ne demandait pas seu vivre; il demandai
Î enseignement grave.
Il mettait sur Ja même ligne,
dans sa sauvage volonté, ce qui forme le sang de l’homme et
ce qui fait couler je sang de
mm
Ce cri est typique: c’est lui qui a fait la plus grande partie de la littérature moderne. Quelquefois, au lieu de sang, un a demandé des larmes; mais les larmes sont le sang de l’âme,
suivant la parole de saint Augustin, et le cri du peuple-roi est exaucé par elles.
Le goût du sang et le goût des larmes ne sont qu’un seul et même goût; seulement le goût du sang est ressenti par un peuple plus brutal; le goût des larmes, par un peuple plus poli. Le goût des larmes est le goût du sang qui devient raffné. Quand ‘élément corporel domine dans la cruauté, l’homme éprouve le goût du sang. Quand l'élément spirituel domine dans la cruauté, l’homme éprouve le goûi “.- :irmes.
Le plaisir de faire souffrir, qui est dominant chez le barbare illetiié, se change quelquefois, chez le littérateur dépravé, en un plaisir presque semblable, mais non pas tout à fait semblable: le plaisir de voir souffrir.
Ce second plaisir a un avantage sur le premier: il est moins fatigant.
Lucrèce, dans ses célèbres vers:
€ Suave mari magno, eu, ete»
attribue le plaisir de voir souffrir au sentiment de la sécurité personnelle du spectateur, sentiment qui s’exalte par le con-
traste, quand le spectateur tranquille assiste au danger des autres.
Lucrèce, qui veut être profond, est extrêmement superficiel, Il y a, dans le plaisir dont il parle, tout autre chose que le sentiment de la sécurité personnelle. {1 y a le goût du sang ou le goût des larmes.
Sans doute, le contraste est essentiel au plaisir dont parle Lucrèce: mais c’est un contraste plus profond que celui qu’il soupçonne. Ce n’est pas le contraste du danger et du repos; c’est le contraste de la torture et de la volupté.
L'homme est si profondément ignorant de lui-même, : ‘1 éprouve à tout instant, sans le savoir, ces impressior.; : croit rares, et qu’il appelle monstrueuses.
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inde partie e sang, &n g de l’âme, iple-roi est
qu'un seul nti par un euple plus vient raffié, l’homme el domine nes.
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er: il est
a sécurité ir le coninger des
aperficiel, se que le du sang
ont parle elui qu'il lu repos;
Parlez à un homme du plaisir de faire souffrir ou du plaisir de voir souffrir; il croira qu’il faut remonter à Caligula pour en trouver un exemple. Le même homme a éprouvé cela mille fois dans sa vie; mais il n’a Pas reconnu en lui ce genre de Plaisir, parce qu’il ne lui a pas donné son vrai nom.
Bien plus, il s’est félicité de ce plaisir: il s’en est remercié, il s’en est admiré. Il l’a attribué à la grande sensibilité de son âme,
Vous me direz que la chose, se passant dans le domaine de la littérature, perd son caractère en perdant sa réalité.
Je vous répondrai que, si elle perd quelque chose de son caractère moral, elle ne perd pas son caractère psychologique, Si elle n’est pas la même quant à la culpabilité pratique, elle est la même quant à sa nature idéale,
D'ailleurs, nous nous faisons de très fausses idées sur ce qui est réel et sur ce qui ne l’est pas. Savons-nous au juste quels actes nous accomplissons, chaque fois que nous acceptons une pensée, une impression, un désir ? L'artiste qui Conçoit pour la première fois dans son esprit le plan d’une statue fait un acte bon ou mauvais, mais plus réel que le second acte par lequel il fait cette statue: son idée est plus réelle que le bronze et le marbre. Qui donc peut mesurer les réalités dont il est l’auteur ?
Mais la passion du malheur ne s'exerce pas seulement sur les étrangers: l’homme qui la possède aime son propre malheur. :
Ce goût bizarre, invraisemblable aux yeux de celui qui ne réfléchit pas, est évident pour qui sait lire. Notre siècle, qui a mis le doigt plus profondément que les autres dans les plaies de l’homme, s’est occupé plus souvent jusqu'ici ” les creuser qu’à les guérir. Il a enfoncé le poing avec volupté dans les blessures qu’on ne voyait pas, pour montrer combien elles sont profondes.
Le succès des âmes malades qui se sont abattues sur le monde depuis soixante ans, si nombreuses qu’on ne peut les Compter, serait inexplicable si l’homme n'avait pas une passion
étrange, qui est l’émulation du malheur,
N ET da TS {
Vous êtes malheureux, et par cette raison vous monte Sur un piédestal, et vous criez à toutes les générations hu-
fl
maines: Voyez comme je suis malheureux! et vous vous c drapez dans votre malheur Comine dans ti manteau, p Votre voisin va vous imiter et se croire malheureux, et se ù rendre malheureux, car votre malheur est une corruption de B la volupté; c’est la volupté qui a pris la forme du malheur, | à et comine l’abime appelle l’abime, la volupté appelle l'orgueil, ? L et puisque chez vous la volupté a pris la forme du malheur, d voire malheur appelle l'orgueil, et l'orgueil lui répond. di Comment, si! en était autrenient, saurions-nous le nom " de Werther ? "8 : HER : : . l’e Combien de fenir “+, depuis soixante ans, ont voulu être as pâles! La santé x Passé près d'elles pour une humiliation ! n’ Combien de larmes ont été versées sur des malheurs sans ét. Cause, qui sont devenus réels Pour avoir été aimés! qu j Le goût affreux des choses déchirantes a passé des mauvais ch théâtres dans les mauvaises vies, et la vanité humaine, non bic contente de chasser la joie, a voulu la déshonorer. la im
La passion dont je parle ne s sert pas de la souffrance comme d’un moyen pour la joie. Non, elle veut la souffrance qu coïnme fin, comme résultat, comme terme; elle veut que le cet malheur soit définitif: elle veut se reposer sur lui. ce de. \ UE : cel
Le contraire éclate partout où la vérité paraît, La souffrance, quand elle arrive, n'intervient que comme moyen: elle qu’ conduit à la joie, à moins qu’elle n’apparaisse comme chà- ac timent éternel; mais alors elle a un caractère à part, magni- sou fique et rayonnant, Elle entre dans la grande joie de la n’e justice sans fin, sans fatigue et sans défaillance, l'an Cette joie, les condamnés ne la sentiront jamais; mais la à C justice mange son pain. | mil.
