‹ L'honneur: comédie en quatre actesChapitre 6 sur 46 · Scène X TRAST, ROBERT · texte numérisé non relu

Scène X TRAST, ROBERT

Trast. — Tu es pâle, mon giirçon, les mains tremblent. Que t'est-il arrivé?

Robert. — Oh! rien. Le bonheur» tu sais, l'émotion. C'est bien naturel.

Thast. — Tout naturel, ia part.) Il ment, iHâut..' Dismoi, combien de temps penses-tu rester ici? Je réglerai sur le tien mon séjour dans celle brave Europe.

Robert. — Impossible, cher ami. Nous ne suivrons plus désormais la mémo roule.

Trast. — Ah ! Comment, voyons !

Robert. — Je vais demander à mouchef dem'cmployci désormais ici. Le climat des Indes... tu comprends.

Trast. — En voilà une belle histoire! Tu le trouves donc si bien que ça dans les jupes de ta mère?

Robert. — Ne plaisante pas; ne m'interroge pas non plus. El puisque nous allons nous séparer, il faut bien que je te le dise une fois, merci, mon cher et terrible ami, merci, pour tous tes bienfaits. Ça été un moment béni dans mon existence que celui où tu m'as aperçu au club de Buitenzorg, tremblant de lièvre derrière (mon jeune chef qui jetait des billets, l'un après l'aulre, sur le lapis verL

Trast. — Poun[uoi ai-jc été assez bêle, alors, pour m'enlicher de loi, si maintenant tu me... Non, vrai, ça n'est pas bien de ta pari.

Robert. — Trasl. ne me fais pas de peine. Vois-tu, je le dois tout. Quand, ce jour-là, j'ai entendu prononcer ton nom, ce nom de Trasl et C'" qui est tout puissant de Yokohama jusqu'à Aden, j'ai eu l'impression que j'étais devant l'empereur en personne.

Trast. — Empereur par la grâce des sacs de café!

Rouert. — L'entreprise des Mûhlingk, à Batavia, était en train de sombrer misérablement.

Trast. — Rien d'étonnant; ils avaient pour directeur la plus grande canaille de l'archipel.

Robert. — Je me voyais déjà rappelé et congédié. Alors tu as pris le pauvre commis étranger sous ta protection. Ton nom m'a procuré une foule de relations ; grâce à tes conseils, je suis devenu un homme, et pendant que M. Benno Mûhlingk continuait à mener joyeuse vie, la direction des affaires passait peu à peu entre mes mains.

Trast. — Et la fin de l'histoire c'est que, grâce à nous, la maison Mûhlingk et son joli représentant ont accru leur fortune de quelques centaines de mille marks. Si seulement c'était loi qui les avais gagnés ! Eniin, je vais ouvrir les yeux sur ton compte à ton

Page 1