‹ L'homme primitifChapitre 29 sur 54 · Pfamaulen, in.*-. Zaricb · texte numérisé non relu

Pfamaulen, in.*-. Zaricb

cun n'y voyait que des objets bizarres. Il est donc juste de déclarer que le médecin de Zurich a été le créateur de la science arc/iéohgique en Suisse.

Après la publication du premier mémoire du docteur Keller, en 1854, on se mit à explorer les lacs suisses avec ardeur, et Ton ne tarda pas à y découvrir des traces nombreuses de stations humaines. On en connaît plus de 200 aujourd'hui* et chaque année on en retrouve de nouvelles.

Grâce à l'activité déployée par une foule d'explorateurs, on a pu former de magnifiques collections de ces trésors archéologiques. Les pêcheurs connaissaient de longue date les emplacements d'un certain nombre de ces stations, pour avoir, en maintes occasions , déchiré leurs filets aux piquets plantés dans la vase. On les interrogea, on les prit pour guides, et bientôt toute une civilisation jusqu'alors ignorée sortit du fond des lacs helvétiques.

Parmi les lacs qui ont fourni le plus de restes des temps préhistoriques, nous citerons celui de Neuchdtel, où l'on comptait déjà 46 stations en 1847; — le lac de Constance (32 stations); — le lac de Genève (24 stations) ; — le lac de Bienne, canton de Berne (20 stations) ; — le lac de Morat, canton de Fribourg (8 stations).

Viennent ensuite d'autres lacs de moindre importance : le lac de Zurich (3 stations) ; — le lac de Pfœffikon, canton de Zurich y4 stations ) ; — le lac de Sempach, canton de Lucerne (4 stations) ; — le lac de Moosseedorf, canton de Berne (2 stations) ; — le lac d'Inkwyl, près de Soleure (1 station) ; — le lac de Nussbaumen, canton de Thurgovie (l station) ; — le lac de Zug, etc.

Enfin des pilotages ont été retrouvés dans d'anciens lacs transformés en tourbières. Il faut ranger dans cette catégorie la tourbière de Wauwyl, canton de Lucerne (5 stations).

Mentionnons en dernier lieu la stations du pont de la Thièle, sur un cours d'eau qui réunit les lacs de Bienne et de Neuchâtel.

1. Des savants dislingues se sont imposé la lùcbe d'initier le public aux résultats des fooilles sans cesse poursuivies, et de faire revivre à nos yeux Panlique civilisation des vallées helvétiques^ Au nombre des ouvrages qui ont le mieux atteint ce but, il faut citer les Habitations lacustres des temps anciens et modernes^ par Troyon; les Etudes géologico-archéologiques en Danemark et en Suisse ^ par Morlot; les PalafîtteSj ou constructions lacustres du lac de Neuchâtel, par M. Desor. Ces travaux, qui ont été traduits en diverses langues, renferment l*expo8é dcr toutes les découvertes archéologiques accomplies en Suisse.

CetU; station a ilù faire partie du lac tle Bienii(?, alors i|ii'il tendait jusqu'au pont dp la Tliièle,

Toutes les bourgades lacustres de la Suisse ne correspondent pas à la même période. La nature des débris qu'elles renferment indique, ù n'en pas pouvoir douter, que les unes sont phis anciennes que les autres. On y retrouve des vestiges de trois époques successives : l'épotpie de la pierre polie, l'i^poque du bronze et celle du fer.

Les stations lacustres de la Suisse, considérées sous le rapport de l'époque historique à laquelle elles se rattactient, peuvent 8C répartir de la manière suivante :

Affe de la pierre : le lac de Constance (environ 30 stations) : — le lac do Neuchâtel (12 stations); — le lac de Genève (a station») ; — le lac de Morat (1 station) ; — les lacs de Bienne, de Zurich, de Pfœffîkon, d'Inkwyl, de Moossedorf, de Nussbaumen, de Wnnger, etc. ; les stations de Saint^Aubin et Concise, la tourbière île Wauwyl et la station du pont de la TliiMc,

Epoque du bronse: le lac de genève (20 stations); — le lue de Neuch&lel (25 stations) ; — le lac de Bienne (10 stations) ; — les lacs de Moral et de Srnii)ach.

Epoqtie du fer: les lacs de NeucU^tel et de Bienne.

