‹ L'Homme selon la science et la foiChapitre 13 sur 31 · Actes des Apôtres, ch. xi · texte numérisé non relu

Actes des Apôtres, ch. xi

printanier sur la première génération de ce siècle. Ne les trahissons pas, à la veille du triomphe et sous le coup de ces épreuves suprêmes, où la victoire paraît indécise et la bataille perdue. Si des imprudents trop audacieux, mal inspirés ou mal armés, sont tombés et ont péri, profitons de leur chute; mais ne reculons point, par peur, jusqu'à l'arrièregarde. Ce ne sont pas les troupes du centre ni les traînards qui manquent à l'armée catholique, ce sont les éclaireurs.

Qu'ils se montrent donc!

A eux de prouver, par une invincible attitude et une doctrine retrempée dans la science, qu'ils ne se trompaient pas, ces chrétiens qui, se sentant déjà citoyens des temps à venir, ont aimé avec une sainte passion leur pays et l'Église, la science et la Foi, la liberté et l'autorité, l'homme et Dieu, et qui sont morts sans voir se réaliser leurs rêves! A eux de démontrer qu'il avait bien prophétisé, ce clairvoyant esprit, Joseph de Maistre, qui a osé

écrire : « Il me semble que tout vrai philosophe doit opter entre ces deux hypothèses : ou qu'il va se former une nouvelle religion, ou que le christianisme sera rajeuni^de quelque manière extraordinaire l. »

C'est à cette œuvre religieuse et si urgente que nous avons consacré notre parole et notre vie. C'est dans cette légion de la grande armée catholique que nous voudrions servir la cause de Dieu et voir s'enrôler la jeunesse. L'œuvre est difficile : nous connaissons sa gravité et ses périls : elle demande plus que l'audace de tout oser, elle exige la prudence qui sait se contenir. Si modeste que soit notre concours, nous l'apportons quand même. Il peut être d'un bon exemple; et d'ailleurs, le soldat de Dieu s'honore moins par la grandeur des services que par la fidélité et la plénitude du dévouement.

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