‹ L'Hon. J.A. Chapleau, retour d'Europe [microforme]Chapitre 2 sur 4 · SPA · texte numérisé non relu

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DISCOURS RME ee TE c Ÿ 1 est bien vrai è vieil adage : “ Rien n’est si beat, rien un st si

n.que son pays.” & cherche au fond de mon cœur et je ne trouve pas de meil-

leures paroles que celles-là pour vous remercier et pour vons dire ce que j prouve en ce moment. Oui, rien n’est si beau, rien n’est si bon que son pays. Je devrais vous dire que je ne mérite pas es éliges flatteurs que vous venez de m'addresser ét dont je ne trouve l'exeuse que dans la grande affection que vous m'avez toujours témoignée; je préfère les accepter ces trop bonnes paroles, pour qu ‘alles m RER le devoir Le les mériter dans lav enir. à e

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ous rappelez les anciens jours et .ous me faites gloire de nes , combats, ; AROES qui lutte, comme le Jahoureur de

pas: nue taute— d'avoir vécu assez. lougtemps pour ie rides vendus NE comme en bons vins, une ru

trie. que ce Res dot des loyalistes: de L'unité 46 Ve empire. Quelles qu'aient été ses fautes, (et quel est l'homme. politique qui en est exempt ?) l'histoire dira qu'il fut un modèle de. fidéüité politique, un soldat infatigable que la lutte et les sacrifices | ne lassèrent jamais. O’était un caractère fortement trèmpé, une. de ces volontés que ne rebutent ni les obstacles, ni le danger, nait y 4 deux ns, comme je le pressais d'aller consulter les princes de la science pour tâcher de maîtriser la maladie grave dont il souffiait alors et qui l’a emporté, et que je lui disais qu’il fallut un change: . ment de climat et du repos: “Je suis trop habitué au harnais pour m'en dépouiller, me dit-il, et j'aime autant succomber à là ‘peine que Ares m'éteindre dans des contrées qui n’ont aucun pie pour moi.”

: Vous parlez des enseignements que, dans le cours de ma ke rière, j'ai donnés À mes concitoyens, et des effets bienfaisants de In bonne doctrine. Je n'ai fait, par là, que suivre la tradition de nos ‘hommes d'Etat, de ceux qui ont écrit sur nos bannières nationale " #N os institutions, notre langue et nos Inis.”

Oui, j'ai toujours prêché, comme j'ai toujours cru, que le pre. mier devoir. de l’homme politique était d'enseigner au peuple: es saines doctrines de la morale et de la religion étaient plus : hit Poe sa grautieur et'sa CORAerra EI que vd a br t

Il faut qu'un véibts ait de fortes croyances. que Ja 10 . fait les ations Le re ce m'est pas un |

j'exprime, “Un péibl qui né croit pas un Dièu ne eroi | vertu ; ‘une nation qui ne croit, pas au Lau de As

Grâce à Dieu, notre pays est dans des conditions rassurantes, de ‘ce côté. Le sens religieux ct moral du Canada fait Vadmiration de l'étranger, de même que son esprit d'ordre et de bonne entente : étonnent les hommes politique de l'Europe qui connaissent les conditions politiques de ce jeune paÿs formés d'éléments si divers. La diversité de race, de langue et de croyances ne devrait pas avoir chez nous d'autre effet que celui que donnout à un pays les | vallées et les ravins, les rochers et les collines, un effet pittoresque et grandiose dans sa variété et son imprévu. C’est la pensée éloquénte qu'exprimait un jouis un de nos gouverneurs, lord Duf- … ferin,

L'image est vraie ; il ne dépend que de nous de la réaliser, Une ‘sage tolérance mutuelle dans une légitime émulation suffirait pour é assurer cette heureuse et bienfaisante harmonie entre les divèrs ‘groupes de la Confédération. Le parlement canadien vient de doriner un bel exemple de cette esprit de modération dans une discussiou qui restera célèbre dans les annales parlementaires, dis-

i ple rédaction dialaittéiéé d'une loi d'ailleurs désirable et qui : )n na le spectacle. rassurant de deux partis politiques, viole” ho tiles sur le terrain de la direction économique du pays, se

k HAE Jens entente ne pour Fr un ps

de sich ju: n'ai ri bien prié ces Lo les. is de : Daus un pays constitué comme. le nôtre, les m

roits spéciaux. Quand on s'affirme comme minorité cn gravite in. nsiblement vers l'état de faction qui est funeste pour les ttinoris, car les factions ne vivent que de faveur* ou d’exactions. Non, que nous devons réclamer ce sont les droits acquis, à titre égal, tous les vitoyens d’un grand pays, à tous les membres d'un même euple. Sur ce terrain nous $otnmes forts et nous ue devons 1ien . la faveur, ni à la pitié.

