SUR
HAHIVEMAIVIV,
FQNDA.TJBUR
DE LA MÉDECINE HOM OEOPATfilQUQ (i).
Hahuemann » né à Meissen , petite ville de la Saxe ^ en 1755, se distingua dès son enfance par une grande aptitude au travail, et par l'esprit solide et judicieux ^u'il porta dans ses premières études. En i77Sil se rendit à l'université de Leipsig, avec ao ducas dans sa pochç)^ pour y suivre les cours de médecine , et il cherchai à augmenter ses faibles ressources , en traduisant de Van*glais plusieurs ouvrages médicaux. Après deux années de travaux , il alla à Vienne, afin d'jr suivre les hôpitaux 9 et sut si bien mériter la confiance et Tamitié du médecin directeur de l'hôpital de Léopold, le docteur* de Quarin ^ que celui-ci se faisait souvent remplacer^ par le jeune Hahnemann auprès de ses malades.
(i) Ce précis historîqae est extrait de la BiMiothèquô horncôO'^ paêhique, t^Sa, imprimée à Geaè?e. . .
Le manque d'argent le força cependant bientôt à quitter Vienne, et il alla passer deux ans à Hermanstadt , où il fut attache comme .médecin et comme bibliothécaire à la maison du gouverneur de la Transilvanie*
Au bout de ce temps il se rendit à l'université d'Erlangen , dans Pintention d'y prendre le grade de docteur, e^il y, soiuttnt publiquement une thèse intitulée : Consj^idus aj^actuum spamiodicorian œtiologicus et therapeuticus . Revenu en Saxe , il changea plusieurs foi^de séjour jusqu'en 1789, qu'il se fixa à Leipsig. 11 est k remarquer que pendant tout cet espace de temps , il «e livra principalement à des études d^ chimie et de minéralogie. Convaincu qu'il était de l'imperfection de la médecine ordinaire, dégoûté de ses contradictions sans nombre , du vide de ses théories , de Taveugle empirisme de sa pratique , il renonça presque entièrement à exercer la profession qui devaS être son gagne -pain , aimant mieux vivre pauvre que transiger avec sa cons-r cience.
Il publia un grand nombre de traductions déFanglais, du français et de l'italien , et beaucoup d'articles de médçcine et dç chimie dans les journaux scientifiques de l'Allemagne. Ce qui est resté de ces premiers travaux ^ et ce qui avait contribué déjà à lui faire un nom avant U découverte des faits homœopathïques,, ce sont principalement : ses recherchés sur ^empoisonnement par l'arsenic , et les preuves judiciaires pour lé constater , et le mode de préparation du mercure sollible qui a conservéson noin. L'ensemble de ces travauxprouve que, si Hahnemann avait alors renoncé à la pratique de son art , il n'avait point abandonné pour cela ses études médicales; mais la direction tout expérimentale qu'il leur donna, fait voir que, dès-lors, il n'entrevoyait
de salât pour la taédecine , que dan^ ua examen plus attentif ies faits. Déjà à cette époque ou roit uaitre chez lui cette idée , devenue plus tard si féconde , que la^ première condition d'un emploi sûr des subistances médicales ^ c'est l'étude approfondie de leurs effets vrais sur l'organisration humaine , et qiiela seule manière d'ob-i server ces effets d'une manière concluante » c'est de leâ suivi^e attentivement chez l'homme sain » et non chez le malade , où mille influences perturbatrices inapprécia*^ blés contribuent à les dénaturer. .
