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Ut Terr/imar dtUa SocUla ilfilia

I et la pilolaga du Par-mtian, Hilan, 1864. (Eitrsit des Attt 1 di icicnie naturatî.)

par la découverte d'un magasin à grains, dont le sol était simplement formé d'une couche de terre sableuse posée sur les planches. Ce magasin, qui, par sa destination môme, ne servait de résidence à personne, mesurait 4 mètres de long sur 3 de large. Il contenait des fèves et du froment carbonisés, répandus sur une épaisseur d'environ 10 centimètres.

MM. Strobel et Pigorini n'ont trouvé dans la marière de Caslione aucun débris de cabanes, probablement parce qu'étant bâties tout en bois, elles auront été complètement dévorées par l'incendie dont il reste des traces nombreuses. Outre les grains et les baies carbonisés que nous venons de citer, on a en effet recueilli à Castione beaucoup d'objets portant les marques évidentes du feu. Entre autres, les planches, les poutrelles el les têtes des pilotis sont souvent à demi consumées.

Mais si les documents relatifs aux cabanes manquent à Castione, ils existent en d'autres lieux. MM. Strobel et Pigorini ont constaté que les habitations des marières avaient une grande analogie avec celles des lacs suisses. Elles étaient garnies de branchages et enduites d'argile h l'intérieur. En Italie, comme en Suisse, ce sont les fragments de l'enduit argileux, durcis et conservés par le feu, qui ont permis de tirer ces conclusions.

Plusieurs lits de cendres et de charbons contenant des débris de repas indiquaient à Castione les emplacements des foyers domestiques, autour desquels on se réunissait sans doute pour manger. Un autre lit de charbon, mélangé à de la paille, à du froment et à des morceaux de poteries brûlées, a été trouvé dans une situation particulière : il se trouvait dans l'épaisseur d'un banc de cailloux calcaires, vitrifiés à la surface, lequel était large d'environ 1™,50 sur 0'",20 de hauteur. Les explorateurs pensent que c'était là peut-être un atelier pour la fusion des métaux.

Sur le bord du bassin, on a découvert une sorte de rempart, ou d'ouvrage défensif, composé de poutrelles atteignant jusqu'à 5 mètres de long et placées horizontalement les unes au-dessus des autres. Ces poutrelles étaient assujetties par des pieux enfoncés obliquement et posés également les uns au-dessus des autres, leurs extrémités étant intercalées entre les poutres.

Cette dernière trouvaille et d'autres indices ont conduit MM. Strobel et Pigorini à supposer que le pilotage de Castione, et sans doute aussi tous ceux des marières, d'abord construits comme lieux de défense, ont ensuite été convertis en résidences

fixes pt jjermonentes. Le bassin ayant été combla peu à peu par T les débris accumulés résultant de la présence <lo l'homme, dei habitations auraient été <'>levées sur un foml solide, et l'on aura aujiprimé une grande partie de l'ancien plancher, ce qui expb (juiTait qu'il en reste sï peu de cbotic.

Les objels recueillis dans les terramares et les rattriiroe I dilTèrenl pas esaeuliellement de ceux qui ont été trouvée danB'lj pilulagos de la Suisse. Ils sont presque tous usés ou bri ainsi qu'on peut s'y attendre en les trouvant dans des a rebuti*. Il y a un gi'and nombre de frit^menfs de puleries à } fîrisdtre on noirâtre, mélangée de grains quart/eux, ment cuite et travaillée sans l'aide du tour d potier. Le» uients en sont généralement très simples, mais lcn roniics c anses sont très variées. Quelques vases sont munî^ d'un bec 4 de trous pour l'écoulement du liquide. Les Icrruninres renfa ment aussi des torches ou supports de vases^à fond »pliérique o conique.

Dans la marière de San Ambrogio, on a trouvé une plaque i poterie, de forme elliptique, de 14 millimètres d'épaisseur, i cave d'un côté et convexe de l'autre, et percée de dix-sept t circulaires de 9 millimètres de dinmMre. On croit qu'il s'a^H d'une grille de foyer; car elle porlait les traces d'une long: action du feu.

