PAUL. ÉLISE
élise, à part
Que s’est-il donc passé, mon Dieu?... (Haut.) Paul... jamais je ne t’ai vu ainsi avec moi... Comme tu me regardes!... Tiens, tu me fais peur !... Voyons, tu as quelque chose à me dire... parle vite, car, je te jure, cette incertitude est cruelle... Qu’y a-t-il donc?... qu’as-tu à me dire ?
fai à vous demander l’explication de toutes ces choses qu9 je ne comprends pas, de ce mystère où ma tête se perd.
ÉLISE
Quel mystère?...
PAUL
Ecoute, ma mère, et iuge s”il n’y a pas de quoi me rendre fou... Hier, j’arrive d’Afrique, plein ae bonheur et d’espoir, pour vous embrasser tous. Je te trouve , ainsi que Mathilde, bonne et tendre comme toujours... Je vais pour me jeter à coeur ouvert dans les bras de mon père, et je rencontre entre lui et moi une muraille de glace... ses bras me restent fermés... Mais pourtant un père donne sa tendresse à son enfant bien avant de lui donner son nom... Un fils I... on l’aime avant qu'il soit né, et le baptême ne vient qu’après... Pourquoi mon père no m’aime-t-il pas?... voilà ce que j'ai à te demander 1...
ÉLISE
Mais "Paul, tu te trompes!
PAUL
Soit !... mais ce n’est pas là le plus inexplicable !... Le soir, je vais au bal... Dans ce bal, on t’insulte, je prends ta défense, et tu m’en fais reproche... Tu me dis... je m’en souviens, tu me dis cotte nuit que ce duel est impie... Pourquoi?... Voilà ce que j’ai à te demander!
ÉLISE
Mais je ne sais ce que tu veux dire... Cette nuit, j’étais folle... je croyais te perdre, je ne songeais qu’à te sauver, qu’à te retenir... et j’ai dû laisser échapper mille paroles qui, sans doute, n'avaient aucun sens...
PAUL
Soit!... mais enfin ce propos infâme qu’on a tenu, tu ne t’eu es pas révoltée... contraire, tu parlais de l'étouffer, comme on étouffe une vérité...
Paul !...