‹ L'honneur de la maison drame en 5 actesChapitre 72 sur 84 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Edmond, s'approchant de Beauséant qui est resté au second plan, lui dit à voix basse.

Pour l’instant, nous ne sommes que témoins... notre rôle doit être passif..,

BEAUSÉANT

Sans doute, monsieur... très-passif...

EDMOND

Mais un jour, nous nous retrouverons, je l’espère, et alors...

• BEAUSÉANT

C’est hien, monsieur, c’est bien. ( A part.) Et voilà les affaires dans lesquelles me fourre ce diable de Maubreuil !

maubreuil, à part, regardant Paul.

C’est mon fils !

PAUL, redescendant.

Colonel, j’ai eu l'honneur de me mettre à votre disposition ? Qu’attendez- vous donc pour partir?...

maubreuil, sortant de sa rêverie.

Pour partir? Ah! c’est juste... mais auparavant, je voudrais vous parler sans témoins...

’ Paul, riant.

Sans témoins?... c’est facile. Renvoyez donc le vôtre. beauséant, à part.

Renvoyez!... Ils sont très-malhonnêtes dans cette famille î

PAUL

Quant à mon ami Edmond Roger que voici, vous serez libre de ne pas le considérer comme mon témoin ; mais comme mon ami, il peut entendre tout ce que vous me direz.

MAUBREUIL

Soit 1 ... ( Bas à Beauséant.) Retire-toi, je te prie, un instant. BEAUSÉANT.

Comment ! encore !

maubreuil.

Il le faut... Tu ne rentreras ici que lorsque tu auras vu sortir ce jeune homme...

BEAUSÉANT

Sortir !... vous ne vous battrez donc pas ?

•maubreuil.

Non... fais ce que je te dis. ( Beauséant sort.)

L’HONNEUR DE LA MAISON

SOÈNC VII.

MAUBREÜIL , PAUL, EDMOND.

PAUL

Eh bien ! nous sommes seuls...

maubreuil, à part.

A moi tout mon courage.

PAUL

Qu’avez-voujà à me dire?

maubreuil.

Monsieur, je vais vous tenir un langage qui vous surprendra bien... Croyez, en l’entendant, qu’une dure loi me force d’agir ainsi... et de me conduire envers vous... comme je ne me conduirais envers personne, je vous le jure.

PAUL

Que signifie, colonel?

MAUBREUIL

Cette rétractation que vous exigiez... un peu b utalement, convenez-en... cette rétractation que je refusais à vos violences... après avoir mieux réfléchi, je vous la fais ici de mon plein gré. Je vous demande pardon, monsieur, d’avoir laissé effleurer en mon nom la réputation sans tâche de madame de Chennevières... La colère m’a guidé, tantôt, dans ce bal, devant ce monde... je n'ai écouté que mon orgueil... j’ai eu tort, je le regrette... et je vous prie de vouloir bien accepter mes excuses.

EDMOND, à part.

Qu’entends-je là f: t .

PAUL

A la bonne heure, colonel... mais je ne comprends pas pourquoi vous avez voulu que nous fussions seuls. jCes excuses ne sont qu’honorables pour vous... et tout le monde pouvait les entendre, il me semble... Je les reçois comme l’acte un peu tardif d’un galant homme. Hélas !... que n'avez-vous commencé par là I nous n’en serions pas où nous voilà! maintenant, quand vous voudrez que nous partions...

MAUBREUIL

Partir I... pourquoi donc?

PAUL

Eh! parbleu! pour nous battre.

MAUBREUIL

Nous battre !... mais ne viens-je pas de vous faire mes excuses ?

Paul, stupéfait.

Ah ! ça... j'ai mal compris sans doute!... auriez-vous oublié

Page 1