Les autres objets les pluscomumns sont des pesons de méti" à tisser en terre cuite, usés à l'endroit où passait la corde 1 suspension ; des fusaioles ou boutons de vêtements, très dÉ?ei de formes et de dimensions, également en terre cuite; de grandi meules à graines à surface polie. Puis viennent quelques poil gnards OH pointes de lance, des haches, des épingles à chevea le tout en bronze. Iji marière de San Ambrogio afourni un i indiquant qu'on fondait et coulait le bronze dans le paya.

Une étude attentive des ossements d'animaux contenus dani les tcrramares a conduit aux renseignements suivants sur ] Taune de l'époque du bronze dans la haute Italie.

En fait de mamniiff^res vivant A l'état sauvage, on a consta la présence d'un cerf beaucoup plus grand que l'espèce actuell(t| et de même taille à peu près que celui des stations lacustres é la Suisse (fig, 185] ; d'un sanglier bien phis puissant aussi qiK notre sanglier de Sardaigne et même d'Algérie; de l'ours, du^ chevreuil, du rat et du |)orc-épic. On a retrouvé, en différents

endroits, des os, des cornes de cerf et des noyaux de prunelles qui avaient gardé les empreintes des dents d'un petit rongeur. L'ours, le sanglier, le cerf et le chevreuil ont aujourd'hui disparu du pays. Quant au porc-épic, il s'est retiré dans des régions plus méridionales, ce qui donnerait à supposer que la température du Parmesan et du Modénais s'est un peu abaissée depuis répofjue du bronze.

Il est à remarquer que, contrairement à ce que nous avons observé en Suisse dans les habitations lacustres de l'âge de la pierre, les débris d'animaux sauvages sont ici beaucoup plus rares que ceux des animaux domestiques : cela tient à la supériorité d'une civilisation plus avancée en Italie. Nous signalerons, comme espèces domestiques : le chien, dont il existe déjà deux races de taille inégale; — le porc des tourbières, le môme dont on aretrouvé les ossements en Suisse; — le cheval, dont les restes, d'ailleurs assez rares, accusent l'existence de deux races, l'une grande et massive, l'autre de moindres proportions et plus élégante; — l'ànc, qui ne se révèle que par quelques ossements, et qui par conséquent devait être peu commun ; — le bœuf, dont les débris sont au contraire fort nombreux et qui se trouve représenté, comnïo le chien et le cheval, par deux races distinctes, dont la plus puissante paraît être la descendante du Dos primigenius ou urus; — enfin le mouton et la chèvre, qu'il est difficile de séparer bien nettement, à cause de leur grande ressemblance analomique.

Lorscpi^on compare la faune actuelle avec celle que nous venons d'établir, on aperçoit des modifications assez notables. Ainsi le porc des tourbières, une race de bœufs et une race démontons (les plus petilcsi se sont totalement éclipsés; le mouton commun, la chèvre, le cheval et l'dne ont pris des dimensions plus considérables. Quant aux mammifères sauvages, nous avons dit que les uns se sont amoindris, que d'autres ont disparu. Il ressort de là un fait incontestable, quoique souvent mis en doute, à savoir cpie l'action intelligente de l'homme, s'exerçant sur la nature sauvage par la domestication, parvient à l'améliorer, à la perfectionner, à la corriger.

Les crânes et les os longs des terramares sont presque toujours brisés, à l'elTet d'en extraire la cervelle et la moelle, — antique usage qui persiste jusqu'à cette époque. Hais, au lieu

nit dans les I rsalemenl A ,

830 AGE DBS MÉTAUX.

d'être fenclus longitudinalement, comme on le faisait Ages précédents, ils sont, eu général, cassés transversalement A un bout. I^s terramares présentent avec les kjoekken-moedding». cette analogie particulière, que tous les crdnes de chiens qu'ellM | renferment sont brisés intentionnellement, ce qui prouve qu'en Italie comme en Danemark le lidMe commensal de l'homme était i quelquefois, faute de mieux et bien d regret sans doute, utilisa i comme aliment.

Nul débris de poisson n'a été retrouvé dans les marières : HH. Strobel et Pigorini en ont conclu avec raison que les Imbilants de ces pilotages n'étaient point pécheurs, et qu'en tout cas l'eau environnante avait peu de profondeur et de surface.

On a également déterminé les espèces d'oiseaux, de mollusques et d'insectes dont les débris sont restés dans les terramares. L'existence de ta poule domestique et du canard, vivant sans doute en liberté, a été parfaitement reconnue; mais on croit qu'il ne faut pas faire remonter l'apparition de ces esptccs plu» haut que la un de l'époque du bronze, et peut-être même au commencement de celle du fer.

