‹ L'honneur de la maison drame en cinq actesChapitre 14 sur 59 · ELISE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

ELISE, LA BARONNE

ÉLISE

Et comptez-vous sur beaucoup do monde ce soir ?

LA BARONNE

Oh! non... personne... d’abord, les anciens amis de ma famille; vous les connaissez : ils forment généralement le cerclo de ma mère. Ce sont eux qui, par leurs instances, m’ont déterminée à rouvrir mon salon ; car vous savez si j’aime le monde... Ah I Dieu !... moi qui no peux pas souffrir le bruit, je mouvement...

ÉLISE

Qui s’en douterait en vous voyant infatigable à la dan«e...

LA raronne, s'asseyant à droite.

Il faut bien faire comme tout le monde !... Ensuite j’aurai, jo pense, quelques parents de monsieur d'Origny; ils ne peuvent me idàmer, j’espère de revoir le monde, à mon âge, apres un deuil élcrnel de deux années.

élise, <misa auprès d’elle.

En vérité, ils auraient bien mauvaise grâce à le faire I la b/ronnb.

Et puis j’ai envoyé quelques invitations aux anciens amis du baron. Entre nous, ehere amie, j’aurais préféré les oublier ; mais figurez-vous qu’ils m’ont été présentés do nouveaux, il v a quelques jours pur un do mes cousins, monsieur de Maubrcujf.

. élise, attérée.

Monsieur do Maubreuil!

la baronne, naturellement.

Oui. . un parent dont je me souvenais à peine, et qui nous est tombé d'Afrique avec les épaulettes de colonel et un congé. Ma mère a tenu à lui offrir l’hospitalité dans notro hôtel... elle l’a pris en garnison... Eh ! mais, j’y songe, vous avez dû le connaître étant jeune fille...

élise, se soutenant a peine, et souriant forcément.

En cflct, baronne, son nom...

LA RARONNE.

Vos parents et ceux de monsieur do Maubreuil devaient se voir.

élise, luttant contre son trouble.

Il y a si longtemps !... Vous le savez, voilà dix huit ans que j’ai perdu ma mère... et mon père était mort avant elle...

LA BARONNE

C’est vrai ! j’étais enrore enrant lorsquo partit monsieur de Maubreuil. Co devait être alors vers l’époque où vous vous ôtes mariée.

ÉLISE

A peu près... c’est possible I

Le colonel est encore fort bien... quelques cheveux blancs par ci par là... mais l’œil vif et le cœur chaud... il vous plaira, je le parierais... et je souhaite qu'il vous plaise... je vous dirai pourquoi. Et puis, savez-vous bien qu’il n'a pas mauvais goût, pour un homme qui est resté plus do vingt ans hors barrière et qui a vécu chez les bédouins?... Il a trouvé Mathilde charmante. •

ÉLISE

Mathilde, charmante !...

LA BARONNE

Eh bien ! allez-vous protester ?... Oui, ma chère, il l’a vue chez moi la dernière fois qu’elle est venue. (S^apcrcciunt du trouble d'Elise.) Mais, bon Dieu, chère amie, qu'avez-vous donc ? Vous sentiriez-vous mal ? ( Elle se lève et passe à gauche.) Voulez-vous que j’appello ?

élise, avec effort.

Non, baronno, non, ce n'est rien... un frisson qui m’a saisie tout-à-coup, rien de plus...

LA BARONNE

Et justement, je n’ai pas mon flacon...

ÉLISE

Je me sens déjà mieux... Vous parliez de Mathilde, n’est-ce pas?

LA BARONNE

Je ne sais plus... votre pâleur m’a effrayée. Ne soyez pas malade, au moins... j'ai besoin devons ce soir et de votre chère famille... Pourrais-jo me passer do mes meilleurs amis? sans vous, ma soirée serait à mourir !... Tenez, je vuis vous laisser... Un peu do repos dissipera votre malaise. C’est sans doute une suite des émotions de ce matin...

élise, te levant .

Oui. baronne, oui... vous avez raison, le retour inattendu de mon fils m’a donné une secousse... je suis si nerveuse maintenant que le moindre événement m'agite...

LA BARONNE

Lo sommeil vous remettra lout-à-fait, vous rendra votre éclat , et vous m’arriverez ce soir, charmante comme toujours ! ÉLISE.

Vous me flattez, baronne, parce que vous n'avez rien à crar-

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