SCÈNE V
BROGHILL, HOUGTON.
Hovcroir , rompant le silence. J« devait être ici à onze heures... me voilà.
iioBttut. Tout t donc réuni?
HOüGTOK. TOUI.
broguill. Voire liberté?
hougtok. Vous l'aviez payée d’avance au geôlier; le geôlier me la donnée... Il est maintenant sur la grande route, où attend le cheval que vous m’avez promis broguill. ht que je viens d’envoyer...
Vous êtes sauvé .. sauvé! Ah! mon ami de roinbien de tourmens et d'anxiété u’ai je pas acheté ce moment de bonheur !....
mais le teins presse... chaque minute est un siècle.
aouGTo.v. Oh ! quel que soit le dan ger, il faut que vous m'écoutiez... As seyez — vous et prêtez moi voire atten tion, toute voire attention ; ce que j’ai à vous dire vous paraîtra d’abord élran eer à notre situation. Il n’en est rien..
Ecoutes-moi donc sans m’interrompre...
( Après une pause. ) Vous savez qu'avant d être fermier j’ai été soldat j c'était en 1810; je servais, eu Portugal, sous les or «1res du duc de Wellington. Un jour, sur la route, le détachement dont je faisais partie fut subitement assailli par une fusillade meurtrière ; on lirait sur nous des fenêtres d un château voisin ; le capitaine ordonne qu’on enlève ce poste à la baïonnette ; ce qui fut dit fut fait : le château lut livre au pillage. Nous venions d’enfoncer les portes d’un appartement reculé • une femme se présente à nous, pâle, trem blanle... le soldat Houghlon sut la faire respecter de ses camarades : c’était la
jeune comtesse de Oh ! ma i s , non,
vous ne devez pas savoir qui elle est ?
Personne ne le saura jamais... car, sauvée par ce pauvre soldat, la comtesse sentit bientôt que la reconnaissance pouvait devenir de I amour... ^ue vous dirai-je colin Je retournai sous mes drapeaux : la guerre continua, et deux ans plus tard lorsque la v.cloire de Salamanque nous eut conduits à Madrid, j’y retrouvai la grande dame : elle était mère : le soldat avait un fils.... ( Mouvement Je Iiroghill. ) Oh . ne m interrompez pas, rnylord ; c ’est ict que mon histoire va se rattacher à la vôtre... Ce fils, né d’une faute tenue secrète, et que le rang de sa mère séparait d elle pour toujours, ce fil, ,„e fut remis par la comtesse expirante, qui exigea de moi la promesse solennelle que je suivrais en tout ses instructions relativement à son avenir; ,e promis... Mon fils devait être, et fut elevé, à Londres , sans connaître son père, qui pourtant ne cessa pas un seul matant de veiller sur lui. Un P p rotec.eur mystérieux était là, fournissant h sou in- •intcuon, * Ml biwini, à mi plaiiir,
me, et ce protecteur c’était le soldat devenu paysan, le soldat pauvre, mais laborieux ; celait le fermier Hougl un , qui, | a bcche ou la charrue en main, arrachait de la terre, arrosée chaque jour de sa sueur un avenir de luxe et d indépendance pou^ celui qu il ne lux était pas permis .1 embrasser... Ah ! j ai bien soulTerl et bien travaillé... Par bonheur le ciel m’a pris en aide... la lâche que j’avais entreprise, je I ai achevée... mou fils a grandi en âge et en mérite, et la carrière de la fortune lui es ouverte... c’est une belle place q ue celle de secrétaire de lord Iiroghill !...
I pooeni. Mon secrétaire !... lui...Wil-
, h “ v °to.v. C'est mon fils... oui , rnylord c est mon fil,... ou plutôt c’est, dès À présent, le vôtre... ht maintenant, si vous me demandez quel prix je mets au sacrifice de ma vie et de mon honneur, que je vous ». vendus... je vous répondre p ri “ c est l avenir de mon fils... ** *
.aocH.tt. Doutez-vous de mon dévouement ? avez-vous oublié les promesses que je vous fis à ce sujet ? V messes
hovgto.x. Des promesses !... non rnylord, mais une certitude... il v a P u ’
pacte entre nous, pac , e jerrihlc, q„’i| f aiJt rendre inviolable, avant de nous séparer
voûs°? OB,U " E ' P °“ r Cela ’ <JUC P rcleu( lezsez° VrT ° a ’ lui prisentantun papier. Li-
«OGBtu. « Le 4 octobre 182a, à onze heures, sir Robert Ashton fut’aL”!-
iioucToir, Par qui ? r t, . . .
plume à üroghiit",,;, dominé pur son £ gard , la prend et signe en tremblant ) 0,1 • nc cr a‘gnez rien, rnylord..... 7 J jner entre mes mains serait une preuve contre vous... ce n’es, point là ce nue veux... ce coffre ( alla, 7 sers U bureau et deaguaiU U coffre qui s'y trouve ) ne conlient-il pas quelques objets de prix oui ont ppartenu à votre mère, et que" depüls sa ’ a conservez religieusement comme des gages de deuil el\ piéTfi-
bhocbill, d'une voix troublée. Oui
(r ;°TL f rtï enl - ° uvrei « cof.
I C.. ( Brogh.U h es: te. pu, s il l'ouvre )
L«t a cote de vos regrets que je placi vos remords; aa souvenir de votre mère J aitache celui de mon dévouement... j urc ^ que chaque jour vous relirez celle ,hi c
èrvotree , 'l V '' US rapp , ell ' ra l0UI à la fois éj^otre crmte et vo, devoir, * uvm Hl0rt
broghill. Je le jure.
hougton. Bien.
bbocuill. Est-ce tout ?
eoucTOv. Le couteau qui a servi au meurtre , qu’en avez-vous fait?
broghill. Ce couteau... je ne sais... j'ignore...
noucTos. Je saurais le retrouver, si ja* niais vous manquiez à vos sermens. (Mouvement d'effroi de Broghill. Adieu, mylord, Ja nuit est avancée ; adieu, souvenez-vous de mon fils-., je ne vous oublierai pas...
(Il ressort par la fcnélrc ; Broghill c*t tombe anéanti sur nn fauteuil auprès du bureau, le coffre ouvert devant lui. )