INTRODUCTION IX
pouilla de notre misérable défroque humanitaire, et nous contraignit à nous regarder nousmêmes sans pitié : c'est par lui que nous vimes pour la première fois ce qu’est cet amour de J’humanité que l’on nous avait enseigné : un faux amour, en vérité, — une ruse inventée par les impuissants pour désarmer les concurrents, leur enlever tout désir d'’élévation, et affaiblir leur concurrence. Nous étions précisément parmi ceux qui avaient élé désarmés, et dont la vraie force, l'énergie, élait enchainée par l’œuvre des pédagogues de tout ordre de la troisième République. — C’est pourquoi nous reconnûmes Nietzsche comme un libérateur :
lorsque nos maîtres de la petite science nous répétèrent : « C’est par la raison et la liberté que l’humanité s'élève », nous leur répondimes : « Non point: c’est par la force et la contrainte ». Et nous connûmes enfin un nouvel amour pour l'humanité, un amour que l’on peut dire 2mpttoyable, — cet amour que j'ai retrouvé plus tard dans l'Évangile, et dont la parabole des talents donne, me semble-t-il, l'essence. Voilà ce que nous devons à Nietzsche : à la fin du xix° siècle, il a été le libérateur de notre énergie ; de quoi