Scène IV
TRAST, LÉNORE
Lénor«, CD eostaro* d'h{T«r, chapeau, mantaau, maDohon, aotra par la droiU.
LÉNORE, lai tandant la main avao animation. — SaveZ-VOUS
d'où je viens, Monsieur? De chez vous, (eiu jetta «ur nn
maubla ion mtntaan at son manchon.) Ma hardieSSe VOUS
effraie? Mais de vous seul je puis apprendre ce qui se passe ici. Mon frère était en train de faire le malheur de cette jeune fille; je le craignais, je le soupçonnais. Votre ami s'en doute-l-il ?
Tr.\8t. — S'il n'y avait que cela?
LÉNORE. — Que peut-il y avoir de plus?
Trast. — Je ne trouve pas de mots, je l'avoue, pour expliquer à une jeune fille...
LÉNORE. — Oh ! vous pouvez parler.
Trast. — Eh! bien, voici. Vos parents ont cru nécessaire de faire oublier à ces pauvres gens leur honte, et ils les ont pris par où il était le plus facile de les. prendre, leur pauvreté.
LÉNORE. — Est-ce que je comprends bien? On a... payé une rupture entre mon frère et cette personne?
ITraatfait un signa lp*8 affirmatif.} Oh! mon DicU !
Trast. — Il va de soi que je m'interdis toute critique. Au reste, le moyen dont on s'est servi est le plus couramment employé pour mettre fin à des relations de ce genre... Mais j'ai bien peur pour notre ami.
LÉNORE, le visage dans sas mains. — Comment pourrais-jc
jamais lui faire oublier cela?
Trast. — En sentez-vous l'obligation?
LÉNORE. — Si je la sens ! Tout mon être se révolte contre l'abominable esprit qui règne dans cette maison. Payer, toujours payer, honneur, devoir, amour, nous payons tout. Ah! nous le pouvons, nous en avons le
moyen ! (Slle se jetta sur nn siig», puis sa rel&ve bruaquamant.)
Pardon, je suis hors de moi, je parle des miens comme si c'étaient des étrangers.
Trast. — Peut-être vous sont-ils encore plus étrangers que vous ne le soupçonnez.
LÉNORE, déconcertée. — Ah ! Si VOUS disieZ Vrai ! 'Comme
il prêta roreiiie.) Qu'cst-cc qu'il y a?
Trast. — N'était-ce pas la voix de votre frère? LÉNORE, k la porte. — Oui, c'cst lui, avcc dcux amis. Trast, k part. — Je n'aurais pas dû lui laisser son
arme. (Haut, prenant son chapeau."! Est-Ce qu'il Va aU burcaU?
LÉNORE. — Non, il semble venir ici.
Trast, reposant son chapeau. — Bon! Alors, je l'attends ici. Mademoiselle, une prière; mon ami quitte aujourd'hui cette maison avec moi, demain la ville, et bientôt, je l'espère, l'Europe.
LÉNORE, k part. — Oh ! moR Dicu !
Trast. — Mais aujourd'hui je voudrais bien pouvoir éviter toute rencontre entre lui et monsieur votre frère. Si cela devait arriver sans que je puisse m'inlerposer, je vous en prie, soyez là !
LÉNORE fait k la hiu signa que oui. Voix k la port*. Elle se hite de sortir per la gauche en se retournant encore. — Que doiS-je
faire, Monsieur?
Trast. — Vous rester fidèle à vous-même.
LÉNORE. — Comptez sur moi... ^Elle sort.l