Scène VIII
Les Mé:.mes, AUGUSTA, MICHALSKI
•:ll porte un petit paquet.)
Michalski. — Bonjour.
M— Heinecke. — Chut!
Heinecke, ie« menaçant du poing. — Vous autrcs, tâchez de décamper.
AuGLSTA, • asaeyant. — Il fait rudement frais, ce matin.
Michalski s'assied et développe sa bouteille. — Je t'ai apporté de la liqueur, quelque chose de superfln! Passemoi le tire-bouchon.
M"' Heinecke. — Pas maintenant! Nous avons ordre de vous mettre à la porte.
AuGu.STA. — (Jui est-ce qui a dit ça?
M— Heinecke. — Chut! c'est Robert.
AuGi'STA. — Comment? Vous vous laissez donner des ordres dans vot' propre maison?
M"* Heinecke, bas. — Silence 1 II est dans la chambre.
AuGusTA, rient d'un air de pitié. — Pauv' papa ! Il tremble de peur.
Michalski. — Faire peur comme ça à de ifauv' gens ! La canaille !
M"* Heinecke. — Ça n'est pas une canaille. C'est un bon fils qui prend soin de nous.
Helnecke. —Môme quand il veutnoustraineraux Indes.
.\tGrsTA et Michalski, ensemble. — Comment? où ça?
M"* Heinecke. — Aux Indes.
Augusta. — Et pourquoi ça?
M""* Heinecke. —.Tout simplement parce qu'Aima a voulu aller au bal masqué.
Michalski. — Il est fou?
M"* Heinecke. — Et les quatre meubles qui faisaient qu'on se plaisait tant dans son chez soi, faudra les laisser en plan.
AUGrSTA, avec sentiment. — Et moi aUSSi, pauv' quC
je suis, vous allez me laisser en plan. Est-ce que vous allez les vendre?
M"»* Heinecke. — Les meubles? Augusu fa>i signe que oui.- faudra ben.
Al'gista. — Le miroir aussi, et les fauteuils? sa mire
fait signe que oui avec émotion). Moi, cl VOt plaCC, aU Hcu de
les vendre pour un morceau de pain, je les donnerais en souvenir «^ votre pauvre fille qui va rester toute seu le. Vous seriez sûrs au moins qu'on en prendrait soin.
M™* Heinecke lui jette un regard soupçonneux puis confidentiellement i son mari. — Père, \'\h déjfi quelle veut les fauteuils.
AiGusTA. d'un ion conciliant. — Ou bien, si VOUS lencz absolument à les vendre, c'est encore nous qui vous en donnerons le meilleur prix, pour qu'iN restent dans la famille.
Heinecke. — N<»us ne *ioinme* jus <LCoie jaitis!
Mi<:iiai.>ki. — Moi. à vdl* place...
M"" Heinkcke. — Ou>sl-co 'que nous pouvons faire? Nous dépendons nbsohimenl de lui. Ouand il ordonne, ITaut bien obéir,.. Ou voulez- vous <iue nous vous retombions sur le dos ?
Aur.rsTA. — Nous n'avons déjà pas de (luoi manger
à nor faim. On frappe.