Dans l'année 1 790 , en traduisant la Matière médi^ Cille de Cullerij Hahnemann fut si méccKQtent des hy*^ pothèses gratuites par lesquelles on tentait d'expliquet là ipaissance fébrifuge du quinquina, , qu'il résolut d'é^ claircir enfin cette question, en faisant sur lui quelques essais avec cette substance. Ce fut alors qu'il décôu-; vrit avec étonuement le premier fait , qui donna nais*^ sance plus tard à la doctrine homœopathique. 11 obser-»* va que le quinquina , par som action propre , produisait chez l'homme sain une fièvre intermittente très analogue à celle que ce médicament guérit le mieux, et qu'en outre il faisait naître une foule d'autres symptômes, très variés dont il n'avait jamais été question dans les matières médicales. Frappé de cette observation , Hahnemann se demanda si la propriété fébrifuge da quinquina ne viendrait pas précisément de cette fiaculté de produire chez l'individu sain une affection toute semblable, et si ce fait, une fois bien avéré, ne se répéterait pas pour d'autres substances capables aussi 'de dévelop^per des maladies. L'expérience seule pouvait en déci*der : il n'hésita pas à l'interroger , avec un zèle et une patience que la perspective d'un grand but à atteindre pouvait seule soutenir à un si haut degré.
• La premiàm ckosè àiairç était dvideniment d'élôdier
avec le plus grand soiù sur rindividu sain les symptômes
propres à cbaqœ substance qu'on emploierait plus tard
k guérir. Hahnemann commença dans ce but une série
d'expériences sur lui-même et sur quelques amis dispo*
ses à coopérer k ses travaux. Rien ne lui coûta pour àrri'<^.
Tekr à ses fins : privations de tout genre, régime sévère
pendant les essais ^ souffrances journalières , et sou-.
vent très pénibles , causées par l'ingestion répétée de
petites doses des poisons les plus actifs , il se soumit à
tobtpendànt dés. années entienres pour arriver à la con-
naissancB de cette lot qu'il cherchait avec tant d'ardehr.
Xi6s découvertes curieuses qui furent lu 5inte dé Msr
travaux opiniâtres y le, récompensèrent, il est vrai , riche^
BMnt. Il reconnut avec évidence à quel incroyable de^
gré d'imperfection se trouvait encore Fétude des pro^
priétés pathdgénétiques des médicamens. Tout était k
créer dans celte branche de la science. On ne connais*'
sait des principaux agens médicaux que les sjmp^
tomes les plus salUansi ; et sans même s'embarrasser
de rechercher si . ces effets tumultueux appartenaient
réellement à l'action directe de chaque substance , ou
s'ils n étaient pas plutpt causés par une réaction vio^
}entede l'organisme, s'efforçantde rejeter au dehors la
force ennemie qui l'attaquait , on avait classé les agens
4hérapeutiques suivant ces symptômes saillans , en vomi*
tifs ^ purgatifs^ sudorifiques y diurétiques , etc. Tout ce
vain échanfaudàge s'écroula devant les observations
4népétéea et fidèles deHahncmann. Il étudia chaqiie sub«
«tance jusqne dans les moindres nuances de ses effets y
'toujours sur l'homme sain, et il vit que ces nuances
seulcs.peuventservir, dans bien des cas, à caraoté*
riser l'action ^s médicamens , dont les symptôme^
tiolens* se: ressemblent presque tons pins ouMuoit^;
Tout en se livrant à ce travail labacieàr qôi devait fauTûir les matériaux d'uac matière médicale, Hahaemanu , ramené à la pratique par le désir d'explorer la iroie nouvelle qui s'ouvrait devant lui, répéta avec d'ail»- . très substances le fait si curieux qu'il avait observé dan» le mode d'action du quinquina. Il s^àssura d'abord que le principe homoeopathique se vérifiait également pour les divers médicamens , dbtiogujés jusqu'alors par l'épU tbète de spécifiques : que le mercure ne guâri$sait la syphilis que parce qu'il développait éas âyinplôméb mitlogaesà ceux de cette maladie c^z là personnesaine qui en prjenait ; que le. soufre ne guérissait la gale qu'à cause de la propriété dont il jouit de produire dès éruptions cutanées analogues à cellea de cette affeetîoa contagieuse , etc. ^
€e ne fut d'abord qu'avec* la plus grande circonspect tion que Hahnemann tenta sur ses malade^ l'applicar tion du principe nouveau qu^il avait découvert : Il eir sayade combattre les symptômes des maladies , en leur substituant en quelque sorte l'action de celle des substances déjà éprouvées qui offrait avec eux le plus d'âr isalogie. Le succès courpunases premières t.€tniati^eSî>' il obtint des guérisons tout à la foîspjus sures, plus ^complètes et plus faciles. L'évidence de mille faits répé- . tés , et d^ns lesquds le principe se vérifiait toujours » le conduisit enfin à proclamer dans toute sa géujéralite la loi homœopatbique.
