LE SIGNE DE LA CROIX
Je voudrais indiquer quelques-unes des profondeurs que le signe de la croix découvre et citer quelques-uns des faits nombreux qui sanctionnent sensiblement la vérité signifiée par lui.
En voyage, quand on aperçoit des montagnes échè- ' lonnéès, un instinct très-fort poijsse l'homme à chercher le derniei* plateau et lui promet que son ascension sera récompensée f à-Haut par l'horizon qui se décou*' vrira< Le voyageur monte^ et quand il est au sominet, dans certains pays, il rencontre une croix I Les hommes avaient placé une croix là-haut parce que. la montagne était haute et parce que la vue était belle. La hauteur et la beauté avaient appelé la croix sur la montagne. Nous sommes avertis que là où l'homme respire largement et voit de haut, il y a place pour une croix.
Quand on regarde le soleil avec un télescope ou même la terre, on cherche à mettre l'instrument au point de vue.
Quand on regarde le soleil ou même la terre, il faut
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se mettre au point de vue, c'ast-àr(}ire près de la croix, près du trône, dans Tembrassement du Çtuv.eur, dans la gloire du Dieu Très-Haut.
Le Christ est la sagesse de Dieu, le Christ est te vertu de Dieu; le monde invisible et le monde visible s'agenouillent tous deux au pied de la croix.
Ëntr'ouvroûs le monde des pensées et le monde des faits : le signe de la croix est gravé dans leurs deux centres qui n'en font qu'un.
M. Olier, dans des pages admirables et trop peu connues, explique et admire les cérémonies de la messe. Le signe de la croix occupe une grande place dans ce traité. J'en citerai- quelques lignes pour lutter contré cette morne et hideuse platitude que la coutume introduit dans la vie, coutume qui abaisse Tesprit, qui affaiblit le cœur et qui dégrade chez l'homme la majesté des choses. La nature humaine a un immense besoin qu'on lui rappelle, à chaque instant, la grandejor des lignes que Dieu pose sur sa route pour la conduire à lui, car elle est prête à tout quittef , par oubli, ou à tout avilir, par habitude.
« On met donc la main au front^ dit M. Olier S pour représenter la dignité du Père habitant dans les lieux hauts ifiloria in altissimis (Luc, II, 114.). Noos mettons la main au froot pour montrer que c'est du haut du ciel que le Père Éternel a envoyé en terre son Fils qu'il avait engendré de toute Éternité et qu*il portait dans son sein.
« Nous représentons encore la voie de génération du Verbe, qui est l'intelligence, à cause que le Père, se