ACTE III
élise, avec accablement.
Elle va croire que je deviens folle !... — Du reste, je crois
2 ue je le suis en effet... oui... je n’y vois plus... ma tête date... ah! de l'air... c’est de l’air qu’il me faut... (Elle se précipite vers la fenêtre et F ouvre.)
mathilde. la suivant.
Ma mère!...
élise, se remettant.
Ça va mieux... oh ! que ça fait de bien, le frais de la nuit...
S a* va bien mieux... là... voilà que ça va tout-à-fait bien... aintenant, va te reposer, mon enfant...
MATHILDE
Me reposer !... quand je te vois souffrir ainsi... quand Paul est en danger !...
ÉLISE
En danger, dis-tu? Oui!... dans un grand danger... Eh bien ! veux-tu sauver ton frère?...
MATHILDE
Oh 1 ma mère !...
ÉLISE
Tu le veux, n’est-ce pas... bonne fille!... Eh bien ! tu en as le moyen... | c’est d’aller dans ta chambre... Va... laisse-rmoi seule un peu, et Paul sera sauvé.
MATHILDE
Comment !...
ÉLISE
Je veux être seule... Pour le sauver; j’ai à écrire... tu me gênerais...
MATHILDE
Mais je ne puis te quitter...
élise, très-durement, d'une voix brève.
Mais... je le veux !... Je suis votre mère, obéissez... (A part. ) Oh! mon Dieu !... comme je lui parle !... à elle, un ange I... moi qui devrais baiser la trace de ses pas... (Elle court à Mathilde, qui se retireen pleurant et l'embrasse. ) Pardon, ma fille... Il ne faut pas m’en vouloir, vois-tu... jè souffre tant... Allons, va... laisse-moi... Je suis bien tranquille, bien raisonnable... c’est pour quelques instants seulement... (Elle F emmène par la main jusqu'à la porte de gauche. — Près de la porte, elle l'embrasse encore. Mathilde sort. — Elise fait un geste de joie, et ferme la porte à double tour. )