SUR
L'HOaiCœOPATHIE
XT
SUR LES CAUSES DU PEU UE, PROGRÈS QU*A FAIT JUSQU'ICI LA MÉDECINE PRATIQUE.
En considérant les ressoorees si variées et inépuisables qu'elle nous ofiBre, nous n'^hésîterons pas à déclarer que Vhomœopathié est cette médecine vainement cher* chée jusqu'à nos jours , pressentie déjà il est vrai par quelques beaux génies , mais qu'il était réservé au grand Hàhnemann de révéler avec toute sa clarté et sa certi^ tude pour le bonheur et le salut de l'humanité souffrante. Il luit donc enfin pour tous les vrais amis de leur art et de leurs semblables ^ ce beau Jour où les médecins sor-* tant de la fausse rpute où ils persévéraient depuis tant de siècles, vont marcher avec confiance au secours des malheureuses victimes vouées naguère à une mort prématurée et certaine} honneur à l'homme de génie qui vient de fixer les destinées médicales ^ et de convertir en une pratique sûre et consolante , ou les tâtonnemens
effrayans, ou rimperturbable routine de nos systènies médicaux. Qu'il s'étende et grandisse sur toute la terre cet édifice conservateur dont Hahnemann a }eté les premiers fondemetii ^ cjnè ses nombreux disciple^i y ^travaillent tous avec zèle, en suivant religieusement le plan tracé par leur savant maître , et l'on ne pourra plus dire que la médecine est un art essentiellement conjectural^ car elle seradevenoe dans la plupart des
cas une certitude l '
Toutes les sciences marchent et tendent à se perfectionner , au moins il en est ainsi pour celles qui sont positives; en effçi;, l'ensemble dessciencejs médicales a fait aussi de grapds progre$ ! l'anatomie , la physiologie et la chirurgie sont arrivées à un haut degré de perfection , on doit en dire -autant de la physique , de la chimie , de la minéralogie, etc. j^ pourquoi la thérapeutique médicale (i) est-elle restée tant en arrière ? les médecins de nos jours reconnaissent sans contredit bien mieux que ceux d'autrefois , le siegeet la nature d'une maladie ; à force d'avoir examiné des cadavres ^ ils peuvent » le plus souvent y annoncer avec une grande exactitude y les désordres que l'on rencontrera après la ttfort , et cette science qui constitue l'anatomie pathologique , offre bien une espèce de consolation à l'amour* propre du médecin qui , ayant perdu son «malade , peut prédire les altérations morbides que l'on trouvera dans tel ou tel organe ; mais les pénibles travaux qu'elle a exigés f ne mènent absolument à rien pour la guérison de la plupart des maladies. En effet, que nos célébrités
(t) Traitemeat des maladies internes.
médicales' se irouveut yis^à-Tis de l'halle de ces affection^ organiques qui » telle que la phthisie pulmonaire ^ doi-^ veut prévue toujours leur origine à uu vice héréditaire ou acquis, quelques prescriptions ; banales (i) s'échap^ peront sans doute ^e leur bouche, mais la conscience leur^criera bien Haut : i^ous savez que de tels moyens ne peuf^enc rien pour iaui^er ce malade ///
Supposons maintenant un^ affection qui ne compfo* mette pas. immédiatement l'existence , et qui laisse au penseur le temps de méditer et d'essayer à loisir : mettons, dis- je, nos grands médecins aux prisses avec la plupart des aliénations mentales : que feront^ils de rationnel pour rétablir le trouble des fonctions cérébrales? rien , absolument rien ; ils tourmenteront le pauvre patient sans aucune espèce d'avanti^ge.,.et avec la certitude d'échouer. C'est de cette triste conviction, malheureusement la même chez tous ceux qui tpaiteut les aliénés , que naît l'abandon déplorable- dans lequel on laisse végéter tant, de malheureux séquestrés de leur famille , et dont thomœopathie rendrait à la société le plus grand nombre.