Cependant l'expériei^ce pratique amena bientôt Hahe^ mann à une découverte nouinelle.et très importanite r^lativeoient au mode .d'action des .mé4icamqn$. Qu conçoit que la nature même de la méthode bpmosopar tbique, qui entraine nécessairement une ^ugmênltilûon
(i6) iHOlneiitanée des symptômes morbides , devait imposer
la plus grande réserve dans la dose du remède à addiinistlret ; aussi Hahnemànn commeziça-t-il tout d' abord par réduire de beaucoup les doses usitées dans la médch* cine ordinaire. Il resta cependant , à son début, bi^i au-dessous de ces atténuations presque infinitésimalesi . dqnt Taction a été et est encore l'objet de tant de doutes. Il commença par des fractions de grain , telles à peu près qu'on les emploie pour les remèdes les plus actifs, l'arsenic, la noix vomique , la mdrphiiie, etd. Le besoin d'uôe exactitude rigoureuse dans l'appréoiar tion de quantités aussi exiguës , lui suggéra des prt^ér dé^ particuliers pour fractionner les doses; il imagina de mélanger les sucs actifs des plantés dans des'j^rppoi^tiobs déterminées avec l'alcohol , qui leur sertdepriiiucipe conservateur , ou les substances sèches pulvérisées:^ avec le sucre de lait en poudre , matière éminemment neutre et propre à servir d'excipient. Ainsi une goutte de sucde plante , mélangée intimement avec 99 gouttes d'alcohol, donnait une préparation dont chaque goutte contenait un centième de goutte du médicament. Une de ces gouttes mélangée de nouveau avec 99 gouttes d'alcohol, portait la division jusqu'au dix-millième, et ainsi de suite. Il en était de même des substances en poudre broyées très intimement avec les mêmes quantités proportionnelles de sucre de lait , en prenant le grain pour uni té:
Or ce mode de préparation conduisit Hahnemànn à cette singulière observation , que l'acte de broyer les substances , ou de secouer les liquides qu'il mélangeait , développait , à un haut degré , Ténargie de leurs propriétés pathogénétiques, et ce. ne fut que guidé par Texpérience , seul oracle auquel il eût foi , que HahuCi-
( '7 ) mann arriva , par des réduciio&s successives ^ aux doses infinitésimales qu'il prescrit aujourd'hui. 11 observa des effets pernicieux produits, dans beaucoup de cas, par dés atténuations trop peu élevées , suivant la nature de la maladie ou la disposition particulière du malade. L'exacerbation causée par la substance homœopathique, était souvent trop forte ^ et pouvait être dangereuse; dans tous les cas, elle tourmentait inutilement le malade , puisque-, avec une atténuation plus élevée, Teffet salutaire était également produit et presque d'une manière insensible^ Ces dosés infiniment petites , sur lesquelles on a tant plaisanté ^ parce que la plaisanterie était singulièrement facile^ sont donc un résultat de l'expérience , et d'une expérience prolongée. La réalité de leur action a été reconnue de tous ceux qui ont bien voulu prendre la peine de vérifier le fait, et le nombre eu est grand à l'époque actuelle , car il y a des médecins bomœopalhes dans presque tous les pays.
Ce fut à Georgetithal , dans un hospice d^alténés, fonde par le duc Ernest de Gotha, que Hahnemann obtint les premiers succès qui firent quelque sensation dans le public; il y guérit , entre autres , un homme de lettrés nomn\é Klockenbring , auquel une épigrammo de Kotzebue avait fait perdre la raison. 11 pratiqua ensuite à Brunswick, en 1 794 » et à Kœnigslutter, où ses succès devinrenf; si décisifs , si brillans , qu'il vit dès lors commencer contre lui l^s persécutions dont il a eu à souffrir pendant si long-temps. La jalousie de quelque» confrères , peu dignes assurément du nom de ipédecins ^ et les intérêts, des pharmaciens mena^cés par le succès de la nouvelle doctrine, s'élevièrent contre l'aiidacieux rfr formateur, etluisuiscitèrent mille obstacle^. Il ; avait , en effet, de quoi faire trembler la pharmacie dans
(-»8) rapparîtiou d'une mélhode qui d'aniloitçait comme irai-" tant les malades avee des millièmes de grain de médi'camens.
