LOUISETTE, MADELEINE
Madeleine est coiffée d’un foulard rouge et parée d’uue grando cbafoe on
or. Elle a devant elle un éventaire et sur le dos une botte.
MADELEINE, entrant par le fond, à la cantonade.
Eh ben, diles donc, jeune homme, faut pas vous sauver comme çal... ah ! ah!
LOUISETTE, à part.
Elle l’a vu!
MADELEINE, voyant le gâteau.
Le gâteau!... ah! mes enfants, c’est donc ça.
LOUISETTE
Dame... la clef était sur la porte... et alors...
MADELEINE
Que t’es bétel... Est-ce qu’il faut rougir pour ça?...àdixsept ans, le petit cœur parle!
LOUISETTE, naïvement.
C’est vrai I
MADELEINE
I! jabotte, hein?... (Posaut son éventaire au fond.) Eh ben, laisse-le jaboter. Et, un de ces quatre malins, nous irons toutes les deux, rue aux Fers, bras dessus, bras dessous, dire à la marchande : « Madame, passez-nous de la fleur d’oranger... il est temps. »
LOUISETTE
Oh 1 je ne suis pas coqueite... Pourvu que j’aie le mari... le reste m’est bien égal.
Les hommes tiennent à ça; je te dis pas qu’il en faut des boues, mais il en faut... c’est un symbole; j’en avais, t’en auras... et de la soignée encore!
LOUISETTE
Moi, une petite blanchisseuse, être la femme de M. Godolphinl... c’est-y Dieu possible!...
MADELEINE, revenant en scène.
Et pourquoi donc pas?... Est-ce que nous ne valons pas tous les mitrons du quartier? Est-ce que t’auras pas une dot?
LOUISETTE
Une dot?...