‹ L'Homme selon la science et la foiChapitre 12 sur 31 · I/I.SI'IUT ET LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

I/I.SI'IUT ET LA MÉTHODE

accueil auprès de tant d'âmes restées fermes et croyantes, en un monde sceptique et décrépit. De telles âmes sont la joie d'un âge attristé, l'honneur des races menacées de déchoir', l'espérance de tous les avenirs. Là où elles existent, rien n'est perdu. Or, grâce à Dieu, elles existent nombreuses dans notre pays'; mais souvent troublées dans leur foi, anxieuses du lendemain, accablées par le sentiment de leur impuissance, et surtout de leur isolement. Presque personne pour les rallier autour du drapeau de la conquête, pour leur montrer, sous un jour nouveau, la terre promise. Si elles se contentaient de regarder en arrière, peut-être, apaisées, trouveraient-elles des maîtres empressés pour les conduire. Mais non : une force intime les pousse en avant. Et qui donc oserait les en blâmer? Est-ce que des cirants reculent jamais? Quiconque ne reconnaît pas les indigences et les besoins du présent, celui-là est aveugle ou n'est pas sincère. Quiconque, les ayant reconnus, en prend son parti, sans aspirer plus haut et chercher le re-

mède, celui-là est un pusillanime, oserai-je dire? un lâche; à coup sûr il n'a pas l'âme d'un apôtre. Non! l'œuvre du Médiateur n'est pas achevée sur terre! Non! l'Église n'est pas un édifice croulant dont il faut nous contenter de réparer les ruines, ni la croix un arbre déraciné ou desséché sur place dont nous n'avons qu'à nous distribuer et à garder pieusement les reliques. Il y a plus que des restaurations à préparer; il y a des progrès à tenter. Nous n'avons pas vu tout ce qui doit être. Le sang n'est pas tari dans les veines de l'humanité; et ces chrétiens survivants ne sont point des vieillards réduits à marcher, d'un pas timide, dans les sentiers où s'ébattait leur jeunesse.

Quand les vieux soleils s'éteignent, d'autres se rallument. Les temps ne peuvent être éloignés, où cette patrie française, qui semble à l'agonie, cette race latine, qu'on dit épuisée, ce catholicisme, qu'on croit fini, vont voir des cieux nouveaux et une terre nouvelle. L'heure est au chaos, nous le savons ; mais si trop de

ruines se consomment, les éléments fermentent et l'Esprit divin vivant dans l'Église tressaille en eux. Tant pis pour ceux qui désespèrent! N'ayant pas foi à ce qui vient, ils ne méritent ni de le voir, ni de survivre à cet âge vieilli. Tant pis pour les obstinés qui, ne voulant point renoncer aux formes que la vie a usées, opposent à l'Esprit la faible barrière de leur ténèbres et de leur entêtement. Que sont-ils pour empêcher Dieu1? Ils seront emportés par le torrent des événements de Dieu; ils disparaîtront, et ce sera justice, avec ce que la Providence a condamné. Que les élus, pleins d'espérance en l'inépuisable vitalité de l'Esprit d'en haut, ne défaillent point; qu'ils attendent debout et qu'iis veillent. L'heure de la lumière va venir après les longues nuits, et nous allons voir luire enfin le premier jour d'une ère nouvelle.

Ce sera, alors, le règne des aspirations généreuses qui ont passé comme un souffle

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