II peut sembler étrange que les premiers habitants de la Suisse aient préféré des habitations aquatiques à des demeures en terre ferme, qu'il aurait été beaucoup plus facile de construire. Nous dirons plus loin les avantages que les hommes trouvaient k cette disposition si particulière de leurs demeures; mais nous pouvons faire remarquer dés maintenant que cette habitude fut assez répandue chez les premiers habitants de l'Europe. L'histoire ancienne en fournit des exemples assez nombreux. Voici ce que rapporte Hérodote, parlantdes Péoniens du lac Prasias, dans la Thrace :

« Leurs maisons sont ainsi construites : Sur des pieu\ très élevés, enfoncés dans le lac, on a posé des planches jointes ensemble; un pont étroit est le seul passage qui y conduise. Les habitants plantaient autrefois ces pilotis ï Trais communs; mais dans la suite il Tut réglé qu'on eu apporterait trois du mont Orbelur à chaque femme que l'on épouserait. La pluralilé des femmes est permise en ce pays. Ils ont chacun sur ces planches leurs cabanes, avec une trappe bien jointe qui conduit au lac ; et dans la crainte qug leurs aofamta je tombent par cette ouverture, ils les attachent parle

pied avec une corde. En place de foin ils donnent aux chevaux et aux bète» de somme du poisson. Il est si abondant dans ce lac, qu'en y descendant par la trappe un panier on le retire peu après rempli de poissons. »

M. Lubbock affirme, sur la foi d'un de ses amis, résidant à Salonique, que les pécheurs du lac Prasias habitent encore des huttes de bois construites sur Teau, comme au temps d'Hérodote.

Le fait n'a rien d'invraisemblable, puisque la ville de Tcherkask, en Russie, est bâtie de la même manière, au-dessus du Don, et que Venise n'est autre chose qu'une cité lacustre, bâtie dans les temps historiques, sur une lagune de la mer Adriatique.

Ajoutons que cette coutume de bdlir des villages sur pilotis existe encore de nos jours en quelques parties du monde. D'après les témoignages de Dampier et de Dumont d'Urville, on rencontre des habitations sur pilotis dans la Nouvelle-Guinée, aux îles Célèbes, à Ceram, à Mindanao, aux îles Carolines, etc. La ville de Bornéo est même tout entière construite de celle façon.. Dans certaines îles de l'océan Pacifique, plusieurs peuplades sauvages habitent également au-dessus de l'eau. Les Indiens de Venezuela ont adopté celte coutume, dans le seul but de se mettre à l'abri des moustiques.

Il est permis de supposer que le besoin de sécurité fut le motif qui détermina les anciens habitants de la Suisse et d'autres contrées à camper et à vivre sur les lacs. Entourés de vastes marais et de forêts impénétrables, ils avaient à redouter les attaques de nombreux animaux. Ils s'ingénièrent donc à s'en préserver le mieux possible, et rien ne leur parut plus efficace que de s'entourer d'eau. Plus tard, quand les hommes commencèrent à guerroyer les uns contre les autres, ces habitations acpiatiques devinrent plus précieuses encore. Elles constituaient des espèces de camps, ou des fortifications, à l'abri des coups de main, et où les- populations de la contrée défiaient les eirorls de leurs en< nemis.

Il faut ajouter que dans les derniers temps ces habitations sur pilotis ne servirent plus que de magasins, destinés aux ustensiles et aux provisions, tandis que les véritables habitations se trouvaient sur la terre ferme.

Les constructions lacustres sont désignées sous différents noms par les auteurs. La dénomination la plus généralement employée

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cil France est celle d'iiabitatiorvi ou de cit&i laai'ilnv. Lo ildciriir Kcller, qui les a décrilcs le premier, leur a donné le nom allemand ào pfiililbauCen (L'onstruclions sur pilotis'i, que les IlalieRs ont traduit par pala/Ula. Cette dernière appellation, francisée par M. Uesor, est devenue le mol palafiue. Enfin l'on nomme têite- | oiérng ou aleinberg» (inontagnfg de pierres) des constructions d'un carartfire particulier, dans lesquelles les pilotis sont maintenus par d^ amas de pierres transportées. C'est ce que M. Kellera appelé jiackwcrkbaulen.

Lorgfpi'on examine l'ensemble des stations lacustres aiijour-f' d'hui CODDues, on s'aperçoit, en effet, que ceux qui les ont b&ties possédaient deux systèmes dilTérents de construction : ou bien iitt enfonçaient des pieux dans le fond du lac, cl ils posaient sur 1 ces pieux la plate-forme qui devait supporter leurs cabanes ; ou bien ils élevaient arliticîellemcnt le fond du lac au moyen de pierres amoncelées enire des piijuets assez gros, qui avaient moins pour but de supporter les habitations que de faire de l'ciitassement de pierres un tout compact et indivisible. , C'est ce dernier mode de construction que i-epréseule lu fi-j

Fig. US. Coupe de la téoevière de Haukrivc

gure ci-dessus, d'après le dessin donné pur M. Desor dans sod remarquable mémoire sur les palafiUcs'.

