‹ L'honneur dans le crime drame en cinq actesChapitre 23 sur 46 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes , WTLLY.

broghill , courent à lui et s'emparant des pistolets.

Donne. ( Allant à sir Hubert.) On n’en chargera qu’un , on tirera au sort, puis le pied contre pied , les yeux sur les yeux et le canon sur la poitrine... comprenezvous, monsieur, qu’il n’y a plus là ni force ni adresse, et qu’alors les chances sont égale^ ?

sir bobirt. Un pareil combat!

broghill. Ah ! il refuse.

(Violena murmures.)

tous. Ah ! ah !...

sir robert , promenant sur l’assemblée un regard d’audace. J’accepte !...

willy, à broghill. Grand Dieu! mylord, y songez-vous? jouer de la sorte votre existence!... et vous croyez que je le souffrirai ? non pas, oh ! non pas , je le jure... il y a en moi plus d’énergie qu'on ne pense ; s’il le faut, eh bien! je me jetterai entre vous et sir Robert, et la balle sera pour moi : vous ne vous battrez pas ainsi , ce serait un assassinat.

broghill , avec force. Retirez-vous , Willy, je yous l'ordonne... retire-toi , je t'en p r e.

w>u¥ t sanglotant. Ah ! wylord.

broghill. Allons, dû courage... ta main et que tout soit dit.

(Pendant ce tenu on a chargé le» armes.) sir robert. Etes— vous prêt ?

BROGHILL. Me voici.

(Ils je placent tous tien, face S face, le pistolet contre la poitrine.

sir robert. Avous le premier , c’est le droit de l'offensé.

broghill. Au cœur donc.

(L'amorce brûle et le coup ne part pas.) sir noDERT, avec calme. Rien.

broghill , de même. Le sort vous favorise.

sir robert. Oui , là , dans le canon de ce pistolet votre destinée tout entière :

mon doigt presse la détente et cet avenir d’orgueil que vous avez rêvé si long lems s'évanouit, et vojs n’étes plus l’heureux époux d’une femme soustraite. à mon autorité , mon vainqueur , mon rival , de chaque jour; vous n'élesplus le représentant de ce comté, l'illustre député dont le mérite écrasa le mien.

broghill. Je vous attends.

sih robert. Ab ! vous frémissez !

broghill. D’impatience tirez donc ,

monsieur.

willy. Tirez, le bourreau tue et n’insulte pas.

SIR ROBERT. J’ai déjà déclaré que dans ce duel je ne tuerais que l'honneur de lord llroghill. ( U décharge son pistolet en l’air; vive sensation. Jetant le pistolet. ) Au revoir messieurs , j’espcrè que c’est assez, et que personne ne me retiendra plus. L'empreinte de ma semelle est encore sur votre poitrine.

(Il traverse la foule muette «le surprise, et s'éloigne lentement.) 6

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