DE LA VIE DES RELIGIEUX DE QUELQUES ADCIEISS MOIÏASTERES PARTICULIERS
Après avoir parlé en général de la vie excellente des anciens Religieux^ nous allons entrer dans quelque» monastères particuliers.
Saint Gérasime, dont il est parlé dans la Vie de saint Eulyme, abbé (1) , avait sous sa conduite soixante et dix Beligieux qui demeuraient en silence dans leurs cellules cinq jours de la semaine , ne mangeant que du pain et ne buvant que de l'eau; le samedi et le dimanche ils mangeaient au réfectoire, on leur donnait quelque chose de cuit et un peu de vin ; ils ne pouvaient allumer du feu dans leurs cellules, ni goûter rien de cuit. Us faisaient profession d'une profonde humilité, gardaient une pauvreté si grande , qu'ils mettaient tout leur bon*
(1) ApuaSur. 20janv>
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heoar à ne rien possé<fer. En sortant de leurs celhiles, ils tes kâssaient tonjours mnrertes , afin qae diaeun pût y entrer librement et {n'endre ce qoi poorràit lui faire plaisir; et ayec cela ils vivaient ensemble dans une parfaite intelligence , n*ayant qu'un cœur et qu'une ame.
Dans la Vie de sainte Marie Égyptienne écrite par Sophrone, évéque de Jérusalem (2), il est fait mention d'un monastère bâti près du Jourdain , oùt saint Zosime fut conduit par une inspiration divine, et dont il ne sortit qu'après avoir eu le bonheur de voir cette grande Sainte, de l'entretenir, de lui donner le viatique pour la préparer à la mort. Dans cette maison il n'était point d'heure de la nuit où les Religieux ne chantassent des psaumes ; pendant le jour ils les avaient continuellement à la bouche , et travaillaient sans cesse de leurs mains. Joignant ainsi pour le service de Dieu l'ame au corps, l'intérieur à l'extérieur, ils bannissaient d'entre eux les entretiens inutiles ; ils ne laissaient pas entrer dans leur esprit la plus petite pensée de l'or, de l'argent et des autres choses temporelles : à peine en savaient-ils le nom. Une seule chose leur paraissait importante et frappait leur esprit ; ils travaillaient tous ayec ardeur à l'acquérir; ils voulaient se réputer comme morts au monde ^ et vivre comme des gens qui n!en étaient plus depuis qu'ils s'étaient faits Religieux ; ils nourrissaient leur ame d'une viande divine qui est la parole de Dieu, et leur corps de pain et d'eau seulement, afin d'être plus forts devant le Seigneur, et d'avoir plus de sujet d'espérer les effets de sa clémence. Saint Zosime disait depuis , que cette céleste manii»'e de vivre l'avait fort édifié , et lui avait donné un grand courage pour faire des progrès dans le chemin de la vertu et de la
(1) Id vila S. Mar. iEgypt., cap. 2.
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perfection, en voyant des hommes qui travaillaient avec tant d'ardeur à Tacquérir, et qui par la sainteté de leur vie faisaient de leur maison comme un nouveau paradis sur la terre.
Peu de jours après le temps où il est ordonné aux Chrétiens de célébrer le saint jeûne du Carême pour purifier leurs âmes, afin de se rendre dignes de voir les jours de la mort et de la résurrection de leur Sauveur, et de participer aux grâces qui y sont attachées, voici ce que faisaient ces bons Religieux : Le premier jour de Carême on célébrait selon la coutume les saints Mystères , et tous recevaient le corps et le sang précieux de Jésus-Christ. Ils prenaient ensuite un peu de nourriture; après cela ils s'assemblai^t dans l'oratoire , où , ayant fait oraison à genoux, ils se donnaient le saint baiser de paix ; ils se prosternaient encore et embrassaient leur abbé, en lui demandant sa bénédiction et le secours de ses prières pour avoir un heureux succès dans le combat qu'ils allaient entreprendre ; puis on ouvrait les portes du monastère, et ils sortaient en chantant tous le Psaume : Lr Seigneur est ma lumière et mon salut , que craindrai'je? Le Seigneur est le défenseur de ma vie, qui sera capable de m' effrayer {!)? Ils ne laissaient dans le monastère qu'un ou deux Frères ; non pour garder ce qui y était, parce qu'il n'y avait rien dont les vcdeurs pussent avoir envie , mais pour ne pas laisser l'oratoire sans que quelqu'un y chutât les louanges de Dieu. Chacun portait avec lui quelques petites provisions pour vivre selon qu'U le voulait ou le pouvait : les uns des figues , les autres des dattes , les autres des légumes trempés dans l'eau, et quelques-uns rien du tout, parce
(1) Domious illaminatio mca et salus inca, quem liniebo ? DoiiiiDti& proleclor iiitaemeaB^ àquo (repidabo? Psal, 26; 1. .
