LART
Voyez un peu quel enthousiasme 1 .
G est sans doute à ce même enthousiasme que La Fontaine doit de ne pas voir les choses positives.
Il est vrai que le môme critrque, parlant du même écrivain, Tadmire un instant après, comme observateur^ et insiste longuement sur ce nouvel éloge. Il oublie que La Fontaine ué voyait pas les choses positives, et nous le montre « comme un étranger attentif et curieux devant le monde vivant qui s'est établi chez lui. »
Que voulez-vous? L'enthousiasme de M. Taine Tempèched'apercevoir les contradictions qui se rencontrent sous sa plume. Il ne les voit pas» parce qu'il est enthou* siaste, et qu'elles sont positives.
M. Taine croit que La Fontaine est connaisseur de l'homme. Il le regarde tomme le représentant de la France. Il enverrait les cBuvres de: La Fontaine à qui voudrait noujs connaître.
Au nom de rhumanité et au nom de la France, je crois qu'il est perrnis>à tout homme et à tout Français de répondre: Non, Thoïkime qu'a peint La Fontaine, c-est l'homme tel que M. Taine le comprend, mais ee n^'est pas Thomme ; ce n'est pas Fhomme créé à l'image de Dieu, l'homme racheté par le Fils de Dieu, ce ,n'est pas même l'homme dé<^u. La Fontaine n'a pas vu là profondeur du précipice ; c'est l'envdoppe extérieure de l'homme déchu, c'est sa , silhouette imparfaite^ ment dessinée. !
Cette France que représente La Foataine, c'est la :France telle, à ce qu'il parait, que M. Taine la conçoit; ce n'est pas la France telle qu'elle est, telle qu'elle apparaîtra, quand, rendant ses comptes à rhistoii'e, elle
ouvrira le livre de sa vie à la première page, et montrera ces mots : Gesta Dei per Francos.
Tout ceci n'est rien encore : il y a mieux. M. Taine se trahit quelque part. Il a écrit un mot qui est son dernier mot) un mot qui le résume ; il a livré son secret. Il dit (ah ! je n'oserais pas le lui faire dire, £'est tout au plus si j'ose citer), il dit que La Fontaine enlève à la vi^ fité sa tristesse,
La vérité, telle que la conçoit M. Taine, est triste ; et, quant à La Fontaine, il paratt qu'il est gai.
Je dois à H. Taine des remerctments : sa formule m'aide à trouver la formule vraie. Pour tout dire de La Fontaine en un seul mot, pour résumer contre lui mon acte d'accusation, je n'ai qu'un seul mot àxban* ger à la phrase de M. Taine ; je n'ai qu'à dire :
La Fontaine enlève à la vérité sa joie;
Et j'aurai tout dit sur La Fontaine.
Pour montrer la puissance du stjde, j'ai choisi La Fontaine, afin de montrer cette puissance agissant toute seule (autant que possible), isolée et sur les degrés les plus bas de l'échelle intellectuelle. J'ai voulu montrer comment la postérité aime ceux qui ont su écrire. Pourquoi donc ? L'amour du style tient chez nous, je crois, à l'amour de la vie. Pourvu que l'âme éclate, se montre, nous révèle (juelque chose de sa vie intériem^e, nous acceptons ce cri sans le discuter, et ce cri c'est le style. Quand l'homme, au contraire, nous communique seulement une pensée, sans se livrer lui-même à nous, nous n'écoutons pas, quoi qu'il nous dise. Le penseur, qui ne sait pas écrire, nous dissimule ce qui se passe -en lui, et ne nous présente que le r^ultsA mort de ses opérations^ Le grand écrivain nous fait assister à lacon-
ception même des œuvres qu'il nous donne. Dans cet arbre transparent, dn voit circuler la sève. Le génie et Tenfance ont une admirable ressemblance : c'est la naïveté I Tous deux possèdent cette transparence qui nous permet d'apercevoir au fond d'eux leur pensée en travail, d'assister à la formation intérieure de leurs idées. Ce qui, dans le langage humain, ressemble le plus à l'homme de génie, c'est l'enfant, quand il est simple.
