XVI INTRODUCTION
ses, comme les aigles, de la puissance du regard et de la poissaDce des ailes. La médiocrité n'est pas tont entière dans l'âme, sans quoi Hello aurait pleinement raison; elle est aussi en grande partie dans l'esprit, et c'est ce qui fait qu'il a tort dans son exécration sans réticence et son mépris absolu.
Peut-être, en défendant l'homme médiocre, cédé-je un peu à la tentation de me préserver moi-même d'un jugement si dur :
Haud ignara mali miseris succurrere disco.
Mais, en dehors de tout intérêt personnel, je crois que je viens de toucher incidemment le point par où manque et par où s'égare le génie puissant d'Ernest Hello.
Hello possède à un degré éminent le sentiment de l'absolu, la notion de l'intégrale justice, la claire vue de l'ordre éternel, et c'est là sagrandeur, sa magnificence et sa gloire* Sa pensée habite constamment dans ces régions supérietires. Elle y plane, elle s'y complaît, elle y vit.
Or, Hello concevant si bien ce qui devrait être, ce qui pourrait être, Hello étant si ardemment épris de cet idéal possible, de cet idéal divin, qui est en quelque sorte à portée de main de Thumanité, et dont l'humanité se détourne, il advient qu'il supporte difficilement les grands et les petits désordres d'îci-bas. Métaphysiquement, il comprend d'une façon admirable et exprime lui-même , en un splendide langage, comment toutes ces dissonances aboutiront à la divine harmonie du règne éternel; comment, pour lui
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empranter ses propres paroles, les oppositions absolues trouveront une solution relative, et les oppositions rela« tives une solution absolue. Mais c'est en vain que son esprit est pénétré de ces vérités, son caractère ne l'est pas et réagit avec impétuosité, je dirai même avec fureur, contre certaines imperfections de ce monde déchu. Son esprit sait parfaitement que le vrai, le beau, le bien, auront la gloire définitive;* mais son caractère ne se résigne pas à attendre et voudrait que ce fût tout de suite. Son esprit voit clairement que le triomphe des méchants, dés sots, des hommes médiocres est éphémère et s'évanouira comme la brume du matin; mais son caractère s'exaspère de cette victoire momentanée comme si elle devait être étemelle.
Au lieu, par une très-haute application morale de la belle loi métaphysique qu'il a formulée, au lieu d'opposer aux désordres absolus une patience relative, et aux désordres relatifs une patience absolue, il perd entièrement le calme et refuse de se résigner à l'accident mauvais qu'il plaît à Dieu de permettre ici-bas. Oubliant, ce qu'il oonnatt pourtant si admirablement, la différence dn Ciel, pays de l'absolu, h la Terre, région du relatif, il porte, dans sa lutte contre les choses et contre les hommes, les sentiments / qu'avait l'archange saint Michel contre Satan et ses mauvais Angesi II ne fait point, dans certains égarements, dans certaines ignominies de la créature humaine, la part de riafirmité; et très»injustement, il voit, en des hommes simplement ceupaUes, des Démons radicalement mauvais. II ne demeure point, je le crains, dans Tindignation contre le mal, indignation qui a fait les saints , mais il en sort et
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s'égare Jaaqn'à la haiae, non point certes contre tous les pécheujiey mais eontre oelui qui viole Tocdre de Dieu d^one oertaine manièpe quilni eat'odieuae^ ne.eongeant i^as^e^ par cette heinek, il i viole loi a(ii8»,4'une autte mauènBi^.ce même cidre sacré.
U a conaeienoe de «am génie et il rs'irrite on s'aigrit ùie riiqustioe et de rindifférenioe'des homroflu, comme siie speetaole du.Dieu méeonnu, duDieurzotteoimu jusqu'iuêliB crucifié, ne devait pasy^nree poiali nûi» rendj» inaœefr* sihles à tout. Â des désordres relatifa^ il .oppose un» im* patience absolue ; et dans son. &le porté à la «olèsey il dirait volontiers à Dieu comme les file de Zébédée : « Seigneur voulez-vous que nous fassions* tomJier le > tonnerre sur oès cités indignes qniTefiiaent de vous recevoir? )»
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On ne peut trop aisoer^ maison rpeut mal jaimor. Un.eev* tain amour.de.la gloire et de la^gcandeurile jetteipeuè-tos par moments hamsdeson véritable: équilibre.
Son génie . & le acuité des ^ints> et jsaî plume încomparaUe a écrit sur. "eux des pages immoitelles. Blte8pendaiit,'8m<^ vaut le jQourent de sa natmre^ s'iljirencoÉBtre^un saint qui îeb soit que saint, il. cherchera encore et:ne,sera point satisfait, n lui faut-dansioe saint la grandeur telle qu'il la comprend, la grandeur e.t.]a;gIoire. <Â côté de saiiit Vincent de Pfiul, il aura une càrtaîtLe inquiétude ^mssonvie «et son esprit se toumera.de lui-même vers les isplendeurs' de^ Moïse ;