‹ L'homme [microforme]Chapitre 34 sur 55 · LL · texte numérisé non relu

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la créature devrait monter au-dessus d'elle-même, et grandir et atteindre une taille nouvelle, et relever en elle le sentiment de la vie, à force de désirer la justice.

Comment l’homme fait-il Pour oublier sa vengeance? Si une lanterne sourde, éclairant nos profondes ténèbres, nous montrait dans son horreur l'injure qui nous a été faite, peut-être tomberions-nous la face contre terre, à jamais étonnés de n’avoir pas détesté d’une détestation plus profonde et plus intime notre infime ennemi, notre ignoble ennemi ?

Au lieu de cette horreur, vous savez quels sont les sentiments de l’homme vis-à-vis de Celui qui est damné, Jusqu'où donc sommes-nous tombés, si nous ne savons plus haïr?

La haine! c’est bien d’elle qu’il s'agit! Vis-à-vis de Celui qui est damné, l’homme moderne est porté à trois choses : à l'oublier, à l’admirer, à nier son existence.

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L'Église nous fournit contre l'ennemi plusieurs armes. Par une disposition d'esprit que je ne qualifie pas, parce qu’elle est inqualifiable, l’homme néglige de s'en servir et affecte de les mépriser, La complicité secrète qui existe entre son adversaire et lui, le porte à dédaigner son salut.

Une des raisons de ce dédain, c’est que les armes qu’on lui propose lui semblent petites et indignes de lui, Chose merveilleuse ! l’homme, qui a un corps; l’homme, qui a besoin de tout, lui, l’universel indigent ! il trouve Je moyen de mépriser les secours qu’on lui offre.

appartient au mystère de l’abime ou ses regards ne pénètrent pas. L’affectation de mépriser l’eau semblerait invraisemblable à qui ne Connaîtrait pas l’homme. I1 est vrai qu'il ne ja méprise que quand elle est bénite,

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Cela constitue, à ses yeux, la circonstance atténuante de son mépris. Le mépris est-il au moins le fond de son extravagance? Non pas. Il y a quelque chose de plus bizarre: après avoir méprisé, au lieu d'être honteux, lui qui tout à l'heure aura soif, il est fier ; il est fier de son mépris, il veut que ses amis le connaissent. Après leur avoir donné cette incomparable preuve de sa chute, il prendra peut-être de l’eau bénite, à un moment donné. Mais alors il se cachera,

Et si la matière est bien choisie, l’eau dans la matière est particulièrement bien choisie. L'eau est peut-être la substance qui représente la nécessité, L'homme a besoin de tout. Mais ce dont il a besoin est très souvent, dans l’Écriture, représenté par l’eau. «Oh! qui me donnera à boire, s'écrie David, qui me donnera l’eau de la citerne de Bethléem ? »

Et Béthulie! c’est le besoin de l’eau qui arma le bras de Judith. Le Dieu qu’elle invoque est le Créateur des eaux. Expandi manus meas ad te: anima mea sicut terra sine aqua tibi, Toujours l'eau et le besoin collés ensemble.

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