‹ L'homme primitifChapitre 25 sur 54 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Type de la race humaine à Tépoque de la pierre polie. — I-a race aryenne. — Crânes dessinés par MM. Thurman et Davis. — Crâne de Borreby. — Le squelette entier d'homme de Tépoquc de la pierre polie, trouvé aux Eyzies par MM. Massenat, Lalande et Cartaillac.

Comme nous Tavons dit au début de Thistoire de Tépoque de la pierre polie, un nouveau lypc humain est apparu dans nos régions (France, Angleterre, Belgique, etc.). Le type nouveau qui est venu remplacer le type mongoloïde, ou s'y ajouter, est le type <iryen. Il a reçu dans nos contrées le nom de celtique^ et a donné la race des Gaulois. Le crâne de l'homme dès Tépoque de la pierre polie devient donc sensiblement pareil à celui de l'homme de nos jours.

Les crânes appartenant â Tépocpie de la pierre polie abondent dans les collections, et, comme nous allons le dire, un squelette entier de Thomme ayant vécu à cette époque a été trouvé en 1872.

Les premiers crânes (juc Ton ait décrits et publiés sont ceux <lu dolmen de Mcudon, figurés par M. le docteur RoberL Dans ce dolmen, le crâne celtique se trouvait à côté de l'ancien type mongoloïde.

D'autres crânes appartenant â réi)oque de la pierre polie ont été dessinés dans l'ouvrage do M. Belgrand, le savant ingénieur <iui a fait une étude si approfondie du bassin de Paris aux épo- <pies antéhistoriques. Dans les planches qui accompagnent l'ouvrage de M. Belgrand, on trouve figurés deux crânes entiers, et plusieurs portions de crânes retirés des sépultures de Meudon et de Champceuil ^

]. Le bassin parisien aux âges antéhistoriques, par E. Belgrand, inspecteur gé-

Nous reproduisons ici (lîg. 173 et 17^], A titre d'e^eaiple, (lc8 crtlnes dessinés dans l'ouvrugc anglais de MM. Ttiurman el ' Davis', parce que cette pièce a acquis une assez grande renom- ' mée. C'est le cr&ne d'un ancien Celte d'Irlande trouvé dans le dolmen dit dn Phénix:

M. Pruner-Bey, dans son discours au Congrès anthroiKtlogique

un liomme â l'^iiAiiue de la pierre giulie ■

1 1/4 lie ^mitlf^nr nuturclle). ^

de Paris, en 1867, caractérise en ces termes lescrAnesapparlcnanl au type aryen (celtique dans nos contrées) :

( Nous sommes ici en Tace d'une race humaine de grande taille, qui dans ses brandies diverses ne descend point au-dessous de la moyenne. Aussi son crâne est-il volumineux, francbement dolichocépliatt (arrondi), et ses contours présentent la forme ovale ou elliptique en tous sens. l.'orLbofçnathisme est ici la rëgle, et là où le prognathisme existe, it dilTËre par sa forme de celui que nous avons signalé dans la race mongoloïde : en effet, c'est en pointe que dans le dernier cas les alvéoles et les incisives font saillie. Enfln par la saillie du nez et du menton et par la dépression de la fosse canine, les traits sont ici bien accusés; et déjà à cette époque lointaine, le crâne du sexe féminin présente un ensemble harmonieux où les traits de l'enfance se marient à ceux de la beauté. En un mot, nous sommes ici en présence de la race aryenne.

a .... La persistance de ce type humain dans toutes les époques successives jusqu'à nos jours est un fait trop bien établi pour y insister. De même que le premier, et sans perdre ses caractères typiques, il a subi des modifications durant les phases qu'il a traversées. Car si le crâne moderne appartenant à ce type est en général moins volumineux que les anciens.

néral des ponts et chnuuécs. dlrccleur de» eaux el des ^gouts de la Ville de Pariî. Un vol. nr. in-8-, Paris. 1869 (planches 63, 64, Cô, 6î il 63). 1. Cranta brilannica, Paris et Dublin.

son fïont, par contre, souvent très Tuyant dans l'antiquité, est maintenant plus élevé et plus rempli. Quelques formes anguleuses et saillies exagérées dans les traits ont disparu. L'usure des dents, de circulaire qu'elle était jadis, est devenue oblique, etc. Ainsi que le volume du crâne, la taille a également baissé, sinon en moyenne, pourtant dans son exagération telle que la présentaient certaine individus de l'antiquité '. >

On n'a point recueilli d'ossements humains dans les amas de coquilles du Danemark, non plus que dans les couches inférieures des tourbières; mais les tombeaux de ce même pays, appartenant  l'époque de la pierre polie, ont fourni un certain nombre de crdnes humains.

Les crdnes trouvés dans les tombeaux du Danemark et qui appartiennent à l'époque de la pierre polie, sont conformés d'une manière peu dilTérenlo de celle du crUne de Celte que nous avons Gguré plus haut. Le front est 1res noble et la largeur de l'eocéphale rentre tout à fait dans le type de la race aryenne.

