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faisait tomber sur lui, et le précipita sur ceux qui venaient de le couper. Toutefois, il leur laissa la vie, et ces païens se convertirent.
Saint Gérard arrêta, par le signe de la croix, des pierres suspendues en l’air.
Les habitudes de la pesanteur furent-elles effrayées par la figure qui avait exalté Jésus-Christ et s’enfuirent-elles devant le signe qui éleva dans l’air le serpent d’airain!
On dirait que ces traditions premières, vagues et altérées, ne font plus chez nous ce qu’elles faisaient chez les anciens. Il faut venir chez les peuples modernes pour trouver l’oubli de la Prière dans les détails de la vie. Il serait intéressant et utile de savoir les causes de ce phénomène.
Il est ici-bas un sentiment tellement bizarre que l'habitude même ne devrait pas nous le rendre intelligible ! Ce sentiment fournirait sur l’état intellectuel des hommes d’épouvantables pensées: c’est le respect humain. Le mot est singulier. La chose est bien plus singulière, Le mot viole la parole et la chose viole la pensée. Parmi les dégradations de la terre, le respect humain serait peut-être celle qu’il serait le plus impossible de faire comprendre à quelque génie voyageur, non habitué à nous, qui toucherait pour un moment cette obscure planète. De quelles paroles les hommes se serviraientils pour faire entendre à cet ange libre et fier qui adorerait, les ailes tremblantes, dans l’anéantissement de la joie sublime, de quelles paroles les hommes se serviraient-ils pour lui faire entendre qu’au fond de leur pourriture ils ont honte de Dieu ? Incapable de saisir le sens de ces mots, l’ange, qui n'aurait pas l'expérience de nous, remonterait, sans comprendre.
Or, le respect humain arrête surtout l’homme qui va faire le signe de la croix.
La croix qui apparaîtra glorieuse pour juger les vivants et les morts, la croix qui est le trône et le sceptre du Seigneur Dieu, la croix est la chose dont les hommes rougissent !
Il n’est pas nécessaire de comprendre le respect humain, mais il est bon de profiter de la leçon qu’il donne, Puisqu’il
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a honte de la croix, c’est que la croix est glorieuse beaucoup plus que nous re le pensions: c’est qu’il est temps de la glorifier.
Le Nom des trois Personnes divines qui accompagne le mouvement de notre main droite traçant le signe de la croix pourrait nous soulever vers la gloire: mais l’homme fait le signe de la croix avec précipitation. Or, la gloire est chose sainte et la précipitation est chose profane.
L'idée de gloire s'associe d'elle-même à l’idée de victoire. N’est-il pas étrange, au-delà de toute expression, que l’homme songe À rougir, quand il grave sur lui l’image typique de la victoire typique et la figure des armes de Dieu? N’est-il pas invraisemblable que l’homme songe à rougir quand il porte le drapeau du Seigneur, quand l’armée triomphante des martyrs passe devant lui, lui montrant l’étendard par lequel elle a vaincu? Ceux qui, gémissant des abominations de Jérusalem, furent marqués au front du signe thau, figure de la croix, n’avaient pas honte, sans doute, de porter ce signe, quand, à cause de lui, ils furent respectés par les anges qui exterminaient.
Pour expliquer le respect humain, il faut considérer la chute de l’homme à une profondeur où le temps et la force manquent ordinairement pour la considérer.
Les lèvres et la main droite, la paroiïe et le mouvement font ensemble le signe de la croix. Après l’invocation des trois personnes divines, l’homme dit: Amen, et ne s'explique pas davantage, Il dit: Ainen, et le silence intervient, Le mot : Amen donne aux profondeurs de l’incompréhensible un solennel assentiment, :
Le croisement des deux lignes et les paroles prononcées offrent une concentration de mystères qui fait pâlir le langage humain, et nos balbutiements, sur ces sujets-là, ressemblent aux choses qu’il faudrait dire, beaucoup moins que les Premiers pas, les pas tremblants de l'enfant qui ne sait pas marcher et qui essaye cependant parce que sa mère l'appelle, ne ressemblent au vol de l’ange qui traverse le ciel d’un coup d’aile, criant d’une voix terrible: Quis similis Deo?
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Voici la fête de saint Denis, Est-ce que Paris daigne y songer ? Pas le moins: du monde. Cette ville stupide croirait s’ennuyer, si elle se souvenait de sa gloire, Elle croit s'amuser en regardant ses boutiques.
Et, pourtant, si quelque chose en fait d'obscurité pouvait étonner dans ce siècle des lumières, ce serait l'oubli où la France laisse saint Denis.
€ Si quelqu'un, en parcourant sa bibliothèque, se sent attiré vers les œuvres de Ferney, Dieu ne l'aime pas,» dit supérieurement le Comte dans les Soirées de S'aint-Pétersbourg.
La contre-partie de cette belle parole serait aussi vraie qu’elle-même :
€ Si quelqu'un, en parcourant sa bibliothèque, se sent attiré vers les œuvres de saint Denis, Dieu l'aime. »
Vérité, beauté, puissance: tels sont les trois caractères de saint Denis.
C'est la paix des hauteurs ; il s’est envolé dans le ciel pur, C’est la montagne sans escarpement, la profondeur sans précipice. C'est la sagesse du génie qui vole hardi et sûr, sans témérité et sans timidité, dans les régions sercines de la lumière qui ne trompe pas, Saint Denis respire la béatitude ; Son regard calme ne se trouble jamais: il domine de si haut la création, qu'il semble déjà la voir dans la lumière. Comme les montagnes dont parle Bossuet, il trouve sa sérénité dans la hauteur, I1 demeure au-dessus des tempêtes, il ne s’irrite jamais: même quand il étreint et déchire l'erreur dans ses