être
Parmi les amis du malheur, lord Byron occupe une plac: que que plusieurs autres ont enviée. Ah! que de pauvres gen: aur. auraient été contents s’ils avaient pu grincer des dents sen
limitation de ce personn:;' !
AT T3 mm
ts monts; ‘ations huvous vous nteau,
reux, et se ruption de 1 inalheur, e l'orgueil, 1 malheur, porid.
IS le nom
roulu être miliation |!
eurs sans
S mauvais aine, non
ouffrance ouffrance at que le
La soufyen; elle ime chä3- , Magniie de la
mais la
ne placx ‘es gen:
dents
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Lord Byron a rêvé toute sa vie un criminel idéal, un criminel farouche, impitoyable, mystérieux et fantastique; ce criminel sans peur, et non Pas Sans reproche, est poursuivi par des remords sans trève. I] épouvante, il assassiue, il brûle tout ce qu’il touche. Manfred est une des aspirations de lord Byron vers ce malheur idéal. On dirait que ce malheur est à ses yeux trop grand, trop beau pour qu’il espère l’atteindre. Lord Byron a, vis-à-vis du malheur idéal qu’il rêve, l'attitude d'un jeune homme qui voit passer un cheval arabe, On le dirait captif dans son malheur réel, et tendant ses deux bras vers le malheur idéal qui a éclairé ses beaux jours et caressé sa jeunesse. Lord Byron méprise la paix et a horreur de l'espérance, Ce qu’il aime, c'est la perte irrévocable, la ruine sans remède, l’épouvante sans consolation, Si cet homme n'était que ridicule, ce serait déjà un grand dommage, car il était né pour n'être pas ridicule ; mais il s’en faut de beaucoup que le dommage s'arrête là. Lord Byron ment à l'essence des choses; il fait mentir la poésie, Il trompe sur la nature du bien, sur la nature du beau, sur la nature du sublime, sur
la nature de la vie. I] trompe, et on le croit, et il a eu des imitateurs !
Lord Byron, si je ne me trompe, a dit en propres termes que la vertu est ennuyeuse. Ce qu’il y a d’épouvantable dans cette parole, ce n’est pas seulement la parole en elle-même, c’est tout ce qu’elle implique; c’est l’état qu’elle suppose chez celui qui la prononce: c'est l'absence d’étonnement quelle cause à la plupart des lecteurs. Ce n’est pas seulement ce qu’elle dit qui fait horreur, c’est ce qu’elle sous-entend, I1 y a quelques pensées qui ont empoisonné dans l'humanité les Sources de la vie, et l’une de ces pensées, c’est que le mal n’est pas ennuyeux; c’est que le mal est un remède contre l'ennui.
Cette illusion invraisemblable est très répandue, même au milieu de gens qui sembleraient au premier abord en devoir : être préservés. Parmi les Personnes vertueuses, il y en a quelques-unes, j’ai honte de le dire, qui croient que leur vie aurait plus d’intérêt, plus de variété, plus de liberté, si le mal se mêlait plus souvent au bien dans leur pratique journalière, Ces pauvres gens s’abstiennent quelquefois du mal, parce
qu'ils croient devoir's'en abstenir; mais ils s’en abstiennent sans le mépriser ; ils s’en abstiennent avec une sorte de regret. Quelque chose d'eux-mêmes reste avec lui quand ils le quittent ; ils ne le désertent pas à tous les points de vue. Ils ne savent pas combien il est fade, comment il est ennuyeux. Ils n’ont pas horreur de lui.
Un certain attrait pour ce qui fait tomber; un certain regret de ne pas toucher au fruit défendu ; un certain partage de l’âme entre le bien et le mal; un certain sentiment, vague et inconscient peut-être, que la poésie est diminuée par l'exclusion du péché et du malheur ; une certaine absence d’exécration en face du monstre infernal, surtout si sou langage est élégant, si son visage est fardé, si son exigence est modérée, toutes ces pensées abominables ne dominent pas seulement les hommes livrés à l'erreur; elles se glissent, elles s’insinuent dans les âmes honnêtes qui veulent être bonnes et droites. La fente par laquelle elles entrent, c’est la déchirure de l'unité, Les âmes dont je parle veulent le bien; mais elles ne savent Pas assez totalement, assez pleinement, assez pratiquement, assez absolument l'unité du vrai, du beau et du bien. Elles ne savent pas la laideur épouvantable de tout ce qui n’est pas la vérité pure. Elles ne savent pas la honte effroyable, sans nom, sans mesure et sans restrictions de toute chose appelée honneur, si cet honneur n'est pas la dignité du vrai; de toute chose appelée gloire, si cette gloire n’est pas la magnificence de la pureté. Elles ne Savent pas cette unité profonde du vrai, du beau, du bien, unité qui doit être non pas seulement notre pensée, mais notre vie, et nous faire circuler dans le sang l’horreur de tout mensonge, surtout s’il est déguisé,
Beaucoup de gens croient qu’il faut, par vertu, s'abstenir du bonheur, parce que le bonheur est dangereux. Ils ne Savent pas qu’il faut, par vertu, s'abstenir du malheur, parce que le malheur est dangereux.