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que^ lorsqu'ils étaient pressés par la faim , ils se nour Tissaient des herbes qui croissent dans le désert. Ils imssaient aussitôt le Jourdain, s'éloignant beaucoup les uns des autres, et ils ne se rejoignaient plus ; leur solitude était pour eux une yille habitée, et ils en faisaient plus de cas que de toutes les compagnies. S'ils voyaient venir de loin un de leurs Frères, ils se détournaient aussitôt de leur chemin et allaient d'un autre côté, vivant ainsi à Dieu et à eux-mêmes, chantant très souvent des psaumes et ne mangeant qu'en certain temps.
Après avoir jeûné et passé le Carême de la sorte , ils retournaient au monastère avant le jour de la Résurrection de notre Seigneur , et s'y trouvaient tous le dimanche des Rameaux, chacun revenant chargé du fruit de ses travaux, des mérites qu'il avait recueillis dans sa retraite. Pas un , par la règle qu'il gardait exactement , ne demandait à l'autre ce qu'il avait fait pendant ce temps de séparation et de solitude. Voilà quelle était la règle qui s'observait inviolablement dans cette maison, de quelle manière ces Religieux s'unissaient à Dieu dans le désert , combattaient la nature pour se rendre agréables, non aux hommes, mais à la seule majesté divine.
Saint Jean Glimaque dit (1) en parlant du monastère près d'Alexandrie, où il avait demeuré assez longtemps : La vie des Religieux de cette illustre maison, que. j'ai considérée à loisir , me ravissait de telle sorte que je ne pouvais assez m'étonner de voir le courage avec lequel les hommes mortels imitaient les actions des Saints. La charité les unissait inséparablement ensemble ; mais c'était une charité pleine d'honneur et de respect qui bannissait toute parole peu considérée. Us faisaient surtout attention à ne troubler jamais ni à inquiéter dans la
(1) Gradu 4.
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moindre chose la conscience de leurs Frères. Si Ton re^ marquait qu'un Religieux eût de Taversion contre un autre , le supérieur renvoyait en exil comme un criminel , dans un monastère séparé. Un jour un d'eux en offensa un autre y le supérieur commanda qu'on le chassât de la maison à l'heure même , en disant qu'il ne fallait pas souffrir deux démons dans un monastère , l'un visible , l'autre invisible.
J'ai vu une communauté assemblée dans l'esprit de Dieu 9 dans une union de cœur dont Jésus-Christ était le nœud sacré et indissoluble, dans une chaîne parfaite de la vie active et de la vie contemplative. Leurs exercices étaient réglés, et ils s'adonnaient avec tant de ferveur à la pratique de la vertu , qu'ils n'avaient presque besoin d'aucun avertissement du supérieur , parce qu'ils s'excitaient et s'encouragaient les uns les autres. Si en l'absence de l'abbé il arrivait qu'un Frère parlât mal d'un autre , fit quelque jugement téméraire , dit quelques paroles inutiles , celui qui se rencontrait près de lui , lui faisait signe pour l'avenir de sa faute sans que personne s'en aperçût ; si le délinquant continuait , ou parce qu'il n'entendait pas ce qu'on vQulait lui dire , ou parce qu'il feignait de ne pas l'entendre , le charitable admoniteur se mettait à genoux devant lui comme quand on demande pénitence , et s'en allait. .
Aux heures où il leur était permis de parler ^ tous leurs entretiens roulaient sur la mort , le jugement dernier et sur le souvenir jqu'on doit toujours en avoir. Je ne puis passer sous silence la singulière vertu du cuisinier de cette sainte maison. Le voyant sans cesse occupé à son emploi, et néanmoins toujours recueilli en lui-même, les larmes aux yeux , je le conjurai de me dire par quels moyens il avait obtenu une telle grâce. Ne pouvant résister à mes instances , il m^ouvrit son cœur , et me dit :
Je n'ai jamais cru remplir mon emploi pont les hcmimeA, mais pour Dieu ; c'est pourquoi je crois ne deroir me donner aucun repos : le feu que j'ai sans eesse Gérant mes yeux m'y anime , parce qu'il me rappelle cet antre feu qui ne s'éteindra jamais.
Ajoutons encore quelque chose sur ces excellens Beligieux. Bien ne pouyait les distraire de la pensée deDiea : lorsqu'ils étaient à table , toutes les fois qu'ils se rencontraient dans la maison , ils usaient de certains signes pour s'exciter à tenir leur esprit attaché à Dieu et appliqué à la pri^.
Si l'un d'entre eux faisait quelque faute-, les autres le l)riaient de se décharge sur eux du soin de la confesser au supérieur, et cela ayec tant d'instance qu'il ne pon- Tait leur refuser. Le supérieur voyant une si igrande charité dans ses disciples , et que celui qui confessait la faute en était innocent, ne lui donnait pour châtiment que des peines très légères , et ne cherchait pas même à sayoir quel était le véritable coupable.