Ijà fausse rhétorique a tellement dégradé les mots dont elle se sert, que le ridicule produit par elle menace d'atteindre même les choses. Quand elle complimente quelqu'un sur son style, elle a l'air de le complimenter sur sa toilette.
Il faut venger les paroles pour venger les idées.
Le style de l'homme est l'expression de son activité.
Toutes les créatures sont placées, en face de la vie et en face d'elles-mêmes, en face des antres, dans un certain rapport.
Le style est l'expression de l'action intime qu'elles exercent et qui est exercée en elles et sur elles.
Toutes les plantes reçoivent la lumière, mais chacune la reçoit d'une façon qui lui est propre : toutes demandent et attendent la chaleur du soleil, mais elle reçoivent diversement les rayons. Chacune se les assimile d'une façon ipai*ticùlière, en vertu de ses besoins, de s€s capacités, de ses aptitudes intérieures.
Le style de la rose, c'est son parfum.
Le style, étant la manifestation de la vie, ouvre de-
vaut nous un large horizon* Nou9 ne devons plus l'étndier seulement dans- les pages écrites? nous dievons le suivre et le rechercher partout oik il éclate^ et qodjque-^ fois le deviner là où il n'éclate paa. Le. style est d'abord dans les niots; il est aussi dans les gestes; il est aussi dans les regards ; il est dans toutes les manifestatiouB, y compris le silence. Le silefnce peut avoir ungrand style. Le silence peut être une parole; le. silence peut être même le sommet de la parole, et son point culminant. En général, la parole, quand elle est élevée et solennelle, s'arrête, parce qu'à une certaine hauteur les mots lui manquent. C'est le silence qui se charge alors de la continuer et d'exprimer l'inexprimable.. Le silence àmu est répanouissement supréoie de la parole; c'esb le style par excellence.
Qu'est-ce que le langage humain entend' {kar eâ mot: un grand homme?
Est>ce celui qui a accompli tel ou tel acte? Non; car je vous défie de déterminer précisément l'acte qu'il faut avoir accompli pour être un grand homme.
La grandeur nVit pas dans tel acte : elle est dans la façon dont cet acte s'accomplit, l^e même adte, accompli par mille hommes, manifestera mille différents caractères. La grandeur n'est pa&dans<leJait, elle est dans l'auteur du feit.
En voulez-vous une preuve trës^palpable.% Uîn homme se noie. Tous vous précipitez là où il a disparu; voss risquez yotre vie, et woms le sauves* Mais un fou et un? singe qui vous ont vu vous imitent et sauvent chacun un homme : ils auront imité votre^fait,, mais ils n'auront pas imité votre acte, ils n^auront.pas pris: YoU*e style. On peut t(mt voler à tm homme, exceptèson stj^Ie.
Le style est inviolable^ comme la personne doot il est l'expression.
La grandeur n'est déterminée par aucuki fait exté" rieur. Elle jaillit de la source sacrée.
Son caractère sejait^il seulement la persévérance? Allons donc 1 Buffon a semblé le dire. Il n'a su ce qu'il disait. La grandeur aurait pour symbole la mouche qui bourdonne longtemps^ près de la même oreille.
Serait-ce un grand amour?
Non pas encore.
Serait-ce une grande intelligence ?
Non pas encore; non pas^ du moins, uniquement. Vous pouvez comprendre le^ plus hautes idées, et ne pas les exprimer grandeihenit. Votre parole trahira l'infériorité de votre race.
Je viens de prononcer malgré moi le nom de la parole: c'est le secret de la grandeur qui était sur mes lèvres, et qui m'échappe.
La parole est Texplostoni de Id nature intime d'un être. .
Le lion n'a pas besoin, pour montrer sa fonce > de faire un grand effort ; elle se trahit dans ses moindres mouvement»^ Hercule est presque toujours représenté au repos. On dirait que ses bras terribles n'ont rien à faire actuellement.
