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jappercois un berceau balotté par les vagues qui lentraînaient, et qui menaçaient ä Chaque instant de Pengloutir. Je quittai mes habits ; et, sans regarder au pérl, je me jetai dans la rivière en nageant de toutes més forces vers, le berceau. Je fus plusieurs fois repoussé, j'étais épuisé de fatigues ; mais les cris de l’enfant que j'entendais en m’approchantde lui me donnaient du courage et de la vigueur. Enfin, après bien des dangers, je parvins.à latteindre, et je le conduisis assez loin de là sur le bord. Ma femme m'avait, suivi en se traînant plus morte que vive le long du rivage. Je luiprésenñtai la petite créature qui ne, cessa de.crier que lorsqu’ellé se fut attachée à son sein. La pauvre Marguerite crut retrouver dans cet enfant celui quelle venait de, perdre, Nous fimes alors toutes les recherches possibles pour découvrir les, parens, mais sans pouvoir y parvenir. Nousin’en avons pas. été plus afkligés : nous avons continué de le regarder comme. notre. fils, . Je lui.ai raconté cent. fois son aventure: il n’y a que més autres enfans à qui je lai cachée, pour leur lisser le plaisir de..le croire leur frère, et qu’il n’y eût point de jalousie dans la mai-
son. . Je l'ai fait instruire comme les au-.
tres, ] il park et écri gister,
Et:
‘A-p autant donc, j J'en fis le juge par tou Ep qui lempoi guerite
Iles hardes alors.
servés : matin, | nos effe ce paux
Ah!
guir, je
les va- \çaient > .quitu péageant i. Je épuisé nt que e don-
En- Vins. à oin de t, suivi e long » créaelle se Mart celui fimes ; pour Woir y plus regaraconté à mes ir leur re, et à Mai-
es au-.
tres, Il laboure aussi bien que : ‘i-même, il parle comme un beau livre, et ik sait lire et écrire peut-être mieux’ que notre megistér, |
M. DE VERVILLE, g i { , Et combien y a-t-il de cet événement ?
THIBAUT
‘A-peu-près quinze ans et quelques mois, autant. qu'il n’en: souvienne, : Attendez donc, je puis vous le dire à la minute, Car j'en fis dresser dans le temps in écrit, par le juge du lieu, signé du curé, et attesté par tous les paysans témoins de l'aventure.
En quittant le pays, je n'ai pas oublié ‘de l'emporter avéc moi: vale chercher Mar.
guerite. SM AR
4 MARGUERITE
Il est ici dans cette cassette avec les
hardes et le hochet :que Valentin avait alors.’ Nousles-avons soigneusément con-
sérvés; et nous les avons mis à part ce!
matin, parce que Si vous aviéz' fait vendre
nos effèts, il n’était pas juste que ceux de :
ce pauvre garçon y fusseht confondis..
M. DE VÉRVILLE, $e levant.
: Ah! Marouerite, ne me. fais pas languir, je brûle de les voir, * M de
D He
Re. À] TS tee mme, a
THIBAUT
Avins-les donc, ma femme.
MARGUERITE courañt chercher le paquet dans la cassette, le donne à Tubaut. 6
Tiens, mon ami.
THIBAUT, en l'ouvrant.
Voyez-vous, monseigneur ?
M. DE VERVILLE examine le hochet, puis la marque du linge ; et, après avoir lu l'écrit, il s'écrie :
C’est lui! c’est lui! O grand Dieu! tu me rends donc mon fils ?
THIBAUT, dans une profonde surprise.
Que dites-vour ? notre Valentin, votre fils ? O mon che: et bon seigneur ! Je sens tout votre corps qui frémit. (17 lui prend la main, el le soutient.) Ma femme, vite un siége, il va tomber à la renverse,
MARGUERITE, Courant de tous côtés.
Je ne sais ce que je fais... Je suis toute hors de moi: et notre pauvre garçon, qu’il va être étonné ? (Elle apporte enfin un siêge. Thibaut fait asseoir M. de Verville, et lui tient toujours la main.)
M. DE VERVILLE
O jour de bénédiction ! retrouver mon
fils ! Quelle sera la joie dé ma femme !
C’est d’aujourd’hui que nous allons com-
mence ne-moi le voie
Non mon cf ment.
sez dar Paie pri paré, e
Non, pour lu vous en traine c ville qu:
Jours se.
ed se
te aventt tout-à-co
asset-
ue du
mencer à vivre, Mon cher Thibaut, méne-moi de grace vers lui. Il faut que je le voie, que je le presse contre mon cœur.
THIBAUT
Non, non, monseigneur, s’il vous plaît :
mon cher Valentin en mourrait de saisissement. Îl va revenir tout-à-lheure, Passez dans cêtte chambre jusqu'à ce qe je Paie prévenu. El sera un peu mieux préparé, et vous un peu plus calme,
MARGUERITE,. regardant par lu fenêtre.
Le voici qui revient avec sa bêche sur l'épaule. Voyez-le marcher.
M; DE VERVILLE, Courant vers la fenêtre.
Il vient ! il vient ! comme le cœur me bat ! je veux courir à lui,
THIBAUT, l’arrêtant.
Non, monseigneur, cela ne serait bon pour lun ni pour l’autre ; et cette foiscei vous en passerez à ma fantaisie, (1! entraine dans la pièce voisine M. de Verville qui le suit à regret, en tenant tou-
Jours ses yeux tournés vers la Jenétre.)