SCÈNE VII
Sir ROBERT , JAKMAN.
sir robert. L’imperlinente !
jakman. Eh ! là, là ! ne tous fâchez pas, mylord pur enfantillage!... Les fem-
mes ne disent jamais ce qui elles pensent.
sir rohert. Et ne pensent jamais ce qu'elles disent.
jakman. Précisément... j’en aifaitl’expérienre , et j’en suis tellement convaincu, que l 'instant où elle me rebute le plus est celui où je gagerais qu’elle m’aime davantage; c'est feue M" Jakman, qui m’en a donné l’habitude. Elle nie trailail comme
on nègre du malin au soir eh bien ! le
croiriez-vous? au fond, elle m’adorait.... Ah! mylord, quelle perte!
sir robert. Consolez-vous, les grâces et les attraits de miss Amély vous feront oublier les ennuis du veuvage.
jakman. Je l’espère, mylord, je l'espère...
sir robert. Je vous préviens seulement que la jeune personne est fantasque, capricieuse... et que si vous ne la mettez à l’ordre...
jakman. Une lois son mari, je ferai mon possible... Je ne suis pas méchant...
je suis un vrai mouton; tuais comme je
disais quelquefois à msdéfofttc, qnânàellf m'ennuyai! : Madame, je veux qu’on in obéisse! .. el elle rentrait à cenl pieds sous terre. Le beau sexe, voyez-vous, c’esl comme le peuple... cela se gouverne avec nne main de fer.
sir Robert. Oui , vous avez raison , le peuple surtout... Savez- vous , mon cher Jakman, que la canaille de ce comté devient de jour en jour plus insolente: 1 jakman. A qui le dites-vous, inylord?
est-ce qu’ils n’ont pas poussé l’audace jusqu’à me trouver ridicule , et à faire ma caricature qu’ils ont exposée aux regards des sots !...
sir rorert. F.t que les sots trouvent sans doute fort spirituelle?
jakman. Esprit de révolution ! Oh !
mais je in’en vengerai... gare au premier rustre qui me tombe sous la maiu !
un domestique, annonçant . Le fermier Hougton.
jakman, à part . Juste, en voilà un.
sia Robert, à Hougton . Faites entrer.
(Au domestique . ) Je n’y suis pour personne, entendez-vous? pour personne.
(A Hougton.) Approchez...
( Le domestique s'incline et sort. )