‹ L'homme [microforme]Chapitre 45 sur 55 · ST · texte numérisé non relu

ST

RE

ee

D 2 # — — res. —

Re

min,

me

SE

et

ns SR

Cm

re

ne mm

mr ra

Elle nourrira éternellement les regards bienheureux qui

la contempleront, sans qu'aucune ombre vienne gêner aucune joie. La virginité de Marie était à l'épreuve, dit Bossuet, des promesses de Dieu. C’est qu’en effet, puisque Dieu la voulait Vierge, Marie, en restant vierge, ne manquait à aucune des splendeurs de sa destinée. Et puisque Dieu la voulait mère, lui qui lève les difficultés, il se réservait d'agir suivant son plan. Jamais l’homme, en suivant Dieu, ne rencontre d’inconvénients. Au contraire, celui qui fait un faux pas en fait à la fois mille, car il entre dans le domaine inextricable de l'erreur. Mais la vérité est à l'épreuve d'elle-même.

Il y a un siècle que l'humanité a conçu le projet d’en finir avec le Christianisme, La déesse Raison a coupé court à cette tentative. Ce que la parole de la sagesse n'avait pu faire, la parole de la folie l’a fait. L'homme ayant essayé de se passer de Dieu, et ayant vu qu’il fallait, quand on le destitue, le remplacer, épouvanté de la divinité qu’il mettait à la place de Dieu, s’est arrêté devant son œuvre. Il n’a pu la contempler de sang-froid, la contempler longtemps. Devant les proportions qu’il venait de donner à l’infamie et au ridicule, il a reculé, En face du Dieu vivant, présent sur son autel, l’homme avait blasphémé. En face de l'autel souillé, en face de ce qui avait voulu remplacer Dieu, le blasphème mourait sur toutes les lèvres ; il devenait impossible de ne pas regretter le Dieu chassé en face de ce qui le chassait, et l’énormité du crime faisait naître dans les âmes stupéfiées comme une velléité de retour vers l’antique adoration,

Que verrait donc au fond des événements un regard plus perçant que le regard humain? Que voient ceux qui habitent dans la lumière? Quel effet font aux chérubins les jeux qui se jouent sur la face de la terre, puisque nous, qui voyc.s peu, nous voyons pourtant le parti que Dieu tire de ses ennemis et les leçons de sagesse que la folie humaine inflige aux hommes attentifs malgré eux ?

La déesse Raison a tué la philosophie du dix-huitième siècle,

qui se nommait le Rationalisme. Elle l’a tuée sans retour;

car elle l’a tuée en lui donnant gain de cause. Elle l’a montrée triomphante, et ses amis même en ont eu horreur. Par une permission de Dieu qui a dit: Ego quooue ridedo et subsanna-

meet Sr Num. 14

il a été dit: Non prœvalebunt.

Comme la vérité ne nous appartient pas, nous ne pouvons rien concéder d'elle.

Aussi, tous les efforts du diable tendent maintenant à obtenir cette concession impossible. I1 engage le catholicisme à sacrifier ce qu’il appelle les dogmes particuliers (il faudrait dire les dogmes universels, puisqu'ils sont catholiques), et à les sacrifier en vue de la paix.

Le diable aime à dire que l'obstacle à la paix c’est le dogme, et que la paix se trouverait faite si l’on voulait faire du christianisme un cours de morale ordinaire.

Chose admirable! ici encore l’histoire parle, et Satan se prend dans son piège. Le protestantisme, par la bouche d’un de ses ministres, Jurieu, si je ne me trompe, demandait déjà, il y a deux cents ans, qu’on sacrifiât certains dogmes à l'amour de la paix.

Je n’insiste pas aujourd’hui sur l’absurdité fondamentale d’un dogme sacrifié, d’une vérité niée par calcul. On dirait que la vérité est notre chose, et que nous avons le droit d’en faire cadeau. On dirait... Que sais-je! Si j'énumérais les absurdités que la complaisance suppose, je ne finirais pas, et je quitterais mon sujet, qui est historique. Ne regardons aujourd’hui que les faits. Nous venons de voir Satan mener ses adorateurs, au nom de la Raison, devant l’autel de la déesse Raison. Regardons-le maintenant les mener, au nom de la paix, à la guerre la plus acharnée,

Le catholicisme et le protestantisme ont suivi deux routes contraires.

Le premier est resté inflexible dans son dogme immuable.

