CRÉATEURS DES RICHESSES SOCIALES À
un état où ils ont pris la terre et les « moyens de production » pour nous obliger à travailler.
Que produirions-nous si nous étions libres sur une terre libre ? Rien de plus que ce qui serait strictement nécessaire à notre existence de chaque jour. C’est cela qui demeure, depuis le temps où nous avons cessé d’être de libres animaux, la base du salaire des travailleurs. Voilà pourquoi il y a une « loi d'airain » des salaires qui les empêche de s’élever au-dessus de ce qui est nécessaire à la vie dans le moment où nous vivons. Et la perte de notre liberté est compensée par une part qu’ils nous donnent sur leurs profits, « gratifications de fin d’année », et par notre
participation à l'accroissement général de la
civilisation, et encore par l’espérance que nous avons d’avoir une plus grande part, une part de maître, dans les fruits de cette civilisation, pour nous-mêmes ou pour notre descendance. Car il n'y a ni race d'esclaves ni race de maîtres; celui qui a la vertu du commandement et le génie de l’organisation peut devenir un maître; il n’a pas à lutter contre des privilèges de caste : car il n’y a point d’autres privilèges que ceux que Dieu nous donne dans le sein de notre mère :
l'énergie et letalent. Voyez ce qu’étaient ces rois du pétrole, de l’acier, de la houille : il y a cinquante ans, c’étaient de petits esclaves d'Écosse ou d'Irlande.
XII. — LA PART DU MAITRE, ET POURQUOI IL DOIT Y A VOIR UNE PART DU MAITRE.
Hommes faibles et rusés, vousdites du maître : «S'il est la pensée, qu'il se contente de cet honneur et de cette joie. Faut-il, parce qu’on est pensée et esprit, qu’on se gorge de richesses? » Mais d’abord il n’est pas seulement la pensée, mais l'énergie et l’audace d’être seul pour trouver le moyen de faire vivre une bande, le souci etla responsabilité. Personne ne lui mâche la besogne ; il faut qu’il la prépare chaque matin et qu’il y songe à chaque instant de sa vie, et cela l'empêche de jouir des plaisirs ; il ne se repose jamais complètement, car il ne peut jamais éloigner de son esprit les préoccupations que luidonnesa direction et les craintes de perdre tout ce qu'il a engagé dans ses combinaisons.
Tandis que vous, salariés, vous trouvez chaque matin la besogne toute prête, et vous n'avez plus qu’à l’exécuter dans le sens qui vous est indiqué. Et quand vous avez fini votre journée,
vous rentrez chez vous et vous ne vous occupez plus de rien que de satisfaire vos sens ; et à ceci vous pouvez vous donner complètement, car ce n'est pas sur vous que pèse la responsabilité de l'entreprise, et vous savez bien que quelqu'un y pense pour vous. }
N'y a-t-il donc entre vous et le maître aucune différence que la pensée ? Et le rôle du maître est-il une joie? La récompense peut-elle en être simplement un honneur ?
Il y a entre vous et lui la différence de l'effort, car le maître est celui qui est capable du plus grand effort, constammentsoutenu. Etson effort, pas plus que celui qu’il vous excite à faire, n’est une Joie; c’est, comme tout effort, une fatigue et une peine. Quelle est la récompense de votre effort? Votre salaire. Voudriez-vous que la récompense du plus grand effort du maître fût l'honneur, c’est-à-dire votre seule reconnaissance, sans aucun profit matériel ? Mais c’est vous-mêmes qui avez formulé ces principes :
« Toute peine mérite salaire » et « On ne travaille pas pour la gloire ». La peine du maître seule, selon vous, ne devraitpas être rétribuée ?
Hommes faibles et rusés, vous avez la vue