SCÈNE X
EDWIN , JOHN GOOD , vêtu en vert.
Qui va là ?
EDWIIN.
Un mot , et parlons bas.
JOHN GOOD , à part.
Sir Edwin.
EDWlN.
Approclie ici et écoute-moi : je ne suis pas dupe de ta prétendue diablerie. . . Tu sens bien que l'Homme vert ne peut pas m'cffrayer ! . . . Tu es \in maraud qui abuse de la crédulité de ces bons montagnards. . . Tu fais Ion métier, et je te passe toutes tes fourberies , parce qu'elles peuvent Xn'étre uliies.
JOHN GOOD , a part.
Je le vois venir.
1 DWIK.
Ton métier est de tromper les hommes ; le mien. . . .
JOHN GOODé
"Est de tromper les femmes.
Je suis amoureux pour la vie.
JOHN GOOD
Oui , pour une quinzaine de jours.
EDWIN
D'une petite paysanne.
JOHN GOOO.
La jeune Fanny.
EDWIN
C'est cela.
JOHN GOOD
On la marie demain.
EDWIN
A un sot.
JOHN GOOD
Et vous voulez prendre sa pla^e*
EDWIN
Fi donc ! . . . Une paysanne ! on ne l'épouse pas.
JOHN GOOD
Mais on l'enlève.
EDWIN
Précisément.
JOHN GOOD
Vous comptez sur mes services ?
EDWIN
Qui seront bien payés.
JOHN Goon.
Yous voulez que je profite de l'influence que me donne ma grande réputation , pour décider la jeuue personne à ▼ous suivre?
EnwiN.
Tu entends les choses à ravir.
VHomme vert. Q
JOH.V GOOI>.
La récompense?
IDWIPf.
Cent guinées. i^
JOHN GOOD
C'est beaucoup .. . Le gage? •
iJDWIiV.
Ma parole.
JOHN GOOD
C'est bien peu.
EDAVIN.
Comment coquin !
JOHN GOOD
Si vous me donniez un petit engagement sur votj:e châ^ tcau de ïa}lor.
liDwiN , très-surpris.
De Taylor \
JOHN GOOD
Mais non , vos créanciers se le disputent, et depuis voire retour des îles , vous n'y avez pas paru.
Mon retour des îles. .. Le fripon est plus instruit que je ne croyais.
JOHN OOD.
Ah! çà , Sîr Taylor, j'ai eu la complaisance d'ententfrc votre projet , vous aurez Ja bonté d'écouler le mien cl de vous y soumettre
EDWIN
Quel ton singulier !
JOHN GOOD
La jeune Fanny m'occupe aussi.
EDWIN
Ab ! ail ! mon drôle !
JOHN GOOD
Son mariage avec l'Alderm^aun ne se fera pas , j'ai d'autre
Tues sur elle.
EDWIN
D'autres vues! ihpart. )' J'entends , le coquin veut que je double la somme, (haut.) Sois tranquille, nous nous entendi'ons.
JOHN GOOD
Mais il faudrait se dépêcher.
Ma cliaise de poste est dans le •villlage. . . . Toi, lu te «harges de décider la petite.
JOHN GOOD
C'est l'affaire d'un instant ; mais je n'ai plus qu'une crainte. EDWiN , riant.
Celle de la justice. . . Il est certain que tu fais un métier qui te mène droit à la potence : mais je te protège . . . • ainsi . . .
JOHN GOOD
J'entends , j'irai un peu plus vile.
EDWIN
Mais ce coquin est d'une insolence. . .
JOHN GOOD
Comment , vous oubliez donc aussi que tous les constables du royaume portent sur. eux votre signalement; que vous êtes poursuivi... . *
EDveiN , confondu.
Par un créancier unique.. . C'est vrai ; comment sait-il...
JOHN GOOD , rimitant.
Vous faites un métier qui peut vous mener loin... Mal* ^e pourrai vous proléger.
EDAVIIV.
Quel diable d'homme es-tu donc ?
JOHN Goon.
L'Homme vert , et rien de plus.
EDwm
Je m'y perds, en honneur , cl ne puis concevoir
( Avec étourderie. ^ Mais , que m'importe après tout , je ne vetix songer qu'à ma charmante Fanny-, sa chambre esl !à.
Je le sais.
Mon postillon. . .
Dans la petite cour.
(ao)
JOHN GOOS.
EBWIN.
JOHN GOOD
EDwm , riant.
Il sait tout. . . Je cours au bout du village, clie* un vieux juif, qui nie~ prêtera l'argent nécessaire. ConTenons d'un signal : trois coups dans la main , quand la chaise de poste sera en bas.
JOHN GOOO.
Trois coups dans la main.
EDWIN
Tu es un homme charmant. Mais garde-toi de meiroBùper, ou, morbleu! les sortilèges ne te garantiraient pas contre ma colère.
Air : Tu pas changer de costume.
Je pars de suite et reviens à l'instant Voir l'efl'et de ton stratagème ; Mais songe bien , mon clier,enmeser\ant , Que tu te servira» toi-même.
81 de mon plan , par ton heureux effort, • J'obtiens ici la réussite ,
J'aurai Fanny , toi les cent pièces d'or...
JOHN GOOD
Chacun aura ce qu'il mérite.
EDWIN
Je pars de suite , etc.
JONH GOOD.
Ensemble. \ P;irteï de suite et rentres à l'instant Voir l'eB'ct de mon stratagème ; Jesais fort bien , monsieur, qu'en vous servant, Je saurai me servir moi-même.
(^Edwîn sorf.)