Un des caractères que possède le goût du malheur, c’est la stérilité de ce malheur et l'inutilité du regard qu’on jette sur lui. Le malheur est un aliment pour la vanité, pour la curiosité, pour l'illusion, pour le néant. Ii n’a ni leçons, ni lumières, ni remèdes. Il ne sert à rien qu’à faire parler et à
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bstiennent de regret.
ind ils le le vue. Ils ennuyeux.
in certain in partage ent, vague inuée par e absence ut si son exigence dominent e glissent, ilent être rent, c’est reulent le ez pleinedu vrai, épouvanne savent et sans honneur ée gloire, , Elles ne du bien, ais notre de tout
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à faire pleurer, malgré la dignité de la parole et la dignité des larmes qu’il outrage par son approche, Le malheur, dans ces conditions-là, devient une position et remplace, par une attitude mélancolique, le travail qu’on ne fait pas; car le goût du malheur est une des formes de la paresse, et comme la littérature contemporaine a été, dans sa partie dépravée, l'apologie de la paresse, cette littérature a propagé et vanté le goût du malheur, Cette paresse dont je parle est une paresse adaptée aux hommes qui se croient grands, une paresse verbeuse, déclamatoire, doctorale et emphatique qui méprise l’action. Cette paresse, non contente de la pratique, s'élève à la hauteur de la théorie. Elle ne fait rien parce qu’elle est trop majestueuse pour agir. Elle s’admire dans sa niaiserie et surtout dans sa douleur. Elle tâche de pleurer et fait étalage des larmes stériles qu’elle essaye de répandre. Cette paresse prend quelquefois la plume pour donner aux hommes la passion du malheur. Les lamentations qui naissent ainsi n’ont ni vertu ni beauté, Elles ne corrigent ni n’éclairent ; elles énervent et enorgueillissent.
À propos de la passion du malheur, je vais signaler un genre de poésie qui vit de larmes, qui se nourrit de sang humain, qui s’abreuve de désespoir. Elle a un nom bien connu, c'est la poésie légère. Ceux-là seuls seront étonnés de ce que je viens de dire, qui n’ont pas réfléchi à la légèreté que le désespoir contient. La poésie légère parle d’amours trompées, de vies perdues, de douleurs éternelles, de tristesses sans espérance, de rêves sans réalisation. La poésie légère est faite de sépulcres et d’ossements. Elle est morne, elle est noire, elle est terne, elle est stérile, Elle est lourde comme le vide; elle est écrasée sous le fardeau qu’elle porte, et il y a de quoi; car ce fardeau, c’est l'absence de Dieu. La poésie légère a le droit de succomber. Toutes ces rêvasseries pleines de soupir, de larmes et de mensonges, sont vides de Dieu et pleines de l’homme. Sous la charge qu’elle traîne, la poésie légère a le droit de succomber, L’élégie ignore la joie et la lumière qui comptent parmi les devoirs de la poésie. La poésie légère célèbre 1e malheur, parce qu’elle Manque de gravité. La poésie au: :re, celle qu’il faut aimer, célèbre la joie, parce que la joie vient de Dieu. Letetur cor meum
ut timeat nomen tuurn, disait le Roi-Prophète, et les psaumes de la Pénitence sont remplis du nom de la joie, parce que 12 pénitence de David était sérieuse et divine. Si son regret eût été léger et humain, David eût dit adieu Pi foi lanterie, à l'espérance, La joie est l’austérité de la poésie,
Si la rosée est féconde, certes les larmes doivent l'être. Parmi les richesses de la création, il n’y a pas de richesses peut-être qui aient été plus prostituées que les larmes. Sainte Rose de Lima disait qu’elles appartiennent à Dieu, et que celui qui les donne à un autre les vole au Seigneur. Or, les larmes sont devenues des abominations. Elles, dont l'essence est de se cacher, elles sont devenues des parades, des poses, des attitudes. Elles, qui sont les sanglots de la vérité, quand la vérité ne peut plus parler, elles sont devenues des mensonges. Elles, qui sont des forces, elles sont devenues des dissolvants. Elles, qui sont des sources de vie, cachées plus haut que la pensée, elles sont devenues des Sources de mort, cachées plus bas que la défaillance.
Il y a dans les larmes prostituées quelque chose qui ressemble aux sacrifices humains.
Le christianisme a restitué les larmes, comme le sang, au Créateur des cieux et des eaux. Il les a placées près des sources de la vie! Jésus-Christ pleura près du tombeau de Lazare. Les larmes de Madeleine sont deve: ues un des grands souvenirs de l'humanité. Les peintres feraient bien de ne pas y toucher légèrement, et de ne pas les confondre avec les larmes contraires, dans la crainte d’un attentat. Les larmes sont montées si haut, qu’elles sont à leur place au tribunal de la pénitence, quand tout près d'elles le sang de Jésus-Christ tombe avec l’absolution sur la tête du pécheur. Dieu fait ce qu’il veut des choses qu’il touche : Il les emploie quelquefois à des usages étonnants! ©’! touche les larmes, il fait d’elles la force des faibles et 1: rresr des forts.