L'examen des restes d'insectes a permis de s'assurer que leS' rebuts alimentaires et les imniondires devaient séjourner assez longtemps à la porte des habitations avant d'être poussés dans l'eau, car des mouches et d'autres diptères ont pu y naître, croître et accomplir toute la série de leurs métamorphoses, ainsi que le prouvent les enveloppes percées et vides de leurs chrysalides.

Nous donnons ce dernier résultat comme un des plus curieux exemples de ce que peuvent la science et l'induction combinées, dans l'étude, si intéressante et si nouvelle , des origines de l'homme. En revanche, il fournit une triste idée de la propreté des hommes de l'époque du bronze en Italie. Il semble que le sentiment de la dignité du corps et des soins qu'il réclame impérieusement aurait dû être alors plus développé que lorsque les hommes vivaient confinés dans des cavernes. Il n'en est rien pourtant. Mais a-t-on le droit de s'en étonner lorsqu'on voit, de nos jours, des habitudes aussi dégoûtantes et aussi contraires à l'hygiène publique persisler dans plusieurs grandes villes d'Amérique? Un voyageur italien, Osculati, rapporte qu'à tous les angles de la ville de fiuayatiuil, dans la république de l'Equateur, on rencontre des immondices qui exhalent une odeur

insupportable. Des amas semblables existent aux portes mômes de Mexico, où ils forment aujourd'hui de petites collines. Cela doit nous rendre indulgents pour les négligences corporelles de nos ancêtres de Tépoquc du bronze.

Tels sont les débris animaux recueillis dans les terramares. Quant aux restes végétaux, ce sont des grains de blé carbonisés, des noisettes brisées, des glands, des moitiés de pommes brûlées-, des noyaux de cornouiller, des prunes et des raisins.

Pour en finir immédiatement avec les stations palustres, nous dirons qu'on en a découvert dans la Moravie et dans le Mecklembourg. C'est à Olmutz, ville moravienne, qu'un savant viennois, M. Jeittcler, a trouvé des pilotis enfoncés dans la tourbe, avec des objets de pierre et de bronze, des poteries ornées, des charbons, du froment carbonisé, de nombreux ossements d'animaux et un squelette humain de race brachycéphale. Tout porte à croire (pie ce nc"sera pas la dernière découverte de ce genre.

Il faut ajouter que les terramares, ou dépôts de restes d'habitations des bords des marais, ne sont pas exclusivement propres à l'Europe. M. Strobel a trouvé sur la côte d'Afrique (à San Viccnte) des vestiges tout semblables, et un naturaliste distingué de Rio-Janeiro, M. le docteur Hcnrique Naegili, a constaté sur la côte du Brésil l'existence de dépôts semblables, qu'il se propose d'étudier d'une manière approfondie '.

1. Matériaux pour l'histoire positive et philosophique de l'homme, in-8*. Pari» 1865, tome I, page 397.

Anaei, instrumeota et ustansiles contenus dans les ijlffârentes slaUons locuatres de l'Europe, qui nous Tont connaître les habitudes de la fie à

l'époque du bronze.

Nous venons de parler de la découverte et de l'exploration des habilitlions lacustres en dilférentes parties de l'Europe, ainsi qui; des bourgades palustres de l'Italie du Nord. Ces riches gisc- 'ments ont considérablement éclairé l'histoire primitive du genre humain. II sera possible, avec ces éléments, de reconstruire la vie domestique des peuplades de l'époque du bronze, c'est-àdire de décrire les armes, instruments et ustensiles propres à la vie usuelle pendant cette période.

Nous avons rangé les habitations lacustres dans l'époque du bronze, pour la facilité et la clarté de l'exposition et du récit Mais il ne faut pas oublier que les cités lacustres ne contiennent pas seulement des objets se rapportant à l'époque du bronze; elles renferment aussi un certain nombre d'objets de l'époque de la pierre polie, c'est-à-dire de la période précédente.