On n'entendait parmi eux aucun vain discours ni aucune raillerie. Si deux Frères entraient en contestation , le premier Religieux qui s'en apercevait se prosternait devant eux comme leur demandant pardon , adoucissait ainsi leur colère , et terminait leur dispute. S'il les trouvait opiniâtres , il allait le dire à celui qui dans le monastère tenait la première place après l'abbé, lequel tâchait de les réconcilier avant que le soleil fAt coudié ; s'il ne pouvait en venir à bout , il défendait de leur donner à mang^ jusqu'à ce qu'ils fussent bien remis ensemble.
Disons maintenant quelque chose des monastères de filles. Dans celui de la Thébaide, ou fut admise sainte^ Eupln*asie , parente de l'empereur d'Orient Théodose le Jeune , il y avait cent trente ceHules , où les religieuses vivaient dans la plus étroite observance. Pas une ne bu-
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Tait de vin , ne mangeait de fruit ; quelques-unes même s ab&tenaient d'huile ; les unes jeûnaient depuis le soir jusqu'au soirsuiTant; d'autres trois jours consécutifs. Elles couchaient toutes sur un petit cihce mis à terre , qui n'avait qu'une coudée de largeur , et trois de lon*gueur. Leur habit de même était un cilice. Elles remplissaient leurs emplois avec une grande ardeur , et autant que leurs forces pouvaient le leur permettre. Si une d'elles tombait malade , on n'avait recours ni aux méde^ cines , ni aux médecins : on regardait la maladie comme une grande bénédiction de Dieu , et l'on attendait la guérison de lui et de la saint communion. Si l'on éprouvait quelques tentations , on les découvrait à la supérieure , qui se mettait en prières , et commandait à la Religieuse éprouvée de jeûner, de mater s(m corps , de porter des pierres paidasi le jour, ti de dorauir sept nuits sur un cilice couvert de cendres (1).
Que de dioses ne pourrais-je pas dire encore pour montrer la- vertu admirable et la sainteté des anciens Religieux! Quelles n'ont pas été l'anstérité , les jeûnes, les veilles , le silence , le recueillement , l'oraison , la pa^ tience , l'humilité , la pauvreté , l'obétssanoe des Ordres de Saint-Benoit, de saint Romuald, ée Saint-Bernard, de Saint-Dominique , de Saint-François , et des autres dans leurs commenoemens ! L'auteur de la Vis de saim Romuald (2) dit que les Religieux de ce saint fondateur allaient tous pieds nus , négligés , pâles , défaits et contens de l'extrême disette qu'ils souffraient de^toute i^hose ; qu'ils demeuraient dans leurs cellules coaune dans des tombeaux , ne goûtant jamais de vin , pas même dans leurs maladies , et , ce qui est encore pins admirable , les
(!) Apod Sur. 13 mavlîL ■ (2) ApocISur. 19 juoii , oftp. >63. *
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senritears mêmes du monastère, ceux qui gardaient lears troupeaux , et les autres se ressentaient de la yertu den Religieux qu'ils serraient. Malgré leurs travaux et tontes leurs fatigues , ils jeûnaient , gardaient le silence y se donnaient la discipline ; s ils disaient quelques paroles oiseuses , ils en demandaient pénitence. Après avoir dit tout cela , Tauteur s'écrie : 0 siècle d'or des Seligieux dans leur berceau pour la régularité, la vertu , la sainteté! mais les choses déclinent peu à peu , les esprits se relâchent , le siècle d'argent succède au siècle d'or , pois le siècle d'airain , et enfin celui de fer (1). On ne conserve presque plus rien de tout cet éclat ancien , et Ton peot bien faire les mêmes plaintes que faisait Gassien : nous en voyons quelques-uns tomber dans une telle tiédeur et un- si grand relâchement de la première ferveur de leur-Ordre , qu'on a besoin pour les retenir de les àdoncir y de les amadouer , de peur que , ne pouvant plus supporter leur cellule , ils n'errent çà et là comme des vagabonds , et ne tombent dans de grands désordres^ On croit qu'on a beaucoup gagné sur eux , si on peut les obliger de se tenir dans la solitude , en leur permettant même d'y être fainéans ; et les anciens ont coutume de leur dire pour souverain remède : Mangez , buvez , dormez tant que vous voudrez , tout vous est permis , pourvu que vous gardiez vos cellules (2) : quel lamen-
(1) 0 auremn Romaaldi ssculom !