D'où vient donc cet état permanent d'enfance dans lequel reste la médecine ? dans tous les pays , dans tous les temps jusqu'à nos jours , les hommes du plus grand mérite n'ont-^ils pas employé tout leur zèle à faire avancet l'art de guérir? comment se fs^t-il qu'il soit à peu près toujours au même point poui* ce qui concerne les
> » iW
(i) Sangsues, yésicatoires , gommé arabique, infusions pectorales, sirop béchique, looch blanc, px)tîons calmantes, lait d'unesse, séjour h la campagne, etc.
maladies interne^? rîeix de ptos simple que d'expKipî^r cette triste vérité : la base des divers systèmes ayant toujours été mal assise , ils ne pouvafent élever qu'un édifice chancelant et peu durable; cette construction vicieuse né tardait ppint à s'écrouler , et comme si la cause de la ruine n'avait point été facile à deviner , un nouvel édifice, fruit de bien des veillesV ne tardait pas à être reconstruit sur cette même malheureuse base qui devait pécessairement ainener une autre chute ; c'est ce qui s'est continué depuis l'origine de la médecine jusqu'à la découverte de la loi homœopathique par ffahnemann.
La médecine encroûtée de ses formidables erreurs , est encore aujourd'hui presque aussi nuisible qu'utile à Thumanité , et c'est avec raison que beaucoup de personnes sensées la redoutent plus que la maladie ; en effet , si certains malades en tirent un véritable avantage , combien n'y en ti-^t-il pas qui auraient guéri sans son secours et qui en sont devenus les victimes I (i) Voyez
(i) lie docteur Zéroni^ qui exerce la médeciDe ordinaire à Maobeim, près du graodnluché de fiade, o\\ Thomoeopathie ei>t tant en honneur, après avoir long-temps combattu pour démontrer que cette iLédecine n'était bonne à rien, tourne aujourd'hui ses batteries d'un autre c&té, et ne pouvant plus nier les succès innombrables de rbomœopat||ie dans ce pays, U attaque, dans un ouvrage ùAi eiprès, ses confrères, auxquels il reproche* ayec amertume, leurs fréquens revers qu'il attribue à leurs remèdes incendiaires , disant que la nouvelle méthode ne doit ses succès qu'à l'abstinence des doses trop fortes de médicamens. Il va |>lus loin, car il conseille posiMvement aux personnes qui tiennent à conserver la Tie, de n'appeler up médecin que dans les cas graves, regardant en général, comme beaucoup plus prudent, de s'en remettre à la nature, que de tenter des remèdes trop souvent dangereux.
ces ispectres chaucelaiiSy sens'es guériâ par les médecins qui se croîeni physiologistes: chez eux le principe vi-» tal est regardé comme poison (i); en proie à l'une de ces aficctions appelées inflammatoires , ils n'ont f>as frémi de voir couler leur sang à flots , et leur confiance en un système exténuant que le plus simple bon sens réprouve est tellement enracinée, qu'au premier malaise leur pensée se porte de suite vers la lancette ou les sang^, sues {pi). Une hydropisie quelconque mettra fin à leur déplorable existence , et ce résultat fatal que j'ai prédit et vu se réaliser chez beaucoup de personnes habituées à se faire saigner fréquemment , sera inévitablement le même tôt ou tard pour toutes celles qui , à la' moindre indisposition , recourent imprudemment aux émissions
«Mii*i
(i) Je yeux parler du sang que beancoup de médecins tirent à profusion , comme s'ils craignaient que leurs malheureux malades 60 eussent toujours de trop ; quel areuglement I parce que ce fluide précieux circule trop rapidement et cause divers désordres, on s'en prend à sa quantité, quand bien souvent déjà elle est insuffisante.' Au lieu de rendre la quantité du sang responsable de tout le mat qu'on veut combattre, il suffit d'attaquer la cause qui en trouble la circulation) et l'équilibre est aussitôt rétabli ; c'est ce qne Vhamœopathiô donne le moyen de faire avec la plus grande facilité.
(a) Il y a quelques années cette manie de sangsues a été poussée si loin , que l'espèce en a manqué en France ; c'était alors une branche de commerce fort lucratire que d'en importer de l'étranger pour fournir la pratique en ville et les hôpitaux. Gomm)ent admettre raisonnablement qorla vie de i'homtne puisse en quelque sorte dépendre du secours de ce ver aquatique! cependant, ôtez-Ie ainsi que les ventouses scarifiées et la lancette , au médecin sensé physiatogUte , et demandez ensuite è ce dernier ce qu'il peut encore pour soulager un malade !