Que les villages lacustres aient été construits à l'âge de la pierre, comme on l'a inféré de la présence unique d'objets en pierre dans certaines stations, ou que ces habitations aient été construites à l'époque du bronze, mais en conservant, comme cela est probable, l'usage des objets en pierre datant de la période précédente, c'est une question indilTérente pour nous. Il est certain que le plus grand nombre des stations lacustres ne remontent qu'à l'époque du bronze. Seulement, comme les objets en pierre font partie du mobilier de beaucoup de ces anciennes habitations, nous devons commencer par décrire les objets de

EPOQUE DU BHONZE. ' 333

l'Age de la pierre, en abrégeant d'ailleurs beaucoup cette dcscriplion, car nous ne pourrions que répéter ce qui a été dit dans les chapitres précédents.

Les armes et instruments de pierre sont, en Suisse comme ailleurs, des haches, des pointes de lances et de flèches, des martenus, des couteaux, des scies, des ciseaux.

Les haches et les marteaux sont faits de substances très diverses : silex, diorite, quartzite, néphrite, jade, serpentine, etc. Mais les autres armes ou outils sont presque tous en silex.

La hache était d'un usage continuel, non comme arme, mais comme outil; aussi en reste-t-il de très nombreux spécimens (tans les lacs de la Suisse.

En général, les dimensions de ces haches sont petites. Leur

ïc manche cttt de»

Marteau en .ik»

emninoclio

Suisse.

..n hotsZ cerf

longueur varie de 5 A 20 centimètres, et leur largeur, au tranchant, de 40 à 60 millimètres. La ligure 186 représente une de ces haches de silex. Leur forme est celle des haches danoises de l'époque de la pierre polie.

Le système le plus simple pour emmancher la hache de petite dimension, c'cst-à-dirc le ciseau, consistait à la loger dans une portion de bois de cerf, évidée pour cette fin d l'une de ses extrémités. On obtenait ainsi une espèce de ciseau qui se manoeuvrait facilement. La ligure 187 représente cet emmanchement.

Il y «vait aussi un autre moile trpmmanchenienl. Le silex tailté «■tail. préalablement Uxé dans sa gaine en corne de cerf. Cette gaine était percée elle-même en son milieu d'un Irou rond, pour recevoir un manche en bois. C'est alors une véritable hache.

La figure 188 représente une de ces haches emmanchées comme on en voit plusieurs au Musée de Snint-Germaîn.

Ce mode d'ommancheraent est fréquent; nous l'avons d'ailleurs déjà Hignalé, d'après Boucher de Pertlics, h l'époque de I&' pierre polie (p. 338, fig. 137).

Il y avait aussi une autre manière d'cminaiiclier les haches tt les ciseaux.

Voici comment on s'y prenait pour exécuter cet emmancl»ment. On introduisait le silei dans une courte emmanchure ea boi« de cerf fouillée à cet effet d'un côté, tandis nue l'autre extrémité lie ce même bois de cerf était taillée en carré. Celle partîf carrée, plus étroite (pie le reste de la gaine, venait s'odapter dans un manche en bois, percé d'un trou de même forme et de ai6mc« dimensions.

]|..Desor, dons tton Méinoire sur l«s palafiltea, donne la figure ci-confre comme représh'ntanl ces bâches doulilt-ment cniman-

Il est extrêmement larefjuc les haches de re type se retrouvent complètes dans les habitations lacustres de la Suisse; généralement le manche a disparu. Dans d'autres localités où les liaches sont très nombreuses, on ne ramasse presque point de gaines. Ne serait-ce point qu'on y taillait spécialement la pierre, maïs non la poignée? 11 y a eu, en effet, en Suisse, comme en France et en Belgique, des ateliers de fabrication. Le grand nombre de haches ébauchées ou défectueuses qu'on recueille dans les principaux cantonnements lacustres ne permet pas d'en douter.

Les instruments les plus beaux, les plus soigneusement travaillés, sont les marteaux et les haches-marteaux. La plupart sont en serpentine. L'une de leurs extrémités est ordinairement

arrondie ou aplatie sur le dessus, tandis que l'autre s'amincit en lame tranchante ou en pointe, comme le représentent les figures 190 et 191, données par M. Desor. Ils sont percés d'un trou rond destiné à recevoir un manche en bois. Ce trou est si net et si régulier, qu'il est difficile de croire qu'il ait été pratiqué avec

Fig. 190 et 191. Mnrtcau-hachc

fn scr|i«nline

des Imljilallons Incustrea

Aq In Suisse.

l'ig. Iflî. Autre martcau-

<lii simple silex. Le mêlai seul parait rupuble de donner un travail aussi achevé. C'est ce qui peut faire croire ([ue toutes les stations lacustres que l'on range dans l'ilge de la pierre appartiennent plutôt à l'épo<iue du hronze.

