SCÈNE VII
Les Mêmes , WTLLY.
broghill , courent à lui et s'emparant des pistolets.
Donne. ( Allant à sir Hubert.) On n’en chargera qu’un , on tirera au sort, puis le pied contre pied , les yeux sur les yeux et le canon sur la poitrine... comprenezvous, monsieur, qu’il n’y a plus là ni force ni adresse, et qu’alors les chances sont égale^ ?
sir bobirt. Un pareil combat!
broghill. Ah ! il refuse.
(Violena murmures.)
tous. Ah ! ah !...
sir robert , promenant sur l’assemblée un regard d’audace. J’accepte !...
willy, à broghill. Grand Dieu! mylord, y songez-vous? jouer de la sorte votre existence!... et vous croyez que je le souffrirai ? non pas, oh ! non pas , je le jure... il y a en moi plus d’énergie qu'on ne pense ; s’il le faut, eh bien! je me jetterai entre vous et sir Robert, et la balle sera pour moi : vous ne vous battrez pas ainsi , ce serait un assassinat.
broghill , avec force. Retirez-vous , Willy, je yous l'ordonne... retire-toi , je t'en p r e.
w>u¥ t sanglotant. Ah ! wylord.
broghill. Allons, dû courage... ta main et que tout soit dit.
(Pendant ce tenu on a chargé le» armes.) sir robert. Etes— vous prêt ?
BROGHILL. Me voici.
(Ils je placent tous tien, face S face, le pistolet contre la poitrine.
sir robert. Avous le premier , c’est le droit de l'offensé.
broghill. Au cœur donc.
(L'amorce brûle et le coup ne part pas.) sir noDERT, avec calme. Rien.
broghill , de même. Le sort vous favorise.
sir robert. Oui , là , dans le canon de ce pistolet votre destinée tout entière :
mon doigt presse la détente et cet avenir d’orgueil que vous avez rêvé si long lems s'évanouit, et vojs n’étes plus l’heureux époux d’une femme soustraite. à mon autorité , mon vainqueur , mon rival , de chaque jour; vous n'élesplus le représentant de ce comté, l'illustre député dont le mérite écrasa le mien.
broghill. Je vous attends.
sih robert. Ab ! vous frémissez !
broghill. D’impatience tirez donc ,
monsieur.
willy. Tirez, le bourreau tue et n’insulte pas.
SIR ROBERT. J’ai déjà déclaré que dans ce duel je ne tuerais que l'honneur de lord llroghill. ( U décharge son pistolet en l’air; vive sensation. Jetant le pistolet. ) Au revoir messieurs , j’espcrè que c’est assez, et que personne ne me retiendra plus. L'empreinte de ma semelle est encore sur votre poitrine.
(Il traverse la foule muette «le surprise, et s'éloigne lentement.) 6