( ;3o ) Sanguines que leur copseille la roulure de leur médecin.
D'autres praticiens prenant aussi l'efFet pouf la cause , regardent des évacuations énormes , n'importe par quelle Toie, comme salutaires , et secondent par des vomitifs , des purgatifs 9 des diurétiques , des sudorifiques , etc. , qu'ils donnent à fortes doses , cet effort grossier d'une nature aveugle , luttant péniblement pour se soustraire aune cause de destruction dont ces évacuations ne sont , au contraire , que le produit. Le plus souvent » une seule dose presque imperceptible dun remède bien homœo^ pathique y ferait tout rentrer dans l'ordre en quelques heures sans exposer- le malade au moindre danger.
Ge/tains médecins ne voient de salut pour leurs ma* lades que dans les dérivatifs : au moyen de sétons , de vésicatoires , de cautères , ils couvrent ces malheureux de plaies dégoûtantes et fétides qu'ils devront souvent garder le reste de leur vie , et ils se figurent ainsi les guérit , tandis qu'ils ne font de fait que remplacer chez eux une maladie par une autre ; souvent encore , ces moyens cruels jugés insuffisans, sont secondés par les brûlures terribles du moxa que l'on promène impîtoyablemient sur diverses parties du corps. .
Beaucoup d'autres, enfin , combattent lesmaUdles par des remèdes qu'ils annoncent comme devant produire des effets en sens inverse de ceux du mal ; sous l'influence de cette médication , une amélioration légère se manifeste assev pronfiptement , mais l'effet secondaire du remède , tocit*<à-faiit différent de ce qu'avait été l'effet pri« mitif , amène constamment un aggravement notaUe dans la maladie. Cependant le pauvre malade qui a ob* tenu un moment de soulagement , réclame le même premède de son médecin, et celui-ci, qui nte sait que faire , parce qu'il n'a pas étudié la m^édecine. Aom^o/^a*
thique y consçnt à idonnér de ïioureau ce médieâiiieiii nuisible à son client ,- quoi<)ii'iI cûn connaisâe parfaitement les suites funestes. Le mietijcmoitientané est aûri-^ bue au médecin , et Tâugnientà^ion du mal , qui est aussi son ouvrage , lui est trop rarement imputée.
Cependant , avant Hahnemann , quelques grands médecins avaient entrevu la loi homœôpathique. Déjà ils avaient pensé . que le remède le plus convenable pour guérir une maladie devait être celui qui produirait des effets le plus analogues possibles aut symptômes du mal. Us avaient été amenés à ces idées justes , par là médecine populaire : le vin chaud qui enlève quelquefois unejièyte violente ; la neige en frictions qui ranime un homme gelé j tandis que la chaleur du feu le fait mourir f le cuisinier qui j avec quelques minutes de courage j guérit ent approchant du feu la brûlure qiîil vient de se faire; le petit verre d'eau-dcrvie qui étanche la sueur du moissonneur ^ etc. . é . . Tous ces faits et beaucoup d'autre^ avaient fixé leur attention ; ils firent donc bien des essais dans ce sens , jnais ils ne furent pas heureux. Jffahnemahn nous explique pourquoi : Texpérimentation d'une substance sur des malades , ne pouvant, le plus souvent, donner que des idées fausses sur ses propriétés positives ou son action pure , ces méde« cins n'étaient nullement certains d'administrer le remède convenable pour remplir l'indication qu'ils se proposaient ; en outre , en supposant leur choix parfaitement bon , ce qui ne pouvait arriver que par hasard , puisque les substances n'avaient pas été expérimentées précédemment sur l'individu sain , les doses étant des millions de fois trop fortes , amenaient nécessairement la mort du malade en déterminant un aggravement énorme du mal , tandis qu'elle est insensible au moyen
( 50 des doses infiniiésimales- dç Ykomosopathie , et constamment soivie de la guérisou. Latoi homœopathique , . vraie de toute éternité , avait donc été Lien sentie , mais mal exécutée ; c'est ce qui fit qu'o» l'abandonna trop promptement , et que cette lueur de yétîté fut seulement entrerne.