Il est évident que Hafanemann , surtOut,à son débat } ne pouvait s'en rapporter qu'à lui-même pour le choix et ]âi préparation des substances qu'il employait^ nécessité qui résulta de la nature même de la médication homœo* pathique. On en appela contre lui à d'anciens réglemens non abrogés , qui défendaient aux médecins de donner eux-mêmes les médicamens , et qui assuraient aux pharmaciens un monopole exclusif à cet égard. Eu consë^' quence , Hahilemann se vit obligé de quitter le pays , ne voulant pas consentir à confier la préparation de ses instrumens de guérison aux mains d'adversaires iutérès-* ses à traverser ses succès. Il se retira donc d^abord à Hambourg , ensuite à Eislembourg et à Torgau , où iJ continua ses travaux.
Beaucoup plus désireux de faire tourner au profit de la science et àé l'hutnaiiite la belle découverte due à sa persévérance , que de la faire servir à ses intérêts pécuniaires, Hahnemann ne songea point à en conserver le secret , ce qui lui éât été très facile. Dèsqu'il se fut assuré de la réalité des faits, il publia ses observations dans plusieurs articles du journal de Hufeland, où il rapporta aussi quelques-^nes des guérirons obtenues par la nouvelle méthode « Il ne se laissa pas décourager par les attaques violentes^qui surgirent alors de toutes parts contre Itii. Assuré désormais de la bonté de sa cause, il répondît à ^s adversaires avec cette chaleur qui est Teffet d'une conviction profonde ^ et cette indignation de l'homme d'honneur qui repousse des imputations calomnieuses ^Ge fut ss^ns doute untnalheurpourl'htNOKBoi>athie elle-même , que le ton d'extrême acritbopie qui a
( »9) régné peudaût si .long- temps dans la polcmî^ae de Hahnemann et de ses adversaires ; mais oa ne saurait ^ oertes, en faire Un reproche au premier. Il a dû proppriionnerla vigueur de la défense à la violence de l'attaque. . .
Dans l'année 1 800 , une épidémie meurtrière de scarlatine , qui javagea une partie de TAUemagne , devint pour Hahn€inann roccasion. d'une nouvelle découverte aussi curieuse qu'importante. Appliquant au traitement de cette maladie le principe homœôpathiqué , il trouva d'abord dans la belladone un remède. spécifique pour la combattre. La belladone , en effet , dans son action puissante sur l'organisme , produit des éruptions de plaques d'un rouge foncée accompagnées des principaux symp-* tomes morbides qui caractérisent la scarlatine. Mais après avoir trouvé le remède efficace , JSahnemanri se demanda si cette même analogie d'action ne le rendrait point propre à préserver aussi de la contagion, par une infiu^ic» semblable à celle de la vaccine à Tégard de la petite vérole. Le parallèle , en effet , s'offrait tout naturellement à l'esprit. Aucun fait homœopatbique n'est plus singulier , plus surprenant , moins explicable que l'action préservative > prolongée pendant toute la vie d'un homme , d'une quantité inappréciable en poids de virus-vaccin ; et pourtant ce fait , si fort contesté dans l'origuie^ est maintenant reconnu comme indubitable. Hahnemaisin entrevit , dans ce fait isolé , une loi génécale qu'il était réservé à l'homœopathie de proclamer comme telle. Comnke£it le vinis^vaccin met^il l'organisme à l'abri de la contagion de la petite vérole^ $i ce n'est en ][ substituant d'avance une acilon très analogue , et propre par cela même à exclure (outé influence de même nature ? Or, pourquoi le médicament homœopathique et
spécifique d'uue maladie cotitagiease, s'il était pris à l'^aVâBce, ne préserverait41 pas de cette metne maladie par un procédé tout semblable? Hahnemann essaya donc de faire prendre à un grand nombi'e d^enfans de très petites doses de belladone , qu'il répétait tous les six ou sept jours pour les préserver de la scarlatine. L'expérience vérifia complètement ses conjectures, et la vertu préservative de cette substance contre la fièvre rouge, niée d'abord et rejctéé comme une vaine hypothèse , a été constatée dès lors ,'dans des milliers de cas^ par des médecins de toutes lesopînions et de tous lesp^ys.
