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COMMENT L'HOMME SORT DE LA BÊTE

extrêmes, pour une fatigue présente, certaine. L'un l'emporte inévitablement sur l’autre. Et il ya quelque chose de plus puissant que tout raisonnement : c'est la paresse naturelle de Panimal, expression de la loi du moindre effort. Ainsi rôdent nos pères, durant des siècles, à la limite de l’animalité et de l'humanité. Et ce n'est ni par l'effort libre de l'individu ni par les efforts de tous librement associés qu'ils peuvent passer cette limite. La libre association des paresses individuelles ne peut être que l’organisation et la consécration de la paresse commune. Ils ne se partageront pas les besognes, les uns chassant, les autres veillant dans l'abri le produit de la chasse, et construisant peut-être des huttes ou piantant des arbres à fruits, parce que tous sont égaux et que tous veulent prendre part à la chasse, qui est un plaisir; nul ne veut demeurer à la caverne. « Pourquoi moi plutôt que toi ? » Eteneffet,il n’y a aucune raison pour que ce soit toi plutôt que moi. Mais il en vient une enfin : c’est celle de l'homme qui se lève, avec la mort dans son regard, et qui répond : « Parce que je le veux! » | Quel est-il celui-là qui va s’imposer aux autres j'

et les obligera à faire tout ce qu’ils ont rêvé ? Est-ce celui qui, plus paresseux qué tous, veut se faire nourrir par eux ? Est-ce celui dont les désirs sont plus nombreux et plus ardents et dépassent ses forces ? Est-ce celui qui, las des bavardages et des gémissements de ses frères, a résolu de les contraindre à réaliser leurs espérances ? Est-ce celui qui, ayant conçu un meilleur moyen de vivre et craignant d’être frustré dans la répartition des profits, décide de s'imposer comme chef pour s'assurer la plus belle part, sa juste part d’inventeur ? Ou est-ce simplement l’ambitieux qui, se connaissant des muscles puissants, veut avoir le plaisir de dominer ? Il est tout cela, et plus et moins, et il est en tout cas l’homme le plus fort et le plus brave, celui qui peut discipliner les efforts de tous ; qui trouve les raisons d’agir pour tous ; qui a la foi dans sa propre énergie.

Ses frères, qui sont maintenant ses esclaves, il les Zbère de l’animalité par le travail qu’il leur impose. Il les entraîne vers les hauteurs de l'homme : il est le premier maître, le premier conducteur, le premier noble, Il est aussi le premier utilisateur des énergies humaines, le

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