scène xiv
ÉLISE, seule t trèi-agitie.
Je n’irai pas à ce bal I... je ne reverrai pas monsieur de Maubreuil, cet nomme m’a perdue... sa vue me serait encore fatale I j’ai bien assez souffert, mon Dieu! oui... jo dois éviter cette rencontre ; il se ferait reconnaître... il m’aborderait... le moindre trouble me trahirait aux yeux de mon mari, de la baronne, de mes enfants peut-être 1... mon indisposition me servira d'excuse... (S’twsfj/«nt.) Voilà donc ou m’a cbnduito un instant d’égarement olde faiblesse I... après plus de vingt années, j’ai encore peur do cet homme, jo trembla à son nom seul !... et ai-je besoin mémo do son nom pour trembler? Sûre do l’estime do tous, de la confiance aveugle de mon mari, n’ai-jo pas peur souvent?... ne me semble -t- il pas parfois quo mon secret est en ses mains, qu'il sait tout., qu il va me chasser avec mon Glsl.. un regard de l’homme que jo trompe suffit pour me troublor... et pourtant, jo suis bien seule à connaître ma honte... relui oui m’a faite criminelle no se doute pas lui-même do l'étendue do mon crime... Oh ! ma mère! ma mère!... qu’avezvous exigé!... (Se levant.) Mais j'y pense !... si, no me voyant pas co soir, monsieur de Maubrcuil so doute nuejo le crains!... il a remarqué ma fille... la baronne a dû parler do moi... s’il osait se faire présenter ici par elle, se prévaloir d’anciens droits... Oh ! jamais... jamais !... sa présence serait une tache dans cette maison... il a souillé celle où jo vivais jeuno fille, qu’il respocto... ou plutôt je saurai lui faire respecter cello où je suis épouso... et mère I... oui... ce dernier danger est le plus redoutable. Ce soir, dans ce bal, la présence de mon mari, de ma famille, me protégera... Eh bien f si monsieur de Maubrcuil ose s’offrir à moi, mon accueil pourra lui apprendre qu’il y aurait eu do sa part honneur et loyauté à m’éviter I... Honneur... hélas I un Maubreuil en a-t-il?... mais qu’importe ! je lui montrerai qu’il m’en est resté assez, à moi, pour me défendre... J'irai... j’irai chez la baronne !...