Le langage chrétien désigne par n énergique ia douleur d’avoir péché. Ce mot est la contrition, qui veut dire brisement. Si l'habitude ne jetait pas sur toutes choses le voile gris de l'indifférence, les hommes seraient singulièrement frappés de ce mot magnifique. Mais voici ce que je
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voulais dire: la .contrition est pleine de joie, Le brisement du cœur est plus délicieux que les choses les plus recherchées. Je ne parle pas des délices vagues de certains sentiments qui ressemblent à des rêves, délices stériles et affaiblissantes. Les délices dont je parle sont des réalités fortifiantes, actives, fécondes. Ce sont des joies qui font agir,
Pour apprécier un acte fait dans la vérité, il est bon de regarder le même acte accompli dans l'erreur, A côté du repentir, qui est un nom moins beau que la contrition, il y a le remords. Le repentir est bon; le remords est mauvais. Aussi le repentir donne la joie et le remords la tristesse, C’est que Dieu est dans le repentir, et Dieu n’est pas dans le remords.
Le repentir calme le coupable; le remords l’exaspère, Le repentir lui ouvre l'espérance, le remords la lui ferme. Le repentir est plein de larmes, le remords pleins de terreurs. Le remords fait voir des fantômes, le repentir fait voir des vérités.
Mais je réfère le nom de la contrition même au nom du repentir. Je trouve dans la contrition beaucoup plus de joie et de lumière Je veux, à ce propos, attirer l’attention sur le langage du christianisme, langage étonnant de profondeur, qui ouvrirait des 21 nues sans fin devant nos intelligences et devant nos âmes, l'habitude n'était pas toujours là pour méconnaître les dons de Dieu, pour passer, sans lever la tête, sous les étoiles et sous les paroles du ciel. Or, le christianisme nous dit dans son langage :
< Faites un acte de contrition. »
Un acte de contrition! Quelle merveille, si l'habitude n’était pas là!
Aux yeux de l’homme qui ne sait pas son âme, la contrition semblerait être, comme la tristesse humaine, quelque chose de purement passif; un amoindrissement, une déperdition de forces; et c’est exactement le contraire qui est vrai, Chose admirable! la contrition est un acte.
Une certaine sagesse inférieure pourrait dire au coupable:
«Ne vous abandonnez pas à la douleur; soyez homme ; montrez un courage viril, »
Le christianisme lui dit:
€ Faites un acte de contrition. »
Il faudrait s'entendre. Plus une parole est belle, plus elle est dangereuse. Il est impossible de dire quelle est l'importance du langage. Les mots sont du pain ou du poison, et c’est un des caractères de notre époque que la confusion universelle. Les signes du langage sr=t des instruments redoutables par leur complaisance, On peut faire d'eux l'abus qu’on veut en faire; ils ne réclament pas. Ils se laissent déshonorer, et l’altération des paroles ne se révèle que par le trouble intime qu’elle produit dans les choses.
Il y a un mot de saint Paul dont la profondeur est tout à fait inconnue: l’Apôtre des nations déclare que quand il transporterait par la foi des montagnes, sans la € charité > il n’est rien.
Qui sait jusqu'où va ce dernier mot? Celui qui l’a prononcé connaissait d’étranges secrets.
Satan est celui qui n’aime pas, disait sainte Thérèse, et sainte Brigitte entendit sortir de la bouche du maudit cet aveu terrible. Satan, parlant à Jésus-Christ, lui dit ces mots: O Juge, je suis la froideur même.
Celui qui n'aime pas n’est rien, dit saint Paul.
plus elle 1portance c'est un iverselle.
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udit cet es mots:
Dans quelle relation le néant et le péché sont-ils l’un avec l'autre? Quel nom porterait l'amour dans une langue supérieure à la nôtre, et quel nom porterait la substance? Ne serait-ce pas le même nom? Quoi qu’il en soit des mystères que garde au fond d’elle-même l'intimité, en tous cas, dans l’ordre moral, la charité est la loi de la vie. Elle est le principe même de l’activité, Si les hommes n'avaient pas tant d’affaires sur les bras, peut-être pourraient-ils réfléchir un moment sur cette chose trop vulgaire pour être remarquée, et trop profonde pour être comprise.
Mais, par cela même que la charité est la chose sublime, la réalité par excellence et la moelle des os de la créature, par cela même l'abus de la charité et le mauvais usage de son nom doit être spécialement et singulièrement dangereux. Optimi corruptio pessima. Plus ce nom est beau, plus il est terrible, et s’il se tourne contre la vérité, armé de la puissance qu’il a reçue pour la vie, quels services ne rendra-t-il pas à la mort?
Or, on tourne le nom de la charité contre la lumière, toutes les fois qu’au lieu d’écraser l'erreur, on pactise avec elle, sous prétexte de ménager les hommes. On tourne le nom de la charité contre la lumière, toutes les fois qu’on se sert de lui pour faiblir dans l’exécration du mal. En général, l’homme aime à faiblir. La défaillance a quelque chose d’agréable pour la nature déchue; de plus, l'absence d'horreur pour l'erreur, pour le mal, pour l'enfer, pour le démon, cette absence semble devenir une excuse pour le mal qu’on porte en soi. Quand on déteste moins le mal en lui-même, on se prépare peut-être un moyen de s’excuser celui qu’on caresse dans son âme. De générale qu’elle était, l’atténuation se localise, et l’homme s’adoucit vis-à-vis de la faiblesse qui veut l'envahir, quand il a pris l'habitude d'appeler charité l’accommodement universel avec toute faiblesse, même lointaine.
Il y a un mot, dans David, auquel on ne fait pas attention. Le voici: qui diligitis Dominum, odite malum.
