‹ L'honneur de la maison drame en 5 actesChapitre 82 sur 84 · EUSE · texte numérisé non relu

EUSE

Maurice, jusqu’à ce jour, je vous aimé, honoré... d’aujourd’hui, je ne cesserai de vous bénir car vous avez mis le comble à vos bienfaits... Ah! oui, je sais que le passé est là, vivant, ineffaçable... je sais que vous ne l’oublierez jamais !... mais laissez-moi espérer, monsieur, que par mes soins, par mon dévouement de tous les instants, je parviendrai à vous paraître moins odieuse... Cette grâce, je vous la demande, à genoux... ne m’écrasez pas par votre clémence, en me refusant les moyens de la reconnaître!...

Maurice très-ému , la relevant, à voix basse.

Relevez-vous donc, madame... votre fils nous regarde... il pourrait croire que vous avez besoin d’ètre pardonnée !

élise.

Ah !... Maurice, est-ce un rêve?

Non... c’est le réveil. Elise.

UN valet, annonçant.

Monsieur le vicomte de Beauséant !

PAUL

Lui ici ! dans cette maison !... il ose!...

SCÈNX V.

- Les Mêmes , BEAUSÉANT.

BEAUSÉANT, pâle et défait.

G’est le cœur pénétré de honte et de remords que j’ose me

L’HONNEUR DE LA MAISON

présenter ici et affronter les regards de tant de personnes que j’ai offensées... (A Maurice.) Hélas I monsieur, vous serez clément pour moi, et votre courroux tombera quand vous saurez combien j’ai déjà payé cher ma conduite : elle me coûte la vie de mon meilleur ami.

PAUL

Monsieur de Maubreuil...

beauséant, à Paul.

Vient de rendre le dernier soupir...

LA BARONNE, à part.

Pauvre Georges !

BEAUSÉANT

C’est sa volonté suprême que je remplis en venant ici , car il m’a chargé, en expirant, d’un message pour vous, monsieur,, et d’un dépôt que je dois vous remettre.

PAUL

A moi?

beauséant.

Et il a ajouté : Beauséant , toi seul es cause de tout ce qui arrive; toi seul, par un propos, as jeté le trouble dans cette famille si heurense ; toi seul as causé le mal , c'est à toi de le réparer... Après ma mort, monsieur deChennevières va être séparé des siens...

ÉLISE

Comment !...

MAURICE

Sans doute, Élise... de nos jours, un homme ne meurt pas de mort violente, môme dans un duel loyal, sans que la justice s’en inquiète.

beauséant.

Eh bien ! m’a dit Maubreuil, je ne veux pas que monsieur de Chennevières soit inquiété ; je ne veux pas qu’il ait à me maudire jusqu’après ma mort. Jure-moi, Beauséant, jure-moi

S ue par tous moyens possibles, tu sauras mettre monsieur e Chennevières à l’abri des conséquences de ce duel... Je jurai, et comme tous les moyens possibles se réduisaient à un seul , c’est celui-là que j’ai choisi .. Après avoir fermé les yeux de mon ami, je suis allô me dénoncer moi-même comme son adversaire, comme l’auteur de sa mort.

Vous, monsieur !

la baronne, lui donnant la main.

Bien, monsieur de Beauséant !

MAURICE

Mais, monsieur, vous n’avez pas compté que je me prêterais, à ce mensonge ? *

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