L'un ou l'autre de ces modes de construction était employé, suivant la nature du fond du lac. Dans les lacs à fond vaseux, on pouvait appliquer le premier; mais lorsque le sol était rocheux, il fallait en venir au second. C'est pourquoi sur la rive septentrionale du lac de Neuchdtel, où les bancs de calcaire sont très rapprochés de la surface, on observe un assez grand nombre de ténevières.

VoilA ce qu'on observe le plus souvent, surtout dans les lacs

1. Let Palafitlti, ou eonairuclions (ucutire» du lac de Neaehdlel, io-8*. Psri», I86S, p. 13.

étendus et profonds ; cependant Tédifice n'était pas toujours construit de cette façon. Dans les marais et les petits lacs, aujourd'hui changés en tourbières, on appliquait fréquemment un autre svstème, dont la tourbière de Wauwvl a fourni un remarquable exemple. On a trouvé là plusieurs places quadrangulaires, très nettement circonscrites par des pilotis, entre lesquels s'élèvent jusqu'à cinq plates-formes les unes au-dessus des autres. Ces pilotis sont naturellement très longs, et quelques-uns sont enfoncés de dix pieds dans le sol du fond, ce qui a dil exiger un travail énorme. Les intervalles des planchers sont remplis de branchages et d'argile, et les planchers eux-mêmes sont formés à peu près comme nous Tavons dit précédemment. Le moins élevé repose directement sur le fond du lac, et c'est sur le supérieur que s'installaient les cabanes.

Il arrive parfois que ces empierrements s'élèvent au-dessus des eaux: ils constituent alors de véritables iles artificielles, et les habitations qui les ont recouvertes ne sont plus, à proprement parler, des habitations sur pilotis. Telle est la station du lac (rinkwyl en Suisse, tels sont les crannoges d'Irlande, auxquels nous accorderons une mention spéciale. Quelques-unes de ces îles ont bravé l'action destructive des siècles et sont encore habitées de nos jours. M. Desor cite l'île des Roses, dans le lac de Starnberg (Bavière), qu'on n'a jamais connue déserte, et qui renferme encore aujourd'hui une résidence royale.

Revenons au mode de construction des maisons aquatiques de la Suisse.

Selon toutes probabilités, le transport des pierres s'opérait du rivage à l'endroit désigné au moyen de pirogues faites de troncs d'arbres creusés. On aperçoit plusieurs de ces pirogues au fond du lac de Bienne, et l'une d'elles est même encore chargée de cailloux, ce qui donne à penser qu'elle a sombré avec son chargement. Mais il est très difficile de les relever, et d'ailleurs il est probable qu'exposées à l'air libre, elles tomberaient en poussière. Il existe cependant une de ces pirogues antiques au Musée de Neuchàtel.

On voit au Musée de Saint-Germain une pirogue assez semblable à celle de Neuchàtel. Elle est faite d'un tronc d'arbre creusé. Une seconde pirogue, à peu près semblable, mais tout en écorce et en mauvais état de conservation, se trouve à l'entrée du même Musée de Saint-Germain. Elle fut retirée de la Seine, comme nous

r Onpc

AGE DES METACX.

dîl m parUnt. dans un ritiapilre préeédcst, de la déeoodt U iMTi^MUoo à l'àgf de U pierre.

Om peul lrè« bien s'expliquer cummenl W eooslmclpun s't pc ca»ie» t poor «batliv des arbm el en faire des pilotis. V. Desor- ■ rrmtrtjoé que les pi«qs ronipo»anl le^ pilotis ik sont roupés oetlenieal que sur le |>reaiier fM^urlour : la itaf1î«- reoirale prt- •enle des tm^j^il^ loal k fuit S)emhlatile« à nulles qtt'on iibeerve loraqoe. apr^ avoir entaillé rircnlaîrrtuvni un bAton, on mehèrc de le bri^r avec la main. Le» <ron»lni':t''ur« des à\é» lacufitm af^Msienl iIodc romme il suit pour nbnttre no artire. Après l'avoir enloillê tout autour jusqu'à une profondeur de 8 è 11 centiniJ*tre«, iU stiarhaieni une ninle au sommet, et le rassaient en tirant ileMus aver ran!e. Ils le coupaient ensuite, par le mèau: moyen, avec de* haches de pierre ou de bronze, à la longueur voulue, et le taillaient en pointe à reitrémJlé inférieure, afin de renfuncr |>lus facilement dai» la vase. Quelquefois le feu. af^Ui\vé h la liasic de l'arbre, préparaît et facilitait l'eDet des instnim«ntti tranrhftnls. l'n fn*and nombre Aes pieux qu'on a retrouvés portent encore aujounrhui tes man|uc« du feu et des eolaillen fatles avec des liarhes de pierre. Pour les tc^nevières, le travail d'apointissnf^e était inutile, puisque les pilotis se trouvaient calés par les pierres composant ramoncetlement que nous avons représenté plus haut ;fip. 178:.

