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L'homme sauvage

Le 10 avril 1870, épuisé par une longue et cruelle maladie, M. F. de Lanove mourait, à un âge encore peu avancé. Noirs l’avions, quelques mois auparavant, arraché à Paris et à ses occupations, et c’est dans le Midi, au milieu des siens, inerte de corps, mais en pleine possession de toute son intelligence, Wil s’est éteint.

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Il avait laissé sur sa table de travail un volume terminé qu’il se préparait à donner à l’impression. Cet ouvrage, dont les événements qui se sont déroulés depuis lors ont retardé la publication, est celui que nous présentons en ce moment au public : le dernier qui sera sorti de sa plume et qui paraîtra signé de son nom.

Ce n’est pas sans une profonde émotion, on doit le penser, que nous venons de lire les épreuves de ce livre ; mais ce n’est pas non plus, qu’il nous soit permis de le dire, sans un sentiment respectueux d’orgueil filial que nous avons retrouvé dans ces pages le même puissant intérêt que dans celles qui les ont précédées, et comme une nouvelle affirmation des fortes croyances que nous connaissions si bien et des convictions que nous savions si loyales et si ardentes. Les lecteurs de l’Inde contemporaine , du Niger , des Voyages dans les glaces , de la Sibérie , des Grandes scènes de la nature , de Ramsès le Grand , du Nil, etc., et ceux qui auront su découvrir dans les dix premières années du Tour du monde et disséminée dans chaque volume la

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marque si sincèrement modeste èt pourtant si personnelle de M. F. de Lanoye nous comprendront, nous en avons la certitude.

Dans la pensée de son auteur, ï Homme sauvage n’était que le premier chapitre, la préface en quelque sorte d’un travail considérable dont il avait laborieusement rassemblé les éléments et dont il avait arrêté le plan dans son ensemble et dans ses détails. 11 se proposait d’étudier la grande famille humaine depuis sa naissance dans tous ses développements jusqu’à nos jours, en groupant, pour les temps antiques, l’histoire des civilisations disparues autour de celle des grandes individualités dont le nom domine une époque et la résume à travers les traditions et les âges. On le voit, il s’agissait d’une véritable Histoire philosophique de l’humanité, et Ramsès le Grand , ou l'Egypte il y a 5500 ans en était un chapitre détaché, mis à la portée des gens du monde, et publié avant l’heure.

La mort est venue arrêter l’exécution de ce grand ouvrage, et M. F. de Lanoye n’aura pas eu la consolation suprême de laisser derrière lui l’œuvre qu’il avait particulièremenl

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préparée et méditée, celle qui eût été pour lui la récompense de toute une vie consacrée au travail et à l’étude.

L’Homme sauvage paraît — est-il besoin de le dire ? — absolument tel que M. F. de Lanoye l’a laissé. Il lui manque donc peut-être ces dernières retouches, importantes pour un auteur, que nous ne pouvions penser à lui donner. Cependant nous croyons savoir qu’il ne devait pas subir de modification importante.

• M. Émile Bayard, dont l’affection pour M. F. deLanoyenousétaitconnue, s’est chargé, à notre demande, des illustrations de ce petit volume. Il s’est acquitté de ce soin avec un goût et un talent qui n’étonneront personne, mais avec un empressement dont nous som mes heureux de pouvoir le remercier ici.

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