Voilà le sentiment de ‘dignité qu'on doit inculquer au peuple,. oilà le sentiment de dignité et de force qui doit animer les homes qui gouvernent. Comme je le disais dans une autre oc3asion, n'est pas par la flatterie ou en courtisant ses faveurs que l'on | agne la confiance durable d'ün peuple libre. C’est par la fermeté . # es opinions, l'indépendance du caractère, l'énergie de l’action dans affirmation et la revendication des libertés et des droits publics ue les chefs d'état gagnent et méritent la confiance populaire et . onsolident leur pouvoir. Ce n'est pas à des demi-dieux blottis ans des niches, majestueux mais ineries dans leur immobilité ilencieuse, que les peuples de ce siécle vouent leur culte. Non,.. ls veulent à leur tête des intelligeres hardies, généreuses, a actives Bt fécondes ; ils veulent de grands citoyens. Ft dans un pays sune comme le nôtre, il y. a un champ illimité pour l'exercice des plus belles facultés et de toutes les vertus civiques . Mais soyons vigilants. Qu'on ne viennent pas nous. dire, en bffet, qu'il n'y a pas lieu de sc tenir sur le qui-vive, de regarder i »s armes sont bien en état, si la poudre est bien sèche, parce que out est tranquille, que tout va bien et qu'on peut dormir en paix, NA Certes nous avons à nous féliciter de nos progrès et de ce | bella tranquillité de l'ordre qui nous permet de de travailler pidement au grand édifice national, Ily a beaucoup de fait, i peau coup à faire. Ona rie un pou ne eu nu Re

c’est la politique, malgré le mal qu'on en dit, qui doit l'accomplir. Or, la politique féconde, la politique agissante, c’est votre confiance + qui peut l'assurer. La confiance Ju peusle, du vrai peuple,—je ne ‘parle pus des sympathies bruyantes qui recoivent ou qui attendent leur récompeuse,—lz v'aie confiance du peuple est l'essence, le prin- . cipe de la forca politique qui fait les grandes œnvres, (Cette con. . fiance, ne la donnez qu’à bon escient, et quand vous l’aurez donnés me la retirez pas au gié d'un caprice. Pour la politique comme pour les mobiliers, les déménagements répétés font autant de dégât que l'incendie. La confiance cependant ne veut pas dire laveu- : glement; surveillez vos hommes politiques, faites leur même vos “4 remontrances, vous rappellant toutefois que trop de chantres au - Jutrin embrouillert les antiennes, trop de bras au gouvernail font | oublier la boussole, . % Quels.horizons s'ouvrent devant nous ! Quelles resources pour les fowes vives de la nation, ne découve-t-on pas quand on examune ce vaste domaine que la Provideuce a livré à notre activité à notre ambition ! Une espérance entre toutes me frappe et m'enorgueillit pour mon pays, quand je songe à un autre pays que je viens de quitter. C’est la foi vive de notre population, cette foi qui | engo:dre le respect pour l'autorité, le sentiment de la dignité, T'amour de l'ordre. Je viens de quitter la France, ce pays qui fut longtemps le plus beau, le plus grand, le plus glorieux du monde ; ce pays qui fut notre berceau et que nous aimons 3omme } on aime ce qui nous à due avec le souvenir de toutes les or

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autres nations quand l'heure de son émancipation aura sonné. On

discute la fédération impériale, l'annexion, l'indépendance, et.

l'on justifie ces discussions en se dissant qu’il faut bien pré- A

parer les choses et les hommes pour le moment où l'évolution humaine amènera la crise dans notre destinée. Sachons-le bien, ee ne sont pas ces discussions, ces projets, ces:constitutions qui changeront l'heure ou la forme de notre évolution dé:initive, -

| Quand la graine est mûre, elle ne prend pas de mesures pour sortir

de son enveloppe et demander au vent de lui trouver le sol où elle doit commencer sa germination ; il ne réfléchit pas sur la force de son ossature et l'épaisseur de son duvet le poussin qui brise sa

coque et risque gaiement son premier pas sous le soleil ; le chry- *

. salide tombe d'elle-même des aïles du pavillon qui s'envoie vers les-baisers de fleurs, ses éternelles amies. C'est ainsi que les na-. ; tions s'éveillent dans l'éclosion de’ leur parfaite liberté,