Lorsi|ue les pieux ('taient préparés, il fallait les transporter dans les pirogues jusqu'au lieu de ta bourgade, elles fixer dans le fond du lac. Si l'on considère que, dans bien des cas, la longueur de ces pieux, atteignait jusqu'à 5 ou 6 mètres, on se fera une idée de la difficulté d'une pareille entreprise. Pour la construction des lénevières, on employait des pilotis beaucoup plus gros, et le travail était moins pénible. Dans les lénevières les plus anciennes du lac de Neuchdtel, par exemple, on retrouve des pieux qui sont formés de troncs d'arbres entiers, et qui mesurent jusqu'à 25 ou 30 centimètres de diamètre.

L'esprit reste confondu lorsqu'il suppute la dose d'énergie et de volonté qu'ont dû dépenser les premières populations de la Suisse pour construire, sans l'aide du métal, les premiers cantonnements lacustres, dont quelques-uns présentent une fort grande étendue. La station de Morges, l'une des plus vastes du lac de (Jenèvc, n'a pas moins de 60 000 mètres de superflcîe. Celle de Chabrcy, dans le lac de NeuchAtel, mesure environ

50 000 mètres carrés ; une autre, dans le môme lac, 40 000 mètres ; une troisième enfin, celle de la Tène, 3000 mètres carrés. Beaucoup d'autres sont plus petites, quoique conservant encore des dimensions respectables.

Ce qu'il est entré de pieux dans ces édifices est véritablement surprenant. M. Loble a calculé qu'au seul village de Wangen, dans le lac de Constance, il a été planté au moins 40 000 pilotis, et que plusieurs générations ont été nécessaires pour terminer ce travail. L'interprétation la plus raisonnable à donner à un parail fait, c'est que Wangen, fort exigu à l'origine, s'est peu à peu agrandi, à mesure que la population augmentait. On peut sans doute en dire autant de toutes les stations importantes.

Voilà comment on procédait pour la construction d'une habitation simple. Quand il s'agissait de bâtir tout un village en [)leine eau, on suivait une marche méthodique. On commençait par placer une certaine quantité de pieux parallèlement au rivage, puis on jetait tout de suite le pont destiné à relier le village <\ la terre ferme, et (|ui devait rendre le transport des matériaux beaucoup moins pénible.

Le pont terminé, ot avant d'avoir planté tous les pilotis, on commençait immédiatement la plate-forme, qui constituait une base d'opérations, à l'aide de laquelle on pouvait plus aisément achever le pilotage.

Cette plate-forme était élevée de trois ou quatre pieds au-dessus des eaux, de manière à n'avoir rien à redouter des vagues pendant les ouragans. Elle se composait ordinairement de branches et de troncs d'arbres non équarris, serrés horizontalement les uns contre les autres, et cimentés avec de l'argile, quelquefois aussi de plateaux épais et grossiers, obtenus en fendant des troncs d'arbres avec un coin. Des cordages la fixaient solidement sur le pilotage, et, dans certains cas, des chevilles rassemblaient entre elles les pièces de bois les plus considérables, atin que la cohésion et l'homogénéité du plancher fussent plus complètes. Dès que l'esplanade était terminée, on procédait à lereclion des cabanes.

Les cabanes s'ouvraient sur la plate-forme par une porte. Avaient-elles une fenêtre? On n'en sait rien. Mais il existait vraisemblablement une ouverture au sommet du toit. C'est par là qwe s'échappait la fumée du foyer. Pour éviter une incendie, un àtre de pierre était placé au milieu de l'habitation. Il devait ve-

aïs AGE DES MÉTAUX.

nir i.is«z de jour par l'oiivcrliire du toit pour que l'absence de

Ten^tre nr i>e fil pas trop sentir.

Daiiti rlia(|ui-' dvuieurc il y avait sans doute une trappe établissant une rommmiication dire<'le avot: le lac, ainsi qu« cHa Hf^ pr^ tiquait (tans les ImMtalîons des Pêuniens décriiro par néiv(lot«. Souf) celle trappf? £lail établi tin réservoir en osier, destiné & la ronsenalion du poisHon.