Plusieurs hommes ont dompté des chevaux ; mais personne , en regardant le dompteur, qui peut être un homme des plus vulgaires, personne, en regardant le dompteur, ne s'est écrié : Voilà le mattre du monde I
Personne? Je me trompe: cela n'arrive pas ordinairement; mais cela est arrivé une fois. Et pourtant c'était un père qui parlait de son fils. Quel père a ja»'
mais dit: Mon fils sera le mattre du monde ? La sphère où j'ai vécu est trop petite pour lui. Qu'il éclate et qu'il la brise, puisqu'il est de taille à la briser I
Si Philippe parla ainsi , est-ce parce qu' Alexandre avait dompté Bucéphale, et masqué à ce cheval Tombre qui l'effrayait î
Non certes ; c'est parce qu'Alexandre , en domptant Bucéphale » avait accompli cet acte insignifiant d'une façon extraordinaire. Par sa manière de dompter Bucéphale, il venait de se révéler, et de se révéler mattre du monde.
Entre Alexandre domptant Bucéphale et un dompteur de chevaux faisant son métier, où est la différence ?
Là différence est dans le style.
Le dompteur de chevaux a droit à un salaire.
Mais quand Philippe dit à son fils : Va, prends le monde, la Macédoine ne te suffit plus: ce jour -là Alexandre, voilant au cheval fougueux cette ombre qui l'effrayait, lui tournant la tête vers la lumière , se servant du soleil pour le dompter, ce jour-là Alexandre fît entendre sa parole et se manifesta.
Il fut clair pour les spectateurs , et pour Philippe lui-même , qu'Âlexaindre venait d'entrer en possession de la souveraineté , qu'Alexandre venait de conquérir non un cheval, mais lui-même, lui-même et l'Orient, rOrient avide de soleil, l'Orient qui a peur de son ombre.
Yoilà pourquoi Bucéphale a sa place dans l'histoire. Si j'étais peintre, je ne pourrais représenter ce souverain loin de Bucéphale.
Bucéphale symbolise celui en présence de qui la terre fit silence.
Cette conquête fut la parole d'Alexandre.
Au jardin des Plantes , quand il fait résonner, en les secouant à coups de griffes et d'ailes, les barreaux de sa cage , comme s'il les brisait par la pensée» ou bien quand il tourne la tête, ou bien quand il lance sur l'espace interdit un regard de souverain détrôné, vous pouvez voir la parole de l'aigle.
Vous pouvez entendre, dans les jours de tempête, la parole de l'Océan.
Quand Christophe Colomb fendit de son glaive le nuage qui cherchait à lui masquer encore sa patrie (la patrie c'est le lieu du déisir), quand il abligea la lumière, au nom du Verbe éternel , à lui découvrir l'Amérique, il donna sa parole au monde. Il lui affirma qu'il était souverain, et quand la reine d'Espagne le nomma amîjral des grandes mers , il l'était depuis longtemps. Sa souveraineté essentielle avait précédé son titre.
Le regard des condors en cage semble planer sur les déserts qu'ils rêvent, sur les déserts absents , sur leurs propriétés perdues , et suivre encore les armées qu'ils aiment à suivre quand ils sont libres.
Quelquefois la sainteté resplendit sur le génie, comme le soleil sur l'Océan. Ainsi saint Paul. Se faisant tout à tous, à la joie comme aux larmes, parlant aux parfaits la parole de la sagesse, désirant être ânathème pour les autres , lui qui portait la sollicitude de toutes les Eglises , en proie aux combats du dehors et aux terreurs du dedans , accomplissant ce qui manquait à la Passion du Christ , il se montra souverain en portant les fardeaux de l'empire.
Jusqu'ici l'esprit humain a cru très-souvent que pour réaliser le beau il fallait se déguiser, et le déguisement
qu'il a pris s'est nommé l'Art. L'Art a été le jeu qu'il a joué, quand il a voulu parader devant lui-<méme, suivant certaines conventions.
n faut qu'un homme de génie se lève , parle , soit écouté et dise :
Je veux que désormais l'Art soit sincère.
Je veux que l'Art cesse d'être le déguisement de rhonune, pour devenir son expression.