Le peuple qui travaille à sa saine croissance, à son perfectionnement moral et matériel, est le peuple qui avance le plus sûrement son émancipation, son indépendance, Quand il se sentira fort, quand il se sentira prêt, son instinct lui dira de marcher seul et il nt marchera, Heureux alors les hommes sages qui l'auront compris | et qui sesont prêts à l'aider, à le guider. Depuis son enfantement,

il n'y a pas trois siècles, notre pays a noblement rempli

sa destinée, la Providence a veillé sur ses jours dans le calme

comme dans la tempête, mais il faut dire aussi, qu'il s'est rud ment aidé lui-même. Ce n'est pas sans effort qu'il a conservé son caractère, qu'il à conquis ses libertés. Qu'il continue cés ‘belles traditions, 11 arrive à sa majorité ; il sent déjà les premiers élan de sa virilité. Il saura, comme dans le passé, choisir les “home qui le conduiront dans le nouveau domaine où il doit entrer. “saura résister aux séductions. aux entraînements qui entour Ke maturité, comme il à su “échapper: aux dangers, aux val

er des régimes ou des constitutions à l'avance, leur rôle des | e pays n’en est pas moins grand, moins important, moins diflcile. 3 Ils ont avec suceès appris au peuple le travail, la loyauté, la sou- : # mission, la confiance. Ils lui ont enseigné de se suffire à lui-même. fl leur faut ajouter à ces préceptes. Il leur faut inculquer au peuple le secret de profiter des progrès accomplis, le sentiment raisonné le sa force et de sa dignité, l’art de diriger, de régler ses propres 1 destinées, et par-dessus tout lui inoculer ce patriotistie profond

qui conçoit la sublimité de la création d'une nationalité nouvelle, sde la naissance d’un peuple qui, le front haut, le regard assuré, le cœur ferme, pose un pied souverain sur le sol qui lui aprartient, et pour lequel il entrevoit les horizons lumineux d'un grand empire,

: Dans la vielie Europe, d'où j'arrive et où j'ai suivi, avec intérêt, les mouvements de l’opivion, on paraît cruire, je dirai mieux, on paraît craindre pour nous une gravitation fascinatrice vers la république américaine. une absorption fatale par le peuple géant qui nous avbisine, Je répondais là-bas, quand on me disait ces choses “qu'il ne fallait pas s'arrêter à ces craintes, où d’ailleurs l'affection,

l'amour-propre et l'intérêt avaient une trop large part ; je répondais

qu'ou Canada, avec et au-dessus de l'amour-propre et des préjugés

de race et de religion, ii s'était développé un sentiment profond de

fierté et de solidarité natignale qui faisait un tout compact de ce ‘peuple apparemment si hétérogène ; je disais, et je la sentais en le disant, qué les progrès accomplis depuis vingt ans, depuis dix ans surtout, nous justifiaient de ressentir un légitime orgueil quand nous affirmions notre qualité de citoyens du Canada. eh Ce que je disais je le répète ici et j'ajoute: L’attitude de nos qe voisins n'a rien qui ave | nous aires Leur Priapé

on. Le sentiment le plus fort chez une nation com” h À ndividus, le sentiment de la conservation personnelle sy oppose ; ÿ es avantages offerts ne vaudraient pas les intérêts perdus, 8 né ompter l'honneur de la résistance et la honte de se livrer, ce. qui èse bien un peu dans la balance, RAR Je ne suis pas de ceux qui croient à la déloyauté de nos re aires politiques dans leurs efforts pour associer le monvement, ommercial du Canada avec celui de nos voisins. Je crois qu'ils se trompent et que leurs projets sont dangereux pour les véritables intérêts du pays; je crois, en même temps, à leur loyanté, mais seraient-ile sciemment résolus à vendre notre droit pour de Vor, ue je n’en concevrais pas plus d'alarme ; Ja draiture populaire les écraserait de sa colère et de son mépris. On peut acheter. la conscience de quelques politiques, on ne peut acheter la con science et l’honneur d’une nation. | D'ailleurs pourquoi n’aurions-nous pas aussi notre dbatipéest ma-

nifeste sur cet hémisphère d'Amérique ? Pourquoi dans la grandé harmonie des peuples et des empires n'aurions-nous pas ici notre. partie à jouer ? N’avons-nous pas dans notre émouvante histoire tous les signes précurseurs qui annoncent les hautes destinées ? Daus cette victoire de Yorktown qui fat le rayon fécondant de la liberté américaine, ne trouve-t-on pas la gloire partagée entre : | enfants des deux races qui constituent notre nation? Le Mis Ê sippi ne doit pas jalouser le Saint-Laurent ; chacun de ces fleuves: rois peut porter les Mae d'empires pr riches que tout, l'Ori tente

