‹ L'homme primitifChapitre 21 sur 54 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

l.eB tombeaux et le mode d' en sève lis se me lU k IV'poque de ta pierre polie Les tumiUi et autres monuments fundruircs andennenient appelles i liqucs ou druidiques- — Travaiiï de MM. Alexandre Bertrand et iîoustotlcn, — Pi-aliqwes funéraires à IVpoque do la pierre polie.

Après avoir décrit et tiguré les armes, ainsi que les instruments (le rinduetrie rutlimenluire des hommes à l'époque de la pierre polie, il nous reste à parler des tombeaux, du mode d'enseveliSKL'uipnl, et de tout ce (|iii se rapporte aux pratiques funéraires.

Une circonstance heureuse et bizarre à la fois a rendu extrêmement faciles, et en même temps certaines, les notions que . nous allons présenter ù nos lecteurs. Ces tombeaux des lioriiincs de l'époque de la pierre polie, ces monuments funéraires, avaient été étudiés, décrits, fouillés d'une manière approfondie, par les archéologues et les antiquaires, qui en avaient fait le sujet d'une foule de pubjications et de savants mémoires. En effet, ces tombeaux ne sont rien autre chose que les dolmens, ou les monuments dits celtiques ou druidiques, et ils ne se rapportent nullement, comme on l'avait toujours pensé, aux jtemps historiques, c'est-à-dire aux temps des Celtes ou des Gaulois, mais remontent à une antiquité beaucoup plus haute, car ils appartiennent ù l'époque antéhistoriquc de ta pierre polie.

Nous étudierons, avec cette donnée explicative, les t/o/mms et autres monuments dits mégalithiques, restes grandioses d'une époque ensevelie dans la nuit des temps, énigmes colossales <[ui , s'imposent à notre raison et piquent au plus haut point la cil- * riosilé de^l'érudit et du penseur.

Les dolmens sont des monuments qui se composent d'un gros bloc de rocher, plus ou moins aplati, et posé horizonlalemenl sur un certain nombre de pierres, dressées verticalement ellesmêmes pour servir de supports.

La terre recouvrait ces sortes de chambres sépulcrales et formait un monticule ; mais, par la suite des temps, cette terre ayant souvent disparu, on voit apparaître seulement les pierres nues de la chambre sépulcrale.

Ce sont ces pierres nues que l'on a prises pour des autels de pierre, et que l'on a rapportées au culte religieux des Gaulois. Les

Fig. 156. Dolmen danois.

prétendus autels druidiques ne sont que des dolmens en ruine. €e n'est doue pas, comme on l'a toujours dit, pour servir aux pratiques d'un cuUe cruel qu'ils ont été élevés. 11 est parfaitement prouvé aujourd'hui que les dolmens ne sont que des tombeaux de l'époque antéhistorique.

Ces tombeaux recevaient ordinairement plusieurs cadavres.

Fig. UT. Dolmen d'Asaier (d6parUment du Lot).

Les corps étaient placés dans la chambre formée par la table supérieure et les supports. Quelquefois ces chambres étaiept à deux étages et constiluaient alors des sépultures multiples.

Les Qgurçs 156, 157 et 158 représentent différents dolmens qui existent encore en France et en Danemark.

'. Parmilesdolmensexistantaujourd'hBi, les uns sont apparents, ' comme ceux que représentent les âgùrefi 156, 1&7 et 158, et rien'.

De les dérobe & la vue; tandis que d'autres, tels que celui que représente la figure 159, sont recouverts 'd'un monticule de terre dont les dimensions varient selon l'importance du monument lui-même.

Fig. tu. Dolmen d« Conoéri (<léputem<iDt d« la Huila],

Ces derniers dolmens doivent prendre plus particulièrement le

nom de tumuh car cette désignation renferme I idée d un tertre élevé au dessus de la tombe

Les figures 160 et 161 représentent un (ujnu/u*-rfofmeH qui exisie à Gavr'inis (Ile des Chênes), en Bretagne, ou, pour être exact, dans le département du Morbihan. C'est la vue, en petit, d'un énorme modèle qui existe au Musée de Saint-Germain. Une

tranche de ce modèle en relief, qui peut & volonté s'élever ou s'abaisser au moyen d'une corde et d'une poulie, permet de voir l'intérieur du dolmen. II se compose d'une seule chambre, &. laquelle aboutit un long couloir.

Les dolmens ont-ils tous été originairement recouverts de terre? C'est une question qui n'est pas tranchée. M. Alexandre Bertrand,

Tun ulus-Jolu en de Govr n ■ (Morb han

directeur du Musée archéologique de Saint-Germain, ii (|ui l'on doit des travaux remarquables sur les monuments priniilirs de la G^ule, se déclare pour l'aflirmative, tandis qu'un archéologue suisse d'un grand mérite, M. de Bonstetten, est d'un avis, contraire. Le fait, au surplus, n'a pas grande importance en luimême. Ce qui est incontestable, c'est que certains dolmens, aujourd'hui découverts, ont été enfouis autrefois, car on les voit se dresser au centre de monticules peu élevés, dans losqucl& les supports sont profondément enfoncés. Comme nous le disions plus haut, l'action du temps a détruit ces sortes de manteaux que les peuples antéhistoriques jetaient sur les sépultures, pour les défendre des injures du temps et de celles des hommes ; de sorte que nous ne voyons plus apparaître que les pierres nues des chambres sépulcrales des prétendus autels si longtempsattribués au culte religieux des Gaulois.

Il faut donc renoncer h voir dans les dolmens de la Bretagne, qui ont été tant de fois décrits par les antiquaires et qui 6gurenL

Uft AQE DE LA PIERRE.

au nombre des monuments de notre histoire, des symboles de la religion de nos pères. On ne peut pluB les regarder que comme des chambres sépulcrales.

Les dolmens sont trfes nombreux en France, beaucoup plus nombreux qu'on ne le pense. On croit généralement qu'il n'en existe qu'en Bretagne, et les curieux admirent sous ce rapport

Pig. tSl. FonDe générale d'uM alite cooTerte.

les prétendus autels druidiques, si répandus dans cette ancienne province de la France.. Mais la Bretagne est loin d'avoir le privilège des constructions mégalithiques. On en a trouvé dans cinquante-huit de nos départements, appartenant pour la plupart aux régions de I Ouest et du Sud-Ouest. Le - déparlement (lu Finistère en confient 500; IcI^t, 500; le Morliilinn, 250; l'Anlrrlie, 155; rAveyi-on, 125; la Dordogne, 100, de.'.

Les aulcni's (iiii ont <^crit Mir la qucslion ijui nous occupe , |)<trliculièremenl M. Lnl)l)ock, dans son ouvrage r Homineav^iU l'Iitstnire cl l'archéologue snédois Niisson, ont beaucoup trop coinpli<{ué la description des tonilioaux des temps antéliistoriques, en multipliant les divisions dans ce genre de monuments. Suivre ces auteurs dans toutes leurs divisions scniii t'garer le lecteur. Nous devons cependant en dire quelques niuts. M. Luhbock appelle allée couverte ce que les archéologues

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