Je veux que TArt soit l'explosion simple , naïve et sublime des splendeurs de l'intelUeence. Pour que l'Art soit beau, et que sa beauté soit vraie, je veux que l'Art désormais dise les choses comme elles sont.
Dieu voudra, si je ne me trompe, que cette voix soit entendue.
L'ancienne rhétorique a dît : Vous êtes laid, déguisez-vous, car si vous vous montriez tel que vous êtes, vous feriez horreur. L'Art est un déguisement; choisissez donc m type de cooTentton, regardez autour de vous et cherchez: vous n%urez que l'embarras du choix. Imitez, feignez, jouez un jeu qui plaise au public : le beau est une fiction. Les^oisde la vie sont laides: pour plaire, il faut que l'Art se fasse des règles à lui, indépendantes des lois réelles.
Maintenant il faut que celui qui doit fonder l'Art de 'avenir, purifie raîrsouillé par ces paroles, et dise:
La laideur a, en effet, sa place dans l'homme; "car rbommé est déchu. Mais la r^énération est possible.
La 'beauté est permise encore, la voilà qui vient ^à nous. Saisissons-la, revôtons-la , et ensuite nous pourrons nous montrer.
'Revêtons-la , noii comme un déguisement , mais comme une splendeur plus vraie quenous-mlêmes, que
nous devons posséder et ne jamais perdre. Nous sommes souillés I eh bien ! puriflons-nous. L'homme ancien n'ose pas se montrer. Que Thomme nouveau naisse et paraisse , qu'il resplendisse aux yeux des hommes, non comme un héros de théâtre , mais comme une vérité vivante , plus vivante que Fancien homme remplacé. Qu'il paraisse et qu'il agisse, qu'il agisse dans la splendeur de sa nature régénérée y qu'il fasse éclater le type qu'il recèle, qu'il dégage l'idéal qu'il porte! Qu^l fasse la vérité! La beauté jaillira;' !a beauté > au lieu d*ètre une fiction, est la splendeur du 'vrai . Que TArt, qui était le déguisement de Thomme menteur, raconte dans la sincérité de sa parole la splendeur de l'homme sincère !
L^homme , ne pouvant pas se passer absolument de la beauté, peut faire des efforts vers elle, et peut en faire de deux façons* Il peut tenter de se mentir à luimême, au nom de la beauté , ou de se parler vrai au nom de la 'beauté. S'il veut se mentir, il tentera d'embellir sa déchéance et de se faire gracieux dans le péché. S'il veut se parler vrai, il tentera de se revêtir intimement et extérieurement de la splendeur réelle pour laquelle il est fait. L'Art ne peut pas éviter absolument la beauté, il faut qu'il la contrefasse par un jeu ou qu'il la possède par un effort. Il faut qu'il en fasse ou la parodie ou la conquête. L'Art ne peut pas ne pas sentir la laideur native du Vieil homme.
Il faut qu'il la dissimule, ou qu'il la foudroie.
En un mot, il faut qu'il déguise Thomme qui regarde en bas, ou quf'il accepte, qu'il affirme, qu'il proclame rhomme qui regarde en haut.
L'Art qui s'attache à l'homme dégénéré est obligé de
farder celui qu'il s'obstine à peindre, car le vieil homme est laid, et l'Art, quel qu'il soit, ne peut pas renoncer au beau. L'Art, ainsi conçu, est un mensonge.
L'Art gui s'attache à Thomme régénéré, peut représenter librement et franchement, dans la candeur de son génie, celui qu'il consent à peindre, car Thomme régénéré est un être magnifique, et l'Art, en l'exprimant, rencontre la magnificence, sans sortir de la sincérité.
Très-souvent les grands artistes ont eu pour caractère particulier, pour art, pour style, l'efifort qui consiste à embellir l'homme menteur d'une beauté qui ne lui appartient pas, d'une beauté dérobée et trompeuse, d'une beauté qui existe ailleurs, et qui placée là, comme une auréole sur le front du mal, était un mensonge et un vol.
