ACTE I
pour toute fortune que sou talent et sa naissante réputation, hésite a s avouer à lui-même que la fille riche et enviée de son bienfaiteur est celle qu’il aime...
(Entrent deux valets).
MATHILDE
Mais, père, il m’aime comme il t'aime, comme il aime ma mere, comme il aime toute la famille, à titre d’ami de mon
macrice, rembruni, au valet qui le sert.
des°leUres î° urnaux * va ^ et * u » donne des journaux et élise, se levant.
la ^mfin! 1 vra fi lment ’ M ? thilde » que l’amitié qu’il porte à toute la lamille suffise pour te troubler auprès de toi seulement?
MATHILDE
cho^e” 10 ! maman ’ apr ® 3 tout d P eut bien y avoir encore autre
ÉLISE
Et tu n’en serais pas fâchée?...
MATHILDE
Non...
ÉLISE
ri J Tiïnnnrr Û e '" a,me - |e - a<me-le autant qu’il le mé-
de niu/ sédnLnf. e “ rencontr ? r de P lus riches, de plus beaux, üe plus SLiiuisants, mais tu n on trouveras pas de meilleurs:..
(Les valets ont desservi. Il n'y a plus sur le guéridon que des lettres et des journaux.)
Maurice, qui lisait, froidement.
Je lis ici une nouvelle qui vous intéresse toutes deux... mathilde. surprise.
Nous ?
élise, de même.
Qui nous intéresse?... (Vivement.) Ah !... il s’agit de... Maurice, très froidement.
.«„M V °n e ? ui ’ Elise; écoutez ce que dit le Bulletin. (Li sant.) « Dans la dernière expédition contre les Kabyles... »
ÉLISE
O mon Dieu ! j’ai peur...
Maurice, lisant.
« Le lieutenant Paul de Chennevières... »
élise, tremblante.
Blessé... mort, peut-être'...
1,’UONNEUR DE LA MAISON
MAURICE
Rassurez-vous, madame et écoutez...
natiiii.de. allant s'appuyer sur l'épaule Je Maurice.
Vite, donc, mon père... que dil-on de l’a ul ?
MAURICE, lisant.
« Dans la dernière expédition contre les Kabyles, le lieule- « nant Paul de Cheuuevieres s’est glorieusement signalé, et, par « son courage, a mérité et obtenu la croix de chevalier de la « Légion-d'Houueur. »
Mathilde, se jetant au cou d' Elise.
Oli ! ma mère! ma mère ! quel bonheur!...
ÉLISE
Décoré !... à vingt ans ! ( Elle prend le journal et lit avidement.)
MAURICE, u part.
Allons! il sait du moins honorer le nom’qu’il porte!
MATHILDE
Eli bien ! père, tu n’es pas plus ému que ça ? Comment tu ne pleures pas de joie?... Ça ne vous lait pas battre le cœur, monsieur, de penser que ce héros, c’est votre (ils ? ( Geste de colcre de Maurice . — Mathilde lui met la main sur le caur.) Ah ! si... il bat bien fort... Je savais bien que tu devais être lier de lui!... Cher frère! que je voudrais l’embrasser! Et lui, doit-il être heureux la-bas ! Je suis sûre qu’il ne pense qu’à nous, qu’il brûle d’être ici pour mêler sa joie a la nôtre. (llegardaiU la inscription d'une lettre.) Eh mais! je ne me trompe pas... (Elle en prend une.) Mon père, regarde...
Quoi donc?
MAURICE
MATHILDE
Est-ce que tu ne reconnais pas l’écriture do ton fils ?
ÉLISE
Une lettre de Paul ?
mathilde, décachetant la lettre.
Oui, mère... il nous donne des détails sans doute... Ces journaux ne disent rien... (Lisant.) Non... lui non plus... Oh ! uia'S mieux que ça, manière... il revient !
11 revient !...
élise, avec joie.
Maurice, a part, avec colere.
Il revient !
• ÉLISE
Quand cela ?... quand embrasserai-je mon enfant ?