CHAPITRE V
De la lésion de l'honneur
L'honneur peut être blessé dans sa cause matérielle quand on enlève à quelqu'un la faculté de s'élever à la vertu. — En tant que reposant sur la vertu intérieure il peut être blessé, non pas intérieurement, mais extérieurement, matériellement par la calomnie. — L'honneur, comme témoignage de la conscience personnelle (honneur intérieur), est blessé chaque fois que l'on traite un individu d'une façon qu'il estime ne répondre pas à.sa valeur et à sa dignité. — ■ On peut aussi léser l'honneur en empêchant la manifestation de la vertu.
La lésion de l'honneur peut être négative : en omettant de rendre les témoignages d'honneur ; en ne défendant pas l'honneur injustement attaqué ; — positive : par pensée : jugements téméraires, faux soupçons ; — par paroles et par actions : injures, outrages, détractions, railleries.
L'outrage qui s'attaque à Dieu s'appelle blasphème et sacrilège. — On peut aussi blesser l'honneur d'un groupe — l'honneur d'un mort. — L'honneur de la femme ne peut être détruit que de son consentement. — Des peines infamantes. Elles ne blessent pas l'honneur humain, mais privent de droits honorifiques celui qui s'était déjà déshonoré. — Elles sont une punition raisonnable et efficace et; n'ont des suites fâcheuses que par accident. — Les appliquer avec discrétion 137
L'honneur lésé exige réparation.
L'honneur de Dieu blessé par l'homme ne peut être réparé par l'homme. — Réparé par l'Incarnation du Verbe. — Pourquoi l'Incarnation du Verbe.
L'homme qui a lésé son honneur est tenu à le réparer par une conduite exemplaire.
L'honneur blessé du prochain doit aussi être réparé. — Réparation privée ou officielle. — Calomnie réparée par rétractation, détractions ou outrages par témoignages d'honneur. — Ne pas exiger l'exactitude mathématique dans la réparation. — La réparation officielle se fait par le juge ou à son instigation. — L'outrage reçu ne justifie jamais un autre outrage. — Le duel doit être condamné absolument : U prouve le courage, non l'honneur. — Xe peut punir un outrage, car l'outragé peut succomber aussi bien que l'offenseur. — Les duels d'étudiants et d'officiers sont également condamnables : on ne doit jamais remettre l'exercice de la justice aux mains des particuliers. — L'Eglise condamne le duel dans tous les cas. — L'Etat doit contribuer autant que possible à la suppression du duel par une législation plus parfaite relative à l'honneur, et par des peines sévères contre le duel. — On n'est pas toujours tenu d'user du droit de demander réparation. — Entre nations, la guerre est parfois l'unique moyen de sauvegarder l'honneur national 178
jo Dans l'éducation. — Développer chez l'enfant le sentiment de l'honneur, mais en le fondant sur l'idée religieuse. — Ce sentiment peut être développé par la parole et surtout par l'exemple de l'éducateur. Traiter les enfants avec respect. — Les châtiments corporels ne paraissent pas porter atteinte à la dignité humaine. — Il faut apprendre aux enfants en même temps que le respect d'eux-mêmes, le respect d'autrui. — Les honneurs et l'émulation, moyens d'éducation légitimes, mais dangereux : distinguer l'émulation de l'envie etj de l'ambition. — Distribuer les honneurs et les éloges avec discrétion.
2» L'honneur dans la \de morale : d'aucuns lui donnent trop de place, d'autres le condamnent trop absolument. — Distinguer l'honneur mondain du sentiment de l'honneur : le premier ne donne que l'apparence de la vertu ; le dernier peut former des hommes vraiment vertueux. — Mais il ne sufi&t pas sans religion : danger d'orgueil ; manque de précision, de fermeté, d'autorité 208
Aperçus de quelques systèmes philosophiques et de leur manière d'entendre l'excellence de l'homme et par suite l'honneur et le droit à l'honneur 233
Les tribunaux d ' honneur : Constitution , fonctionnement , avantages 242
La B^bLLothèqu^ Tho, Llb^oAy
Université d'Ottawa Uni vers ity of Ottawa
Echéance Date Due
n 7 MADÇ 1991
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