Hahnemann a encore trouvé beaucoup d'autres préservatifs très importans , la camomille prévient les accidefns qui suivent une violente colère , V aconit x^vlj^ qui pourraient résulter de la peur , la pulsatille préserve de la rougeole ; \^ cuivre et ï ellébore blanc , du cho-^ léra, etc. Bien entendu que ces remèdes doivent toujours être administrés aux doses homœôpathiques, et préparés comme Hahnemann l'indique; le régime est aussi in^ dispensable pendant qu'on en fait usage«
Cependant des observations répétées , et l'exercice pratique du nouveau principe médical pendant plusieurs années , avaient produit une masse de faits suffi* sans pQur pei:mettre de s'élever à une théorie plus complète. Hahnemann y travailla pendant quatre années , et en 1810 il fit paraître son Organon de l'art de guérir^ où la doctrine homœopathique se trouve exposée avec détail. Cet ouvrage , marqué au sceau du génie, qui a été depuis revu plusieurs fois et fort aug» mente , en est maintenant à sa cinquième édition ; il a ^ été traduit en français et en italien. . ^
Revenu à Leipzig en j8i i , dans le but d'y pratique;: et d'y enseigner l'homœopathie > Hahnemann défendit
publïqueitKmt une- thèse intitulée :' de Helleborismc^ veterum. L'influence gue ses doctrines commencèrent dès lors à exercer , réreillèrent de nouveau contre lui la jalousie et la haine. Le» calomnies les pins contradictoires furent répandues sur son compte. On raccusait tantôt de ne donner à ses malades que des substances complètement inertes, en Jàissant croire qu'elles étaient douées de toutes sortes de vertus , tantôt de mettre dans" tous ses reâfièdes de l'arsenic et d^autres poisons très violens. On l-ui reprochait du charlatanisme, tandis qu'il avait loyalement exposé au publie les fruits de ses pénibles recherches, et rendu compte d'une manière toute scientifique de sa mét*hode et de ses procédés. Mais , en dépit de l'opposition la plus violente , ses enseiguemens trouvaient des disciples et les malades affluaietit autour de lui^ Chose très remarquable , c'est en guérissant plusieurs médecins de maladies contre lesquelles les méthodes anciennes les avaient laisses sans secours, <}u'il se fit les disciples à la fois les plus chauds et les plus éclairés; Ce fut ainsi qu'il sauva d'une maladie de poitrine le docteur !Necher, médecin distingué ^ qui ^ plus tard, porta et répandit 'à !Naples les doctTiùeis bomœopathiques. Il rétablit aussi les docteurs Aegidl et Petersen.
