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Que te reste-t-il donc à perdre encore ?
THIBAUT
Hélas ! c’est toi, Valentin ; toi que j'ai änt aimé.
VALENTIN
Moi, mon père ?
MARGUERITE, GUeC une vive émotion,
Que dis-tu ?
THIBAUT
Puisque Je mot est parti de mes lèvres, oui, mon enfant, il faut nous séparer.
A VALENTIN, sf Et pourquoi donc me renvoies-tu de .ta présence ? Est-ce que je C'ai donné quelque sujet de te plaindre ?
MARGUERTTE.
Ah ! jamais, jamais. A Ja face du ciel Je lui rendrai cette justice. Tu le sais bien, Thibaut, sil est un fils au monde qui fût
plus soumis et plus tendre envers ses parens ?
Je le déctare encore plus hautement que ‘
toi, Marguerite, Oui, Valentin, tu as fait F2
Le]
cs L'HONNETE
pour nous cent fois plus que nous n’avions droit d’en attendre. Je taime avec tout l'amour d’un véritable père : mais enfin tu sais que je ne suis pas le tien. Si nous avions cessé d’être heureux, tu aurais toujours été notre fils, notre cher fils.
rest aucun de mes autres enfans qui ne te croie son frêre. Je voulais qu'après notre mort, tu pusses partager avec eux le peu de bien qué tu m’aidais tous les Jours à leur gagner. Cette espérance qui faisait la joie de mon cœur est maintenant détruite. Nous n'avons rien d'avantage, pas même la perspective éloignée de nous rétablir, ; VALENTIN.
Et c’est ce moment que tu choisis pour mw’effacer du nombre de tes enfans !
THIBAUT
Oui, Je le dois. Les devoirs du sang les enchaînent à notre sort, tel qu’il puisse être. Si nous souffrons, ils doivent souffrir avec nous. Mais toi, de quel droit voudraisje C’accabler de ma mauvaise fortune ?
Non, Valentin, je te conseille en ami ;s et, s’il le faut, je ‘ordonne en père de te Sépa-" rer d’un malheureux. Il est temps que tu ’occupes de tes propres affaires. Puisque je n'ai pu tenrichir, je me réjouis du
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VALENTIN
Ïl ne fallait pas me parler de ces oblisations, si tu veux que je abandonne ; il fallait que moi-même je pusse les oublier.
Tu m'as sauvé la vie dans mon berceau, ta femme n’a nourri de son lait, tu m'as élevé sans attendre de récompense, et tu me commandes d’être ingrat à tant de bienfaits ?
THIBAUT
Je n’ai fait que m'acquitter envers toi de ce qu’un homme doit à un autre. N’auraisje pas été un monstre de te laisser périr ?
VALENTIN
Et tu veux que je le sois, en te retirant
aujourd’hui mes secours ?
Tu me connais, Valentin ; Je me ferais
une honte de vivre aux dépens de personne.
VALENTIN
Ma vie, jusqu’à ce jour, a donc été bien
honteuse ! Eh ! je nai subsisté que par toi.
THIBAUT
Ne m’en as-tu pas assez pleinement dédommagé par ton travail ? | Fÿ
VALENTIN
Mes mains ont payé les tiennes ; mais mon cœur n’à point encore assez payé ton amour. O mon père ! rappelles-toi ces premiers temps de mon enfance, où je n’étais qu’un étranger dans ta famille. Combien de fois m’as-tu serré dans tes bras au retour dun travail pénible, que tu prolongeais pour me nourrir! Et toi, ma mère, oublies-tu les tendres caresses que tu me prodiguais, alors même que Je dévorais le pain de tes enfans? Vous seuls m'avez re:
cueilli, quand j'étais abandonné de tout le monde ; et maintenant j'irais vous abandon:ner ! J'étais votre fils pour hériter de vos biens, et je ne le serais pas pour m’associe: à votre disgrace ! Ah! si vous avez pu le croire, combien vous me devez mépriser! (Marguerite veut répondre, mais ses soupèrs étouffent sa voix.)
Te mépriser, Valentin! Ah! mon fils, je ne l’en estime que davantage pour ces sentimens. : Mais je te l'ai dit, il est temps que tu songes à toi-même. |
VALENTIN
Non, je ne songe qu'à toi. Je vêux Pa. JR
m'accabler de tes travaux. je veux me tours
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tout ce que j'ai, tout ce que je suis, je té le donne: je me dévoue à toi tout entier.
Pars ou demeure, je ne te quitte plus.
Tu peux me fuir, mais tu ne m’empécheras pas de te suivre, Il faudra bien que tu m’ouvres, quand tu m’entendras gémir toute la nuit, étendu à la porte de ta chaumière.
THIBAUT
Peut-être que je n’en aurai plus !
VALENTIN
Eh bien ! je te suivrai dans les forêts, entre les rochers, au fond des cavernes, Par-tout je serai sur tes pas.
MARGUERITE, à Thibaut, en éclattant d'une voix entre-
coupée de sanglots.
Tu l’entends, mon ami !
VALENTIN, s’élançant vers elle avec impétuosité.
Ah ! je le savais bien, ma mère, que tu ne me repousserais pas de! ton sein !
THIBAUT, fondant en larmes.
Viens aussi dans mes bras, mon fils, mon cher fils. C’est moi qui te prie de ne plus nous quitter,
VALENTIN
Jamais, jamais, mon père, Sans parens,
Sans amis, j'ai besoin d’aimer quelqu'un
menter de tes peines. Ma tête, mes bras,
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Bien 7 Che TZ :
sur la terre, et je n’ai que vous seuls à qui donner mon amour, : Je sens que vous me devenez mille fois plus chers encore depuis que vous avez tout perdu. Je ne vrus avais donné que mes sueurs, j’ai mon sang tout prêt à couler pour vous. . . Moi: pêre, puisque je ne dois plus te quitter, serremoi donc plus étroitement dans tes bras.