Le second s’est déchiré le sein, s’est labouré; il a accordé à l’un ce cadeau, à l’autre cet autre; il a démembré la doctrine, par amour de la paix, disait Jurieu, Eh bien! les deux expériences sont faites, regardons les résultats. Le catholicisme, qui est resté, comme Dieu, dans sa vérité immuable, est resté, comme lui, dans son unité immuable, Il a rencontré

la paix, parce qu’il ne l’a voulue que comme Dieu la veut.

Le protestantisme, parce qu’il est déchu de la vérité, est déchu de l'unité: parce qu’il a voulu la paix, au prix de la

Et si le diable obtenait cela, il aurait tout obtenu. Mais

t obtenu, Mais' ous ne pouvons

maintenant à le catholicisme ers (il faudrait atholiques), et

| paix c’est le n voulait faire e.

e, et Satan se la bouche d’un emandait déjà,

ins dogmes à

fondamentale cul. On dirait s le droit d’en énumérais les e finirais pas, Ne regardons Satan mener l'autel de la ener, au nom

i deux routes

me immuable.

; il a accordé mbré la docien ! les deux . Le catholité immuable, 1 a rencontré Dieu la veut.

a vérité, est u prix de la

vérité trahie, sans comprendre ni le non

de la sainteté, jusq Des saints! Ce

l’abîime, comment faites

si vous le regardez, comment faites-vous po comprendre ?

Vous avez été tenté de dire:

déb

où sont les Saints? Cette armée triomphante

h ée de Dieu, où se récrute-t-elle? Parmi | é OU parmi ses défenseurs ?

Races descendues du Verbe fait chair, flambeaux du monde

qui contenez Dieu, à fleurs inexprimables, quels sons les ter-

Trains qui ont le secret de VOuS produire ? Quelles sont les ro-

sées qui vous rafraîchissent ? Où venez-vous ? où grandissezvous? Étoiles de la nuit, en quelle contrée, dites-moi, vous rencontre le voyageur ? Quelle patrie est votre patrie?

Votre patrie est l'Église, et le voyageur vous trouve dans les pays où la Vierge Marie a des autels.

Imaginez un homme qui nie un dogme, celui de tous' les dogmes qui vous semble le plus inutile à la morale, et essayez d'appeler cet homme un saint?

Je vous le dis en vérité: vous ne le pourrez pas.

Et réfléchissez, je vous en prie, sur les résist:nces de la langue.

Ah! Luther a trouvé que l’Église catholique avait un culte trop matériel; il a voulu des temples morts, des murs nus, l’image du vide; il a dit que l’image du Verbe incarné représenté par l’art sur la terre irritait le Ciel: il a trouvé que l’Église donnait trop de place à la Vierge Marie; il a trouvé que les saints n’adoraient pas en vérité et en esprit: il a voulu exclure la matière, et augmenter La pureté de la religion.

Voulez-vous savoir quelles ironies terribles lancent contre eux-mêmes ceux qui veulent être plus sages que Dieu et plus purs que l'Église (comme si l’art était une concession faite à l’impureté) ?

Eh bien! lisez l’histoire de ce moine austère, qui a voulu épurer; lisez l’histoire de Luther, l’histoire de Luther et de Catherine.

Je fais encore appel aux faits. Les saints germent et grandissent là où le dogme est pur, inattaqué. La moralité n’atteint son développement divin que sous la garde sévère d’une vérité sans tache.

Là où le dogme a été entamé, même sous prétexte de favoriser la morale, le sol ne porte plus de saints.

Les calculs humains n’ont pas pour habitude de réussir ; mais, quand ils s'appliquent à déjouer les desseins éternels, ils mettent une ingénieuse affectation à se tourner contre euxmêmes, à faire éclater, par leur mort, la sagesse qui les écrase en passant, et qui passe sans se déranger.

L'orthodoxie qui, inviolable en elle-même, n’a besoin que d'elle-même pour rester inviolable, produit cet effet de sauvegarder la paix qu’on invoque contre elle, et de sauvegarder la sainteté, pendant que ses ennemis réclament la morale.

Voltaire aussi n’a-t-il pas parlé de charité?

x 6, VO POP

celui de tous à la morale, et

ez pas.

résistcnces de

lique avait un norts, des murs Verbe incarné iel; il a trouvé ge Marie; il a té et en esprit; la pureté de la

lancent contre ue Dieu et plus oncession faite

re, qui a voulu e Luther et de

‘rment et gsranoralité n’atteint ère d’une vérité

us prétexte de saints.

ide de réussir; sseins éternels, ner contre euxagesse qui les er.

n’a besoin que cet effet de e, et de sauves réclament la

En vérité, oui. Mai diction absolue avec la foi. Il inv

Saint Paul prêchait la charité, Luther la récl quefois. Mais l'histoire n’a Pas confondu saint Paul] et Luther.

permis de comparer les actes des anci des nouveaux apôtres.