nous a rs on extension de notre commerce à on. : Grûre à la politique nationale notre industrie est maintenant créé. Dans certains cas elle a peut-être devancé les besoins, les” capacités de ‘notre marché. Quand sera-t-il prudent dé modifie ‘ notre politique fiscale ? L'exemple de nos voisins pourra nous) servir de guide, au moins jusqu'au moment où des surplus excesi sifs dans le revenu menaceraient les bases économiques du mar: ché monétaire, danger qui ne me paraît pas imminent. Mais si l'in-. “ dustrie prospère, la question ouvrière à besoin de faire des progrès. : Je suis, comme vous le savez, un de ceux qui croient à la légitimité du mouvement ouvrier, qui croient au relèvement des mas ses dans l'économie de la société, qui croient à l'amélioration désirable et possible des relations entre le capital ei le travail. Je | rois méme qu'après les tâtonnements inévitables à toutes les Yandes réformes- sociales qui doivent modifier profondément un. | or ‘te que des siècles ont édifié, nous sommes dun près

ritent les efforts du gouvernement dans cette Airection. Que . est la cause de cette lenteur comparative ? Les grandes œuvre les œuvres durables ont toujours des conceptions laborieuses lentes. Toujours est-il qu’il ne faut pas pour cela regretter les sacrifices faits, ni renoncer à en faire d’autres. D'un autre côté gouvernement p doit pas perdre de vue que les “nciennes ptn ‘vinces font aussi partie du domaine public et que les entreprisés qui y attireraient une plus grande population sont. des entreprise qui méritent d'occuper son attention et de détermiver sa générouse assistance.

La naviga’ion du st Laurent offre au commerce des avantages qui en font le débouché nécessaire d’une grande partie du: trafic des grains de l'Ouest. Le gouvernement s’est mis à la hauteur: toutes les éventualités par les travaux de canalisation qu’il 4 poussés ‘avec nne énergie croissante. Les sacrifices ne lui ont pas voûté quand :il s’est agi de mettre nos ports en état de recevoir, d'abrite et de réparer les navires du j‘lus fort tonnage. Les milliors.u out pas été comptés quand il a fallu construire les chemins de fer, ces vaillants pionniers du commerce canadien. Le Grand Tronc avai ouvert la marche, d'autres le suivirent jusqu'au jouroù le pay parut décider de jouer sa dernière carte, en risquant son derni chelin, pour la construction du colosse dont les deux bras toug aux deux grands océans. Les chemins de fer, voilà le prob que les éconontistes se posent-aujourd’hui, On semble croir Europe que nous aîlons trop vite dans cette direction et CL travaux devancent de trop loin le développement des ir qui doivent at st les voies ferrées et A ‘on Le ut à st

route des régions minières, attendant le passage de la locomotive ou: ‘aller produire un travail doublement rémunérateur cu ce qu’il développe des ressources nouvelles et qu'il retient au pays des en- -fauts robustes qui le quitteraient pour aller enrichir l'étrauger. Je suis de ceux qui croienf que l'argent public dépensé dans la con. u action ‘des chemins-de fer est un capital dont lé revenu, pour “être ua peut tardif, n'en sera que plus abondant. Je suis bien prêt à admettre qu'il faut y mettre beaucoup de discernement et 1e pas compromettre par des aventures irréfléchies des entreprises 1seS et durables. : O’est dire qu’il faut être large avee pruse défendre de la prodigalité.

is presque anti que : Gite les autres nations | part hardie que prend le Canada dans le mouvement ". 'aonde, Fier même, rase un homme d’af-

marque d'estime pour celle qui doit partager mes joies comme elle partage mes affiictious. Je me plais à dire devant vous que je dois une large part de mon rétablissement à ses soins assidus, à : son incessante sollicitude. Du reste, messieurs, n’a-t-elle pas un. “peu droit à vos simpathies pour avoir démontré d'une manière pra-. pratique et coneluante ce que je : vous disais tantôt, savoir qu'en Canada les deux nations réunies pouvaient, quand elles le vou- sa : Jaient. constituer une communauté tout à fait habitable. ' . Maintenant que nous allons nous séparer, je vous prie de redire ‘ ; : vos amis les paroles d'affection que je vous ai adressées ce soir, Dites-leur aussi, dites-leur surtout que maintenant que je suis fort et robuste, je suis plus que jamais à leur disposition, à leur service, Leur être utile et servir mon pays, c'est là mon vœu: que je tiendrai pourvu que vous me donnieZ votre sympathie et | confiance comme je vous donne mon dévouement.

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