Pendant ce temps-là, les autres artistes, les artistes inférieurs, ceux qui copient, n'osant pas prendre bravement la beauté du bien pour en décorer le mal, inventèrent à leur usage une beauté de convention, qui n'appartient ni au bien ni au mal, car elle n'existe pas, mais qui est simplement une forme de l'habitude. C'est un déguisement, un arrangement, une convention, une habitude, une mode en vertu de laquelle il faut prendre certaines attitudes, en éviter certaines autres, prononcer certaines paroles, en éviter certaines autres, les prononcer sur un certain ton, et non pas sur un certain autre. C'est dans cet esprit que sont conçues une grande quantité de tragédies. Da n s cet étatd'abaissement, il semble que l'Art aspire, non à la beauté, mais au décorum, qui est la parodie
de la beauté ; il prend pour loi, non la vie, mais l'habitude ,• il prend pour fin, non la vérité, mais la convention. L'idéal de la tragédie classique finit par devenir la gravure de modes. . '
Il est temps que TArt proclame la beauté, la puise où elle est et dise où il la puisé ; qu'ainsi il doit hardi et simple, vrai et puissant; que Dieu nous donne un grand artiste dont le style ait pour caractère la splendeur vivante de la sincérité !
Ce serait une importante et magnifique étude que de lire l'histoire au point de vue du style, c'est-à-dire, de demander à chaque grand homme la raison, la nature de sa grandeur, c'est-à-dire le caractère propre et la vertu de son style.
Alexandre nous dirait que son style c'est le g^nie même de la conquête, que sa façon d'aborder les choses c'était de les dompter ; tel était le style de cet homme que le nom de son cheval, prononcé par lui, devait recevoir de ses lèvres une consécration qui l'élève à la dignité d'un symbole.
César nous dirait que son style est indiqué par le mot qu'il a dit, pendant la tempête, au pilote tremblant: « Que crains'tu? tu portes César. » Sa parole, c'est l'affirmation de l'empire du monde qu'il attendait. Sa parole, ce sont les larmes qu'il versait, à trente ans, au souvenir d'Alexandre, déjà vainqueur à cet âge.
Le style d'Homère, c'est le premier mot de la prière de Priam :
Souviens toi de ton père, Achille, de ton père, faible et vieux, comme. je le suis....
Cette parole renferme tout Homère, les dieux, la paternité, la vieillesse, la force, la faiblesse.
Le style de Bossuet, le voici : Madame se meurt. Madame est morte ! Les grandeurs sociales^ et la mort à ç6té..«*
Le style de Christophe Colomb, cW la signe de la croix tracé dans le brouillard par la pointe de son épée.
Il me semble qu'à Tépoque solennelle où nous void il faut un grand homme, ou plutôt de grands hommes qui parlent au nom de rhnmanité, qui parlent le style humain et qui gravent sur lui leurs différents capactèresy leurs différentes signatures.
Il me semble que la prière est le style humain par excellence, je veux dire l'expression de l'homme.
Qu'est-ce qu'exprimeor l'homme? o'estdire sa misère et dire sa grandeur.
Or^ la prière affirme la misère^ elle met Vbi&mtM à genoux, comme le mendiant de l'Evangile 1 Mie l'affirme aveugle et pauvre, ayant besc^m et suppliant.
Maiselle affirme lagrandeur d'une façon suréminemte, elle nous la montre agissant sur les décFets de Dieu.
Par elle, Dieu nous introduit dans le mystère du gouvernement, et l'instant où il. nous- introduit ainsi dans'Ses conseils, est l'instant où il nous précipite la face contre terre; la prière est à 1« fois le cri de la détresse et l'hymne de la gloire. Or, le cri de la détresse et l^ymne de la gloire» n'e8t-<;e pas l'expression de l'homme, n'est-ce pas ^ le style hoiûam? Le style hu-main^ c'est la^répond» de rtaômitxe à la parole qu'^à entendue Moïse :
Je suis Celui qui < suis.
vous qui Êtes, écoutez donc, écoutes et exaucez 1