Le jour où le mal est entré dans le monde, il est né quelque chose d’irréconciliable. La charité, l'amour envers Dieu exige, suppose, implique, ordonne la haine envers l'ennemi de Dieu.
Das l'ordre humain, l'amitié ne se mesure pas si bien à la vivacité de la tendresse qu’à la sympathie vis-à-vis de la souffrance. Si votre ami est heureux, vous pouvez manquer de tendresse à un moment donné et être encore son ami. Si votre ami est viétime, dans sa personne où dans son honneur, d’un accident, d’un attentat quelconque et que vous sentiez faiblement son mal, vous n'êtes plus son ami.
Qui diligitis Dominum, odite malum.
Voyez une mère: je la suppose bonne et intelligente. Elle redoute pour son fils une certaine relation; il y a une fréquentatio: qu’elle voudrait rompre; une aporoche qui la fait tremble. Et pourtant l’homme devant qui elle sent le malaise de la crainte semble l’ami de son fils. Rien ne justifie en apparence cet avertissement sans parole qui ressemble à une antipathie capricieuse, qui menace et ne s’expligue pas. En général, quand ce fait arrive, le moment ne se fait pas longtemps attendre qui justifie la terreur. L'enfant était menacé. La mère le sentait sans le savoir, et l’horreur d’une chose absolument inconnue était née en elle. Cette horreur était née sans connaissance; elle était née pleine de lumière et vide de science, De quoi l'horreur du mal était-elle née ? elle était née de l’amour.
Josaphat est un des personnages les plus mystérieux de l'histoire. L'Écriture est si sobre, si avare de détails, si
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solennelle dans ses silences! Ceux qui ne sont connus que par elle restent dans une ombre lumineuse pleine de terreurs et de mystères! Le nom de Josaphat signifie Justice! La vallée de Josaphat est le rendez-vous des créatures, le dernier
attention. rendez-vous, le rendez-vous suprême de la suprême justice! Que de regards se sont élevés vers elle! Que de cris! Que quelque de soupirs étouffés! Que de silences ardents et terribles eu exige, Que de choses, sans paroles, ont invoqué Josaphat! de Dieu. C'est lui qui a vu ses ennemis se détruire! C’est lui si bien + qui a dit cette parole profonde, qui ressemble à un cri de vis-à-vis È labime, la parole de la Justice qui invoque la Puissance, | pouvez 1 et qui tomberait dans le désespoir, si la Puissance n’était core son pas là: Domine Deus, ergo non judicabis eos? Le besoin de dans son justice devint chose puissante, et ceux qui étaient là pour que vous | le combattre se détruisirent entre eux. Ils se jugèrent eux- . : mêmes. Et ils firent par leur multitude ce que Josaphat ne | pouvait pas faire, à cause de la multitude. nte. Elle Car c’est l’habitude de la Puissance de changer les obstacles ie en moyens. Josaphat, dans son humilité, se sentait trop faible in tai pour résister à la multitude. La multitude venge Josaphat maliiec d'elle-même; elle se déchire le sein avec les larmes qu’elie alle on avait apportées contre lui; elle écrit avec son sang le nom ee } de son ennemi. Josaphat, je le répète, signifie Justice, et la pas, En j multitude contre laquelle il appelle Jéhovah se fait Justice as long- elle-même à elle-même, et change en suicide le crime qu’elle hérhes. allait accomplir.
e chose Le lieu où Josaphat pria et vainquit devint le sépulcre ur était d'une Vierge, qui est la Vierge Marie, mère de Dieu, nière et Les noms des hommes ont une importance inouïe, une ée? elle importance qui leur échappe, parce qu’elle est au-dessus de leur intelligence. Leur nom parle leur être; c’est leur substance qui se trahit. Quelle est donc l'importance de celui qui s’appelle Josaphat? (Josaphat Jugement!) I1 est même " étonnant que, préoccupés depuis tant de siècles de la vallée où fut enterrée Marie, de la vallée où les victimes rencontreront les bourreaux, de la vallée où le mensonge sera vaincu et la 3 noirceur dévoilée, les générations humaines aient tant oublié eux de cet homme, probablement immense, dont le nom est devenu
ails, si le nom de la vallée où sera faite, pour toujours, la Justice.
PL SLR DE NULS a pat cree prreerrreé
Or, ce grand Josaphat, dont les dimensions inconnues épouvantent la pensée, ce grand Josaphat reçut un reproche du Seigneur.
Car il avait fait alliance avec le roi d'Israël. Faire alliance avec l'ennemi, ceci est le crime secret, le crime profond.
Il y a des crimes d'apparence, des crimes d’apparat. Mais l'intimité, qui a tout, a aussi son crime. Son crime est de s’allier avec l’ennemi.
La mesure de l'amour est dans l’exécratinn qu’on a pour la chose ennemie de l’ami. Le roi d'Israël était l'ennemi de Dieu, Josaphat avait oublié la chose que Dieu exécrait,
L'alliance, le rapprochement, le voisinage spirituel de l'ennemi, sont les crimes contre l'intimité! Or, l'intimité, c'est la gloire, quand c’est de Dieu qu'il s’agit. Celui-ià est le plus intime avec Dieu qui a le frisson le plus solennel en face de la Majesté. C’est pourquoi le péché contre le Nom sacré couronne d'horreur le front des saints! Celui qui a senti passer sur lui l’haleine de la gloire devient irréconciliable avec le crime contre la Gloire,
La charité le presse, c’est pourquoi il est intraitable, car elle l’oblige, comme une noblesse supérieure, à ne pas cotisentir aux choses de la haine, Celui qui transige avec l'erreur, celui-là ne connaît pas l’amour dans sa plénitude et dans sa force souveraine.