Fig. \93. Scie

cnitnancliée dans un bois de cerf.

La figure 192 représente un antre marteau-hache en silex, tiré des lacs de la Suisse.

Les couteaux et les scies n'ont rien de remarquable. Ce sont de simples éclats de silex, étroits et longs, dont le tranchant ou les dents se trouvent sur le grand c6té. On possède des scies qui sont encastrées dans les poignées en bois de cerf, comme

193, dessinée d'après le mémoire de

!e représente la ligur*

M. Desor.

Le scellement a dû Hrf fait avec du bitume, car on a retrouvé

sur quelques emmandiurcs la tj-ace de relie substance. 1^

môme moyen était employé pour tiser les lincbes dans leurs

gaines.

Les pointes de lances (fig. 194) sont très bien foçonnées : U forme en est régulière et la taille pat^ faite , quoit|ue inférieure à celle du Danemark. Elles sont unies d'un cûté, et présentent de l'autre une crête médiane longitudinale.

Les pointes de flèches sont très variées de formes (lig. 195]. Elles ne le cèdent en rien, sous le rapport de In lini'sse d'exécution , aux pointes de lanre uu de javelot.

V\f;. 194. Pointe dp lance en silex des habitai ion s lacustres de la Suisse.

h'ig. ]9â. DiverMB Formes de poil

de Déciles

des habitations lacustrea

de lu Suisse.

La taille de ces oetites pièces devait exiger beaucoup de travail et beaucoup d'habileté. 11 en est de dentelées sur les bords, ce qui devait rendre leurs blessures plus dangereuses. La plupart de ces pointes de flèches sont en silex, mais on en a également recueilli en os, et même en bois de cerf.

Les pointes de flèches étaient fixées avec du bitume. C'est ce que représentent les figures 196 et 197, que donne M. de Mortillet dans ses Promenades préhistoriques à CExpoeilion i selle.

tige par une

ÉPOQUE DU BBONZE.

D'autres fois elles étaient simplement fixées ligature de Gl (tig. 196).

On a retrouvé quelques débris des arcs qui servaient à lancer ces flèches. Ils sont en bois d'if, grossièrement taillé.

Les outils et instruments en os étaient, comme ceux en si]e\, d'un usage très fréquent. Indépendamment des pointes de floches, dont nous vçnons de parler, on a retrouvé des poinçons de différentes formes (flg. 199 et 200), des ciseaux pour le travail du bois (fig. 201 ), des épingles à tèle lenticulaire (fig. 202) et des Fig. ist. Pointe de FiR- laa. Poinie Je

... , ,,,,,, néche en pierre tiédie Qiiée pu

aiguilles percées tantôt d un scellée avec du une ligature de trou, tantôt de deux trous, tan- iiiiume. fil.

tôt enfin creusées près de la tête d'une rainure circulaire pour y attacher te fil.

Fig. 199 el 200. Poinçons

Fig. 201 Ciscou de

en 08

menuisier des ha-

dee Imbitalions lacustres

bit» lions lacustres

de 11 Suisse.

de la Suiasr.

Les Qgures 199, 200, 201 et 20a sont données par H. Desor, dans son Mémoire sur les palafîUes.

L'BOtl)» PRIMITIF. n

Il est probable que, comme à l't^iioque du renne, les coutun*s deh vêlements se faisaient à l'aide de l'aiguille et du poinçon, celui-ci perçant les trous où l'on passait ensuite l'aiguille. . 11 faut sans doute voir des hameçons dans dos sortes d'ai-

guilles percées au milieu et pointues au.\ deux bouts, que l'on trouve en abondance dans les stations lacustres. Lorsque le poisson avait mordu à l'appdt, ces deux pointes lui entraient dans les chairs, et il était facile alors de l'enlever. Quelques-uns de ces hameçons sont taillés dans des défenses de sanglier. Le bois de cerf était également employé en maintes circonstances. On en faisait quelquefois des marteaux qui se manœuvraient à l'aide d'un manche (Qg. 203], des harpons (fig. 204) , des harpons à double rangée de barbelures {lig, 205) , et de petites écuelles de forme conique [lig. 206) percées d'un trou à la partie supérieure, pour être suspendues.

