INTRODUCTION. XXI
disent semblent superficiel à côté des profondeurs étonnantes dans lesquelles descendent les terribles analyses d'Hello. Lisez TAvare d*Hello et lisez TAvare de Molière ou de Plante : Plante et Molière tous sembleront des en*^ fants. Leur Avare, formé avec trois ou quatre traits heureux d'un pinceau léger, est une silhouette sur un mur, xoïh ombre chinoise sans épaisseur que le machiniste fait mouvoir et que le souffleur fait parler. L'Avare d'Hello, ce n'est ni le costume de l'avare, ni sa physionomie , ni son langage, ni Taccent de sa parole, ni tout cela k la fois ; il est l'Avare lui-même : non pas dépeint dans ses traits extérieurs, mais montré tout à coup dans sa vivante et effroyable réalité. Ge n'est pas son portrait, c'est lui-même. Ce n'est pas un avare, c'est l'Avare. C'est plus que l'Avare, c'est l'Avarice. C'est l'Avare avec son Avarice, l'Avare tel qu'il a été, qu'il esè et qu'il sera. C'est l'âme de l'Avare ouverte brusquement par une main puissante, et étudiée par l'œil du génie, non pas à la lueur des torches , mais aux grands rayons du soleil. Hello connaît l'Avare plus que l'Avare ne se connaît lui-même. Il pénètre dans l'essence même de la passion et atteint des assises granitiques que nul ne connut avant lui. Il y a du Guvier et du GeofiTroy Saint-Hilaire dans sa façon d'écarter puissamment les couches terrestres de la passion humaine et d'arriver jusqu'au fondement primordial. II y a du Lavoisier dans sa manière d'analyser et de décomposer les éléments constitutifs des choses qu'il étudie. -- J'éprouve en écrivant ces mots uiiê violente tentation de citer çà et là quelques fragments du Maître pour montrer combien est vrai ce que je dis de lui :