‹ L'honneur dans le crime drame en cinq actesChapitre 22 sur 46 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BROGHILL, Sm ROBERT , Électeurs de tout 'S classes, U!? Colonel,

UN’CaPITAINEUE VAISSEAU, enimi/brmrs.

sir Robert. ( Costume de chasse , hottes à éperons , un fouet à la main, démarche fiéie et insolente. ) Parbleu , messieurs, c’est chose fort étrange qu’il y ait grande réunion au cercle du Léopard , sans que j'en aie été averti, moi le premier dans ce comté par mon rang et ma fortune : doutet-on du plaisir que j'aurais éprouvé , tout d’abord, à offrir mes hommagesà l’illustre représentant de nos droits et franchises!’ ( Apercevant Brvghitt qui l’écoute le dos tourné et tes bras croisés. ) Lh ! justement le voilà .. ( S’approchant d’un air de persiflage.) M. Broghill me permettra-t-il ?...

( Broghill te salue froidement et sans répondre. ) Diable ! pour un député vous êtes silencieux !...

BROGuiLL. Le silence est quelquefois une vertu.

sir roiimt. La vôtre ?

broghill. Oui , tant qu’on ne me force pas à parler haut et ferme.

sm robert. El que faut-il faire pour cela 1

broghill. Ce que vous faites en ce moment. Je suis fiché qu’après un an d’absence , nous nous revoyions de la sorte ; mais la politesse doit l'aire place à la vérité... je dirai donc que votre présence ici est au moins importune.

SIR ROBERT , se. tournant vers les assistons. Est-ce votre avis , messieurs ?

tocs. Oui , oui.

sir robrrt, avec dépit. A merveille !...

mais avant de m’exclure de l’assemblée, où j’ai été admis jusqu’à ce jour , vous vous êtes consultés ? oserai-je vous en demander les motifs ? Qui de vous serait assez bon pour me les expliquer ?

broghill. Moi.

sir robert. Vous !... ah ! tant mieux , monsieur , tant mieux.

broghill. Sir Robert .depuis long-tems, votre ton et vos manières vous onl rendu l’effroi de ce comté ; chacun tremble , et vous , profilant des avantages de votre position , fier d'un empire conquis par la violence , vous vous érigez en tyran , en despote, en inaîlre absolu; tout cède à volonté... les lois elles mêmes ne sont plus une barrière entre la faiblesse et vous , témoin l'injuste condamnation qui a, ce malin,

peuué nu désespoir U fermier Hougton.

sir robïrt. Monsieur 1 broghill. Oh ! vous n’imposerez pas silence à l'opinion publique , dont je me déclare en ce moment l’interprète; parmi tous ceux qui nous écoutent, il n’en est pas un qui ne pense comme moi. ( Approbation générale. ) Vous le voyez, sir Robert , soyez donc généreux et épargnez-leur la peine de vous répéter l’avis que je viens de vous donner.

sir robert , d’un ton menaçant. Quel avis ?

broghill , froidement. Que vous êtes de trop en ces lieux.

me robert , avec emportement. Eh bien î moi, je déclare que j’y reste et que nul ne m‘en fera sortir.

broghill. C’est donc à nous à vous céder la place... je me retire... Ademain, messieurs... bonsoir, sir Robert.

sir robert , ricanant. Bonsoir , monsieur Broghill... Ah ! j'oubliais , mes complimens à ma trop sensible cousine Amély de Lowbarn.

broghill, se rapprochant rivement. Respectez-la , monsieur , c'est ma femme.

sir robrrt. Soit, je la respecte tellement que, si je là rencontrais, n’osant la regarder en face, je lui tournerais le dos, au risque de déchirer sa robe avec mes éperons.

broghill , s’élançant sur lui. Et moi , en altendant que je te déchire le cœur , je veux te marquer d'un soufflet au visage.

sir robert. Halte- là ! halle-là , je te mets sous nu s pieds. ( Il le terrasse rivement. ) Messieurs , ce nest qu'un homme contre un homme, el j’espère que personne ne se mêlera de rien... r h bien ! Broghill , qu’en dis-tu? à mon tour ai- je la main prompte et le poignet ferme ?oh .’ tu resteras là, jusqu’à ce que tu conviennes que la force est de mon côté.

broghill. Oui , la force qui tient lieu de courage. . . si tu n ’cs pas un lâche, tu me laisseras me relever, tu me mettras une épée dans la main, et tume diras : defends-toi...

sir robert. Allons, debout. ( Aux deux officiers témuins de lusiènr.) Colonel, donnezlui votre épée ; à moi la vôtre , capitaine.

rroghill , s’emparant de l’épée qu’on lui présente. Un combat , un combat à mort.

sir robert , avec, sang-froid. Peut-être.

broghill. Habit bas... la poitrine décuu, verte... il faut que la pointe aille au cœur de l'un de nous deux.

sir robert. Volontiers; mais franchement je crois que c’cst inutile t mon iotetn tion n'est pas de vous tuer.

ÎKOOHtLU Et qu«lll clt «11* ?

si» bobirt. De vous déshonorer.

broghill. Misérable ! voici l’empreiutc delà semelle, je l'effacerai dans ton sang... en garde.

sia robsrt , le désarmant. Vous n’éles pas de ma force. . . tenez donc mieux votre épée. broghill. Encore, encore...

sta robert. Non pardieu, suis-je donc ici pour vous donner des leçons d’escrime? Si pourtant quelqu'un désire...

(Saisi d'indignation, tout le monde s 'avance.)

broghill. Arrière tous ! cet homme

m'appartient, et nul n’a le droit d'usurper ma vengeance. ( Courant à sir Robert gui se dirige vers la porte , en haussant les épaules . ) Vous ne sortirez pas , monsieur , vous ne sortirez pas ; celte place où nous sommes .

celte place où vous m'avez renversé et foulé aux pieds , il faut que l’un de nous deux la courre de son corps.

sir rorert. Eh! monsieur, ne vous ai- je pas donné tonte satisfaction ?

broghill , apercevant Villy qui entre, et poussant un cri de joie. Oh ! non , il en reste encore une !

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