Le goût de la parure n'était point étranger aux populations primitives de la Suisse. Des dents canines et incisives de divers

Fig. 306. Vus

animaux, des disques et des perles en os ou en bois de cerf, le tout réuni en collier, formaient leurs ornements habituels.

Elles faisaient aussi usage d'é])ingles à cheveux et de peignes en os. Terminées en boule et d'une élégante simplicité, ces épingles ne dépareraient pas trop la tête des femmes modernes.

Tels sont les instruments, ustensiles et engins k l'usage de la vie domestique, trouvés dans les habitations lacustres de la Suisse propres à l'dge de la pierre. Passons maintenant aux objets de même genre propres à l'époque du bronze.

La quantité d'objets en bronze qu'on a recueillis jusqu'à présent dans les lacs de la Suisse est très considérable. La plus belle collection du pays, celle du colonel Schwad, n'en contenait pas moins de 4346, en 1867, d'après une table dressée par le docteur Keller.

La plupart de ces objets sont coulés dans des moules, comme le prouvent les bavures dont plusieurs ont conservé les traces.

Parmi les restes les plus remarquables de t'époque du bronze

Fig.301. Hache «I bronze à ailerons des habitatians lacustres de la

trouvés dans les lacs de la Suisse, nous devons citer les haches. Elles mesurent de 10 à 20 centimètres de longueur, et pèsent de 300 à 750 grammes. Leurs formes sont variées; mais toutes ont pour caractère distinctif de s'emmancher longiludinalement, cl non transversalement, comme à l'ige de la pierre. Il est rare aussi qu'elles ne soient pas munies d'une anse, destinée k lea suspeDdre k la ceinture, ou dans la maison.

Voici (l'abord (fig. 207) la liache A ailerons repliée tic chaque 1 c6iâ de la lame, de manière & constituer une sorte de douille A deux compartiments, dans laquelle entrait un manche coudé. Ce type est le plus répandu. Quelquefois, comme on peut le remar- , quer sur la figure 207, l'estréniUé supérieure est percée d'un œil qui donnait sans doute passage & un lien ou à une petite corde pour fiser le manche recourbé. Cette disposition est sjj^ciale aux haches de grandes dimensions, c'est-à-dire à celles qui fatiguaient le plus.

Un type très rare en Suisse et dont il existe un spécimen seulement au Musée de NeuchAtel. c'est celui (fig. 308) dans lequel tes ailerons, au lieu de se recourber sur la lame perpendiculiUremcnt au plan du tranchant, se rabattent dans ce plan même, ou, si l'on aime mieux, sur l'épaisseur de la lame.

Il y a enfm la hache A douille ordinaire, la douille étant soit

cylindrique (fig. 209), soit prismatique ou quadrangulaire. Cett*

forme est très commune en France, où on la connatt sous le

nom de celt.

Un manche de bois coudé entrait dans l'ouverture de lo douille,

et un lien solide passant par l'œil attachait

la hiiche au manche ilo hois,

M. Morlot a désigné sous le nom de cou- {eattx-liachea (fig. 210) des instruments donl les oreillettes ne sont qu'indiquées et ne peuvent servir en aucune façon à recevoir un manche. Il est probable qu'on saisissait <:rs outils directement avec la main et que les rudiments d'ailerons avaient pour iml lie substituer une surface arrondie A uni' art^te coupante.

Les figures S07, 208, 209 et 210 sont liréi* ilu Mémoire de M. Desor sur \espalafiues.

Vtif. 310. Couicau-iiacho Après les haches, nous pouvons mention- (faceei profli) |,çr Jpg ciseaux pour le travail du bois (fig.

tics Imbilation» lacuBlres. . , ., , , ,,, , , ,.— , ,

211), parfaitement taillés et qui ne dilTerent guère de nos ciseaux actuels que par le mode d'emmanchement, lequel est A douille.

On a aussi trouvé une sorte de marteau prismatique hexagonal (flg. 212}, également A douille et dont la longueur est de 6 centimètres. Ce marteau fait partie de la collection Schwab.