Après une longue guerre, quand on n’en peut plus, quand la fatigue amène la ressemblance de l’apaisement, on a souvent vu les rois, lassés de combattre, se céder les uns aux autres telle ou telle place forte. Ce sont là des concessions qui fournissent des moyens d’en finir avec le canon. Mais on ne traite pas Îles vérités comme on traite les places fortes, Quand il s’agit de faire la paix, en esprit et en vérité, c’est
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on à pour ennemi de scrait,
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table, car pas cotic l'erreur, t dans sa
1s, quand n à souuns aux ncessions on. Mais es fortes.
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la conversion qu’il faut et non l’accommodement, La Justice est tout entière ce qu’elle est.
Dans les relations d'homme à homme, quand un rapprochement semble avoir lieu, sans que le cœur du coupable soit changé, quand il croit qu’une poignée de main remplace le repentir et le sentiment de sa faute, ce rapprochement menteur s'ouvre promptement pour laisser voir la graine qu'il portait en lui. C’est une seconde séparation beaucoup plus profonde que la première. Il en est de même vis-à-vis des doctrines. La paix apparente, qu’une complaisance achète et paye, est aussi contraire à la charité qu’à la justice, car elle creuse un abîime là où il y avait un fossé, La charité veut toujours la lumière, et la lumière évite jusqu’à l'ombre d'un compromis. Toute beauté est une plénitude, La paix est peut-être, au fond, la victoire sûre d’elle-même,
Que dirait-on d’un médecin qui, par charité, ménagerait la maladie de son client? Imaginez ce tendre personnage. Il dirait au malade : Après tout, mon ami, il faut être charitable. Le cancer qui vous ronge est peut-être de bonne foi. Voyons, soyez gentil, faites avec lui une bonne petite amitié ; il ne faut pas être intraitable ; faites la part de son caractère. Dans ce cancer, il y a peut-être une bête; elle se nourrit de votre chair et de votre Sang, auriez-vous le courage de lui refuser ce qu’il lui faut? La pauvre bête mourrait de fair, D'ailleurs, je suis porté à croire que le cancer est de bonne foi et je remplis auprès de vous une mission de charité.
C'est le crime du dix-neuvième siècle que de ne pas hair le mal, et de lui faire des propositions. Il n’y a qu’une proposition à lui faire, c’est de disparaître, Tout arrangement conciu avec lui ressemble non pas même à son triomphe partiel, mais à son triomphe complet, car le mal ne demande
pas toujours à chasser le bien; il demande la permission de cohabiter avec lui. Un instinct l’avertit qu’en demandant
quelque chose, il demande tout. Dès qu’on ne le hait plus, il se sent adoré.
La paix, disais-je, est la victoire sûre d’elle-même. La paix est un écrasement, C’est un écrasement assez complet pour ne plus faire d’effort.
Le sommeil semble placé au sommet de l’activité humaine : quand l'effort extérieur a fait son œuvre et atteint son but, l’homme s'endort. C’est Ja vie qui se recueille; c’est l'effort qui, vainqueur au dehors, rentre en lui-même pour vaincre au dedans, car le repos est la victoire remportée par la force qui répare sur la force qui dépense. La paix ressemble au sommeil. Elle est le recueillement du vainqueur qui, ayant fait son œuvre et atteint son but au dehors, demande aux sources de la vie la régénération intérieure, et la victoire intime après la victoire éclatante.
Mais, pour qu'il en soit ainsi, pour que la paix soit Ja paix, il faut que la justice ait été assouvie, il faut un dégagement de lumière et de chaleur qui ait fait mourir l’ennemi, car l'ennemi c’est le froid. I] faut que l'élément mauvais soit arraché, non pas voilé, Il faut qu'aucune rougeur ne
menace les fronts de ceux qui vont s’embrasser, L’absolu est la chasteté de la victoire.
permission de en demandant e le hait plus,
elle-même. La assez complet
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LE MYSTÈRE ET LE XVIIIe SIÈCLE
S'il y a une chose évidente, c’est la réalité du mystère. Par la position qu’il occupe dans l'échelle hiérarchique des êtres, l’homme ne peut ouvrir les yeux sans apercevoir un mystère. Ouvrir les yeux, je me sers à dessein de ce mot. Pour ne point apercevoir le mystère, l’homme a besoin de fermer les yeux, et de les fermer violemment. Alors le mystère disparaît, parce que la lumière a disparu, car pour nous ces deux termes : mystère, lumière — ces deux termes que l'ignorance croit contradictoire, — ces deux termes sont, aux yeux de la science, deux termes corrélatifs.
Plus la lumière grandit pour l’homme, plus le mystère grandit avec elle, Chaque vérité qui apparait se cache em apparaissant: car elle n'apparaît pas totalement, et plus l’homme la voit, plus il voit qu’il ne la voit pas. Plus il avance dans la route, plus la route est longue devant Jui. Plus l'horizon s'étend devant nos yeux, plus les choses qui sont derrière nous, devenant plus lointaines et plus profondes, prennent d'importance pour nous, et, quand nous avons plongé bien avant dans l’abime de 1a lumière nec est de fermer les yeux, et d'admirer, au-delà des grandeurs vues, les immensités qu’on ne voit pas. C'est au point que
Ed
ane
” dix-huitième siècle. I] appartient à la catégori
la langue humaine, qui sait tant de choses, regarde presque
comme synonymes ces deux mots: Mystère, Vérité.