Il est cependant un crâne extrait des tombes du Danemark ef dont on a beaucoup parié, parce que l'on y retrouvait cette saillie des arcades sourcilières propre au crdne de Neanderthal, disposition organique chère aux partisans de la théorie de l'origine simienne de l'homme. M. Burq, anatomiste du Nord, a beaucoup étudié ce crdne, que nous représentons ici (Qg. 175). Comme on le voit, il a les arcades sourcilières proéminentes, le front Kig. ns. i

fuyant et l'occiput court. Mais ces àe Correby (l/4 de grandeur naturelle). dispositions sont de pures anomalies individuelles, qui ne peuvent rien enlever au caractère général que nous prêtons aux crânes de l'homme de la pierre polie en les classant dans la race aryenne. Cette saillie des arcades sourcilières et ce front fuyant dénotent tout simplement des individus idiots, soit naturellement, soit par des compressions exercées sur les crdnes pendant la jeunesse. 11 faut bien se garder de considérer cet échantillon exeptionnel comme représentant une race particulière,

1. Dilcourê tur Ui qvalion anthropologique. Extrait de* eompUi rendue du Congrèt tfanthropotogif et itarchéoioyie prîhittorique*. Stition de Parii, 186T.

caries nombreux crdnes que l'on possède de l'homme de l'époque de la pierre polie, trouvés dans les pays les plus divers de l^urope centrale, rentrent tous par leur belle et noble conformation dans le type que nous désignons avec M. Pniner-Bey sous le nom A'aryen.

Le type du crdne humain à l'époque de la pierre polie prouve bien que l'homme de ce temps, par la beauté, la régularité des formes osseuses de sa tôte, est semblable à l'homme actuel, et démontre, une fois de plus, combien sont fausses et légères les appréciations des savants qui voudraient faire de l'hoiame primitif une créature toute différente de nous.

Nous devons ajouter qu'au mois d'avril 1872 une découverte d'une haute importance a été faite : c'est celle du squelette entier, parfaitement conservé, d'un homme de l'époque de la pierre polie.

Ce squelette a été découvert sous ce même talus de Laugerie- Basse, près de la station du chemin de fer du Midi, les Eyzies* où Ton a déjà fait tant de trouvailles intéressantes.

M. Massenat, (|ui depuis plusieurs années poursuivait des fouillas allrntivrs sous r(îscar|)cnienf df" Lan <,^o rie-Basse, a fait, de ruiiccrl avec MM. Lalamle el C.arlailliac, la découverte de c<* squelelle. La lèh^ était j^lacée (hi colé de la droite de la rivièn* (le la Vézère, les jiicds vers rescitrpenienl qui surj)lond)e le cours d'eau, escarjM'uienl doul uous avous |)arlé plus d'une fois à propos 4les recherches <lc Larlet, de (^hrisly, de M. Hrun et de M. do Vii)ra\e.

Le sipH'lelle élail aIlon*.n'; sur le colé et tout à fait accroupi; la juain «gauche sous le coté <j^auche de la léle, la main droite sur le cou; les coudes louchant à peu |)rès les ^renoux, un pied rapproché du hassin. Les os sont prescpie en place; seulement la <-olonne verléhrale a été écrasée par l'an^^de d'un <i;yos bloc, et le hassin es! hrisé. MM. Lalande et Carlailhac pensent (jue cet honnne a dû être enstîveli sous un éhoulenienl du rocher.

Le corps était placé entre deux restes <le foyers, ce qui prouve qu'il est hien contemporain des ohjets qui Tentourent, et qui sont <les ossements ahondants de Ixeufs, de chevaux et de l)ou(juetins, provenant certainement des repas de la peuplade qui vivait dans cette localité.

Près (lu corps étaient de petites coquilles, qui devaient faire

Fig. 176. L'homme à l'époque de la pierre polie.

partie du vêtement de cet individu. Ces coquilles, accouplées deux à deux, sont des espèces de porcelaines propres à la Méditerranée et qui manquent à TOcéan. Les habitants de la Dordogne, en ces temps reculés, faisaient donc des excursions jusque sur les bords de la Méditerranée.

Ce qui caractérise cette découverte, c'est la précision des circonstances géologiques, qui permettent de Qxer rigoureusement la date de Texistence de cet Hre humain. Le lieu où le squelette a été trouvé est à 3 mètres au-dessous des restes de foyers propres <\ l'époque du renne, au-dessous d'une assise de rocher, qui n'a subi aucMU remaniement, et qui n'a été soumise à aucune atteinte postérieure. Les débris d'espèces animales qui l'accompagnent fixent à l'époque de la pierre polie la date de l'existence de cet homme. C'est ce qui a été établi par la discussion à laquelle a donné lieu cette' pièce devant le Congrès d'anUiropologie préhistorique, qui s'est tenu à Bruxelles au mois de septembre 1872.

Le squelette trouvé dans la Dordogne par MM. Massenat, Lalande et Cartailhac est déposé aujourd'hui au Musée d'histoire ' naturelle de Toulouse.

Comme nous le disions dans l'Introduction de ce volume, un simple coup d'œil jeté sur les crânes, et nous pouvons ajouter maintenant sur le squelette des individus des époques antéhistoriques, réduit à néant tout ce qui a été écrit et professé concernant la prétendue parenté organique entre l'homme et le singe. Nous ne parlons pas des œuvres de l'homme primitif, que nous étudions dans cet ouvrage avec les détails nécessaires. L'examen des produits de l'industrie primitive est, en effet, le meilleur moyen de prouver, en dehors de toute autre considération, qu'il existe un abîme entre Ifis premiers hommes et un animal quelconque. C'est le meilleur argument contre notre prétendue origine simienne^ comme l'appellent ceux qui veulent cacher des idées absurdes sous de grands mots scientifiques.

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