(2) In tantam teporem videmus corraisse nonnoUos, ut necesse sit eos ctitm remiMioribus monitis adpalpari , modb oe dcseilis cellulis suis ad perniciosiores inquietodioes reyolvanlar, et circumcunles ac vagi crassioribus , ut iia dixerim , yitiis impHcentur; magnusquc fructu8 ab eis oblineri credalur , si 8olummod6 se in qualibet igoavia valeaot in solitudino continere , ac pro ingenli remedio aoleat eis à senioribusdicii sedete in cellulis veslris , cl quantum libitum fucrit , man-
table changement , comment For s'est-il changé ainsi en un plomb vil ?
Ce que nous avons dit des vertus héroïques et de la haute sainteté des Religieux du temps passé, doit certainement nous confondre , mais non nous décourager. Quoi que nous fassions , quoi que nous souffrions , et quelle que soit notre régularité , nous ne devons pas en avoir de l'amour-propre. Que sommes-nous en comparaison de ces hommes excellens et consommés ? quelle est notre humilité , .notre patience , notre obéisssnce , notre vertu en comparaison de la leur? Le grand saint Macaire d'Egypte disait avec confusion , après avoir vu quelques solitaires d'une vertu extraordinaire : Je ne suis pas Religieux, mais j'en ai vu qui l'étaient véritablement (1).
Saint Antoine , après avoir vu saint Paul , premier hermite , dit , en se frapp wt la poitrine , à deux de ses Frères qui lui demandaient d'où il venait : Malheur à moi misérable pécheur , qui porte indignement le nom de Religieux (2) ! Saint Barlaam , après avoir dit au prince Josaphat ce qu'étaient les Religieux de son temps, ajoute (3) : Voilà la vie et les vertus des hommes saints et admirables que nous , tout indignes et tout misérables que nous sommes , tâchons d'imiter ; mais il y a bien de la distance entre eux et nous : nous sommes loin d'arriver à leur degré de vertu et à la perfection de leur vie céleste. Cependant nous nous efforçons de les suivre , selon la
dacate atque bibite et doriuite, dammodo in eis jugiler perduretis. Collât, 7, cap. 23.
(1) Ego monachus non sum , sed yidi monaclios. Spec, cxempl, f tom, 1. de 2. exempU 195.
(2) Vas mihi pcccalori , qui falsum monacbi nomen fcro. Hier, in vita Pauli.
(3) Cap. 12. cit.
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portée de notre faiblesse , qaoique de loin. Nous portons bien le même habit qu^eui , mais nous ne faisons pas leurs œuvres.
Nous pouYons sans doute dire avec beaucoup plus de raison que ces grands Saints , chacun dans son Ordre : Que je jette les yeux sur leur exactitude à garder la règle , sur leur fidélité à accomplir leurs vœux y sur leur simplicité , leur innocence , leur dévotion , leur charité ^ leur zèle pour la gloire de Dieu et le salut du prochain, sur leur mortification et leurs autres vertus ; je ne suis pas Religieux, je n'en suis que l'ombre , et je ne mérite pas d'en porter le nom ni l'habit.
Fils de r Homme » dit Dieu au prophète Ezéchid , montre le Temple à la maison d* Israël , et quHU soient confondus de leurs iniquités ; qu'ils mesurent eux-^némes sa structure , et qu*ils rougissent de ce qu'ils ont /atl(l). Dieu nous fait comprendre par là , dit saint Grégoire (2), la honte et la confusion que nous devons concevoir eu comparant notre vie avec celle des Saints, et j'ajoute, nos actions avec les œuvres de ceux qui nous ont précédés : Dieu veut que nous regardions le Temple , c'est-àdire Tordre auquel il nous a appelés ; que nous mesurions sa grandeur , sa lai^ur et sa hauteur ; que nous considérions avec étonnement la beauté de son architecture , 1 ordre et l'élégance de ses colonnes , ses riches peintures , ses vases , ses ornemens précieux d'or et d'argent , c'est-à-dire la sainteté et la perfection un Temple mystérieux de la Religion , la solide vertu de la première pierre de ce noble bâtiment ; que nous soyons honteux
(1) Fili hominis , oslende domui Israël (eroplum , ut coofuiulaotiir ab iniquiialibus suis et metianlur fabricam : et erubescant ex omnibus quae fecerunt. Cap. 43, 10 et 11.
(2) Lib. 23. Moral., c.ip. 6.
d^avoir d^néré de la vertu de uos prédécesseurs, et d avoir souillé, profané et comme ruiné le saint lieu par notre lâcheté et nos vices. Il veut que, par un véritable changement de vie , nous réparions le mal que nous avons fait, nous rendions à la Religion sa beauté première, que nous imitions le plus que nous pourrons la vertu de nos premiers Pères : nous devons donc nous efforcer d*empècher que l'Ordre dont nous avons Thonneur d'être les membres ne se relâche de nos jours , et ne périsse par notre faute.
nW DU SECOND ET DERNIER VOLUME.
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