L'histoire nous montre du doigt l’aréopage d'Athènes, le jour où saint P. ul a Comparu devant lui, et les cabarets allemands «; ! ither rencontrait Carlostadt: elle répète à Sa manière :.: icons du catéchisme,

L'histoire | Mais, pour trouver l'erreur en contradiction avec elle-même, ai-je besoin du témoignage des siècles ? ai-je même besoin du témoignage des disciples de l’héré

L’hérésiarque lui-même, comme 5’; Sa personne, comme s’il portait le siècle dans son cœu :

De quoi Luther a-t-il parlé toute sa vie? De dignité, n’estce pas, de liberté, d'indépendance? 1] a ordon

qu’il donnait de ne pas obéir.

ais, est-ce tout ? est-ce sa pratique seulement qui réfute Sa théorie? Il nous est permis d'assister à un plus beau Spectacle. Nous ne lisons plus les œuvres complètes de Luther, Mais, si nous les lisions, nous lirions un Ouvrage

ne

et

mi

manne d poli.

Postérité, la place de l’Avenir; le voilà qui, courbé encore: sur la racine de son mensonge, veut déjà nous en montrer lui-mêine les fruits et les fleurs; le voilà qui découvre à nos yeux le mécanisme intérieur du mensonge en travail; le voilà qui nous montre, dans sa personne, son erreur en raccourci; le voilà qui, faisant appel au libre arbitre dans l'intérêt du crime, poussé par une rage intérieure, nie cette liberté humaine dont il mésuse à la même heure! Et tout cela, à la fois. dans le même moment, sur le même point du Temps et de l'Espace!

Il y a des heures solennelles où l’absurdité fait évolution sur elle-même, pour s’étaler sous toutes ses faces, où le charivari de l'erreur accompagne, malgré lui, le concert de la grande justice. On ne parlait que d'indépendance et on niait le libre arbitre; on ne parlait que de charité et on se disputait, et on se battait en buvant ; on ne parlait que d'unité, et la tour de Babel s'élevait à la face de l’Europe. Tantôt au nom de la charité, tantôt au nom de la révolte, au nom de la vérité profanée, au nom de l'erreur glorifiée, on acclamait, en les accurulant, des mensonges à la fois contraires à la vérité profanée et à l'erreur glorifiée.

Voyez le paganisme: quand il a étendu ses filets à partir de l’ancienne Rome jusqu'aux extrémités de l’ancien empire romain, il se renie lui-même au milieu des orgies, avant que le soleil ne se lève à Bethléem, et la Rome de la louve expire, étouffée sous la Rome de la croix.

Voyez-vous le panthéisme: quand il a dit son dernier mot, quand il s’est proféré tout entier, sa langue, frappée de paralysie, ne sait plus continuer et ose à peine répéter son discours. En achevant de s'exprimer, il s’est donné le coup de la mort.

Voyez le rationalisme. Vaincu par le souvenir de la déesse Raison, il meurt de honte au pied de l’autel qu’il a élevé.

Voyez le protestantisme: ceux qui ont voulu sacrifier la vérité à la paix expirent dans la guerre, et les luthériens ne savent pius ce que Luther enseignait.

Dans les discussions humaïnes, très souvent, l’insistance de celui qui se trompe entraîne celui qui dit vrai à exagérer la vérité qu’il affirme et par là à la fausser. Dans la crainte

courbé encore:

Jus en montrer découvre à nos en travail; le son erreur en e arbitre dans ieure, nie cette e! Et tout cela, 1ème point du

fait évolution S faces, où le , le concert de endance et on iarité et on se ait que d'unité, ope. Tantôt au , au nom de la on acclamait, ontraires à la

filets à partir ’ancien empire ies, avant que a louve expire,

n dernier mot, e, frappée de ne répéter son donné le coup

ir de la déesse il a élevé.

lu sacrifier la les luthériens

it, l’insistance rai à exagérer ans la crainte

TSaire même ce qu’i i : qu'il peu Justement, C’est une faiblesse à de

I est un rebo i retournée qu’il fait à l'Esprit d'erreur "AP SNNRE aiS Voici un fait sur lequel il prie

de porter leur attention.

L'Église reste toujours

; » aime Sa place, même quand il

S; mais jamais elle n° amais ’aura li sai is j elle n’aura ] Impossible consolation

ir, où la Parole de Dieu

TE = = meet Sn RER D — - => RSS Fe à ae > RIRE Ras Re rer

pe Es

Page 1