‹ L'homme qui vientChapitre 1 sur 48 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

pourtant bien éloigné de l'esprit nietzschéen ; mais cela ne veut pas dire que Nietzsche n’est pour rien dans l'effort qui m’a conduit aux pieds du Christ. Il faut rendre à Nietzsche ce qui lui appartient. Je tiens à bien marquer ce qui est à lui dans cet ouvrage, parce que c’est un devoir de reconnaissance, et parce que cela permet d'apporter quelque éclaircissement dans un problème intellectuel de ce temps.

Je dois à Nietzsche ma libération. A l’époque où nous pataugions dans le marécage démocratique et humanitaire, où nous avaient plongés nos bons maîtres de la petite science et où nous gaspillions notre énergie à résoudre d'ineptes problèmes, tels que celui-ci, dont Carlyle donna la formule : « Étant donné un monde de fripons, tirer une honnêteté de leur action unie » — unie librement, selon l'esprit du temps, — ou bien encore : « Remplacer la Foi par quelque chose qui sera tout ce que l’on voudra sauf une foi », — à cette époque nous: avons reçu de Nietzsche un coup de fouet qui nous ramena à considérer avec sincérité les vraies réalités. Nietzsche, avec une certaine brutalité, interrompit nos bêlements, nous dé-

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