En i8ii-, aidé de quelques amis et de plusieurs de ses disciples les plus zélés , Hahnemânn commença la publication de sa matière médicale pure , dont six volumes ont paru depuis successivement , et ont déjà reçu les honneurs d'une deuxième édition. Cet important ouvrage forme maintenant le riche arsenal où les homéopathes vont chercher des armes contre toutes les maladies connues. Près de quatre^vingt mille observalions de symptômes , variés à l'infini , laissent bien ra-
remetit le médecin hotaœopaihe dans remJ>Ajrra3 » lorsqu'il s'agit de trouver les analogues d'une affecûoa quelconque. Celte riche$se y cependant » s'accroît chaque )Our, et il serait diffîeile d'assignerv, so«is ce rapport ^ des limites aux développemens futurs de ThomoeK^athic^
Gep.endant, jusque ver« l'année 1 8 1'6, la méthode homœopathîque n'avait obtenu de succès bieii décidés que dan$ son application aux maladies aiguës. La classe des afiections chroniques» ^i nombfeu&e et si rebelle ^ux trâitemens ordinaires , avait préseaié à l'homœopathie même des dilBcuUés inattendues. Convaincu, par sa longue expérience , de la généralité du principe de sa doctrine , Hahnemanu vit dans ces obstacles même , Tindice d'un problème non résolu encore sur la nature des maladies chroniques. Il appliqua à la recherche de ce problème tout son talent d^observa**tion et son infatigable ardeur de travail , et c'est ainsi qu'il fut amené y après plusieurs années , à établir le principe de la nature miasmatique des afiections chro*^ niques , et à découvrir les substances propres à lès comba ttre efficacement .
Ce ne fut qu'après dou%e années, d'expériences et d'observations » que Hahnemaun publia les fruits de ses nouvelles et précieuses recherches , dans $on ouvrage sur les maladies chroniques » imprimé en i8a8 (t).
Cependant» en 1820» de nQuvelles persécutions» suscitées principalement parles pharmaciens de Leip-
(i) Le» maladies chronîques, leur natare propre et leur traitemeothomœopaihi^ue, par Jamue^ Hahnemannj (raductîon française par Jourdan, 1 832.
^îg V iorç^çetit ^çore H^baQiûaaa à quitter ceJLte tIUç. Mais cet|e fo^fi, |e duc réganut d'^uha^'^oethea , Fer* dinand , ofirrt i Til^lùstre proscrit uu asile assuré dai^ ^a midi^i^qf y et l'accueUUl avec toute sorte de dislîmc* tion, Dè^lors il a. toujours résidé à Coetherii où il s'est YOtté eD^^îèrepfiç^ut è^ la pratique éte^dup que sa célébrité l|ii 4 proqu^éç ^ |)t à. l'aphèT^JaQ^^i^t àes travaux de toute $4 y\^. Àujour(jt'httii cette yilleest !<& irendez-vous de touslc^ m$i]£^dç& qui^ n'ayant trouvé aiicuu secours dans la mé-*deciue ordinaire, et ne ÇQnnai^^nt point à prQxiçiilé de disciples de ^oA/iema/in, n'hésitent point à franchir Tespace qui les sépare du' yénéral)le père de VhomœO"
Cette faible esquisse de la belle carrière parcourue par Hahnemann , suffira pour montrer combien, est peu fondée l'accusation de charlatanisme si souvent portée contre lui par %ts adversaires*. On le voit spivre dès l'origine une marche toute rationnelle et expérimentale, ne s'appuyer que sur les faits , donner connaissance de toutes ses découvertes à mesure qu'il se croit assuré de leur certitude , et chercher à les rattacher par le raisonnement aux lois générales, de la nature. On lui a reproché d'avoir imaginé les doses infinitésimales pour donnera, sa doctrine un air de singularité ; mais comment ne songe-t-on. pas que c'eût été là un fort mauvais moyen de succès ? qui peut dou^ter que Iç principe homçeopathique n'eût trouvé bien plus facilement accès dians le monde médical, sans cette excessive exiguité des doses qui heurte de front toutes les notions du sens commun ? singulier calcul que celui de faire naître de prime abord l'incrédulité pour attirer la confiance! tout ce que /"Ào/wceo/c^a/^A/e a de paradoxal découle réellement de la nouveauté complète des faits, V intérêt
personnel an fondateur eût exigé qaéce; faits singuliers fussent tenus secrets , ou suffisamment modifiés pour les réconcilier avec nos notions habituelles.
On ferait un petit volume en rassemblant les titres des ouvragés qui ont paru en Allemagne pour ou contre T homœopathie . Ce qui frappe le plus dans cette polémique , c'est que la nouvelle doctrinen*à été en général, combattue que par des raisonnèmens y et jamais par des faits bien observés , tandis qu'elle n'e^ appelle qu'aux feits pour prouver sa validité.