De tous les instruments trancliants, les couteaux sont les plus nombreux. Le travail en est généralement très soigné et la forme très élégante. Le manche de quelques-uns est en métal; mais la plupart se terminent par une queue, qui pénétrait dans un manclie en bois, ou en corne de cerf, comme le représente la figure 213, donnée par M. Desor, dans son Mémoire.

On voit aussi des couteaux munis d'une douille (Ûg. 214). La lame mesure de 10 à. 20 centimètres de longueur, et elle est souvent ornée de dessins ; dans certains cas, le dos en est fortement renflé.

A cété des couteaux, rangeons les faucilles. Elles ont été recueillies en assez grande quantité dans les stations d'Auvernîcr et de Cor-

Kig. !l3et3l4. CnuliNiux

Il douille lies Imbilalioiia laciistrca

de In Suisse.

taillod (lac de Keuchâtcl). Elles sont fort bien façonnées et fréquemment ornées de nervures ou de rentlcments. La figure 21$, que donne M. Dcsor dans iion Mémoire, représente une faucille de ce genre que l'auteur a recueillie ù Chevrous.

Les plus grandes de ces faucilles n'excèdent pas 15 centimètres de circonférence. Elles s'odaptaîent dans un manclie en bois au moyen d'une tige de bronze.

Nous ne pouvons évidemment décrire tous les objets de bronze recueillis dans les lacs de la Suisse. A la suite de ceux qui précèdent, nous nous contenterons de citer quelques scies

oirs indi- 1

(le formes diverses, — des rasoirs, de vérilables rasoirs i ([aant uo suîn assez accusé de la personne, — des potn^ns, — des aiguilles à chas lemiinal ou éloigné de l'estréioilé, — des engins de pècbe, lels que hameçons iiimples el doubles |fig. S16 et SI7J, i poinle unie ou barbelée, — des liarpoos, — plusieurs petits vases, etc.

FÎK- S là.

ïig. ÎIO. Hameçon

KiK- ît". B»nie!ûn

F«ueille en bronu

■louble

trautte

<lt«at«llonslacuf>tre«

du Malions lacucUu

M. brKit à theiTOtn.

de la Suiae.

de la SuiMe. .

Xous nous arrêterons un moment sur les objets de parure contenus dans les stations lacustres de la Suisse de l'époque du bronze.

Mentionnons d'abord les épingles h cbeveux, qui ont été recueillies par centaines dans les diftérents lacs. Ce qu'il y a de curieux, c'est qu'on n'en peut trouver deux absolument sem- blables de formes et de dimensions. Xous empruntons au Mémoire de M. Desor les quatre figures suivantes représentant différentes formes d'épingles. Les unes sont à tête ronde (Og. 218), les autres à tête plate (fig. 219) ou cylindrique (fig. 220); quelques- — unes se terminent par un enroulement dans lequel est engagé un anneau mobile (fig. 221).

Les épingles à tête ronde sont tantôt massives et sans ornement, c'est-à-dire la copie exacte des épingles en os de l'âge de la pierre, tantôt, et même le plus souvent, percées d'un ou plusieurs trous ronds et agrémentées de quelques ciselures.

Les épingles à tête plate diffèrent beaucoup les unes des autres par le diamëlre du bouton, qui parfois est considérable. 11 en est dont la téta n'est qu'un petit renflement, et il en est d'aulres

où l'on observe deux ou trois de ces renflements un peu espacés et séparés par une torsade. Leurs dimensions sont très variables, et dans certains cas tellement exagérées qu'on n'a évidemment pas affaire à des épingles à cheveux. La collection Schwab en

Fig. 218 et 219. l^:pinglcs à cheveux

trouvées par M. Desor

dans un lac de la Suisse.

Fig. 220. Épingle Fig. 221. É[)ingle à à cheveux

cheveux. à lète enroulée.

contient une de 85 centimèlrcs de long, et Troyon en a signalé de 50 et de 57 centimètres.

On voyait à l'Exposition universelle de 1867, dans la collection envoyée par M. Desor, un certain nombre de ces épingles, qui avaient été repolies par les soins du savant naturaliste suisse. Elles étaient fort élégantes, et les dames de nos jours auraient

forl bien pu se parvv de cet ornement, qui remonte à des millitTS d'aunées.