Lc6 lioinincid des ciliés lacustre!) ne vivant sur l'eau que pour oupnenter leur sécurtl(^,on ne romprendrait point qu'ils eussent jelé un grand nombi-e de }>onls de leur» cantonneiuonl» ù la rive du lac. Il n'y avait donc, en général, qu'un seul {loni pour un de ces villapfs aquatiques.

(Comment i-tnii>nt bAliee le:s cabaues?(.)ui;llesf-taiciit leur Tonne et leui-s dlnienstoos? Ces queslions &L-mbli;nt dldicile» A résoudre, car on pense bien qu'aucun )i|>érimcn de cch antiques habitation* n'est parvenu jusqu'à nous. Pourtant quelques vesltgi», insignilianl» en apparence, ont permis de Répondre h cette qucdioa d'une manière plus ou moins satisfaisante.

Tout annonce ijuc les cjibanes étaient formées de troncs d'u^ - bres, placés verticalement les uns h câté des autres, et reliés horlKonlalctiient par des f)ranclin;:rf8 entrelacés. Un enduit de terre recouvrait cet entrelacement.

On a cru pouvoir conclure de laformc de quelques empreintes de branchages qui servaient à bâtir ces huttes, qu'elles étaient circulaires, comme celles que les historiens attribuent aux Gaulois. Telle était l'opinion de Troyon, et telle fut aussi d'abord l'ojiinion du D' Kellcr. Cet auteur a m^me flguré une cabane circulaire dans une planche représentant une habitation lacustre restaurée, et qui accompagne un de ses mémoires. M. Lyell a reproduit cette m(>me planche dans le frontispice de son ouvrage sur CAncipiineUi de l'hoinme. C'est ce môme dessin, emprunté au mémoire de M. Keller, que nous avons cru devoir mettre sous les yeux du lecteur A la page 309 (lig. 179).

Cependant, par la suite de ses observations, M. Keller a abandonné cette idée, et dans un autre de ses mémoires il a donné un nouveau dessin présentant uniquement des cabanes & toit plat ou incliné.

C'est d'après ce dernier document, également emprunté au mémoire du docteur Keller, que nous représentons ici un vilUtge lacustre de la Suisse (Qg. 180).

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Pour cette restauration, le docteur Keller s'est inspiré non seulement des indications <le la science, mais encore et surtout d*un croquis d'habitations semblables, pris chez les Papous de la Nouvelle-Guinée, par Dumont d'Urville.

Suivant M. Keller, il y avait encore, au siècle dernier, sur la rivière Limmat, près de Zurich, quelques cabanes de pêcheurs bâties de la même manière.

Quelle pouvait être la population d'un village lacustre? C'est ce que Troyon a tenté d'évaluer, entreprise évidemment fort intéressante. Il a pris, pour base de ses calculs le village lacustre de Morges (lac de Genève), (jui a, comme nous l'avons dit, 60 000 mètres de superficie. Admettant que la moitié seulement de cette superficie était occupée par les huttes, et que l'autre moitié était réservée aux passa<^es, puis adoptant pour chaque cabane un diamètre moyen de 5 mètres, Troyon arrive au chilTre de 311 pour le nombre des habitations du village antéhistorique de Morges. Supposant ensuite quatre personnes en moyenne dans chaque cabane, il trouve une population totale de 1244 habitants.

On pourrait à bon droit s'étonner que l'homme de l'époque du bronze, pourvu d'armes de métal, et par conséquent en état de résister aux agressions violentes, eût continué d'habiter exclusivement au milieu de l'eau, qu'il ne se fût point un peu éparpillé sur le sol, qui est notre plancher naturel. Il était donc tout simple de s'attendre à trouver des vestiges d'habitations terrestres renfermant des débris de Tépoque du bronze. C'est ce qui est arrivé, en effet, et l'on a ainsi accjuis la conviction que non seulement les lacs, mais aussi les vallées de la Suisse, étaient occupés, à cette date, par un peuple industrieux et agriculteur.

A Ebersberg, canton de Zurich, on a découvert, ce qui est assez curieux, les restes d*un véritable pilotage, situé en terre ferme, et contenant des ustensiles analogues à ceux des stations lacustres. En 1861, le docteur Clément a fouillé aux environs de Gorgier (canton de NeuchiUel) plusieurs tertres, composés de cailloux portant des traces de feu. ih\ de ces tertres lui a fourni, mélangés avec des charbons, divers objets en bronze, notannnent un bracelet et des faucilles, caractérisées par l'existence d'une proéminence ou talon à la naissance de la lame.

Sur le plateau de Granges (canton de Soleure), le docteur Schild a étudié un emplacement qu'il croit être celui d'une ancienne

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