IT
Or il y a daas l’histoire un siècle qui a pour caractère la négation du mystère, Qu’a-t-il fait? Quelle est sa raison d’être? Il a pris l'évidence que je viens d'exprimer, et il en a fait la démonstration par l'absurde. Il a montré jusqu'où va, dans la perte de la lumière, l’homme qui nie le mystère, Ce siècle ressemble à une interruption dans les temps historiques. Pour comprendre qu’il occup
naissance, il faut savoir qu’il s’ par l'absurde. Forcé de dater, et de prendre rang à partir de la croix, LA
et rencontre dans l’histoire l'explication que ceux-ci ren-
Un préjugé fort répandu dans les lieux où la lumière n’a Pas encore pénétré, un préjudice que l'ignorance aime particulièrement, représente le dix-huitième siècle comme le siècle de l'élan, de la hardiesse, du Courage intellectuel, comme un novateur ardent et fier qui, s’il s’est trompé, s’est trompé noblement, par grandeur d’âme et Par excès de pensée.
Ce préjugé est dangereux, fatal. Il donne au dix-huitième siècle un air de grandeur qui peut le faire admirer et plaindre par fous ceux qui ne savent rien. Ce préjugé rend le dixhuitième siècle intéressant aux yeux de la foule, comme
omans voudraient rendre
e foule, les criminels.
Il y 2 des gens aui voudraient faire croire que les criminels
sont ‘de grandes âmes, ardentes et égarées, qui ont envahi
intéressants, aux yeux de la mêm
regarde presque », Vérité.
Pour caractère le est sa raison primer, et il en montré jusqu'où
nie le mystère, les temps histoace quelconque, in emploi, pour me de la con-
e démonstration S, Sa naissance,
il s'appelle le e des monstres, e ceux-ci ren-
la lumière n’a ince aime parcle comme le llectuel, comme é, s'est trompé de pensée.
u dix-huitième rer et plaindre 5 rend le dixfoule, comme lraient rendre criminels.
> Îes criminels ui ont envahi
les domaines du mal, parce qu’elles étaient trop grandes pour êtres emprisonnées dans le bien. On fait croire facilement ces choses-là au pauvre monde. La vérité est qu’en général les criminels sont des hommes mous, flasques, froids, qui glissent dans la boue et qui glissent dans le sang.
Ainsi a fait le dix-huitième siècle, C’est un être mou, flasque et froid, qui a glissé dans la boue et qui a glissé dans le sang. Stupide, insouciant, il a fait ce que font les bêtes.
âmes. La crédulité des hommes est telle, qu’il n’est nullement impossible de leur persuader cela. Cette crédulité dépasse ce que les conceptions les plus hardies Pourraient attendre d'elle. Quand une génération a perdu la foi, on ne sait pas jusqu'où va sa crédulité, Elle n’a plus d’armure, elle n’a plus de ceinture; on fait d’elle tout ce qu’on veut.
Quand une génération a perdu la foi, on la ballotte, on la manie, on la roule par terre, on la berne dans une couverture de laine, comme les hôteliers espagnols bernaient Sancho Pança, et elle se laisse faire sans résistance. On lui parle
pas de rire; et elle ne se dresse pas en fureur Pour montrer à
Cette complaisance, cet apiatissement du front, cet avilissement intellectuel, voilà un des caractères les plus imprévus les plus inconnus et les plus éclatants de l'esprit actuel, C’est qu'en effet il faut être fier de Dieu, ou bien rougir de lui, Il faut se glorifier en lui et le glorifier en soi, ou bien subir l’épouvantable honte de servir un Dieu qu'on n’adore pas, et de porter envie, en s’agenouillant, à ceux qui ne s’agenouillent pas.
C'est qu'il faut mépriser l’erreur avec toutes les forces de notre âme divinisée, et la Pousser du pied comme une ordure, ou bien on finit Par là trouver réspectable, intéressante dans ses malheurs, un peu belle et presque vraie,
Eh
mn me a
IIT
Certes, si jamais le devoir du dédain fut facile à accomplir, c'est vis-à-vis du dix-huitième siècle, Considérons-le un instant, au point de vue de l’ordre naturel,
Que font Rousseau dans la la Littérature, Montesquieu da l'Histoire naturelle ?
Ils font la même œuvre, Suppriment le mystère,
La chose est claire, en ne l'expliquant pas. Je crains
de l’obscurcir si je, la développe.
Rousseau croit ou para mot des choses.
Philosophie, Voltaire dans ns l'Histoire, Buffon dans
Ils font une seule chose. Ils
ît croire que l’homme sait le dernier
Il rejette ce qu’il n’emet la nature sur le lit
mains, Quand il a fait un Dieu si petit, un homme si petit, une nature si petite que
rien de tout cela ne l’étonne plus, il se répose et se complait en lui, sans apercevoir dans son âme un monstre qu’il admet et qu’il admire: c’est la profondeur de son péché, et sa dégradation immense,
Il subit avec Soumission cette tyrannie formidable, il aime <e maître qui est son péché, il ne discute pas, et, quoiqu'il soit incapable de le connaître, de l'embrasser, de le mesurer, de le Comprendre, cependant il ne le rejette pas.
Voltaire, dans la littérature (je ne veux pas nommer l'Art à propos de ce sot), Voltaire n’a qu’une préoccupation, celle d'écarter le sublime. C'est que le sublime est nécessairement mystérieux, Les secrets de la parole sont profonds parce que la parole est chose sainte.