Chez Ions les peuples sauvages de nos jours, le culte des cheveux, surtout pour les hommes, est poussé à un degré excessif. l.a chevelure du sohlat abyssin forme une espèce de haute frisure, qui doit durer pendant sa vie entière. Il porte avec lui une ûpitigle, pourvue d'un épais bouto», et cette épingle est fort longue, à cause de l'irapossibililé où il se trouve d'atteindre In l'uir chevelu aVec l'extrémité de ses doigts.

De même, les Néo-Zélandais ont un énorme chignon, haut de deux pieds et orné de rubans.

Les Chinois et les Japonais ont également un rulte excessif pour leur chevelure.

II est donc |»rohable que les habitants <lcs citrs lacustres,

hommes et femmes, avaient grand soin de leur chevelure. On trouve dans les tombeaux de l'époque du bronze des épingles de deux pieds et demi de long, avec de gros boutons, semblables à celles des soldats abyssins de nos Jours. Leurs peignes, pareils  ceux des Néo-Zélandais, n'étant pourvus que de six à huit dents, longues d'un demi-pied, devaient leur servir plutôt à se racler la tête qu'à s'arranger les cheveux.

Les bracelets ont été retrouvés en assez grand nombre dans les lacs de la Suisse. Ils sont très variés dans leurs formes, arlistement travaillés et souvent enjolivés de dessins.

Los uns ^flg. 222) se composent d'une seule tige plus ou moins large, dont les extrémités rapprochées se terminent par un Iwuton hcmi-cylindrique; d'autres (flg. 223) sont un assemblage do fils unis ou tordus, ingénieusement rattachés les uns aux autres.

ÉPOQUE DU BHONZE. 34S

Il y a enfin des anneaux cylindriques et complètement ferm<?8 (fig. 224], qui se mettaient probablement autour des jambes.

Parmi ces bijoux, quelques-uns se sont maintenus jusqu'à nos jours dans un parfait état de conservation.

Dans une urne retirée de la station de Cor- (aiilod, on trouva six anneaux dont les dessins étaient aussi nets que s'ils venaient d'élrc gravés.

Une chose à noter, parce qu'elle constitue u» "^je 'brooie*"" indice précieux relativement à la taille des populations suisses de l'époque du bronze, c'est que beaucoup de ces bracelets sont tellement étroits, qu'ils ue pourraient plus Mn: utilisés aujourd'hui. Ils s'adaptaient donc à des poigneti;

Fi|;.33â. Pendeloque en lirunzu Fi).-. 116. Aulre pendeloque en b

des liabilalinnH des habilalions

lacualrei de lu Suisse. lacustres de In Suii<ie.

très minces, ce qui suppusc tous les membres à l'avenant. ÙilW. petitesse des bracelctfi coïncide fort bien d'ailleurs avec celle des poignées d'épée que l'on a trouvées dans les habitations lacustres de la Suisse.

Les boucles d'oreilles abondent dans les lacs. Ce sont des lames ou des fUs, diversement façonnés, mais qui témoignent toujours d'un goût assez développé.

Od peut ranger à la suite dos bijou.v et objets de parure un certain nombre de |>i('ccs d'un caractère particulier, qui devaient être des pendeloques ou des appendices aux colliers. Ces pièces sont en efîet percées toutes, au sommet, d'un trou circulaire, destiné sans doule & laisser passer un Bl, par lequel on les sus-

pendait au cou. Les unes [Qg. Hb) sont de petites pluques triangulaires, rr<^(|ueninicnt ornées de dessins; d'autres {Rg. 3ïe{ sont à jour et comportent plusieurs branches, terminées clincune par une ouverture semblable à celle du sommet. Quel- (jueii-unes enfin (ilg. 227) alTectent la forme d'un anneau incomplètement fermé, ou, si l'on veut, d'un croissant à cornes larges et très rapprochties. On peut rapporter A la mt'^mc catégorie des anneaux (Hg. 228) qui soutiennent des ornements mobiles en forme de s|iirale double.

Les quatre objets de bronze représentés plus haut sont figurés ici d'aprfîs les dessins donnes par M, Desor dans son Méînoire sur les palafiUes.

Quelques bijoux en or ont élé recueillis dans les stations lacustres de l'époTuc du bronze, mais ces sortes de trouvailles sont fort rares. Ce sont des boucles d'oreilles. Elles appartiennent à la collection du colonel Scbwab.

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