X1. — CRÉATEURS DES RICHESSES SOCIALES
Quand les travailleurs n'étaient pas corrompus dans leur esprit par les démagogues, et quand ils raisonnaient et parlaient suivant leur instinct, ce qui est mieux que de raisonner et parler suivant la raison du xix° siècle, ils disaient de l’homme qui construisait une usine et les appelait à y travailler : « Celui-là est un bienfaitcur
public : il nous donne du travail, il nous fait
travailler et nous rend plus riches. » Aïnsi parlent encore, dans les campagnes, les hommes qui vivent près de la nature et qui conservent le sens des réalités.
Les travailleurs des villes et tous ceux qui ontété corrompus par la démagogie socialiste disent aujourd’hui : « Nous sommes les vrais créateurs des richesses sociales, car c’est nous qui produisons. Les patrons nous tiennent par la force brutale et nous exploitent ; ils nous volent
le produit de notre travail : nous sommes des exploités. »
Écoutez, « prolétaires »: c’est un des vôtres qui vous parle; car mon père et ma mère étaient des prolétaires, et moi, je suis encore parmi vous. Nous ne sommes pas exploités, nous sommes wfihsés, c'est-à-dire que notre force est dirigée par d'autres dansle sens de la plus grande production. On trouve pour nous des manières d'employer notre énergieet toutes nos capacités, et l’on excite et l’on dirige nos efforts. Je vous l'ai déjà dit : un homme ne fait d'efforts que contraint par la volonté d’un autre homme. C’est pourquoi nous avons des maîtres. Et nous ne sommes pas des inventeurs de travaux : c’est pourquoi nos maitres nous font exécuter les tâches qu'ils inventent. Et ces qualités que nous n'avons pas et qu'ils ont, c’est cela qui leur est payé par ce profit que vos démagogues ont appelé « plus-value » et qui est en vérité une plus-value donnée par eux à notre énergie de labeur ; c’est la différence entre ce que nous produirions si nous étions « libres » dans une nature où la terre appartiendrait à tous et ce que nous produisons, excités et dirigés par eux, dans
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