‹ L'homme primitifChapitre 23 sur 54 · II · texte numérisé non relu

II

Fig. ITO. Groape de cromlech! danoii.

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c'estrà-dire uo cromlech, qui a été trouvé dans la province de CtHuttontine; la figure 170, un groupe de cromlecha danois.

De CCS divers montimenltt, \ea altéen couvertes et les lumuli sont les seuls qui rentrent dans le cadre de cet ouvrage, car seuls ils ODt fourni des restes des temps antâliisloriques, cl seuls ils peuvent nous donner des ^■flaircissemenls sur les peuples qui ont occupé une grande partie de l'Eiirope antérieur*»- j meut à. toute tradition.

Ces monuments de pierre, nous l'avons déjà dit, ne sont po» I plus celtiques que druidiques. Les Celles, peuples qui occupé-rent une partie de la Gaule, plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, sont tout à fait innocents des constructions mégalitliiques. Us les trouvèrent toutes faites lors de leur immigration, et sans doute ils les considérèrent avec autant d'étonnement que nous-mêmes. Ils en tirèrent parti, lorsqu'il leur parut avantageux de les utiliser. Quant aux prf'tros de ces peuples anciens, quant aux timides qui cueillaient le gui sacré sur le chCne, ils accomplissaient leurs cérémonies dans la profondeur des forêts. Or jamais dolmen ne fut hAli au fond des forêts; tous les monuments de pierre qui existent encore aujourd'tiui se dressent dons la partie découverte du pays. Il faut donc renoncer A Tantique et poétique aperçu qui fait des ilolmens les autels du cuite religieux de nos ancêtres.

Certains iuj/iJtd' atteignent des proportions vraiment colossales. Tel est celui de Silburj-Hill, le plus vaste de la Grande-Bretagne, qui a près de soixante mètres de haut. L'énorme somme de travail que nécessitaient ces sortes de constructions a fait supposer qu'on ne les élevait qu'en l'honneur des chefs et autres grands personnages.

Quand on consulte les archives de l'histoire en remontant aux époques les plus reculées, on constate que la coutume d'élever aux morts illustres des tombes colossales était très répandue dans l'antiquité orientale. On en retrouve des traces chez les Hébreux, les Assyriens, les Égyptiens, les Grecs, etc.

Sémiramis, reine de Ninive, fit élever un monticule sur la tombe de Nînus, son époux. Des pierres furent également entassées sur la dépouille de Laïus, père d'CEdipe. Dans l'Iliade, Homère parle des collines édifiées à la mémoire d'Hector et de Patrocle. Celle de Patrocle, œuvre pieuse d'Achille, avait plus de cent pieds de diamètre. Homère parlant des tumuli de son temps, déjà très anciens en Grèce, dit que ce sont les tombeaux des héros. Un tumulus fut érigé par Alexandre le Grand sur les

cendres de son ami Éphestion, et telles étaient les dimensions de ce dernier monument, qu'il coûta, dît-on, ISOO talents, c'està-dire près de six millions de francs de notre monnaie. L'iiistoire romaine nous ofTre des exemples du même genre. Enûn les pyramides d'Egypte, fastueux et colossaux monuments funéraires, représentent à. nos yeux la plus liante expression de l'hommage que les générations de l'antiquité rcndaieni, après leur mort, aux hommes illustres et puissants.

Cependant ce ne fut pas toujours cette pensée qui présida, chez les hommes de l'dge de la pierre, à l'érection des tumuti. Le grand nombre de cadavres qu'on a retrouvés dans quelquesuns de ces monuments exclut 1 u\lc <]u ils aient été i onstruits en l'honneur d un seul personnage ou môme d une seule famille. C'étaient souvent des sépultuns communes des nécropoles à

Fig. ni. Position des ni[iielet(ca dans un lambeau auédais à l'Age de la pierre.

l'usage de tous. Dans cette catégorie sont les tumuli d'Axevalla et de Lultra, situés non loin l'un de l'autre, en Suède. Le premier, que l'on fouilla en 1805, contenait une vingtaine de cercueils, de forme à peu près cubique, renfermant chacun un squelette, dans une attitude repliée. Lorsqu'on pénétra dans le second, on se trouva en |)résence de centaines de squelettes, formant quatre rangées superposées, et repliés sur eux-mêmes, comme ceux d'Axevalla. Des débris de l'flge de la pierre accompagnaient ces ossements humains.

La figure 171 représente la position dans laquelle on trouva ces squelettes.

M. Nîlsson a émis l'opinion que les allées couvertes ne sont que d'anciennes bahitations, que l'on transformait en tombeaux & la mort de leurs propriétaires. Quand le maître de la maison avait

rendu le dernier soupir, surtout s'il s'agissait d'un homme illustre, on plaçait près de lui des aliments pour le grand voyage, ainsi que ses armes et ses objets tes plus précieux ; puis on fermait sa demeure, et on ne la rouvrait que pour y trans- ' porter les dépouilles de sa femme et de ses enfants.

M. Lubbock partage et défend celle opinion. Il rapporte les récils de plusieurs voyageurs, d'après lesquels les habitations d'hiver de certaines populations de l'extrême Nord ressemble- . raient beaucoup aux allées couvertes de l'âge de la pierre. Telles sont celles des Sibériens et lies Esquimaux, qui se composent d'une salle, ovale ou circulaire, un peu enfoncée dans le sol et complètement recouverte de terre. M. Lubbock pense donc qu'on a souvent pu prendre des habitations sembables pour des tuimili, , d'autant plus, ajoute-Ml, que quelques-uns de ces monticules, i quoique renfermant des cendres, des poteries, des instruments, . n'ont fourni aucun vestige d'ossements humains'. i

Dans un travail sur les Sépultures de l'dge de la pierre cAei les Parisii, M, Leguay, savant architecte, membre de la Société d'archéologie, fait remarquer que les constructions des dolmens ' nous i-évèlent, dans une proportion même assez avancée, la I connaissancp, par les hommes île celte Opoque, des ék^ments de l'architecture.

c L'tinaépulturenient, dit M. Leguay, a été pratiqué à l'époque de ta. pierre polie dans de3 caveaux, ou espèces de cercueils construits sur place, formés de pierres d'épaisseur variable, assez généralement plaies, de peu de hauteur, et posées sans aucune espèce de mortier. Ces caveaiix, sans distribution d'abord, plus tard séparés en compartiments par des pierres semblables, recevaient les corps placés également dans diverses positions. La terre, ou bien des pierres plates, les recouvraient, et il arrive quelquefois de rencontrer au-dessus une émincncc circulaire, formée d'un amas considérable de pierres apportées après coup, ainsi que Brouillet a pu le constater en 1863, ï la Tombelle de Brioux (Vienne).

< Ce genre de sépulture constate un progrès réel. Les silex polis s'y rencontrent mêlés k des pierres travaillées, apportées de loin. Les poteries, fort significatives, se rapprochent de l'époque où on commençait h les orner; et notamment la Tombelle de Brioux a offert deux vases entiers avec anses, enlevées en saillie dans la terre et percées, dont j'ai rencontré les similaires comme forme el comme façon dans les sépultures à crémation de Villeneuve- Saint-Georges, qui, comme je l'ai avancé plus haut, m'ont paru être postérieures k celle b ensépulturement simple placée au-dessous.

■ Les premiers éléments de l'art de construire, c'est-à-dire la stabilité, se montrent dans ces monuments. Ce ne sont pas encore les beaux dolmens

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