SCÈNE VU
la»
ELISE, avec joie.
Libre!... me voilà libre!... (Elle prend sur un meuble son
L’HONNEUR DE LA MAISON
chdlc, son chapeau, et les met avec désordre , tout en variant. ) Mon fils est sauvé!... Je vais aller trouver Georges... il a perdu ma vie, il m'a pris tout bonheur... il m’a laissée , pour le reste de mes jours, en compagnie de la honte et du remords... Je lui dirai, à cet homme, qu’il n’a pas le droit de m’enlever mon enfant, qu’il me doit, à moi, une réparation pour tout le mal ‘ qu’il m’a fait... je lui dirai enfin : Tu ne peux pas tuer ton fils... ce serait une cruauté, un crime à toi, de te battre avec Paul... Partons !... ( Elle se dirige vers la porte du fond qui s'ouvre lentement; Maurice parait : Elise recule en poussant un cri.) Ah!...
SCÈ2WE VIII.
' MAÜftlCE, ÉLISE.
Maurice, froidement.
Où allez-vous, madame?... vous ne répondez pas?... Pourquoi ce cri, pourquoi ce silence, si vous n’allez faire rien de mal ?... (Silence. ) Vous ne voulez donc pas me dire où vous allez, madame?... vous avez raison; ce serait inutile : je le sais.
elise , tremblante.
Quoi, monsieur...
MAURICE
Vous vous rendez chez votre amant pour lui apprendre que je ne suis pas le père de votre fils.
elise , terrifiée.
Ah!... il savait...
MAURICE
Je savais tout, madame. Niez donc que ce soit là ce que vous allez faire ? Quel autre moyen auriez- vous d’empêcher ce duel... duel horrible, en effet!... un fils contre son père !.,.
ELIÇE.
sr
Il savait tout!... Eh bien! chassez-moi, monsieur, tuezmoi... je souffrirai tout, j’ai tout mérité... Ah ! mais auparavant, laissez-moi empêcher ce combat. Ne m’arrêtez pas, au nom du ciel ! Pitié, monsieur, pitié pour mon fils, car lui, du moins, est innocent. Par ce que vous avez de plus sacré, laissez empêcher un crime... vous me tuerez après, mais laissez-moi sortir...
MAURICE
Vous ne sortirez pas... Vous tuer, dites-vous? Eh! vous ai-je tuée, madame, lorsqu’il y a dix-sept ans, j’ai vu en un instant s'écrouler mon bonheur I