MAUBREUIL, MAURICE
Parlez, monsieur, je vous écoute.
* Beaubreuil, Maubreuil, Maurice.
Maurice, froidement.
Je ne vous apporte pas d’excuses de la part de monsieur Paul de Cheunevières...
MAUBREU1L.
Je ne les accepterais pas.
MAURICE
• Je n’en doute point... Je ne viens pas vous offrir de me bat tre à sa place, je ne viens nullement vous implorer, et ma situation n’a rien d’affreux, au contraire !
maubreuil, surpris.
Que venez-vous donc faire ici ?
MAURICE
Je viens simplement vous apprendre une chose dont ma conscience me force à vous instruire.
MAUBREUIL
Et cette chose?
C’est que ce duel est impossible.
MAUBREUIL
Impossible!... après l’insulte que j’ai reçue...
MAURICE
Oui... vous avez subi l’outrage le plus sanglant qu’on puisse faire à un homme... à un soldat... Tout autre, je le sais, no sortirait de là que mort ou vengé... et pourtant, je vous dis, moi, que ce duel n’aura pas lieu, parce que ce duel est impossible.
MAUBREUIL
Etes-vous insensé ?
Maurice, simplement.
Vous allez en juger... Si je ne viens pas me battre à la place de mon fils... c’est que je n’ai pas de fils, monsieur.
MAUBREUIL
Quoi !... ce jeune homme... ce Paul de Chennevières?...
MAURICE
N’est pas mon enfant : c’est le vôtre.
maubreuil, stupéfait.
Le mien I...
MAURICE
Oui, monsieur...
MAUBREUIL
Le mien, monsieur, le mien 1... un enfant ! un fils, à moi !...
Cela vous surprend?... c’est que vous êtes parti vite, il y a vingt-deux ans, et sans vous informer de l’état où vous abanniez la pauvre jeune fille que vous aviez séduite...
Elle était mère ?...