Il y a dans l’homme déchu une tendance vers la honte qui € porte à se moquer de Sa propre gloire. Cette tendance, étonnante pour ceux qui ne connaissent pas l’homme, évidente
Peur ceux qui le connaissent, cette tendance constitue ce
qu’o dixd’'O:
Si u pron fond pend
icile à accomplir, nsidérons-le un
» Voltaire dans e, Buffon dans
seule chose, Ils pas. Je crains > sait le dernier
ce qu’il n’emture sur le lit uand il à fait re si petite que et se complait tre qu’il admet péché, et sa
idable, il aime , et, quoiqu'il de le mesurer, $,
nommer l’Art upation, celle écessairement ids parce que
la honte qui te tendance, ime, évidente
constitue ce
qu’on a appelé l'esprit voltairien, Cette intention d’abaisser l’homme découle d’une haine profonde de Dieu. Cette haine a un genre de clairvoyance. Elle déteste l’homme, parce qu’il est l’image de Dieu. Elle le méprise, parce qu’il est la gloire de Dieu, et elle veut qu’il se méprise pour renoncer à être la gloire de Dieu.
Et voilà pourquoi Voltaire veut qu’il se moque de lui-même, afin de ne plus pouvoir adorer. Voltaire décapite l’homme et déshonore la création, pour briser l’image de Dieu et effacer la trace de ses pas. Or, il est temps que la justice se fasse, il est temps que cet homme et ceux qui l’aiment soient traités suivant leurs œuvres. Le blâmer avec respect
ruisseaux, et que son nom, s’il demeure dans Ja langue humaine, serve à qualifier les infamies sans nom, auxquelles
Il y à, dans l’histoire de la médiocrité humaine, un nom qu'ont peut rappeler ici. S'il n'appartient pas en fait au dix-huitième siècle, il lui appartient em droit; c’est le nom d'Ovide. Ce Personnage est poète à la façon de Voltaire. Si un pari était Ouvert, et si quelque récompense inouie était Promise à celui qui inventera une platitnde inconnue, on fonderait des établissements, on travaallerait jour et nuit, pendant des années, et pendant des siècles : on me surpassetait
Te —
de la Vailière
€t Guimond de Ja Tou
Piron? et Fabre d'Églantine? et Dorat? V produisait ce dix-huitième siècle.
pas Ovide. Ovide, c’est le dix-huitième siè une menace de la versi la Henriade à quelque e
Eh bien! cet Ovide, placé si bas dans l'échelle des êtres que je demande Pardon de m'en OCcuper ici, cet Ovide, quel est Son caractère, s’il est i i C’est l'absence du mystère morphoses semble rait, au premier abord
Cle anticipé, C’est fication capable de faire pressentir
Pour regarder les obje Possible qu’un homme prolonger si longtemps
e dix-huitième » l'Art et la Religion.
’aimer? Leur plume queur ?
rre-Joseph Bernard; est ce Bernard qui avait nt à diner chez une dame
Il y eut ur ‘jrmme qui s'appelait Pie Voltaire l’ap:«}: ‘*entil-Bernard. C’ écrit l'Art d'os Voltaire, l'invita * lui écrivit un jour:
Au nom du Pinde et de Cythère Gentil-Bernard est averti
Que l'Art d'aimer doit, samedi, enir souper chez l'Art de plaire,
Est-ce que ce ne Sont pas là des vers d'Ovide? Est-ce que ce n'est pas le style des Métamorphoses ?
Voltaire est plus noir, plus agressif; son venin circule plus
avec son prédécesseur sur le terrain
main » les mêmes gambades, et aussi les mêmes révérences, devant le même public enchanté,
Et Delille? et Saint-Lambert ? et Lebrun? et Crébillon ?
che? et Lemierre? et Marivaux ? et oilà quels géants
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Si nous regardons sa philosophie, nous nous plongeons dans les profondeurs effrayantes de Condillac. Helvétius nous entraîne sur les hauteurs où il habite, Comme un aveugle qui chanterait les couleurs, cet Helvétius n’a-t-il pas fait sur le bonheur un poème en six Chants? Le malheureux! F1 Dupuis? et Domet? N'est-ce pas un phénomène qu’u pareille réunion? Et comment se fait-il qu'après avoir vu le dix-huitième siècle, les hommes, au lieu de rentrer sous terre, tronvent encore le moyen d'en être orgueilleux au dix-neuvième ?
Que fait dans l'Histoire Montesquieu? 11 cherche à tout expliquer, en dehors du mystère, sans franchir la limite des choses connues, sans effrayer ses contemporains. L'Histoire est pour lui sans horizon, sans montagne et sans vallée, sans hauteur et sans profondeur, L'homme y apparaît resserré entre deux murailles, mutilé, aplati, sans aspiration et sans défaillance, seul et froid, loin de Dieu et ne souffrant pas de cet éloignement. Cette histoire ressemble à l'Histoire comme une présentation officielle ressemble au drame de la vie humaine.
Buffon, dans l'Histoire naturelle, emploie exactement le même procédé. Il regarde la nature à travers l'atmosphère que le dix-huitième siècle place autour de l’homme. Cette nature ressemble beaucoup à une décoration d'Opéra-Comique. Cet homme était en toilette quand il écrivait; il met en toilette les animaux dont il parle, Tout est fardé sous sa plume. Buffon enlève à la création cette majestueuse simplicité par laquelle elle verse sur nous un enseignement dont peu d'hommes profitent.
La création a une voix profonde, haute, douce et mystérieuse. Elle semble garder un secret et inviter gravement les hommes à respecter ce qu’ils ne savent pas. L'instinct des animaux est le reflet obscur d'une volonté trop haute pour dédaigner les petits, et la conservation merveilleuse des espèces qui vivent sans prévoir, et trouvent leur nourriture à l’heure où elles ont faim, rend témoignage à l'attention de Celui qui voit tout. Le conflit des forces petites et grandes établit entre la vie e+ la mort un équilibre prodigieux, —
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